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Les sarcomes par excellence et les myxosar cornes

Les caractères anatomiques de ces tumeurs sont les suivants : Ce sont des tumeurs rondes, en général parfaitement limitées, de consistance élastique, tantôt assez dures, d'autres fois plus molles; dans leur forme pure, la surface de section est jaune rougeàtre. Le nom de sarcome, dérivé de aâ^, la chair, fait supposer une certaine ressemblance entre l'aspect de ces tumeurs et celui de la chair musculaire. Il ne faut pas croire cependant qu'elles ressemblent à la chair musculaire foncée de l'homme, la couleur des sarcomes présente plutôt l'aspect de la chair musculaire du lapin ou de la tunique musculaire de l'intestin et de la vessie. Si la surface de section de ces tumeurs est exposée à l'air, la

couleur devient plus rouge par suite d'un travail d'oxydation qui nous est encore inconnu. Les myxosarcomes (de fwÇ«, mucus) ou myxomes (Virchow) sont composés d'une substance d'aspect mucoso-gélatineux; ils sont donc mous, tremblotants, le plus souvent d'une couleur jaune rougeàtre, fréquemment parsemés de beaucoup de petits extravasats. Virchow a choisi le nom de myxome parce que ces tumeurs renferment beaucoup de mucine. — Quant à la structure microscopique des sarcomes, elle est souvent difficile à reconnaître pour le commençant. Il ne suffit pas d'enlever une partie quelconque de la tumeur, de la préparer et de la mettre sous le microscope; on est presque toujours obligé de faire durcir avec soin dans l'alcool, ou dans une solution d'acide chromique, les parties les mieux développées et les plus jeunes de la tumeur, pour faire ensuite des sections qui doivent être examinées avec la glycérine. De cette manière seule on parvient à se faire une idée exacte de la tumeur dans son ensemble et dans sa composition élémentaire. Les éléments essentiels des sarcomes sont toujours des cellules dont l'agencement ne suit pas une loi déterminée ; les vaisseaux sanguins seuls déterminent une espèce d'interruption dans le tissu. En dehors de cela, toute la tumeur est d'ordinaire complètement homogène. Quant à la forme des cellules, elles sont, ou bien rondes et fusi formes, ou bien étoilées, cependant ces dernières sont les plus rares. Si tout le tissu est composé de petites cellules rondes avec une faible quantité de substance intercellulaire homogène ou légèrement fibreuse, il est tellement analogue, sous le rapport anatomique, au tissu des granulations, qu'il ne peut en être distingué. Si de pareilles formations prennent naissance dans la neuroglie du cerveau ou de la rétine, Virchow les appelle (/Homes et aussi gliosarcomes. D'autres sarcomes se composent presque exclusivement de cellules fusiformes placées parallèlement, disposition que nous avons déjà notée dans la jeune cicatrice à de certaines périodes. Ici la substance intercellulaire paraît quelquefois manquer tout à fait; dans d'autres cas, on en remarque une faible quantité présentant un aspect fibreux; dans quelques cas très-rares on voit ces fibres-cellules' se transformer en fibres musculaires nettement striées. Enfin il y a des sarcomes à cellules étoilées, qui possèdent en même temps beaucoup de substance intercellulaire gélatiniforme, de la sorte se forme urt tissu de consistance muqueuse, qu'on désigne ordinairement par le nom de tissu muqueux de Virchow; ces formes sont appelées myxomes par ce dernier auteur, moi je leur donne le nom de myxosarcomes; dans le temps on les appelait collonema (J. Mûller) ou sarcomes colloïdes, à cause de leur ressemblance extérieure avec la colle forte à moitié refroidie. Toutes les cellules d'une même tumeur ont ordinairement le même volume. Dans quelques

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sarcomes cependant on observe une formation souvent excessive de noyaux dans l'intérieur des cellules, sans que celte multiplication des

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Différentes formes du tissu sarcomateux. — Grossissement, 350. — a. Tissu ù cellules fusiformes (tissu fibro-plastique, Lebert) d'un sarcome de la glande parotide, b. Tissu ressemblant aux granulations provenant d'un sarcome de l'aponévrose de l'avant-bras. c. Grandes cellules avec des prolongements et des noyaux nombreux (plaques à noyaux multiples, myéloplaxes) provenant d'un ostéosarcome de la mâchoire inférieure, d. Ostéosarcome de la mâchoire inférieure avec formations nouvelles de kystes et de tissu osseux. Pour examiner les rapports réciproques des différents éléments, la préparation a été durcie dans l'acide chromique.

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l'àk PATHOLOGIE CHIRURGICALE GÉNÉRALE.

noyaux soit suivie d'une segmentation des cellules. Il se forme dans ce cas de grandes cellules à forme irrégulière, renfermant des noyaux ronds au nombre de deux à vingt et plus ; ces éléments ont été appelés plaques à noyaux multiples ou myéloplaxes, parce qu'on les trouve également dans la moelle normale des os, comme cellules fœtales de la moelle : du reste, ces formes se rencontrent aussi dans les granulations fongueuses, dans lesquelles on observe également par places circonscrites un tissu muqueux bien développé (Rindfleisch). Virchow appelle la forme sarcomateuse, qui renferme de semblables cellules gigantesques, sarcoma rjifjantocellulare . Comme la substance intercellulaire dans les sarcomes peut être tantôt homogène (muqueuse ou solide), tantôt plus ou moins fibreuse, vous comprenez que ces tumeurs ont des rapports assez intimes avec les tumeurs fibreuses et les tumeurs cartilagineuses; d'un autre côté, certains sarcomes se rapprochent beaucoup de la néoplasie inflammatoire chronique, telle qu'elle se développe parfois d'une manière circonscrite sous l'influence de la crase scrofuleuse ou syphilitique (fi g. 83). Si les sarcomes conservaient toujours d'une manière intacte leur composition primitive, au moins le diagnostic anato-

mique serait relativement facile. Mais le tissu sarcomateux peut être tellement modifié par un développement vasculaire énorme, parle ramollissement secondaire, parla dégénération graisseuse, par la transformation caséeuse, par l'ossification, par la crétification et la pigmentation à la suite d'extravasats, qu'on ne rencontre souvent dans la tumeur que de bien faibles parties où le tissu primitif s'est conservé intact. — Les sarcomes peuvent s'ulcérer, cependant cela ne s'observe pas très-souvent ; dans ce cas on voit se former à la . ., surface de la tumeur des ulcé-

Tissu muqueux dcVirchow, provenant a un myxo-

sarcome de la fosse sphéno-palatine. rations SOlt fongueuses , SOlt

atoniques, qui prennent quelquefois une forme infundibulée par la mortification du tissu.- A l'examen microscopique d'une parcelle de la tumeur, on ne peut presque jamais

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dislinguer un sarcome d'un des différents stades de la néoplasie inflammatoire; le lupus, les jeunes tubercules, le tissu de la tumeur blanche, les productions syphilitiques (syphilomes), l'inflammation chronique des muqueuses, présentent la structure anatomique du sarcome. Il faut donc posséder bien des données en dehors de l'examen microscopique, pour diagnostiquer sûrement ce que, en clinique, on appelle une tumeur sarcomateuse ; c'est surtout dans ces cas qu'il est très-difficile de tracer la limite entre le produit d'une inflammation et une tumeur.

Les sarcomes s'observent assez souvent au centre des os longs [tumeurs myéloïdes ou ostéosarcomes centraux). Ils siègent fréquemment à la mâchoire inférieure, puis au tibia, au radius, au cubitus; dans ces ostéosarcomes on observe encore souvent, en dehors des modifications déjà nommées, des kystes muqueux dus au ramollissement du tissu et des formations osseuses d'un aspect ramifié. Ces tumeurs sont constituées par une masse circonscrite, se développant le plus souvent dans le canal médullaire; elles détruisent peu à peu l'os, mais comme le périoste forme continuellement un nouveau tissu osseux, la tumeur, alors même qu'elle arrive à un volume considérable, est couverte dans beaucoup de cas d'une coque encore complète. L'os malade est renflé en boule et sa con- Flr" 85,

tinuité n'est pas toujours complètement interrompue par ces tumeurs.

Si elles siègent aux extrémités inférieures, il s'y développe une vascularisation très-abondante; on y remarque une foule de petits anévrysmes traumatiques, et l'on peut même entendre dans ces tumeurs un bruit de frottement anévrysmatique très-manifeste, de sorte que très-souvent on les a prises pour des anévrysmes osseux vrais. La figure suivante vous donnera une idée de la richesse vasculaire de pareilles tumeurs. Les cystosarcomes et les cystomes composés qui s'observent dans les os, et surtout dans la mâchoire inférieure, dérivent en général de ces ostéosarcomes. Enfin, parmi les tumeurs qu'on désigne du nom d'éjndis (inî, sur, et o5V,v, gencive) , un grand nombre doit être rangé parmi les sarcomes ; leur implantation sur la gencive n'est le plus souvent qu'apparente ; ordi-

Réscau vasculaire d'un ostéosarcome pulsatile du tibia, injecté par une artère. — Grossissement^ 60.

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nairement elles sortent de l'interstice entre deux dents, et le point de départ est constitué parles granulations qui se sont développées autour de racines dentaires cariées. — Les ostéosarcomes centraux sont le plus souvent solitaires, dans quelques cas rares ils donnent lieu à une infection générale. — Les ostéosarcomes qui naissent à la périphérie, ou périostosarcomes (chondromes ostéoïdes, Virchow), sont plus malins; ils ont, ou bien la structure des granulations avec ossification partielle, et ressemblent donc au cambium osseux (M. Schultze), ou bien ce sont des myxosarcomes en voie d'ossification et composés de cellules très-grandes. Dans ces cas on a observé des tumeurs secondaires dans les ganglions lymphatiques et des sarcomes pulmonaires.

En outre, on voit assez souvent se développer des sarcomes dans le tissu conjonctif sous-cutané ou dans la peau, et d'autres qui partent des aponévroses et des muscles. Sur les aponévroses et dans la peau on a principalement observé des sarcomes à cellules fusiformes, qui tendent à un haut degré à l'infection locale, et qui reviennent souvent après l'extirpation. Les myxosarcomes se rencontrent dans la peau et dans le tissu conjonctif sous-cutané et sont souvent très-difficiles à distinguer à l'œil nu des fibromes mous, œdémateux. En outre, les nerfs sont un siège assez fréquent de sarcomes multiples. — Nous avons déjà fait remarquer que les fibromes denses peuvent également être comptés dans ce groupe, lorsqu'ils restent stationnaires à une des premières périodes de leur évolution.

La prédisposition au développement des sarcomes est surtout propre à l'adolescence. Ces tumeurs s'observent le plus souvent depuis l'époque de la dentition jusqu'à vers l'âge de quarante ans ; c'est surtout lors de la seconde dentition que les ostéosarcomes de la mâchoire se développent de préférence. Au début, on voit tantôt une seule tumeur, tantôt plusieurs à la fois; la faculté de récidiver sur place est cependant grande dans certains cas, de sorte qu'au bout de quatre à cinq ans de nouveaux sarcomes peuvent se développer à l'endroit opéré. Dans ces cas on observe quelquefois que les tumeurs récidivées possèdent une texture de plus en plus molle, et que peu à peu elles prennent même les caractères du cancer médullaire, qui se montre alors rapidement et imprime à la maladie une marche aiguë : dans ces cas, c'est non-seulement à la surface du corps, dans le tissu cellulaire souscutané, mais encore dans les organes internes, surtout dans le poumon et la plèvre, que se développent en grand nombre des sarcomes médullaires qui amènent la mort du malade. J'ai vu un cas de sarcome à cellules fusiformes, situé sur le périoste de l'occipital, qui fut extirpé cinq fois dans l'espace de vingt-trois ans ; les deux dernières opérations ont

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été faites par moi; la tumeur qui avait élé extirpée l'avant-dernière fois présentait les caractères extérieurs d'un jeune fibrome ; peu à peu les nodosités devinrent de plus en plus molles et d'une végétation plus exubérante; la mort survint à l'âge de quarante-cinq ans par suite du marasme, alors que l'os occipital avait été presque entièrement détruit par la tumeur. Dans d'autres cas, les récidives cessent de se produire après deux ou trois opérations et les individus restent bien portants. D'après mon opinion, le pronostic des sarcomes ne peui jamais être établi d'une manière certaine, parce que la marche peut être très-diverse, selon des conditions individuelles le plus souvent inconnues, lors même que la composition anatomique de ce? tumeurs était tout à fait la même.

Bibliographie. — Lebert, atlas, pl. xxv, xxvi, xxvn, fig: 1-9 ; pl. xxvm, %. 1-9; pl. xxix, fig. 13-20; pl. clxvii, fig. 1; pl. clxx, fig. 1-8. — Gruveilhier, atlas, livraison xxi, pl. 2. — Fdrster, atlas, pl. x, fig. 2. — Froriep, pl. 439 et 440.

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