ANÉVRYSME VARIQUEUX
Il arrive, par exemple, qu'en faisant la saignée du bras au pli du coude, par conséquent en blessant à dessein une veine pour obtenir une évacuation sanguine, on lèse l'artère brachiale en même temps que la veine; c'est là une des causes les plus communes de l'anévrysrne traumatique, ou du moins elle l'était autrefois quand l'habitude de la saignée était encore très-répandue. Dans un cas pareil, on apercevra facilement le jet de sang rutilant au milieu du sang veineux plus foncé. On commence alors par entourer le bras entier d'un appareil, en ayant soin de comprimer tout particulièrement l'artère, et, dans beaucoup de cas, la guérison de l'une et de l'autre plaie vasculaire se fait sans autres suites fâcheuses. Mais un anévrysme peut aussi en résulter, et celui-ci peut avoir la forme simple mentionnée plus haut, ou bien les deux ouvertures vasculaires communiquent tellement entre elles, que le sangartériel se jette en partie directement dans la veine comme dans une branche artérielle, et se rencontre là avec le courant formé par le sangveineux. De là proviennent des stases dans la circulation veineuse, et consécutivement des évasements, des dilatations du calibre de la veine, dilatations que nous désignons en général du nom de varices. La varice, dans le cas particulier, estime varice anévrysmale, parce qu'elle communique avec une artère à la manière d'un anévrysme. — Un autre cas peut encore se produire : ainsi, la formation d'un anévrysme a lieu
Fi G. 29.
Varice anévrysmale : a, artère- brachiale. — D'après Bell (Froriep, îoc. vit., vol. III, pl. 2G3).
entre l'artère et la veine ; l'artère aussi bien que la veine se mettent en communication avec le sac anévrysmal.
C'est là ce que nous appelons un anévrysme variqueux. Il peut se produire encore bien' des variantes dans les rapports entre le sac anévrysmal, la veine et l'artère, sans toutefois que leur signification s'élève au delà de simples curiosités, et sans qu'il en résulte une modification
des symptômes ni du traitement. Aussi s'est-on fort heureusement abstenu de donner des noms nouveaux à ces anomalies. — Dans tous les
FiG. 30.
Anévrysmp variqueux: a, artère brachiale; 0, veine médiane. Le sac anévrysmal est ouvert. — D'après Dorsey (Froriep, loc. cit., vol, III, pl. 263).
cas où du sang artériel pénètre directement ou indirectement dans la veine par l'intermédiaire d'un sac anévrysmal, la veine se dilate, et il s'y produit un bruissement sensible à l'oreille aussi bien qu'au toucher, et que l'on perçoit quelquefois aussi dans les artères. Cependant ce symptôme n'a rien de caractéristique, attendu que l'on peut quelquefois le produire rien qu'en exerçant une pression sur les veines, et qu'on le remarque aussi dans certaines maladies du cœur. Mais, en outre, on aperçoit quelquefois une faible pulsation dans les veines dilatées par la cause que nous venons de mentionner, et de là on .peut déjà tirer un argument plus puissant en faveur du diagnostic de la lésion qui nous occupe.
Les anévrysmes artériels, quelle que soit la forme qu'ils affectent, ne produiraient guère d'inconvénients sérieux s'ils restaient toujours petits. Cependant, dans la plupart des cas, les sacs anévrysmaux devenant de plus en plus considérables, des troubles se font sentir dans les fonctions des extrémités correspondantes; enfin l'anévrysme peut se rompre et donner lieu à une hémorrhagie profuse qui tue rapidement. Nous traiterons plus en détail les modifications ultérieures qui sont inhérentes aux anévrysmes, quand il sera question des maladies artérielles, attendu que ces modifications sont les mêmes pour les anévrysmes traumaliques et pour les anévrysmes spontanés. Le traitement devra consister le plus souvent dans la ligature du tronc correspondant à l'anévrysme; mais voilà encore un sujet dont nous aurons à nous occuper plus tard. J'ai pensé qu'il convenait de vous entretenir ici déjà des anévrysmes traumatiques, parce que dans la pratique ils se présentent ordinairement à