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DES CONTUSIONS DES PARTIES MOLLES SANS PLAIE

Mode de production des contusions. — Commotion nerveuse. — Déchirures vasculaires sovtscutanées. — Déchirure des artères. — Sugillation, ecchymose. — Résorption. — Terminaisons : par tumeurs fibrineuses, par kystes, par suppuration, par décomposition putride. — Traitement.

L'action d'un corps mousse sur les parties molles est tantôt suivie d'une destruction de la peau, tantôt celle dernière reste intacte; c'est ce qui a fait distinguer des contusions avec ou sans plaies. Commençons par nous occuper de ces dernières.

Ces contusions sont produites de deux manières : ainsi un objet lourd peut tomber sur le corps ou le heurter en allant violemment à sa rencontre, ou bien le corps lui-même tombe sur un objet dur et solide, ou se heurte contre cet objet. L'effet immédiat d'une telle contusion est l'attrition des parties molles, attrition qui peut exister aux degrés les plus divers ; souvent nous apercevons à peine une modification, d'autres fois au contraire les parties sont réduites en une véritable bouillie.

11 dépend de diverses circonstances que sous l'influence d'une violence de cette espèce, la peau éprouve ou non une solution de continuité ; et d'abord cela dépend de la forme du corps contondant et de la force de l'impulsion, ensuite de la nature et de la forme des parties sous-culanées ; la même force, par exemple, peut produire à la cuisse une contusion sans plaie, tandis qu'agissant sur la crête du tibia, elle produira une plaie, parce qu'ici l'arête Lranchanle de l'os coupera en quelque sorte la peau de dedans en dehors. 11 faut en outre prendre en considération le degré d'élasticité et d'épaisseur de la peau, qui non-seulement est trèsvariable selon les individus, mais diffère encore beaucoup chez le même individu, selon les différentes régions du corps.

Lorsqu'il y a contusion sans plaie, nous ne pouvons pas reconnaître immédiatement l'étendue de la destruction; nous ne pouvons l'apprendre qu'indirectement, en consultant les phénomènes qu'offrent les nerfs et les vaisseaux, et de plus la marche ultérieure de la lésion.

Du côté des nerfs, le premier symptôme, après une contusion, est la

douleur, comme en cas de plaie; mais ici cette douleur est d'une nature plus sourde et plus vague, quoiqu'elle puisse encore être très-violente. Dans beaucoup de cas on éprouve, surtout lorsque c'est le corps qui frappe contre un objet dur, la sensation d'une vibration, d'un ébranlement particulier dans les parties atteintes; cette sensation qui s'étend encore bien au delà de l'endroit heurté est due à la commotion qu'éprouve la substance nerveuse. Si, par exemple, on se heurte violemment la main ou un doigt, une petite partie seulement est contusionnée, mais il n'est pas rare que la main entière éprouve la commotion, c'est-à-dire une douleur sourde et violente, accompagnée de tremblement et de l'impossibilité momentanée de remuer les doigts; même la sensibilité tactile est assez souvent supprimée pour quelques instants dans le membre contusionné. Cet état se passe rapidement, ordinairement déjà après quelques secondes , et alors nous commençons seulement à éprouver la douleur particulière, brûlante, qui correspond à l'endroit contusionné. Nous ne pouvons nous expliquer ce phénomène passager autrement qu'en admettant que la substance nerveuse des cylindres-axes éprouve d'abord, sous l'influence du choc, des déplacements moléculaires, puis se remet ensuite spontanément en équilibre. Les phénomènes d'ébranlement, de commotion, sont loin d'accompagner toutes les contusions; on les voit manquer surtout dans la plupart des cas où un corps lourd vie/it frapper un membre au repos ; cependant ils ont souvent une haute signification dans les contusions de la tête : ici la commotion cérébrale se combine quelquefois avec la contusion cérébrale, ou bien la première se manifeste seule. Par exemple, dans les cas de chute sur les pieds ou le siège, l'ébranlement se communique au cerveau, et les accidents les plus graves, la mort même, peuvent arriver, sans que l'on trouve une lésion appréciable dans le cerveau. La commotion est un phénomène qui se passe essentiellement dans le système nerveux; aussi on distingue principalement une commotion du cerveau, une commotion de la moelle épinière. Mais les nerfs périphériques peuvent aussi de leur côté éprouver la commotion accompagnée des symptômes mentionnés plus haut; cependant, comme les phénomènes locaux de la contusion sont ici prédominants, on perd trop de vue cet état nerveux appelé parDupuytren stupeur locale. Ainsi, par exemple, une violente commotion du thorax peut provoquer les phénomènes les plus graves précisément à raison de la commotion simultanée des nerfs cardiaques et pulmonaires, d'où résultent des perturbations, quoique passagères, de la circulation et de la respiration. On ne peut pas non plus absolument nier qu'il n'y ait une certaine réaction des nerfs ébranlés, surtout de ceux qui appartiennent au système du grand sympathique, sur le

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