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thèse morbide, car sans cette dernière elles prendraient la marche aiguë typique des inflammations traumatiques. — On a essayé de diagnostiquer la dialhèse scrofuleuse, d'après le seul aspect extérieur, la manière d'être, l'habitus des enfants. Voilà la description qu'on donne ordinairement d'un enfant scrofuleux : cheveux blonds, yeux bleus, peau très-blanche avec pannicule adipeux développé, lèvres épaisses, ventre gros, appétit extraordinaire, tendance à la constipation (scrofules torpides). Vous trouverez dans votre pratique beaucoup de pendants à ce portrait, mais vous trouverez aussi beaucoup de sujets qui ne ressemblent pas à ce signalement et qui pourtant sont un modèle de scrofules. En général, j'ajoute peu d'importance à ces apparences extérieurs. Quant à la marche et à la terminaison des inflammations chroniques, qui s'observent chez les enfants scrofuleux, il faut noter ce qui suit : Rarement le gonflement inflammatoire chronique disparaît complètement après un temps plus ou moins court. Le plus souvent il passe à la suppuration, qui peut prendre, selon les cas, un 'caractère assez aigu, comme on le voit pour l'inflammation des ganglions sous-maxillaires et dans les maladies articulaires. Très-souvent le processus conserve le caractère de chronicité ; il se forme des abcès, des fistules, des ulcères, etc. Cette dernière évolution, qui, en quelque sorte, constitue plutôt une forme atonique, torpide, s'observe surtout chez des enfants amaigris, faibles, mal nourris, et facilement pris de fièvre (scrofules éréthiques). La terminaison de l'inflammation chronique par transformation caséeuse est également fréquente, surtout pour les ganglions lymphatiques; évidemment la nutrition de tout le corps doit souffrir beaucoup, si les ganglions mésentériques dégénèrent de cette façon et que par là les voies chylifères soient en majeure partie obstruées; une atrophie incurable de tout l'organisme peut en être la conséquence. La scrofulose est héréditaire dans la plupart des cas et se transmet de génération en génération. Cependant elle peut aussi être acquise par suite d'un genre de vie irrationnel ; comme causes principales on indique l'alimentation prépondérante ou exclusive avec des pommes de terre, de la farine, du pain aigri, ensuite les logements malsains, humides, le manque de propreté, etc. 11 est très-difficile de constater que tout cela est vrai ; en tous cas la scrofulose serait encore beaucoup plus répandue qu'elle ne l'est en réalité, si les causes indiquées produisaient toujours la diathèse scrofuleuse.
Nous allons passer immédiatement an traitement général de la scrofulose. Avant tout il faut régler le régime ; des viandes, des œufs, du lait, du pain blanc bien cuit, de temps en temps des bains, le séjour à l'air frais, dans un endroit sain, une éducation forte, non efféminée :
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voilà les moyens les plus importants, mais ils sont difficilement applicables à cause des dépenses qu'ils exigent, car cette maladie sévit principalement chez les pauvres (quoiqu'elle ne soit pas rare chez les riches) incapables de prendre ces mesures diététiques et hygiéniques. Le nombre des remèdes internes, employés dans la scrofulose, est excessivement grand ; autrefois on ordonnait de temps en temps un purgatif, en Angleterre surtout on prescrivait le mercure à petites doses, remède très-convenable pour les enfants scrofuleux chargés de graisse; l'éponge calcinée, les feuilles de noyer, la pensée sauvage, les amers, furent recommandés et sont encore usités aujourd'hui. De nos jours l'huile de foie de morue a le plus de réputation comme antiscrofuleux, on lui attribue non-seulement une action spécifique contre la diathèse scrofuleuse, mais on la vante aussi, et à bon droit, comme un corroborant assez actif, et pour cette raison on l'emploie chez les enfants amaigris. Parmi les préparations iodées, quelques-unes sont d'un excellent effet dans la scrofulose; cependant il faut les employer avec précaution, elles doivent être données aux enfants gras plutôt qu'aux enfants atrophiques. Celui de ces remèdes qui mérite le plus de confiance, c'est l'iodure de fer. Les préparations ferrugineuses faciles à digérer sont des moyens adjuvants excellents dans les scrofules avec anémie. Les bains salés ont encore une importance toute spéciale, on peut les prendre à la source même, en Allemagne, par exemple, àKreuznach, à Rhème, Witlekind, Coblence, Folz; en Suisse à Rheinfelden, Schweizerhall, Lavey, ou bien on peut les préparer à domicile, en ajoutant pour un bain tiède 1/2 kilogr. ou 1 kilogr. 1/2 de sel, selon la quantité d'eau renfermée dans la baignoire. Pour des enfants un peu plus grands, je recommande les bains de mer; aux enfants faibles, on fera prendre des bains chauds, avec addition de malt ou de plantes aromatiques. Vous voyez que les remèdes ne manquent pas, et cependant on ne réussit pas toujours à faire disparaître la scrofulose et à prévenir dans tous les cas la rechute. Quelquefois le processus local atteint une telle gravité qu'il compromet par lui-même l'existence et que les moyens locaux doivent être placés au premier rang. Avec l'âge, la diathèse scrofuleuse se perd d'elle-même, comme nous l'avons vu, et après la puberté on n'a plus à craindre de nouvelles atteintes.
2. Diathèse tuberculeuse , tuberculose. Le nom de cette maladie vient de tuberculum, petite tumeur, parce que les inflammations chroniques, qui sont le produit de cette maladie, se présentent, sous forme de toutes petites tumeurs, à peine de la grosseur d'un grain de millet et souvent microscopiques au début, les tubercules. Si vous examinez une pareille tumeur au microscope, vous trouvez qu'elle consiste en une
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végétation, par foyers, de petites cellules rondes, laquelle s'étend à la îériphérie de la tumeur, tandis que ces cellules, très-éphémères, sont Idéjà transformées au centre en une bouillie fine, moléculaire et sèche, qui prend une consistance caséeuse et devient jaune, lorsque le tubercule s'étend davantage; il peut aussi, comme en tous les produits caséeux de l'inflammation chronique, se ramollir consécutivement ou )ien se ratatiner ou se charger de sels calcaires si le tubercule ne continue pas de s'accroître; ces petites nodosités se développent le plus fréquemment dans la gaîne des petits vaisseaux (Rindfleisch). Ce n'est pas cette transformation caséeuse qui caractérise le tubercule, car vous pvez déjà appris antérieurement qu'elle peut aussi se rencontrer dans d'autres inflammations chroniques ; c'est la combinaison de la formation pes petites tumeurs décrites plus haut avec la transformation caséeuse pt ses diverses terminaisons qui est le signe anatomique de la tuberculose. Une formation multiple de petites tumeurs peut également avoir lieu dans d'autres maladies, quoiqu'avec d'autres terminaisons, par bxemple, dans le cancer; il y a aussi une tuberculose aiguë, où dos [milliers de petites tumeurs se développent dans le péritoine, dans la plèvre, dans les poumons en très-peu de temps, et avec des symptômes généraux graves, sans qu'on ait toujours affaire, dans ce cas, à unediathése tuberculeuse générale, dans le sens ordinaire du mot. Ces tubercules miliaires aigus, gris, n'arrivent pas ordinairement à un grand volume, quoique sous le rapport anatomo-pathologique ils soient composés des mêmes éléments que les tubercules qui se développent d'une manière chronique et conduisent, par leur accroissement, leur confluence et leur ramollissement, aux destructions les plus terribles dans les organes les [plus importants. Je le répète donc encore une fois, ce n'est que la formation de petites tumeurs combinée à la transformation caséeuse qui lest le signe anatomo-pathologique de la tuberculose. — Les tubercules [se rencontrent le plus fréquemment dans le poumon, c'est surtout dans les sommets qu'ils se développent volontiers ; il s'en forme ordinairement un grand nombre à la fois ; ils sont confluents, les parois des bronches entraînées dans le travail morbide sont détruites, et le contenu caséeux en partie ramolli des tubercules est rejeté par l'expectoration; des vaisseaux peuvent se rompre pendant ce temps et donner lieu au crachement de sang et à l'hémorrhagie pulmonaire. Une pareille cavité, suite de tubercules, est appelée- caverne. Ce n'est pas ici le lieu de vous donner plus de détails; plus tard, vous entendrez parler souvent encore dans les cliniques de celte maladie terrible. Après le poumon, la formation du tubercule se fait le plus souvent dans la muqueuse laryngienne, puis dans la muqueuse intestinale, même dans le
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rectum, où les ulcères et les abcès tuberculeux offrent aussi de l'intérêt au chirurgien.
Les tubercules se rencontrent aussi dans les os, surtout dans les os spongieux, principalement dans le calcanéum, dans le corps des vertèbres, dans l'épiphyse supérieure du tibia. Les individus tuberculeux sont menacés non-seulement par ces affections tuberculeuses proprement dites, mais encore par d'autres maladies de nature diverse, par exemple, la dégénérescence graisseuse du foie, la dégénérescence lardacée des reins, de la rate, du foie, le catarrhe chronique simple de la muqueuse bronchique, l'inflammation des articulations, dès os, etc. Quoique les glandes lymphatiques s'affectent fréquemment dans la tuberculose, le tubercule miliaire, proprement dit, ne s'y rencontre presque jamais; à sa place on trouve plutôt de grands foyers caséeux. — La tuberculose se propage parmi les hommes, principalement par hérédité ; le développement de la maladie peut, dans des conditions extérieures favorables, être très-retardé, étouffé dans son début ou même tout à fait prévenu, tandis que des conditions extérieures défavorables favorisent le développement de la maladie et hâtent sa marche vers une terminaison fatale. Il est possible que la tuberculose se développe spontanément et sans prédisposition héréditaire, lorsque les conditions extérieures sont mauvaises, cependant il faut remarquer que l'hérédité est un fait tellement compliqué, soit par sa non-manifestation pendant plusieurs générations, soit par sa transmission à une branche collatérale de la famille, qu'il est très-difficile, vu la grande fréquence de la maladie, de rechercher dans un cas spécial la source de cette hérédité. La tuberculose se développe le plus souvent vers la vingtième année; cependant, si les conditions sont défavorables, elle peut se montrer beaucoup plus tôt; chez les enfants, elle se combine assez souvent avec la scrofulose, et c'est surtout la méningite tuberculeuse de la base du cerveau qui se rencontre fréquemment chez eux. Cependant il ne paraît pas qu'il y ait des rapports étiologiques forcés entre la scrofulose et la tuberculose. Dans des conditions favorables, la tuberculose ne se montre que plus tard, entre trente et quarante ans, il y a même des cas où la tuberculose atteint encore des individus de soixante-dix ans. Les tuberculeux ont, dans beaucoup de cas, un habitus tout particulier, qui le plus souvent est la conséquence d'une tuberculose pulmonaire déjà développée : le thorax est plat, il reste pour ainsi dire toujours dans l'attitude de l'expiration ; le cou est long, le teint pâle, les joues légèrement colorées; toute la personne est amaigrie, etc. Il y a quelque chose de vrai dans cette description, et dans tous les cas elle a été faite d'après une série de bonnes observations; cependant on se tromperait