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TRENTE-QUATRIÈME LEÇON

Processus curatif de la carie et des abcès par congestion. — Pronostic. — État général dans les inflammations chroniques des os. — Tuméfactions secondaires des ganglions lymphatiques. — Traitement de la carie et des abcès par congestion. — Résections dans la continuité.

Avant dépasser au traitement de la périostite et de l'ostéite chroniques, nous devons encore ajouter quelques remarques sur le processus curatif dans la carie et sur le pronostic de cette maladie. Le processus curatif varie selon le caractère de la maladie, comme cela s'ohserve aussi dans les ulcères de la peau. Supposons que la végétation du néoplasme inflammatoire cesse, alors le tissu bourgeonnant interstitiel se ratatine peu à peu et se transforme en tissu cicatriciel. Le processus, envisagé histologiquement, se résume en une transformation de la substance gélatineuse intercellulaire en tissu conjonctif solide et fibreux, en même temps que les vaisseaux capillaires développés en très-grande abondance s'oblitèrent en grande partie et que les cellules prennent le caractère des corpuscules du tissu conjonctif. Si la carie coexiste avec une suppuration extérieure, cette suppuration cesse petit à petit et les fistules se ferment. L'ostéite a-t-elle déjà détruit une partie de l'os et des déplacements se sont-ils produits, alors ces derniers ne peuvent plus se réparer, la perte de substance osseuse commence à se combler par un tissu conjonctif cicatriciel fortement rétracté et les os, après avoir glissé les uns sur les autres, sont réunis dans cette position vicieuse par la cicatrice ainsi formée. Cette dernière s'ossifie plus tard en grande partie, de sorte que la perte osseuse est jusqu'à un certain point réparée. Les adhérences cicatricielles qui se sont formées entre deux os rapprochés accidentellement, par exemple entre deux corps vertébraux qui sont venus à se toucher après la destruction d'une vertèbre intermédiaire, s'ossifient; et par là les vertèbres juxtaposées sont fortement soudées entre elles; une réparation complète, par exemple une néoplasie osseuse telle que les vertèbres puissent se redresser, ne s'observe jamais dans la carie.—

Lorsqu'un ulcère osseux atonique guérit, cela arrive de deux manières différentes : 1° les fragments osseux nécrosés, s'il en existe, sont éliminés d'abord par les seuls efforts de la nature ; ensuite une vascularisation abondante se produit sur les parois de la perte de substance et y donne lieu au développement d'une néoplasie énergique; s'il s'agit de grands ulcères creux, d'abcès dans l'os, la cavité entière commence par se remplir de granulations avant qu'une guérison devienne possible ; ces granulations doivent elles-mêmes se transformer en cicatrice et s'ossifier si la guérison doit devenir complète. Il faut donc que tout l'ulcère osseux torpide se transforme en quelque sorte en ulcère exubérant; 2° dans le second mode de guérison, les granulations qui surgissent de la partie saine de l'os, derrière la partie malade, en voie de nécrose, finissent par dissoudre le fragment osseux non encore éliminé ; par là le processus torpide est transformé en un processus actif, exubérant, et la cicatrisation peut encore s'effectuer. — Les pertes de substance osseuse, au centre des os longs, ne peuvent, en aucune façon, être diminuées par la rétraction qui abrège tant la durée de la guérison dans les parties molles; il faut qu'elles soient entièrement comblées par la néoplasie. — C'est là l'écueil contre lequel la guérison de la carie écboue si souvent, les conditions générales, constitutionnelles, qui engendrent les formes torpides de la carie, étant, en général, très-difficiles A détruire; il est donc malaisé non-seulement d'arrêter le processus ulcératif, mais encore, et tout autant, de provoquer une néoplasie énergique dans les parties malades. Si l'on parvient définitivement à arrêter le processus ulcératif, il n'en reste pas moins assez souvent des fistules osseuses qui persistent pendant nombre d'années et quelquefois ne guérissent jamais. Du reste, ces fistules osseuses sont, dans la plupart des cas, assez inoffensives, si le processus morbide est arrivé à sa fin. Si l'occasion vous est fournie d'examiner anatomiquement ces fistules sur des os macérés, vous trouverez que les trous qui conduisent dans l'intérieur de l'os sont tapissés d'une couche osseuse extrêmement dense, éburnée, absolument comme on voit les vieilles fistules des parties molles avoir des parois très-dures et cicatricielles. — Il nous reste à parler encore du processus curatif des abcès chroniques qui se forment dans ces maladies. Dans la plupart des cas, ces abcès, lorsqu'ils se sont ouverts en dehors, ne se tariront que lorsque la maladie osseuse elle-même sera disposée à guérir. Si ces foyers purulents sont revêtus de granulations vigoureuses, ce qui, il est vrai, arrive rarement, les parois peuvent se réunir immédiatement entre elles. Un fait plus commun est la diminution de l'abcès une fois qu'il a cessé de s'agrandir, par

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