LUXATIONS DE L'EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE DU CUBITUS
Desaultest le premier qui ait parlé de celte sorte de déplacement: il le décrit sous le nom de luxation de l'extrémité inférieure du radius ; Boyer, Dupuytren, ont, au contraire, décrit cette lésion sous le nom de luxation du cubitus. Le mécanisme par lequel s'opère le déplacement justifierait jusqu'à un certain point la dénomination deDesault. En effet, dans les violents mouvements de pronation et de supination, le radius tourne avec le carpe et la main autour du cubitus, qui reste en place, et il se produit une luxation; le cubitus, qui n'a pas changé de position, fait saillie en avant ou en arrière. Dans cette circonstance, le radius a conservé ses rapports avec les os du carpe, le cubitus seul n'est plus en contact avec les surfaces articulaires, et, si la dénomination de Desault devait être acceptée, elle serait incomplète, car il existerait
1 ÎJO AKFKCTIONS DUS ARTICULATIONS.
en outre une luxation dos os du carpe sur l'extrémité inférieure du cubitus. Nous accepterons donc la dénomination de Bayer et de Uupuytren.
Le cubitus peut faire saillie en arrière ou en avant. Nous décrirons donc deux espèces de luxation: l'une, la luxation du cubitus en arriéra c'est la luxation du radius en avant de Desault; l'autre, la luxation M avant, luxation du radius en arrière.
C'est toujours dans les mouvements forcés de pronation et de supination que ces déplacements peuvent se produire. Cette cause peut agir seule, et cependant une violence extérieure, la chute d'un corps pesant sur l'extrémité inférieure du radius, peuvent venir en aide au déplacement. La disposition anatomique des parties démontre que les luxations en arrière doivent être plus fréquentes que les luxations en avant. En effet, dans la première, un mouvement de pronation forcée fait peser fortement l'extrémité inférieure du cubitus sur les ligaments postérieurs de l'articulation ; or ces ligaments sont moins solides que les ligaments antérieurs : d'un autre côté, la peau seulement peut s'opposer a cette luxation, tandis qu'en avant il existe une grande épaisseur des parties molles qui souvent empêchent les déplacements dans ce sens; aussi c'est surtout dans la dernière espèce qu'une violence extérieure devient nécessaire à la production de la lésion. Ajoutons enfin que la disposition de l'apophyse styloïde favorise encore le déplacement en arrière ; en effet, grêle et mince, elle ouvre pour ainsi dire la voie entre la peau et la face postérieure du radius.
Stmptomatoi.ogie. — Luxation en arrière. — Le membre, dans la pronation forcée ou moyenne, ne peut être ramené en supination ; le poignet est dans l'adduction ; les doigts et l'avant-bras sont légèrement fléchis; l'extrémité inférieure de l'avant-bras est plus étroite qu'à l'état normal. Le muscle cubital antérieur est fortement tendu et les fléchisseurs refoulés en dehors. On sent, à la partie postérieure et inférieure de l'avant-bras, une saillie dure, que l'on reconnaît facilement pour l'extrémité inférieure du cubitus ; il n'est pas toujours possible de constater à la vue l'existence de cette saillie, car il n'est. pas rare de rencontrer un gonflement considérable, qui masque la déformation. Si, avec le doigt, on suit le cubitus depuis I'olécrâne jusqu'à sa partie inférieure, on trouve que cet os n'a subi aucune solution de continuité! mais qu'il est dévié en dehors, et croise le radius en arrière, et qu'il vient se porter sur sa face postérieure. A la place que devait occuper son extrémité inférieure on sent un vide considérable; le malade éprouve une douleur violente au niveau de l'articulation, celte dou- Jeur est augmentée lorsqu'on essaye d'imprimer des mouvements à la main.
Luxation en avant. — Les symptômes de la luxation en avant sont les