‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 38 sur 46 · DÉVIATIONS HE LA MAIN (MAIN BOT · texte numérisé non relu

DÉVIATIONS HE LA MAIN (MAIN BOT

la main s'incline du côlé oppose au sens du déplacement. On sait d'ailleurs que ce changement de direction de la main résulte plus souvent de l'obliquité de la surface articulaire du radius que du déplacement du carpe ; enfin, dans la troisième variété, il est habituellement

FlG. 89. — Main bol congénitale

facile de constater l'absence du radius, tandis qu'il est plus difficile, parfois même impossible de reconnaître celle du carpe. C'est ce qui eut lieu chez le malade dont M. Bouvier a recueilli l'observation.

La seule chose véritablement importante à envisager sur une main qui présente la déviation dont nous parlons, c'est la cause qui la produit. Est-elle due à une paralysie? à une rétraction musculaire? à la division des muscles? à une cicatrice vicieuse? à un déplacement traumatique ou graduel des surfaces articulaires, etc.? Telles sont les données d'où doivent découler le pronostic et les indications thérapeutiques.

Ce que nous avons dit du traitement du pied bot est presque entièrement applicable à la déviation des mains ; si l'on avait lieu de présumer que le déplacement fût produit par la rétraction des muscles grand palmaire, petit palmaire, cubital antérieur ou postérieur, on pourrait en pratiquer la section ; mais si les tendons fléchisseurs des doigts paraissent être les agents du déplacement, il faut, d'après les préceptes tirés de la grande discussion qui eut lieu en 1842 à l'Académie de médecine, se garder de couper les tendons enfermés dans une gaîne séreuse, car la réunion des deux bouts sectionnés étant très-difficile, on priverait la main déjà difforme du peu de mouvement qui lui reste encore.

Les cicatrices vicieuses seront divisées, la main ramenée à sa position normale par un appareil convenable, dont l'usage sera continué longtemps encore après la cicatrisation complète.

NÉLATON. — PATH. CHM. m oc

Quant à la déformation produite par la paralysie partielle du premier radial externe, dont nous avons dit quelques mots, nous renvoyons à l'ouvrage de M. Duchenne pour l'exposé des moyens prothétiques à l'aide desquels l'ingénieux expérimentateur a obtenu plusieurs fois la réduction du déplacement, la restauration des surfaces articulaires et le rétablissement des fonctions de la main.

ARTICLE XL

LUXATIONS CONGÉNITALES DES ARTICULATIONS MÉTACARP0-PIIALANGIENNES, DES ARTICULATIONS PHALANGIENN ES DU POUCE ET DE CELLES DES AUTRES DOIGTS.

Chaussier a rencontré, sur un fœtus qui portait en même tempe des luxations aux cuisses, aux genoux et aux pieds, la luxation métacarpophalangienne des trois derniers doigts de la main gauche du côté de la face palmaire; et c'est là le seul exemple que l'on connaisse d'une luxation congénitale des doigts.

Quant aux luxations ou subluxations consécutives aux diverses paralysies partielles ou combinées des extenseurs, des fléchisseurs des doigts, des interosseux, des muscles propres du pouce, elles ont été très-bien étudiées, au moins au point de vue étiologique, par M. Duchenne. C'est ainsi qu'il importe de signaler les faits suivants : 1° que la paralysie des interosseux produit la griffe de la main et qu'à la longue les premières phalanges se subluxent en arrière sur la tête des métacarpiens, ce qui abolit l'usage de la main ; 2° que la paralysie du court abducteur du pouce ne permet pas d'opposer la dernière phalange de celui-ci aux dernières phalanges de l'index et du médius, s'ils sont dans l'extension : et conséquemment les usages principaux de la main, comme porter la plume, l'aiguille, etc., s'en trouvent gênés sinon abolis; 3° que la paralysie des fléchisseurs profonds et sublimes entraîne à sa suite l'extension continue des premières et des secondes phalanges et à la longue leur renversement sur la face dorsale des secondes et des troisièmes phalanges; qu'alors le sujet ne peut saisir les objets avec force qu'entre le pouce et les premières phalanges; 4° que la paralysie des extenseurs des doigts abolit seulement l'extension des premières phalanges, et que celles-ci étant maintenues relevées par un appareil, le sujet peut étendre ces deux dernières quand l'usage de la main est rétabli ; 5° que la paralysie du long fléchisseur du pouce empêche de tenir solidement les objets entre le pouce, l'index et les deux premiers doigts, ce qui rend impossibles les travaux manuels délicats, comme écrire ou travailler à l'aiguille, eL produit à la longue un renversement

DÉVIATIONS nu HACHIS. 'l03

de la face palmaire de la deuxième phalange sur la face dorsale de la première. Ces paralysies ou ces atrophies ont été observées principalement dans l'atrophie musculaire progressive, dans l'atrophie spinale de l'enfance, à la suite de la paralysie saturnine pour l'extenseur et les radiaux, à la suite de chutes sur le pouce ou de blessures sur la terminaison du nerf médian.

La griffe de la main et l'atrophie de l'éminence thénar s'observent aussi dans la lèpre. On voit encore, à la suite de l'arthrite sèche des phalanges, des déformations des articulations en tous sens avec subluxation. On trouvera dans les ouvrages de M. Duchenne des détails sur toutes ces maladies et ces déformations, auxquelles nous regrettons de ne pouvoir donner place dans cet ouvrage.

Les luxations congénitales des articulations phalangiennes sont peutêtre encore plus rares que les précédentes. Néanmoins il convient d'en citer quelques cas observés par A. Bérard, Malgaigne et Robert. Ce dernier chirurgien trouva chez une petite fille de six ans une luxation congénitale de la phalangette de l'index qui était déviée en dehors à angle obtus. On pouvait, dit-il, constater à travers la peau une légère atrophie du condyle externe de l'extrémité inférieure de la phalangine ; le condyle interne au contraire était saillant. La brièveté du ligament latéral externe rendait cette déviation permanente, et s'opposait à ce qu'on ramenât la phalange à la rectitude. Robert pratiqua la section sous-cutanée du ligament. Mais, malgré l'application d'appareils, la difformité résista à l'opération.

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