‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 44 sur 46 · DÉVIATIONS DU HACHIS. M · texte numérisé non relu

DÉVIATIONS DU HACHIS. M

On comprend que, par suite des déformations, des déplacements que ces déviations font éprouver aux viscères contenus dans le thorax et l'abdomen, ces derniers éprouvent des désordres plus ou moins graves. Nous mentionnerons l'état de dyspnée commun chez les bossus, état qui s'exagère au moindre mouvement actif, dans tout effort musculaire un peu prolongé, le cri, le chant, etc., leur prédisposition aux maladies pulmonaires, telles que la bronchite chronique et la pneumonie avec des recrudescences fréquentes; l'hypertrophie ou l'état graisseux du cœur, la gène de la circulation qui détermine un aspect pâle, violacé du visage, l'œdème des membres inférieurs, etc. Les fonctions digestives sont également en souffrance, une douleur persistante siège à l'épigastre ; il y a souvent de la diarrhée; et cet état influe sur la nutrition ; aussi le sujet est-il habituellement amaigri et débile. Le côté correspondant à la convexité de la déviation est plus faible que l'autre ; enfin, chez les jeunes personnes qui se trouvent à la période de menstruation, cette l'onction ne s'établit pas régulièrement, et il serait même imprudent, dit Delpech, de provoquer l'apparition des règles avant que le redressement de la taille ait rétabli l'équilibre fonctionnel : ce serait, suivant lui, faire perdre inutilement du sang à des personnes déjà anémiées, chlorotiques; de plus, chez celles qui sont déjà réglées, la menstruation se dérange en raison directe de la déviation.

La compression des nerfs entre les vertèbres ou les côtes, le froissement des chairs parle tassement des os du tronc, donnent très-souvent lieu à des douleurs permanentes vers la base du thorax ou des crêtes iliaques, quelquefois môme à des névralgies le long du trajet des nerfs qui émergent des paires lombaires et sacrées ou de leurs plexus.

Nous n'avons rien de précis à dire sur la marche de la scoliose. Tantôt lente, tantôt rapide, elle s'arrête promptement ou progresse d'une manière indéfinie.

Diagnostic. — La déviation en arrière ou cyphose peut être confondue avec une gibbosité dépendant du mal de Pott. On l'en distinguera cependant à l'absence des signes suivants, qui se trouvent dans cette dernière : saillie anguleuse d'une ou de plusieurs apophyses épineuses, au niveau de la partie la plus prononcée de la courbe, douleur locale, douleur épigastrique, douleur provoquée par le renversement du tronc en arrière, abcès, paraplégie, etc. En outre, dans la cyphose, la courbure est habituellement allongée; elle s'exagère dans la station assise; et, à un degré peu avancé, elle diminue, disparaît ou môme peut (•Ire remplacée par une courbure en sens contraire, quand on renverse le bassin.

La lordose ne sera pas considérée comme sympfomatique d'une carie vertébrale lorsqu'il y aura coexislence d'une cyphose.

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