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t\\6 AFFECTIONS DI3S ARTICULATIONS.
La scoliose accidentelle et réelle peut être confondue avec une sorte de scoliose apparente produite par la contracture unilatérale du carré des lombes et peut-ôtre des intertransversaires lombaires. M. Duchenne a rapporté trois cas dans lesquels il a vu cette contracture n'apparaître que pendant la station debout. Les malades l'attribuaient à un travail forcé ou à une cbute. Voici, suivant cet auteur, les symptômes principaux qui distinguent cette scoliose apparente de la vraie : le tronc s'inlléchissait sur l'un des côlés, au niveau de la région lombaire et la colonne vertébrale décrivait deux légères courbures, l'une lombaire dont la convexité regardait à gauche, l'autre dorsale en sens contraire par compensation. Les efforts que l'on faisait pour redresser le tronc provoquaient de la douleur et une résistance invincible dans la région lombaire du côté infléchi. De ce côté, le corps était déjeté et la hanche effacée, et du côté de la flexion latérale et dorsale, l'épaule était abaissée. Dans la station assise, on observait les mêmes incurvations en sens contraire. Quand on couchait le malade sur l'abdomen, la colonne vertébrale reprenait sa rectitude, mais la hanche droite était plus élevée que la gauche et il était impossible de l'abaisser même alors que la malade était chloroformisée. Enfin, l'une de ces malades après avoir été soumise à la faradisation des muscles sacro-lombaires et carré des lombes du côté opposé à la contracture pendant une trentaine de séances, guérit de cette courbature et par suite de sa scoliose apparente.
La contracture du rhomboïde donne à l'omoplate une attitude qui offre quelque analogie avec celle de la scoliose à la première période. Mais dans cette contracture outre qu'il n'y a pas de changement dans£la direction des apophyses épineuses et qu'il y a absence de voussure dorsale correspondant aux côtes au niveau de l'omoplate déformé, on ne constate également aucun changement dans la configuration de la hanche et du flanc. (Duchenne, loc. cit.)
La scoliose est quelquefois simulée. .Voici les caractères que donne M. J. Guérin pour reconnaître la fraude. Dans la scoliose simulée, la courbure est toujours unique, elle comprend un grand nombre de vertèbres dorsales et lombaires; il n'y a pas de torsion dans les ver tèbres éloignées de l'axe, et par conséquent saillie égale des faisceaux des muscles extenseurs ; jamais de gibbosité. Les rides transversales de la peau qu'on trouve ordinairement au niveau du thorax, du côté concave, se trouvent ici au niveau du flanc : il y a une inclinaison considérable du tronc, dont Fextrémité supérieure s'éloigne de la verticale, à cause de l'absence des courbures compensatrices. Enfin, la hanche du côté concave est la plus élevée, le sujet marche sur la pointe du pied, son membre paraît raccourci, il y a claudicalion apparente.
WSVIATIONS DU ItACUlS. WV
Les mêmes signes feront reconnaître l'inclinaison produite dans un but intéressé par des individus qui, s'étant soumis à l'usage de corsets et de machines, ont déterminé ainsi une courbure vicieuse qui finit par acquérir un certain degré de permanence. Il y a de plus, dans ce cas, au-dessus et au-dessous de la déviation principale, une légère courbure de compensation qui disparaît dès qu'on essaye de redresser le tronc.
Il importerait aussi de distinguer de la vraie scoliose les autres vices de direction du rachis, tels que les attitudes vicieuses que M. Bouvier appelle scolioses par flexion, et qui, suivant lui, disparaîtraient dès qu'on place le sujet dans la posi tion horizon laie ou dans la station assise, comme cela a lieu lorsque l'attitude vicieuse est causée par l'irrégularité de longueur des membres inférieurs. Suivant M. Bouland, ce signe serait d'ailleurs loin d'être pathognomonique, attendu qu'il l'a rencontré même chez des enfants rachitiques et chez lesquels la scoliose était déjà fort avancée. Quant aux flexions dues à une contraction involontaire des muscles causée par la douleur, elles peuvent ne pas disparaître dans le décubitus, mais alors le diagnostic est fondé sur la résistance que l'on rencontre à redresser le rachis. Cette résistance douloureuse, en effet, n'existe pas au début de la vraie scoliose. Le rachis, dans ce dernier cas, ne peut se redresser, mais le sujet ne résiste pas et ne se plaint que des efforts qu'on lui fait subir.
Il suffit de noter, pour établir le diagnostic de la scoliose d'avec la déformation qui survient dans l'hémiplégie ou dans la prédominance originelle ou acquise d'une moitié du corps, que le développement des muscles d'un seul côté n'est pas, comme la saillie musculaire de la scoliose, borné à une région : il s'étend à toute la longueur de l'épine et, de plus, il est commun à toute une moitié du système musculaire.
Enfin il peut arriver que la présence ignorée d'une scoliose devienne la cause d'erreurs de diagnostic assez singulières. C'est ainsi que nous avons vu quelquefois le mal de Pott latéral simuler, au point de tromper même un œil exercé, une scoliose simple, et que dernièrement une femme âgée, soignée antérieurement par plusieurs chirurgiens, fut envoyée dans le service de l'un de nous comme affectée d'un vaste abcès froid qui aurait pris naissance, soit dans la colonne vertébrale, soit dans l'épaule sous l'omoplate du côté droit. Il suffit d'une exploration attentive pour faire voir qu'il n'y avait au contraire qu'un abcès phlegmoneux, et grande fut la surprise quand on démontra que la saillie, qui paraissait d'autant plus grande que le côté opposé était profondément excavé, provenait uniquement d'une scoliose qui datai! de l'enfance.
Étiologie. — Les causes varient avec les différents genres de déviations. l°La cyplme affecte spécialement les jeunes enfants et les vieil-
/,2() AFFECTIONS DES A HTICULATIONS.
lards. La colonne vertébrale esL faible chez les premiers; dès lors, si l'cnlant n'est pas soutenu, s'il est hydrocéphale, si les muscles postérieurs du dos, sous l'influence d'une faiblesse native, d'une croissance rapide ou d'une longue maladie, ont perdu leur énergie naturelle, le poids des parties antérieures et supérieures l'emporte sur la résistance opposée par ces muscles, et il en résulte une courbure du rachis en avant. Ajoutons à ces causes, chez les sujets de dix à quinze ans, l'habitude de se tenir le corps penché en avant, et chez les jeunes filles, qui y sont plus exposées que les garçons, l'absence de mouvements violents et répétés qui rendent aux muscles la force d'action qu'une croissance rapide tend à leur faire perdre.
Chez les vieillards, l'exercice d'une profession qui demande une flexion permanente en avant, la faiblesse des muscles extenseurs ou leur atrophie (Duchenne), des douleurs rhumatismales qui s'opposent à la contraction de ces muscles, ou la rétraction des muscles antérieurs; enfin, les contusions violentes, des efforts musculaires exagérés : telles sont les causes auxquelles la cyphose doit être attribuée.
Au point de vue étiologique, la cyphose peut être spontanée ou symptomatique. Chez les enfants, elle est presque toujours symptomatique du rachitisme quand elle ne dépend pas du mal vertébral de Pott, et siège à l'union des régions dorsale et lombaire. C'est là, en effet, que se trouve le point du rachis le plus mobile après la région cervicale, et celui qui, tout en ayant à supporter un poids considérable, n'a pas encore, chez l'enfant, cette large base de sustentation que les vertèbres lombaires présentent chez l'adulte par le grand développement de leur corps. Cette cyphose rachitique n'est d'ailleurs, au début, qu'une courbure par flexion; c'est seulement plus tard que quelques corps vertébraux, quelques disques articulaires perdant de leur épaisseur en avant, elle devient une courbure par déformation. Mais le rachitisme n'est pas la seule cause qui produise la cyphose chez les enfants. Quand il sont faibles, les muscles sacro-spinaux, incapables de maintenir la rectitude du tronc, surtout dans la station assise, laissent le bassin basculer en arrière. Pour maintenir l'équilibre, la partie supérieure du tronc s'infléchit en avant, et si le décubilus horizontal ne vient pas combattre cette attitude vicieuse, il s'établit peu à peu une courbure d'abord réductible, mais bientôt permanente.
Chez les adolescents, la cyphose, qui n'est que l'exagération de la légère voussure dorsale qui s'établit dans la période de développement du corps, reconnaît pour cause la plus habituelle la rapidité de la croissance, l'élévation de la stature, la gracilité des formes, la faiblesse de la constitution. La débilité consécutive à une affection chronique, la convalescence, môme d'une affection aiguë peuvent aussi causer la