CORPS ÉTRANGERS DE LA VESSIE
de la vessie, on a trouvé dans cette cavité, des esquilles, des projectiles, des boutons de métal, des débris de vêtement et do fourniment.
3» Dans quelques cas la vessie a été perforée par un corps plus ou moins aigu, qui a traversé les parties molles, la paroi vésico-vaginale, et qui s'est brisé dans le réservoir urinaire où il est resté.
4." A la suite d'une perforation de la cloison recto-vaginale, des
t'iG. 6. — Instrument pour extraire FiG. 7. — Crochet de Courty à pignon les passe-lacets (Mathieu). pour extraire les épingles à cheveux.
substances contenues dans le rectum, des matières stercorales et tous les corps étrangers non digestibles qu'il renferme, peuvent passer dans le réservoir de l'urine; de môme des corps introduits dans le vagin, des pessaires par exemple, perforent la cloison vésico-vaginale et se perdent dans la vessie. Le môme accident peut se présenter lorsque, dans le cas de grossesse extra-utérine, le kyste vient à adhérer à la vessie : on rencontre alors dans cet organe des débris de fœtus.
5" Un très grand nombre de corps étrangers ont été introduits dans l'urèthre et de là sont passés dans la vessie. Ces cas sont, sans con-
48 AFFECTIONS DE l'APPAREIL URINAIRE.
tredil, les plus fréquents, et dans la plupart des circonstances la cause de cette introduction se trouve dans les écarts d'une honteuse dépravalion ; d'autres fois il faut accuser les souffrances d'individus affectés de rétention d'urine ou d'une maladie des voies urinaires, les sujets espérant trouver un soulagement en introduisant parl'urètbre un corps plus ou moins lisse, plus ou moins résistant. Dans quelques cas enfin, on peut invoquer un accident, sans que l'on puisse toutefois expliquer le mécanisme de l'introduction de ces corps étrangers.
6" Enfin, il est certains corps étrangers dont il est impossible d'expliquer la présence dans la vessie. S'il en est quelques-uns qui ont pu migrer entre les tissus et pénétrer dans le réservoir de l'urine en le perforant, les épingles, les aiguilles par exemple, il en est d'autres qui ne peuvent avoir suivi un semblable chemin, et l'on est forcé d'admettre ou qu'ils ont pénétré par l'urèthre sans qu'on puisse s'expliquer comment cette introduction a eu lieu, ou bien, qu'introduits dans le canal intestinal, ils ont pénétré dans les voies urinaires à la suite de l'inflammation adhésive et de l'ulcération des parois correspondantes.
Ce mécanisme peut expliquer, le plus souvent, la présence dans la vessie d'helminthes que l'on ne rencontre que dans l'intestin. Un ancien externe des hôpitaux, le docteur Gouenon, vient d'étudier cette histoire dans une thèse intitulée Du Parasitisme vésical. Il a réuni les observations éparses dans la science et est arrivé à conclure que l'on peut rencontrer dans la vessie : des cistoïdes, des nématodes et des trématodes qui peuvent venir soit des reins, soit de l'intestin, soit du sang.
Si le corps étranger parvenu dans la vessie est abandonné à luimême, constamment et dans un temps très court, au bout de quelques jours seulement, il se couvre d'incrustations; puis ces incrustations formeront une couche calcaire assez épaisse, enfin un véritable calcul. La gutta-percha paraît faire exception à cette règle; déjà, en 1850, M. Giviale avait prouvé que cette substance n'était point attaquée par l'urine; M, Phillips a depuis retiré deux fragments de sonde de guttapercha qui avaient séjourné pendant près de deux ans dans la vessie sans éprouver la plus légère altération (1). La manière dont se font les incrustations sur les corps de diverses formes est très curieuse. Sur les corps ronds ou courts, l'incrustation est générale; sur les corps allongés, ce n'est ordinairement que vers le milieu que la matière calculeuse se dépose. Ainsi, lorsque les calculs sont développés sur des aiguilles, les bouts de l'aiguille font généralement saillie à l'exléneur de la pierre. Un exemple de ce genre est figuré dans les planches qui accompagnent un mémoire de Morand (:2).
(1) GcUic, De Vhijperlroph. de la prosL, Thèse, Paris, 1851, n" 149, p. 104.
(2) Mém 'le l'Acad. de cliir., t. IV, p. 181