DU MAI* VE1VTÉBRAL DE POTT
Dans le but de combattre l'inflammation des parties circonvoisines, on a conseillé la plupart des révulsifs cutanés, frictions irritantes, vésicatoires, sétons, moxas, la cautérisation transcurrente, les cautères. Parmi ces moyens, les cautères sont ceux auxquels on donne généralement la préférence depuis qu'ils ont été préconisés par Pott, d'après le docteur Gaineron, de Worcester. Ils offrent l'avantage de pouvoir être entretenus facilement pendant longtemps, de provoquer moins de douleur que les moxas, les sétons et la cautérisation. Les frictions irritantes ont trop peu d'action.
Les cautères ont été vantés par Pott et un assez grand nombre de cbirurgiens. Boyer dit qu'ils ont constamment répondu à son attente, lorsqu'ils ont été appliqués assez tôt, c'est-à-dire avant la formation d'un abcès par congestion. 11 a vu souvent les mouvements volontaires reprendre leur régularité peu de temps après l'application de ces exutoires; c'est là une des raisons qui le porte à croire que la moelle épinière se trouve comprimée par suite de l'engorgement des parties molles enflammées qui l'entourent. Nous avons vu que la moelle ellemême a présenté plusieurs fois à M. Louis et à d'autres observateurs un ramollissement au niveau de la partie altérée de l'épine; il est extrêmement probable que cet état est précédé d'une congestion inflammatoire contre laquelle les cautères peuvent agir d'une manière utile. Nous pensons donc qu'il faudra les employer dès que l'on soupçonnera l'existence de la maladie; deux ou quatre cautères, assez larges pour recevoir trois ou quatre pois, seront placés dans le voisinage de la gibbosité. Ils devront être entretenus pendant longtemps.
Une question assez embarrassante dans la pratique est celle de savoir à quelle époque il faut tarir cette source de suppuration. J'ai adopté pour règle de supprimer les cautères lorsque les mouvements ont repris toute leur liberté, et que la percussion, exercée assez fortement au niveau des apophyses épineuses saillantes, ne développe plus aucune douleur. On peut encore, par excès de prudence, ne les supprimer que successivement.
Nous avons dit que ce serait agir dans un sens directement contraire à l'indication que de chercher à prévenir la formation de la gibbosité; cette vérité ressort assez de ce que nous avons dit précédemment du mécanisme de sa formation. Mais il faudrait bien se garder de conclure de ce fait que tout appareil contentif doit être proscrit; ce serait là une grave erreur. Autre chose est de placer un appareil destiné à produire un redressement, ou de soutenir l'épine par un appareil qui n'a d'autre effet que d'immobiliser les deux segments de la colonne qui, par suite de la destruction des liens qui les unissaient, ont de la tendance à exercer l'un sur l'autre des frottements dangereux: ceux-ci, en effet, provoquent de la douleur, entretiennent dans les parties profondes un
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état inflammatoire, dont le moindre inconvénient serait de mettre obstacle à la consolidation.
Dans le but d'obtenir l'immobilité de la colonne, Honnel a fait construire deux appareils, dont, l'un est destiné aux malades qui gardent le lit et l'autre à ceux qui se lèvent et marchent.
Le premier consiste en une sorte do plastron de fd métallique, modelé sur la gibbosité et rembourré à sa face concave pour prévenir tout contact douloureux; le second est composé de deux ressorts réunis au-devant du bassin et terminés par des béquilles qui vont appuyer sur les parties externes et supérieures de la poitrine : une ceinture placée au-dessus du bassin sert à soutenir la
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— Appareil qui immobilise la colonne vertébrale.
partie inférieure de ces béquilles. (Bonnet, Mal. des art. j tome II, page 52 7 ; et atlas, pl. XVI; fig. 5 et (5.)
Cet appareil est surtout utile lorsque les malades commencent à se lever.
Quant aux abcès par congestion dépendant du mal de Pott, leur traitement n'offre rien de particulier. (Voy. Abcès par congestion, p. 92.)