‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 4)Chapitre 29 sur 57 · ARTICLE XIII · texte numérisé non relu

ARTICLE XIII

FRACTURES DE l/ARCADE ZYGOMATIQUE ET DE L'OS MALAIRE.

Les fractures de l'arcade zygomatique ont été décrites pour la première fois par Duverney. Ces fractures sont très-rares et ordinairement produites par l'action directe d'un corps contondant, quelquefois par un instrument tranchant, un coup de sabre, par exemple, porté sur les côtés de la face. Le corps vulnérant agit habituellement de dehors en dedans; cependant Duverney a vu la fracture produite de dedans en dehors chez un enfant qui tenait dans la bouche l'extrémité d'un fuseau à dentelle. L'enfant tomba la tête en avant, de telle sorle que le bout du fuseau traversa l'arcade zygomatique. La solution de continuité peut être simple ou multiple. Un seul déplacement est possible, c'est l'enfoncement des fragments vers la fosse zygomatique, car l'aponévrose temporale et le muscle masséter s'opposent au déplacement en haut et en bas.

Lorsque les fragments ont éprouvé peu de déplacement, le diagnostic de cette lésion est difficile ; et ce n'est qu'à l'inégalité de la surface externe de l'os, signe souvent masqué par le gonflement, qu'on parvient à la soupçonner. S'il existe un enfoncement, on le constate aisément en portant le doigt au niveau de la dépression. Cette fracture d'ailleurs n'est pas grave ; elle guérit ordinairement dans un temps assez court, et lors môme que les fragments se sont consolidés dans un état de déplacement, il n'en résulte aucune gêne dans les fonctions delà mastication.

Lorsque la fracture est simple, sans plaie, sans déplacement, on la traite par des applications résolutives, comme s'il n'y avait qu'une contusion ; si les fragments sont enfoncés, Dupuytren blâme toute tentative faite dans le but de les relever avec des leviers, des élévatoires introduits par une incision faite au-dessus ou au-dessous de l'arcade. Ce moyen ne lui paraît applicable que dans le cas où il existe une plaie qui permette d'introduire ces instruments (1).

Les fractures de l'os malaire sont ordinairement produites par une cause directe, elles consistent souvent en une sorte d'écrasement. Sanson dit que, dans certains cas, il semble que l'os de la pommette soit plutôt luxé que fracturé, et qu'il soit déplacé par un mouvement de totalité. On conçoit d'ailleurs que la violence nécessaire pour produire,

(1) Dupuytren, Leçons orales de clinique chirurgicale, 2° édit., 1839, t. H, p. 202 à 206.

soit un écrasement, soii une fracture de col os, suffit à expliquer la paralysie des nerfs sous-orbitaire ou facial, observée chez quelque! malades, et même un ébranlement dangereux communiqué chez d'autres à toute la masse encéphalique.

S'il n'existe point un gonflement très-considérable, les doigts, promenés sur la surface de la pommette, découvriront quelques inégalités ou une certaine mobilité entre les fragments, et pourront môme, dans quelques cas, produire une véritable crépitation.

Tout le traitement consiste dans l'emploi de résolutifs propre- à dissiper les effets de la contusion ; car le conseil donné par Boetcher, de replacer les fragments à l'aide d'un doigt introduit dans la bouche, est le plus souvent, sinon toujours, inexécutable ; et l'on ne peut citer que pour la blâmer la section du masséter, pratiquée par Ferrier, pour replacer un fragment qui était entraîné par ce muscle.

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