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VLAIES PRODUITES PAR MORSURES

Ces plaies ne peuvent avoir lieu sans que les parties mordues soient piquées, contuses, déchirées ou arrachées; les détails qui leur sont relatifs semblent donc devoir être naturellement compris dans la description des espèces précédentes; cependant il en est quelques-uns qui leur sont propres et que nous devons faire connaître. Les morsures que nous observons sont le plus souvent produites par des carnassiers ou des solipèdes : les dents des carnassiers sont tranchantes et coniques, celles des solipèdes sont aplaties; les premières pénètrent, déchirent et arrachent ; les secondes pénètrent à peine, mais elles écrasent; et de là deux séries de phénomènes pathologiques très différents. Pour bien comprendre le mécanisme et les principaux effets des morsures produites par les carnassiers, il suffit de rappeler de quelle manière ceux-ci dévorent leur proie, lorsque quelques lambeaux de chair sont abandonnés à leur voracité. Ils saisissent avec leurs canines ces lambeaux préalablement fixes par leurs mendires antérieurs, et les déchirent ensuite par des eflbrts combinés de traction et île torsion. Lorsqu'ils

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mordent nos tissus, ils saisissent de môme les parties molles à l'aide de lem-s canines; celles-ci pénètrent; il en résulte une piqûre et une plaie contuse : ensuite ils se livrent à des efforts de torsion et de traction dans tous les sens; alors, à la piqûre et à la plaie contuse se joint une déchirure; enfin, dans un troisième degré, il y a arrachement complet. Lorsqu'il y a simplement pénétration des canines, les piqûres qui ci résultent sont peu graves et guérissent rapidement; s'il y a déchirure ou arrachement, l'écoulement d une certaine quantité de sang, une ilouleur vive, plus tard une intlammation intense et la suppuration en sont le résultat; néanmoins, après une durée variable, ces plaies guérissent le plus souvent sans accident.

Les morsures faites par les solipèdes, tels que le cheval par exemple, sont en général beaucoup plus graves; les dents de l'animal s'impriment sur les téguments plutôt qu'elles ne les pénètrent, et la blessure représente une double série de petites plaies contuses à peine pénétrantes, disposées sur deux lignes courbes qui se regardent par leur concavité. Mais, tandis que la lésion paraît si peu grave à la surface, il existe profondément une désorganisation, une attrition du tissu cellulaire et des muscles; souvent la peau est décollée; des épanchements sanguins s effectuent à sa surface interne et la soulèvent en lui donnant une teinte livide. Lorsque l'inflammation s'empare de toutes ces parties molles, il se forme de vastes phlegmons, des suppurations diffuses; les parties contuses se mortifient, et la vie du malade est mise en danger. Lorsqu'il guérit, la cicatrisation est ordinairement longue. Le pronostic de ces plaies doit être porté avec une extrême prudence.

On voit assez souvent dans la pratique des hôpitaux des morsures produites par la dent de l'homme; celles-ci, sans être aussi dangereuses que les précédentes, ne sont pas cependant sans gravité; elles donnent souvent naissance à de vastes phlegmons simples ou diffus.

Le traitement des plaies par morsure ne diffère pas sensiblement de celui des plaies contuses. On réunira immédiatement si la plaie est faite par un carnassier; si elle est produite par un solipède et n'ofl're pas de traces d'une grande contusion, le chirurgien aura recours aux résolutifs en observant attentivement la marche de la maladie; car il ne faut pas hésiter à pratiquer de larges incisions si la région affectée, loin de diminuer de volume, s'engorge davantage, en même temps qu'il se manifeste de la rougeur et des douleurs aiguës.

l'LAlES.

ARTICLE IX

Pf.AlES EMPOISONNÉES.

Un peut ranger sous trois classes les substances vénéneuses accidentellement déposées à la surface des plaies, savoir : les venins, les virus et les poisons; de là trois classes correspondantes de plaies: 1° les plaies envenimées, 2" les plaies virulentes, 3° enfin les plaies qui se trouvent en contact avec des poisons proprement dits, et que nous appellerons, en Tabsence d'un mot meilleur, plaies empoisonnées proprement dites.

Les plaies empoisonnées sont remarquables par la rapidité avec laquelle s'opère l'absorption du principe vénéneux déposé à leur surface; toutes tirent les dangers qu'elles présentent des phénomènes généraux qui succèdent à cette absorption. L'art doit donc chercher à la prévenir par tous les moyens possibles, le succès de ces moyens sera d'autant plus complet qu'ils seront plus promptement employés, et que la substance délétère sera plus intégralement enlevée ou décomposée. Les mêm-es moyens curatifs étant applicables à toutes les espèces de plaies empoisonnées, nous ferons précéder la description de chacune des espèces par l'exposition générale de leur traitement.

Traitement des plaies empoisonnées. — Le cautère actuel est le moyen le plus généralement conseillé par les auteurs; ses effets sont constamment heureux lorsqu'il est appliqué immédiatement et convenablement; il décompose les substances vénéneuses, désorganise les parties qui en avaient subi le contact, et qui pouvaient en être imprégnées à une certaine profondeur, et détruit ainsi en même temps et la cause de l'empoisonnement, et les tissus qui devaient être les agents de l'absorption; en sorte que si, contre toute vraisemblance, une petite partie du poison avait survécu à l'action du fer rouge, elle ne trouverait plus d'organe capable de la saisir et de la transporter dans le torrent circulatoire. On aura donc recours à l'application du fer rouge dans toutes les circonstances où elle sera possible. Si la plaie est étroite et sinueuse, on l'agrandira par des incisions convenables, de manière que les parties les plus profondes se présentent facilement à la cautérisation.

Si le malade repousse avec une répugnance invincible l'emploi du fer rouge, on mettra en usage les caustiques minéraux, tels que l'acide sulfurique, le chlorure d'antimoine, l'azotate acide de mercure ou l'azotate d'argent. Ces caustiques agissent (-onmie le fer rouge, ci pourraient ( erlainement lui être préférés dans bien des cas, mais il est

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