PLAIES EMPOISONNÉES
plus dillicile do liniitor exactement leui' action; en outre, ils sont plus lents, presque toujours plus douloureux, et surtout n'oH'rent pas le grand avantage de se trouver partout comme le cautère actuel, et de se prêter ainsi à une application immédiate.
L'excision des parties blessées prévient sûrement l'absorption du poison, mais elle doit être pratiquée au moment de l'accident. Quelques chirurgiens donnent le conseil de réunir cette méthode à la précédente, d'exciser d'abord et de cautériser ensuite. Cette double opération nous paraît inutile : la cautérisation bien faite sullit parfaitement pour détruire les substances vénéneuses et rendre leur absorption impossible. L'amputation de la partie, qui a été conseillée et mise en pratique, est une mutilation que rien ne saurait justifier.
Le lavage de la plaie à l'aide d un courant d'eau tiède ou fraîche est un moyen utile ; les p?rssions exercées de la circonférence au centre autour de la plaie pour augmenter l'écoulement du sang sont également avantageuses. La succion, autrefois pratiquée dans les armées par une classe d'homme appelés psy/Zes (de puce), agit, comme le lavage,
en entraînant le poison, et, comme les pressions, en attirant le sang à la surface de la plaie; mais en maintenant entr'ouverts les orifices des capillaires divisés, par la douce chaleur qu'elle leur communique, et en faisant relluer tous les liquides vers leur orifice, elle arrive à ce résultat d'une manière plus puissante et plus sûre.
\.' électricité a été recommandée par Pravaz, qui, à l'aide d'une pile voltaïque de quarante ou cinquante éléments, est parvenue à neutraliser le virus de la rage inoculé à des chiens. Cette méthode a été appliquée une seule fois à un homme mordu par un chien enragé, mais elle n'a pas donné les résultats qu'on pouvait espérer : la rage s'est développée.
Lorsque l'absence des objets nécessaires impose l'obligation de différer l'application des moyens curatifs, il faut se hâter de suspendre l'absorption du poison ; dans ce but, on pourra mettre en usage, soit la compression circulaire, soit des ventouses. La compression circulaire, pratiquée sur un membre à l'aide d'un lien suftisamment serré, prévient les eflets de l'absorption vénéneuse, en s'opposant au retour du sang veineux et de la lymphe. M. Bouillaud a communiqué à l'Académie le résultat de ses recherches et publié une série d'expériences qui ne laissent aucun doute sur les effets prophylactiques de ce moyen. Une quantité de strychnine suffisante pour tuer en quelques minutes un lapin, fut introduite dans une plaie faite sur l'un de ses membres: l'empoisonnement commençait; on établit tout de suite la compression circulaire, et il fut suspendu; au bout de quelques heures, le lien fut desserré, les symptômes de l'empoisonnement se montrèrent aussitôt; on le rétablit, et ils furent de nouveau suspendus. Ces phénomènes
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ont pu être ainsi alternativement produits et arrêtés au gré de l'expérimentateur dans neuf expériences successives. La compression sera donc une ressource précieuse toutes les fois que l'emploi des moyens curatifs souffrira quelque retard forcé.
Les ventouses présentent la même efficacité pour suspendre l'absorption du principe vénéneux. M. Barry, en expérimentant leur action sur des chiens et des lapins^ est arrivé aux conclusions suivantes : En appliquant immédiatement une ventouse sur une plaie dans laquelle on a déposé un poison violent, tel que l'oxyde blanc d'arsenic, l'upas tieuté, la strychnine, l'acide cyanhydrique, on empêche le poison de produire ses effets pendant tout le temps que la ventouse reste appliquée. Si l'on enlève la ventouse, les accidents se montrent de nouveau, et en réappliquant celle-ci on les fait disparaître. En appliquant la ventouse aussitôt que les effets du poison ont commencé à se manifester, on les fait immédiatement disparaître.
§ I. — Plaies envenimées.
Les venins sont des produits de sécrétion propres à quelques animaux, et susceptibles, par leur introduction dans le torrent circulatoire, d'exercer sur l'économie une influence plus ou moins fâcheuse et quelquefois mortelle, (voyez les Eléments de pathologie médicale de Requin, t. I, p. 170). Ces venins sont ordinairement déposés par les animaux à la surface des plaies qu'ils produisent avec leurs dents ou les aiguillons dont quelques-uns sont pourvus. Mis en contact avec une plaie saignante, c'est-à-dire avec des surfaces absorbantes, ils paraissent être absorbés en nature ; déposés sur la peau et les membranes muqueuses intactes, soit que l'absorption n'ait pas lieu, soit que cette absorption succède à une décomposition préalable de la liqueur vénéneuse, ils ne donnent naissance à aucun phénomène, à aucun accident; de là l'innocuité de la succion exercée sur les plaies envenimées les plus dangereuses. Les animaux venimeux ne deviennent redoutables pour l'homme qu'autant qu'ils sont doués d'un appareil convenable pour diviser nos tissus et y déposer en même temps le produit de leur sécrétion. Ceux qui réunissent ces deux conditions appartiennent principalement à la classe des insectes et à celle des reptiles. Parmi les insectes venimeux on trouve : l'abeille, la guêpe, le frelon, le bourdon. Parmi les reptiles : les vipères, les crotales, etc. Parmi les arachnides : le scorpion.
1° Venin des insectes. — L'abeille, la guêpe, le frelon, etc., présentent un aiguillon caché et rétractile, formé de deux lames pointues, creusées chacune d'uup gouttière longitudinale sur la face par laquelle elles se