DE LA GANGRÈNE CAUSÉE PAR LA CONTUSION
Nous avons vu que les corps contondants, en agissant sur les tissus vivants, peuvent les désorganiser immédiatement, de manière h y éteindre instantanément la vie (contusion au quatrième degré). D'autres fois la contusion, étant plus faible, n'altère pas d'une manière aussi complète la texture de nos tissus ; elle se borne, ainsi que le dit Boyer, à affaiblir excessivement leur action organique, de sorte que la gangrène se produit consécutivement (contusion au troisième degré).
Les phénomènes qui se passent dans la partie confuse ne sont pas les mêmes dans les deux cas. Dans le premier, toute la masse privée de vie reste froide, livide; elle prend bientôt une couleur noinlfrc, et, si elle n'a qu'un petit volume, elle se dessèche, se racornit; puis, au bout de quelques jours, un travail inflammatoire se développe et élimine la partie mortifiée.
Dans le second cas, la partie contuse est froide et privée en partie de sensibilité ; mais au bout d'un temps assez court (douze ou vingtquatre heures), les liquides y affluent en abondance, et produisent un gonflement pâteux très considérable, qui s'étend même sur les parties qui n'ont pas été soumises .'i l'action du corps contondant; bientôt on voit se dessiner sur la peau des lignes violacées qui suivent le trajet des veines sous-culanées ; des taches livides, des phlyctones apparaissent avec le cortège des symptômes qui caractérisent la mortification confirmée.