‹ Éléments de pathologie chirurgicaleChapitre 27 sur 102 · HE I.A GANGRENE PRODUITE PAR L'INFLAMMATION · texte numérisé non relu

HE I.A GANGRENE PRODUITE PAR L'INFLAMMATION

Lorsque la contusion est accompagnéo de solution de conlinuilé des téguments, le diagnostic ne saurait être un instant douteux; mais il n'en est pas (le même lorsque les téguments sont restés intacts. Nous avons plusieurs fois entendu dire à Sanson qu'il avait vu sur des membres touchés par des boulets un gonflement et uae tension si considérables, qu'on pouvait à peine y reconnaître une fracture, bien que les os fussent broyés, ainsi que toutes les parties molles. On ne prendra pas pour un signe précurseur de la gangrène ces phlyctènes qui se développent si souvent à la suite des fractures; le volume du membre, sa coloration, sa chaleur, suffisent pour lever tous les doutes.

Le traitement varie suivant l'étendue de la partie mortifiée. Si elle est limitée et n'occupe que la superficie d'un membre, on peut sans inconvénient s'en rapporter aux seules forces de la nature pour opérer le travail d'élimination. Mais si elle est plus considérabh?, si la main, le pied, la jambe, ont été désorganisés par la contusion^ il faut pratiquer l'amputation immédialement en se conformant aux préceptes que nous avons établis précédemment pour éviter au blessé les dangers auxquels l'exposerait l'inflammation consécutive.

Lorsque les tissus n'ont pas été complètement désorganisés, et que lu gangrène est seulement probable, il faut tâcher do prévenir l'engorgement de la partie par un traitement général et local. On pratiquera donc une ou deux saignées, et l'on aura recours aux résolutifs ou même aux répercussifs. Mais si malgré cette médication il se développe un gonflement inflammatoire, on renoncera à ces moyens pour recourir aux applications émollientes, ainsi que nous le verrons en parlant de la gangrène déterminée par la violence de l'inflammation.

Ce serait ici le lieu de parler de la gangrène produite par le feu ou les caustiques; mais comme ces agents ne produisent pas constamment la mortification des tissus, nous préférons réunir dans un seul et même article, et sous le nom de brûlures, toutes les lésions que nos tissus peuvent éprouver par suite de l'action du calorique et des agents chimiques.

ARTICLE in.

DE LA GANGRÈNE PRODriTE PAR l'JNFLAMMATION.

Nous ne parlerons dans cet article que de la gangrène produite par une inflammation simple, de celle que l'on désigne dans tous les traités dogmatiques sous le titre de gangrène par cxch d'inflammation.

Nous avons dit que plusieurs circonstances favorisent la terminaison d'une phlegmasie par gangrène. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet.

Lorsque cette lâcheuse terminaison se prépare, voici ce que l'on

>Kt,ATON — l'ATH CUIR , T 1. 20

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observe. Le malade, qui éprouvait les douleurs les plus vives dans la partie enflammée, ressent un soulagement marqué. Si la phlegmasie occupe un membre, on voit la partie perdre sa rénitence, devenir pùteuse et n)ollasse ; elle se couvre de phlyctènes ou de bulles remplies de sérosité sanguinolente^ disséminées sur un fond violacé. Ces bulles se déchirent, et dans le lieu qu'elles occupaient on trouve la partie convertie en eschares. Celles-ci s'agrandissent rapidement, se réunissent entre elles, occupent une surface assez étendue ; mais il est rare que la mortification s'étende k toute la profondeur du membre.

La rémission que nous avons signalée dans les symptômes locaux coïncide avec une amélioration apparente dans l'état général du malade. Celui-ci accuse un état de bien-être qui pourrait faire prendre le change à un praticien non prévenu; mais on ne se laissera pas tromper en remarquant que l'excitation fébrile a seulement été remplacée par une faiblesse, une prostration extrêmes; le pouls est petit, filiforme, facilement dépressible.

La gangrène par excès d'inflammation fait des progrès rapides ; quelques jours suffisent pour qu'elle s'étende à tout un membre et parvienne jusqu'au tronc.

Nous répéterons ici ce que nous disions dans nos considérations générales sur le traitement de la gangrène. La première indication est d'éloigner la cause, si cela est en notre pouvoir. On pratiquera donc des débridements convenables pour faire cesser une compression, pour évacuer des liquides épanchés, pour extraire les corps étrangers, etc. Après avoir satisfait à cette première indication, le traitement rentre dans celui du phlegmon jusqu'à ce que la gangrène soit limitée.

Lorsque celle-ci menace de s"étendre jusqu'au tronc, peut-on pratiquer l'amputation avant que le cercle éliminatoire ait posé la limite entre les parties mortes et les parties vivantes ? Nous avons déjà répondu à cette question. Rappelons seulement ici que Larrey n'hésitait point à opérer dans ces circonstances. Suivant cet auteur, la gangrène qui succède à une violente inflammation a très peu de tendance à se borner; l'amputation est le seul moyen d'empêcher la mortification de s'étendre jusqu'au tronc. Souvent il a pratiqué l'amputation pour prévenir cette extension du mal, et il a réussi. D'autres chirurgiens militaires ont imité sa conduite, et disent avoir eu souvent l'occasion de s'en applaudir.

DE LA GANGllKNE PAU COMPRESSION.

ARTICLE IV

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