III. — Kystes glanduleux
Ces kystes sont constitués par la dilatation d'un ou de plusieurs acini des glandes, ou par celle du conduit excréteur.
Les kystes qui se développent dans les glandules buccales, labiales, vulvaires, etc., présentent un grand intérêt au point de vue chirurgical; ils se produisent tous par le même mécanisme. Le liquide sécrété est retenu par le canal excréteur oblitéré, le dilate au point que l'on voit bientôt apparaître une tumeur qui fait saillie du côté de la membrane muqueuse; les parois sont donc constituées par le canal lui-même, et sur la tumeur on voit quelquefois un petit pertuis très fin à travers lequel on peut faire sortir par la pression un liquide filant, visqueux; c'est le contenu du kyste.
La dilatation des canaux des grosses glandes peut aussi produire des kystes lorsque le canal vient k être oblitéré à sa partie périphérique ; nous n'avons pas à insister sur cette espèce dont le mécanisme et l'anatomie pathologique sont les mêmes que dans l'espèce précédente, et si l'on constate des caractères spéciaux à ces tumeurs suivant les régions où on les observe, il faut surtout invoquer les fonctions et les rapports des organes glanduleux ; contentons-nous donc de les mentionner, car ces tumeurs seront successivement étudiées lorsque nous examinerons les affections chirurgicales de chaque région.
Enfin aux kystes glanduleux appartient encore cette espèce qui se développe dans les grains glanduleux eux-mêmes, tels sont, par exemple, les kystes du corps thyroïde, du foie, du rein, de l'ovaire, du testicule, etc. Un grain glanduleux vient-il à se dilater, on observe une poche plus ou moins vaste renfernmnt un liquide dont la nature est variable, tantôt c'est une sérosité limpide, tantôt un liquide filant comme du blanc d'œuf. Ce liquide est de coloration très variable, il n'est pas très rare d'en rencontrer présentant une coloration qui rappelle celle du marc de café, cet aspect est dû à la matière colorante du sang. Souvent plusieurs acini subissent la transformation kystique, chacune de ces poches s'accole à la poche voisine, il en résulte un kyste multiloculaire, c'est-àdire que la tumeur totale est séparée à son intérieur par des cloisons qui isolent complètement chacune de ces poches secondaires; dans quelques cas ces cloisons sont plus ou moins largement perforées, le kyste prend alors la forme aréolaire,
La surface interne de certains kystes et surtout des kystes glanduleux est quelquefois le siège d'une organisation toute spéciale : tantôt on voit des productions épithéliales d'un médiocre volume, tantôt une masse beaucoup plus (considérable qui a la plus grande analogie avec le tissu de la glande au milieu de laquelle le kyste s'est développé, tantôt enfin
DES KYSTES. UM
cette masse est constituée par du tissu fibroïdc. Cette variété de kyste a reçu le nom de ki/s(es proligères, on les observe surtout k la mamelle, au corps thyroïde, quelquefois à la prostate, aux grandes lèvres. Cette production se développe quelquefois assez pour oblitérer complètement la cavité du kyste, et convertir une tumeur liquide en une tumeur solide. Quelquefois la paroi se perfore spontanément et le produit pathologique vient faire saillie à l'extérieur. Ces kystes doivent être extirpés de bonne heure ; ils ont une grande tendance à récidiver.