CHAPITRE m
Les bourses séreuses, muqueuses, mucilagineuses, synoviales, unguineuses, sont des sacs sans ouverture qui, par leur structure, leurs fonctions, leurs maladies, appartiennent essentiellement à la classe des membranes séreuses. Fourcroy, qui, le premier, en donna une bonne description dans six mémoires successifs lus à l'Académie des sciences, leur avait imposé le nom de bourses muqueuses ou mucilagineuses, sous lequel elles sont aujourd'hui généralement connues. La mollesse que cet auteur crut observer dans les parois de ces petits sacs niembraneux, dont il comparait la résistance à celle du système muqueux. lui avait fait accepter cette dénomination, qui consacre à la fois une erreur, car cette résistance est égale à celle de toutes les séreuses, et une analogie complètement fausse. Béclard, en les décrivant dans son Anatomie ; générale sous le nom de bourses synoviales, eut le mérite de les restituer ; à leur famille naturelle ; mais en les liant aux séreuses articulaires, il < confondit deux organes dont les fonctions et les maladies diffèrent sous
plusieurs rapports importants. Ces bourses, ainsi que l'avait très heureusement démontré Bichat en exposant le mode de développement des loupes et des kystes séreux, ne sont qu'une simple modification des aréoles du tissu cellulaire, qui toutes représentent des séreuses à l'état rudimentaire.
Les bourses séreuses sont situées : 1° au-dessous de la peau ; 2" audessous des muscles; 3^ autour des tendons. Partout elles ont pour fonctions de favoriser le frottement mutuel des surfaces. Mais tandis que les bourses séreuses sous-cutanées et sous-musculaires, en général peu étendues, sont soumises à un frottement simple, à la manière des deux parois d'une vessie qui glissent l'une sur l'autre, nous voyons les séreuses des tendons se déployer autour de ces organes, les envelopper, comme le péricarde et la plèvre enveloppent le cœur et les poumons, et affecter ainsi la disposition des séreuses les plus compliquées. Les premières nous représentent des séreuses élémentaires, les secondes des séreuses complètes; les affections dont elles peuvent devenir le siège se ressentent de cette différence : de là l'utilité de les étudier séparément.
ARTICLE PREMIER
Ces deux premières variétés constituent les bourses séreuses proprement dites; c'est sous ce titre collectif que nous les désignerons; la similitude de leurs maladies nous permettra de les confondre dans une même description.
Enumération et siège des bourses séreuses. — Ces organes se montrent à la surface du corps partout où il existe des frottements souvent répétés de la peau et des muscles; et si les téguments, habituellement immobiles sur le point qu'ils occupent, viennent à être fréquemment déplacés, soit par le mouvement que nécessite une profession spéciale, soit à la suite d'une difformité acquise, ou du développement d'une tumeur qui, en modifiant la conformation d'une région, a exposé certains points de celle-ci à des frottements anormaux, de nouvelles bourses apparaissent bientôt sur les saillies soumises à ces pressions réitérées. Il résulte de là que le nombre des bourses séreuses ne saurait être rigoureusement déterminé, et qu'on peut les diviser en deux classes, les unes normales, les autres accidentel/es. L'anatomie nous apprend le siège des premières, et la pathologie nous a révélé celui dos secondes. Comme il importe au plus haut point, pour poser le diagnostic des maladies de ces organes; de connaitre leur situation précise, nous croyons devoir en présenter le tableau général, que nous emprunterons à l'excellente thèse de M. Fadieu.
AFFECTIONS DES BOURSES SÉREUSES SÛUS-CUÏANÉES.
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