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ANÉVRYSMES DE L'ARTÈRE CAROTIDE PRIMITIVE

carotides primitives ne doit point être considérée comme une opération très grave. Cette proposition est également établie par les faits, puisque les expériences ont prouvé que certains animaux survivaient môme à la ligature des deux carotides, et puisque sur soixante-dix cas de ligature recueillis par P. Bérard, on ne compte qu'un petit nombre de morts.

Quels sont les phénomènes qui suivent cette opération? On a constaté des troubles et la diminution de la vision; on cite quelques cas d'hémiplégie survenue quelques jours après la ligature, et du côté opposé à celui où elle a été pratiquée. Des convulsions ont été observées, ainsi que du délire et un affaiblissement marqué des facultés intellectuelles.

Une malade opérée par A. Cooper se plaignait que ses os étaient douloureux, et il lui semblait que ses dents étaient ramollies. On a même vu des malades, au moment même où l'on serrait la ligature, tomber subitement en syncope, être pris d'une quinte de toux très violente, éprouver des vomissements, etc. Il est probable que dans ces cas on avait lié avec l'artère le nerf pneumogastrique.

A quelle méthode de ligature devra -t-on avoir recours? A la méthode d'Anel, si la position de la tumeur le permet, c'est-à-dire si l'anévrysme occupe la partie supérieure de l'artère; dans les cas contraires, à celle de Brasdor. Cette dernière présente pour la carotide toutes chances de succès, car ce vaisseau ne fournit aucune branche avant sa terminaison, et la ligature transforme la portion d'artère située au-dessous d'elle en un véritable cul-de-sac dans lequel le sang, ne pouvant plus librement circuler, se coagulera aisément. Tous les chirurgiens cependant ne sont pas du même avis sur ce point. Larrey, dans un rapport fait à l'Académie de médecine, conseillait d'abandonner cette opération, et de lui substituer une méthode mixte, basée sur celle de Valsalva, et sur l'usage de la glace d'abord, et du moxa ensuite. Malgré ces divergences, la méthode de Brasdor doit rester dans la pratique ; elle convient incontestablement aux anévrysmes de la partie inférieure de la carotide.

La ligature faite, les choses se passent du côté de la tumeur comme dans les anévrysmes des autres parties- du corps ; cependant la suppuration du sac est plus à craindre ici, à cause du voisinage d'organes importants et de la facilité avec laquelle le pus pourrait fuser dans le médiastin.

B. Anévrysmes trawnatiques. — 1° Faux consécutifs. — Lorsque l'artère carotide a été largement ouverte, une hémorrhagie foudroyante a lieu au moment de l'accident. Mais si la plaie est peu étendue, si elle est irrégulière, il peut se faire qu'après avoir perdu une certaine quantité de sang, le blessé tombe en syncope; le sang s'arrête alors pour s'écouler de nouveau au bout de quelques instants, si le malade n'est point convenablement et promptement secouru. Dans ce cas, il peut échapper aux premiers accidents, mais il lui reste ordinairement un anévrysme faux

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consécutif. Cet anévrysme ne donne lieu h aucune considération particulière; il doit être traité comme le précédent.

2° Anévinjsmes variqueux. — Ori en possède aujourd'hui plusieurs exemples. Sur dix cas signalés dans la thèse de M. Morvan , on trouve que cinq fo'is la communication existait entre la carotide primitive et la jugulaire interne, deux fois entre la carotide primitive et la veine sous-' clavière, trois fois entre la carotide interne et la jugulaire interne. Ils se produisent ordinairement lorsqu'un instrument vulnéuant, une épée par exemple, dirigé d'avant en arrière et de dehors en dedans, a transpercé la veine jugulaire interne et ouvert la carotide primitive. Immédiatement après l'accident, il se fait une effusion de sang au dehors et dans le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux; unthrombus se forme derrière le muscle sterno-mastoïdien, et par le volume plus ou moins considérable qu'il peut acquérir, détermine quelquefois des phénomènes de suffocation. Mais bientôt, la veine offrant au sang un diverliculum, le thrombus décroît; il y a amendement dans les symptômes; phénomène inverse de ceux qui se produisent dans les cas de plaie artérielle simple, où l'épanchement sanguin fait dès progrès incessants.

Alors on peut constater le susurrus paihognomonique, et les troubles fonctionnels dus à l'arrivée du sang artériel dans la veine, tels que la gêne de la circulation veineuse dans la tête, d'où céphalalgie, congestion cérébrale, etc., ou bien causée par la compression qu'exerce l'épanchement sanguin; mais ceux-ci disparaissent avec la résorption du thrombus. Les malades dont Larrey et Breschet ont rapporté les observations éprouvaient des palpitations de cœur, occasionnées peut-être par Tarrivée du sang artériel dans les cavités droites de cet organe. On peut voir, dans un cas d'anévrysme variqueux rapporté dans les Archives générales de médecine de (tome IV, page 135), que la tumeur s'effaçait pendant l'inspiration et reparaissait ensuite peu à peu.

Pronostic. — La blessure simultanée de l'artère et de la veine est beaucoup moins grave qu'une blessure qui intéresserait l'artère seulement, attendu que le sang sorti' de l'artère est reçu par la veine, et n'est pas perdu pour la circulation générale; le malade éprouve quelques étourdisseinents, perçoit dans la tête un bruit plus ou moins incommode, mais la vie ne semble pas être compromise. Dans un cas, la mort est survenue. Deux ans après l'accident, le malade avait éprouvé une série de symptômes cérébraux qui avaient abouti à des attaques épileptiformes et à un idiotisme complet; à l'autopsie, on trouva une dilatation variqueuse des veines cérébrales.

Traite.ment. — a. Palliatif. — On prescrira au malade des soins hygiéniques, le repos. Il dormira la tête aussi élevée que possible, et s"il se manifeste quelques sytiiptômes de congestion cérébrale, on pratiquera une saignée qu'on renouvellerait au besoin.

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b. Curatif. — La compression, les réfrigérants, le traitement de Valsalva, ne suflisent pas. La méthode d'Anelest inolficacect môme dangereuse, ainsi que nous Tavons vu dans nos considérations générales. Il est inutile de dire que la méthode de Brasdor ne convient pas mieux. Resterait donc la ligature au-dessus et au-dessous de la tumeur. C'est à elle qu'il faudrait recourir, s'il se manifestait quelque symptôme grave qui nécessitât l'intervention de l'art; mais on connaît toutes les difficultés d'une semblable opération.

3° Vanévrijsme variqueux faux consécutif n'a pas encore été observé dans cette région.

ARTICLE VIL

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