DES ABCÈS PAR CONGESTION. H
ly autres auteurs ont conseillé Touverture de ces abcès avec les caustiques ou à l'aide d'un petit cautère actuel (Marc- Antoine Petit, Larrey). Ce que nous avons dit des dangers attachés à la persistance d'un trajet ftstuleux doit faire pressentir que nous blâmons cette opération.
Lisfhinc, qui attribuait, ainsi que nous l'avons dit^ à l'inflammation des parois du foyer les accidents que l'on observe après son ouverture, employait une méthode bien différente de celles que je viens de faire connaître. Au lieu de faire une ponction étroite^ il ouvrait largement l'abcès, et, pour parer aux accidents inflammatoires, il faisait appliquer' immédiatement 30 à ^0 sangsues sur le foyer, et réitérait au besoin cette émission sanguine. Gomme on le voit, ce traitement si énergique n'a d'autre but que de prévenir et |dc combattre les accidents inflammatoires qui suivent immédiatement l'ouverture de l'abcès, mais non l'in* fection putride. Or, nous avons vu que ces accidents ne sont point en géoéral très-graves, qu'ils se dissipent spontanément au bout de queli|ues jours : nous craindrions donc, pour obtenir ce résultat, qui nous parait secondaire, de faire subir une perte de sang à des malades dont on ne saurait trop ménager les forces. Ce mode opératoire est encore c^lui que préfèrent aujourd'hui MM. Payan (d'Aix), Michel (de Strasbourg] et Laugier. Néanmoins nous ne pensons pas, d'après les essais qoe nous avons faits et que nous avons vu faire de cette méthode, aujourd'hui presque complètement abandonnée, qu'elle parvienne à iretarder les accidents formidables auxquels doit être attribuée la mort des malades.
Enfin, il me reste à parler d'une méthode qui a été proposée par Seutin {Gazette médicale^ 1841, p. 237). Elle consiste à exciser les parois du kyste. — Mais cette excision ne saurait comprendre dans toute leur étendue les trajets fistuleux, souvent si anfractueux, qui abou« lissent à Taltération des os, cause première de Tabcès. D'un autre côté, ces abcès par congestion forment quelquefois des poches si vastes, que Pextirpation de leurs parois serait elle-même une opération grave chez .un sujet affaibli. Rappelons enfin, en terminant, ce fait qui nous sertira à juger toutes les méthodes que nous venons de passer en revue, à savoir: que dans cette maladie Tabcès est une chose secondaire; le mal est plus éloigné, plus profond, et tant qu'on ne l'a point détruit, on oe fait que fort peu de chose pour le malade.
Lorsque l'abcès est ouvert et que son ouverture reste flstuleusc, lorsque la fièvre, l'abattement des forces, la décomposition du pus, se manifestent, Bonnet conseille surtout l'emploi des vomitifs [Traité det maladies des art iculationSft II, p. 50^) et les injections irritantes antiputrides dans le trajet fistuleux. J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'employer cette méthode, et elle m'a paru être de quelque utilité pour retarder le terme fatal.
Enfin, si la fistule vient à se boucher^ de sorte que le pus stagne dans quelque clapier^ il faut déboucher son orifice, faire des injections déle^ sives^ donner à la partie une position qui facilite la sortie du pus.
C'est en pareilles circonstances que les injections iodées, poussées par Torifice fistuleux au moyen des tubes élastiques de M. Chassaignac, produisent d'excellents effets.