CHAPITRE VII
AFFECTIONS DES VAISSEAUX ET DES GANGLIONS LYMriIATIQlES.
Toutes les recherches faites depuis le commencement de ce sirrlf^ur la structure des ganglions lymphatiques, soit dans Thomnie, >oit iLn* • les trois pieuiières classes danimaux vertébrés, tnulent à drrnontnr que ces ganglions ne sont rien autre chose qu'un simple p<*lotonm*ni«'nt de vaisseaux lymphatiques, et qu'ainsi ces deux parties ilim ii.t'm» système, les vaisseaux eî les ganglions, sont identiques en re qui o«ncerne leur élément essentiel ; cependant, malgré cette analogie, io> maladies dont ils sont le siège otTrent entre elles de grandes diîlereno-s. Nous les étudierons donc isolément, et nous exposerons d'aï ord ceBo qui peuvent intéresser les vaisseaux proprement dits.
ARTICLE PREMIER
AFFECTIONS DES VAISSEAUX LYMPlIATIQrES.
Ces affections ont élé le sujet d'un asst'Z grand nombre dVrrils;uiji> toutes ces recherches sont loin d'avoir introduit dans leur Hude ces
AFFECTIONS DE8 VAISSEAUX LYMPHATIQUES. 7&i
notions précises que nous possédons aujourd'hui sur l'altération des artères et des veines. La chirurgie expérimentale, qui a tant contribué à éclairer les affections des vaisseaux sanguins, rt'a rien fait encore pour celles des vaisseaux lymphatiques. Le peu de danger qui accompagi)e rinflamination de ces vaisseaux ou qui suit leurs blessures, autant sans doute que leur ténuité et la diiilculté oute spéciale qui s'attache à leur injection^ nous explique cette espèce d'abandon et semble nous annoncer que les vides nombreux qu'on trouve dans l'histoire de leurs maladies ne se combleront que lentement. La pathologie de ces vaisseaux comprend : 1° leur inflammation, 2*» leurs plaies, 3** leur dilatation ou varices, W* leurs dégénérescences.
§ Z. — • Inflammation des Taifteaux lymphatiquefl.
L'inflammation des vaisseaux lymphatiques, appelée d'abord lympha» tite, a été décrite par M. Velpeau sous le nom d'angioleucite, mot plus régulièrement formé et qui est aujourd'hui généralement accepté ; nous adopterons donc cette dénomination, qui repose d'ailleurs sur le même principe que celles qui ont été imposées aux phiegmasies des artères et des veines.
Anatomie PATHOLOGIQUE. — Lcs altérations constatées à la suite de l'inflammation des vaisseaux lymphatiques s'observent tantôt dans le liquide qui les parcourt, tantôt sur leurs parois, mais le plus souvent sur l'un et l'autre simultanément. — 1° Lymphe. Le premier effet de cette inflammation parait être la coagulation du fluide en circulation dans le vaisseau. Ce phénomène a été observé par Teissier, qui, le premier, a bien démontré l'étroite analogie qui existe, sous ce point de vue, entre Tangioleucite et la phlébite. Ce coagulum présente une coloration d'un blanc rosé; il est adhérent aux parois de la cavité vasculaire et constitue un obstacle pour la progression de la lymphe, qui'reflue facilement dans les vaisseaux voisins lorsqu'ils sont libres, mais qui stagne lorsque la phlegmasie se communique h un grand nombre de troncs lymphatiques; de cette stase résulte quelquefois un léger œdème. Trois phénomènes différents peuvent se passer dans ce caillot lymphatique. Dans le cas le plus simple il diminue, disparaît peu à peu, et le vaisseau redevient libre. D'autres fois ses éléments séreux sont absorbés, il se condense en attirant sur lui les parois vasculaires qui lui adhèrent intimement, et l'oblitération, qui était d'abord accidentelle et temporaire, devient définitive. Cette adhésion mutuelle des parois d'un vaisseau lymphatique a été observée plusieurs fois sur le canal thoracique, où elle est plus facile à constater; elle a été également signalée par plusieurs auteurs dans les vaisseaux superficiels des membres. Hall parle d'une oblitération semblable qui occupait tous les troncs lymphatiques du pli de l'aine; mais