‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 108 sur 135 · AFFECTIONS DES VAISSEAUX LTMPHATIQUES. 7AS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES VAISSEAUX LTMPHATIQUES. 7AS

rweie du rose tendre au rouge vif; s'il existe une plaie^ on voit cette "ougeur partir de ce point sous la forme de lignes ou de bandes colorées K>ur se diriger ordinairement du côté des ganglions; ces lignes sont égèrement sinueuses^ se rapprochent, s'écartent, s'entrecroisent, et eprésentent parfaitement la direction et le nombre des vaisseaux nvahis par Tinflammation; elles s'élargissent au niveau des anastotioses, et dans les régions où ces anastomoses sont plus multipliées, lans celles surtout où les vaisseaux convergent en grand nombre sur in espace très limité, on les voit se confondre par leurs bords, former à et là de petites îles, et parfois de véritables nappes érysipélateuses. les érysipèies sont remarquables par la rapidité avec laquelle ils se forcent, puis se décomposent pour aller se reconstituer sur un autre point, [s sont mal circonscrits, d'une coloration plus vive que celle des rubans inéaires qui marchent isolément, et pourraient être facilement pris K)ur une simple inflammation de la peau, si l'observation ne fait lécouvrir entre eux des bandes moins colorées qui les réunissent, et onservent ainsi à la maladie son caractère essentiel et primitif.

Une douleur vive, de la même nature que celle de l'érysipèle, se lanifeste au niveau de chaque traînée rouge dès son apparition, en orte que ces deux phénomènes sont ordinairement simultanés et étroi- 3ment liés l'un à l'autre. La douleur est presque toujours très aiguë 3rsque la coloration de la peau est très vive, et à peine sensible lorsque I rougeur tranche à peine sur la couleur des téguments; cette douleur 'exaspère à la moindre pression, par le simple contact des vêtements u de tout autre corps étranger, ainsi que par les mouvements imprimés

la partie malade. *

Une tuméfaction très légère accompagne les traînées rouges, et donne u toucher la sensation d'un cordon plus ou moins grêle. Elle est légalement développée, à peine sensible sur quelques points, plus lanifeste au niveau des anastomoses où elle devient globuleuse. Cette timéfaction linéaire dépend de la présence d'un caillot dans la cavité u vaisseau, et surtout de l'épanchement d'un liquide coagulable dans 3 tissu cellulaire qui lui sert de gaîne : aussi n'est-elle point percepible dès le début; mais dès que cette double coagulation s'est opérée, e toucher permet de constater sur les vaisseaux un engorgement ylindroïde, sur les anastomoses un engorgement fusiforme, sur les aches érysipélateuses un engorgement général surmonté de saillies négales.

Pendant que ces phénomènes se montrent sur le trajet des vaisseaux ymphatiques, on voit les ganglions placés à leur point de terminaison e .tuméfier et devenir douloureux. Cette inflammation consécutive des anglions constitue, par sa constance et la rapidité de son apparition, un des symptômes les plus caractéristiques de l'angioleucite.

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Ces symptômes locaux existent également lorsque rinflammatioii occupe le plan profond des vaisseaux lymphatiques; mais ils ne sont plus aussi tranchés et ne se succèdent pas dans le même ordre. Le premier phénomène qui se manifeste est la douleur^ qui est vive, lancinante^ profonde^ limitée à un points ou disséminée sur plusieurs points isolés^ ou bien entin développée sur toute une fraction d'un membre; le second qui apparaît^ est la tuméfaction des ganglions lymphatiques profonds : leur position sous-aponévrotique rend leur développement moins apparent; mais leurs dimensions^ en général plus considérables que celles des ganglions superficiels^ permettent le plus souvent de constater cette augmentation de volume. A cette époque le toucher fait quelquefois reconnaître sur le trajet des gros vaisseaux sanguins des noyaux d'engorgement^ tantôt circonscrits et tantôt diffus ; alors aus6i survient un œdème plus ou moins considér<nble. Quant à la rougeur de la peau, elle se niontre toujours d'une manière tardive, s'étale régulièrement^ et dépasse rarement la nuance du rose pâle. Si les deux plans étaient affectés simultanément^ dans un même membre, on reconnaîtrait rinflanunation des vaisseaux lymphatiques profonds à la tuniefartion générale, au siège de la douleur, à l'engorgement de tous h ganglions, et celle des vaisseaux lymphatiques superficiels à la rouf:eur vive et linéaire des téguments.

Les symptômes généraux acquièrent quelquefois, dans rangioleucite, un grand développement, et alors ils forment un contraste frappant a\ec la simplicité apparente des phénomènes locaux. Le malade^ apK'S^ingtquatre ou quarante-huit heures de malaise, de faiblesse, d'inappétence, éprouve une transpiration légère, puis (le« frissons, à la suite desquek |a peau demeure chaude et sèche; le pouls est plein, dur et fréquent,U soif vive, le sommeil pénible et agité. Dans le cas le plus général, ragit^' tion peut produire Tinsomnie et le délire ; plusieurs fois alors on vtiit l'angioleucite entraîner une terminaison fatale. Ces symptômes géneraui ont été divisés en deux périodes : Tune en rapport avec rintlaminatioo locale, et ayant pour caractères les signes ordinaires d'une simple réaction inflammatoire; l'autre, cx)nsécutive au mélange de pus avec le sang, et offrant les phénomènes d'une infection générale. Mais nous avons \ii que le passage du pus dans le sang est loin d'être démontré, et que, jusqu'à ce jour du moins, on peut le contester. Les deux périodes seraient donc arbitrairement établies.

L'angioleucite se termine ordinairement par résolution, quelquefois par suppuration, et. dans certaines circonstances très rares, |>iirlamort du malade. Dans le premier cas, on voit la rougeur de la peau perdre de son intensité, disparaître graduellement sur quelques points d'alH>rd« puis sur tous; les foyers érysipélateux redeviennent de simples réseaux formés par les traînées linéaires; ces traînées elles-mêmes s'efTaceni,

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et la peau reprend sa coloration naturelle ; la douleur s'affaiblit et cesse avec la même rapidité; l'engorgement correspondant aux vaisseaux et celui des ganglions se dissipent quelques jours après la disparition des autres symptômes^ lorsque l'inflammation a duré peu de temps ^ et lorsqu'elle a été modérée. Dans l'angioleucite profonde^ la douleur disparait d'abord, puis l'engorgement ganglionnaire^ et enfin la tuméfaction diffuse de toute la région parcourue par les vaisseaux. La suppuration a lieu^ lorsque la phlegmasie présente dès son début une grande intensité dans sa marche et résiste à tous les moyens qu'on lui oppose; des horripilations^ de légers frissons^ et la plupart des autres phénomènes généraux qui persistent et s'aggravent^ annoncent le plus souvent le mode de terminaison ; la rougeur de la peau se maintient, les noyaux d'engorgement les plus apparents prennent une consistance pâteuse. Cependant, tant que le pus n'a point franchi l'enceinte du vaisseau, tous les signes locaux propres à caractériser la suppuration restent très vagues. Aussitôt que ce liquide a perforé les parois vasculaires et a formé de petits épanchements dans le tissu cellulaire, cette terminaison devient plus manifeste, sans être encore certaine ; car la suppuration s'opère quelquefois primitivement dans la gaine du vaisseau, et le pus que la fluctuation fait reconnaître pourrait être celui d'un abcès idiopathique. Mais toutes les fois que Tangioleucite a débuté franchement, et que l'inflammation du tissu cellulaire ambiant a été consécutive, dès que le pus se forme dans ce lieu, on peut croire, avec une très grande vraisemblance, qu'il existe aussi dans les troncs vasculaires. Loi'sque la mort doit être la conséquence de cette affection, elle est annoncée par le développement des phénomènes généraux les plus alarmants : la fréquence et la petitesse du pouls, l'altération profonde des trails de la face, des frissons répétés, une agitation générale et le délire. A cette période d'excitation, on voit quelquefois succéder une sorte d'anéantissement qui peut précéder la fin du malade de plu« sieurs jours.

Étiologie. — Le jeune âge, le sexe féminin et le tempérament lymphatique ont été considérés comme une prédisposition à cette affection; mais les assertions émises à ce sujet reposent moins sur l'observation que sur des idées préconçues. Si nous pouvions nous appuyer sur le petit nombre de faits qu'il nous a été permis d'observer,' nous dirions que l'angioleucite est une maladie de l'âge adulte, qui se montre le plus souvent chez des individus fortement constitués, alors même qu'elle est spontanée.

Les causes déterminantes de cette aflection sont externes ou internes. Les premières, qui senties plus fréquentes, peuvent toutes être rapportées à une violence extérieure, laquelle agit, tantôt par ses effets primL tifs, tantôt par ses phénomènes consécutifs. C'est ainsi que les plaies

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qui s'étendent jusqu'aux aponévroses, et qui par conséquent coupent les vaisseaux lymphatiques, deviennent pour eux une cause d'inflammatioa immédiate. Les blessures qui développent le plus souvent ce phénomène sont les excoriations produites par le frottement brusque d'un corps rugueux, comme celles qui succèdent quelquefois à un coup, à une chute ; ou même par le frottement d'un corps doux et poli lorsqu'il est longtemps continué. Ces excoriations occupent onlinairement Ifs pieds, les genoux, les coudes, en un mot le voisinage des articulations où les vaisseaux lymphatiques se pressent en grand nombre. Apr^sces plaies superficielles il faut placer les simples piqûres faites par la pointe d'un instrument, d'une épine, d'une esquille ossinisi», etc.: elles ont presque toujours leur sié^e à la main, et surtout à l'extrémité des doi^'ts, et c'est dans cette ivgion seulement qu'elles sont frt'queminent suivi» d'angioleucite. De semblables piqûres auraient sans doute le m(^roc résultat si elles avaient pour siège le pied ou les orteils ; mais la protection que ces organes reçoivent des chaussures soustrait les lymphatiques du membre inférieur à cette cause d'inflammation. Les instruments piquants peuvent développer Tangioleucite lors même qu'ils ne sont imprégnés d'aucun principe délétère ; mais c'est surtout dans cette dernière circonstance, que les plaies qu'ils occasionnent dexiennent souvent funestes. Knfm, après les excoriations et les piqûres, nous rangerons toutes les solutions de continuité dont les bords sont mâchés, déchirés, contus, et la surface anfractueuse, et celles encore qui sont compliquét»s du décollement des téguments, ou de la présence de corps étrangers. Toutes les causes qui prtM'èdent portent surtout leur action sur le plan superficiel des vaisseaux lymphatiques. L'angioleucite profonde peut présenter la même origine ; mais il est plus fréquent de la voir succéder aux plaies avec écrasement d'un os, aux fractures conmiinutives dont les esquilles deviennent une cause vive et incessante d'irritation.

Les causes internes de l'angioleucite sont plus obscures Ainsi on voit quelquefois cette maladie se <lévelopper en ral)sence de toute violence extérieure et de toute affection générale ou locale ; on dit alors quelle est spontanée, c'est-h-<lire qu'elle est due à une cause interne qui nous échap[)e. Vn grand nombre d'auteurs ont avancé que les vaisseaux lymphatiques pouvaient absorber en nature le sang épanché, le pus, lurine infiltrée, et s'enflammer ensuite par le contact de ces liquides étran'^iers. Des faits nombreux et bien obsenés ne nous permettent f»lus maintenant iradmettre cette absorption en nature. Ces liquides subiss«»nt une décomposition préalable ; mais après avoir cté décomposés au moment de leur introduction dans les vaisseaux absorbants, ils |)Ourraient enrorf constituer une cause d'irritation. On ne saurait nier la possibilité de c« phénomène ; si l'on considère, en effet, que souvent une plaie n'occt-

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