‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 116 sur 135 · AFFECTIONS DES GANGLIONS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES GANGLIONS LYMPHATIQUES

tranchés^ en sorte que le diagnostic manque alors de données sutiisantes et demeure douteux. Dans la période de suppuration, la dégénérescence tuberculeuse diffère de Tabcès froid par l'engorgement des ganglions voisins, dans lesquels le ramollissement ne s'est point encore opéré, ou s'est opéré d'une manière incomplète.

Cette dégénérescence doit être considérée comme une maladie grave. Les craintes qu'elle fait naître dépendent moins de l'envahissement des ganglions par la matière tuberculeuse que de la présence même de cette matière au sein de l'économie ; de plus, par le fait de leur développement dans les ganglions, les tubercules occasionnent une tuméfaction qui peut gêner les fonctions des organes voisins, en devenant pour eux une cause de compression. Au cou, ils apportent un obstacle à la respiration, à la déglutition, au retour du sang veineux, à l'abaissement de la mâchoire inférieure, et par conséquent à la mastication; on les a vus aussi produire des douleurs vives à la suite du déplacement et du tiraillement de branches nerveuses. En 1839, à l'hôpital Saint-Louis, une tumeur de cette nature, située à la cuisse, détermina l'ulcération de l'artère crurale, et cette ulcération fut suivie d'une hémorrhagie mortelle. Mais ce fait est tout à fait exceptionnel; il est très fréquent de voir des artères complètement entourées de ganglions dégénérés se conser\'er parfaitement intactes.

Le traitement de cette affection consiste à combattre par les moyens convenables le vice général de la constitution, et à donner issue au pus lorsque le ramollissement de la matière tuberculeuse est complet. Pour hâter ce moment, on a conseillé l'écrasement des ganglions dégénérés ou le massage de la tumeur : ce moyen peut être utile lorsque l'affection ne porte que sur un petit nombre de ganglions superficiellement placés.

2° Dégénérescence cancéreuse. — Cette maladie est extrêmement fréquente; mais le plus souvent elle est consécutive à un 3 affection semblable, située dans le voisinage des ganglions, et sur un organe qui a des rapports vasculaires avec eux. Un engorgement inflammatoire se manifeste d'abord, et, après un laps de temps variable, à cette adénite chronique succède la transformation, soit encéphaloïde,soitsquirrheuse. La première variété est celle qu'on trouve le plus souvent dans les ganglions qui ont été primitivement envahis par le cancer.

y Dégénérescence mélanique. — La mélanose a été observée dans les ganglions situés à la bifurcation de la trachée et des bronches; elle est très rare dans les ganglions qui occupent les autres régions du corps. Cependant elle a été rencontrée dans les ganglions du cou, et Breschet en a rapporté un exemple relatif aux ganglions de l'aine.

U"" Dégénérescences calcaire. — Des incrustations irrégulières se forment quelquefois autour des ganglions. Ordinairement limitées à un

point^ elles peuvent s'étendre à toute la surface et les entourer dW coque inorganique. Dans quelques cas rares on a trouvé le ganidioD tout entier envahi par des dépôts irréguliers de phosphate calcaire, contenu dans un tissu fibreux qui avait conser\é en partie la fonn^ de rorgîine. Ces dégénérescences calcaires coïncident ordinairement avec la dégénérescence tuberculeuse.

Page 1