‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 120 sur 135 · AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DES MUSCLES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DES MUSCLES

D La suppuration enfin s'établit de deux nianières^ selon que Tinamniation s'est développée avec une rapidité modérée ou qu'elle est es violente. Dans le premier cas^ il y a disparition de la libre muscuire, qui se convertit en un tissu cellulaire dense^ homogène^ induré^ 3 qui se remarque à l'extrémité des fragments des muscles rompus^ u autour des fractures dans l'inflammation violente; la formation du us a lieu avant que le tissu cellulaire soit modifié (1). »

Lorsqu'un muscle a été mis à nu, le grand pectoral par exemple^ à i suite de l'ablation des tumeurs du sein, voici ce qu'on observe penant les premiers jours : le muscle apparaît au fond de la plaie sans Rangement notable, ni dans sa couleur, ni dans son volume; bientôt me surface d'un gris sale le recouvre, puis elle est remplacée par une M>ucbe de bourgeons charnus sous lesquels les fibres musculaires disparaissent. Lorsqu'au contraire c'est la coupe d'un muscle que l'on voit au fond de la plaie, comme cela a lieu à la surface d'un moignon pansé ï plat, le muscle se gonfle considérablement, le pus est abondant et ïtide, plus tard les bourgeons charnus se développent, le pus devient le bonne nature; le volume des muscles diminue et ils finissent par Présenter une atrophie plus ou moins notable. Est-ce à la myosite que 'on doit attribuer la destruction partielle des moignons, et cette espèce e fonte purulente avec saillie de l'os? Certes on rencontre dans ces cas ne inflammation du tissu cellulaire; et si la myosite existe, elle pré* înte l'aspect de la myosite par contiguïté.

Chez certains amputés, on* observerait, d'après M. Gosselin, un véri-' ible ulcère musculaire, une quantité considérable de pus s'échappe e l'interstice des muscles, et en même temps on voit se développer es fongosités; cette affection a été désignée par M. Gosselin sous le Ofn de fimyus intermusculaire.

Nous ne connaissons pas encore comment se fait la réparation à la ^ite de cicatrice suppurée, on sait qu'il se forme un tissu cicatriciel lanchfttre, mais on ignore s'il y a reproduction de la fibre musculaire.

Stmptomatologie. — Au début, les malades ressentent une douleur ve sur une partie ou la surface d'un muscle; cette douleur augmente la. pression, et c'est par ce moyen que l'on détermine le siège exact ' la maladie. Il y a augmentation de chaleur dans la myosite aiguë; au ^iritraire, dans la myosite chronique on a signalé un léger abaissement ^ température. Du troisième au septième jour, on observe de la tumé' ^tion;à la palpation on sent un corps dur, résistant, non élastique, f^ni la forme du muscle affecté, lequel semble hypertrophié dans toutes -H dimensions. Cette tuméfaction s'arrête nettement à la limite du mus- ^e. M. Velpeau l'a nommée /f^wei/«e, expression qui rend d'une manière

(1) Gendrin, Histoire analomique des inflammalions, t. II. Paris, 1826.

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très juste la sensation que Ton éprouve en touchant la partie aflertée. Au bout de quelques jours^ les parties voisines se tuméfient k leur tov. le gonflement est moins dur^ les tissus sont comme oedématiés et conservent l'empreinte du doigt. Les mouvements spontanés sont imposnbles^ les mouvements provoqués causent une douleur très vive ; le mi» de est dans un état de demi-contraction qui donne aux parties uw attitude particulière qui varie avec la fonction du muscle ; les tégomeoli consen'ent^ en général^ leur coloration normale, cependant ils rougisse ot lorsque Tinflammation est très intense, ou lorsque la suppuration s établit On n'observe d'accidents généraux que dans les cas de myositf très étendue ou très aiguè^ dans ce dernier cas il y a de la fièvre, de h soif ; le frisson indique sa suppuration.

Dans quelques cas la maladie est franchement aiguë, la turoéfiidioo s'établit rapidement, mais elle persiste pendant un temps asset lof^. d'après M. Fischer, elle aurait une durée moyenne de vingt-huit jour: D'autres fois l'inflammation affecte la forme chronique, dans ces casKio. duration se prolonge pendant un temps dont on ne peut préciser la dortt . La résolution est la terminaison la plus fréquente de la myosite 5pt)ntanée, dans quelques cas cependant on a observé la suppuration :(ell^ ci est peu abondante ; après la guérison, le muscle semble légèrement diminué de volume.

ËTI0LD6IE. — La myosite paraît se développer principalement soos l'influence de Timpresslon brusque du froid, et de la suppression brusque de la transpiration ; d'après la plupart des auteurs, elle succédenit au rhumatisme musculaire. M. Fischer a établi que les observation^ de rhumatisme musculaire terminées par myosite suppurée étaient loin de démontrer ce qu'elles voulaient prouver; il en conclut avecChomel. d'ailleurs, qu'il n'est pas certain que le rhumatisme musculaire se 5oil jamais tenniné par suppuration, et qu'il est au moins fort douteux qu** le rhumatisme sort de nature à produire la suppuration des moscb. La fatigue longtemps prolongée, les marches forcées, peuvent être saisies de l'inflammation des muscles qui ont été le plus souvent en action: aussi cette affection est-elle plus fréquente chez les hommes adultes qui se livrent à de rudes travaux. Sur 15 cas de niyosite spontanée re* cueiiïis par M. Fischer, il a constaté :

à fois une ioflannination des muscles de la région postérieure de la janbe. à fois celle des muscles adducteurs du bras formani la laroi postèhcire

de l'aisselle.

S fois celle des muscles de la région externe du bras. i fois celle du delluiMe.

1 fois celle du biceps brachial, i loi» eaUe des miiselea de la réfien txicrne de la jambe.

AFFECTIONS IMFLABIMATOiaES DES MtJSGLIS. "lH

La myosite se développe aussi par contiguïté de tissus : c'est ainsi quele phlegmon périnéphrétique amène Tinflammation du muscle carré des lombes, que le muscle psoas et Tiliaque sontsouvent aflfectésà la suite du phlegmon des fosses iliaques. Les affections des os, les phlegmons diffus peuvent être la cause de myositessuppurées.

Le traumatisme peut encore être cause de myosite : telles sont les contusions du tissu musculaire, les fractures B,\e6 rupture ou déchirures des muscles, les dénudations musculaires à la suite d'opérations chirurgicales ou de désordres résultant de plaies par arrachement, etc. £nfm, on a considéré la syphilis comme cause de myosite : nous aurons à revenir sur ce sujet lorsque nous traiterons de la rétraction musculaire et des tumeurs syphilitiques des muscles. Est-il besoin d'ajouter que les propositions relatives au siège de la myosite spontanée, à Tàge, à la profession des sujets, cessent d'être exactes pour les myosites qui se développent sous l'influence des derniers ordres de causes que nous venons de passer en revue.

Diagnostic. — Le diagnostic de la myosite n'est pas toujours facile, cependant la forme parfaitement limitée de la tuméfaction, la dureté toute spéciale du muscle malade, permettront de distinguer cette affection du rhumatisme musculaire qui seul peut être confondu avec elle. Pronostic — Il est en général peu grave, puisque presque toujours la maladie se termine par résolution, et que si dans les cas les plus sérieux on a observé de la suppuration, celle-ci a guéri encore assez rapidement, et la légère atrophie musculaire qui a été constatée ne parut pas avoir apporté d'obstacle aux fonctions départies à ce muscle. La forme chronique serait la plus sérieuse en raison de sa durée indéterminée.

Traitement. — Les traitements dirigés contre la myosite n'ont pas jusqu'à présent donné des résultats bien satisfaisants ; on a conseillé les applications de sangsues dès le début, les frictions mercurielles, mais ces moyens ne paraissent pas avoir réussi à empêcher le gonflement du muscle, ni même la suppuration. Dans un cas de ce genre, les onctions mercurielles avaient été poussées jusqu'à produire la salivation; on a appliqué sans plus de succès des vésicatoires volants; il faut dire cependant que les sangsues appliquées en quantité suffisante font disparaître la tension et la rougeur de la peau. Dans l'état chronique, on tirerait quelque avantage des scarifications répétées tous les deux ou trois jours, des bains et des douches de vapeur; on pourrait s'aider encore de l'application de pommades résolutives.

Lorsque les muscles se prennent par continuité, il peut être utile de faire des incisions prématurées, et d'évacuer de bonne heure le pus dont la présence peut favoriser Tinflammation des muscles; les lavages fré« quents, les contre-ouvertures, le drainage chirurgical, peuvent rendre de véritables services.

772 APnCTIONS DES MUSCLES ET DES TENDOKS.

SU.— Ahêèê àm aoMlM^

Les abcès des muscles sont assez rares : ils succèdent, les uns à h myosite; d'autres sont symptomaiiques de Tinfection purulente ou de h morve^ d'autres enfin sontidiopathiques ; ces derniers, les plus rares de tous^ ont été surtout signalés par les auteurs du Compendivmy et décriti sous le nom d'abcès froids des muscles. Ce sont les seuls dont nous nous occuperons ici, nous nous bornerons à reproduire la description qui en a été. donnée.

c( Ces abcès ne sont peut-être pas aussi rares qu'on serait porté /le croire^ d'après le silence que les auteurs ont gardé à leur sujet: Fun df nous, M. A. Bérard, en a déjà observé plusieurs exemples; leur siéfiele plus ordinaire a paru être aux . membres supérieurs. Dans deux cas, l'abcès était développé dans l'épaisseur du muscle biceps brachial; dans un autre, il occupait la masse musculaire des radiaux externes et do long supinateur un peu au-dessous du coude.

» La cause de ces abcès est tout à fait obscure. Les personnes affrctées étaient des femmes d'âge et de constitutions différentes.

n Les symptômes auxquels ces abcès donnent lieu sont peu nombreux : il se fait une tumeur qui s'accroît lentement sans changement de couleur à la pe<au, sans douleur vive, sans gène notable du musck affecté, quelquefois les malades ressentent des élancements spontancs ou qui se renouvellent par suite de contractions musculaires. Le volume auquel étaient par%'enus les divers abcès que nous avons obsenés était peu considérable et ne dépassait pas celui d'une noix.

» On reconnaît que la tumeur est liée à un muscle par les variation» de mobilité ou d'immobilité qu'elle présente, selon que les fibres cfaa^ nues qui l'emprisonnent sont dans le relâchement ou dans un éut dr contraction qui les rend tout à fait fixes et rigides. On peut m^me, dans certains cas, s'assurer que la tumeur n'est pas adhérente au muscle, mais qu'elle se trouve placée dans son épaisseur, lorsque sa surface, facile à explorer pendant l'état de repos, disparaît tout à coup et si*nible se cacher derrière les bandes résistantes quand le muscle entre en contraction.

n II n'est pas aussi facile d'établir à quelle sorte de tumeur on a affaire. Si l'on comptait sur sa mollesse et sa fluctuation pour la diagnostiquer, on tomberait dans l'erreur. Celte erreur nous l'avons commise sur la première malade qui s'est offerte à notre obser\'aUon... Une jeune personne d'une vingtaine d'années, grande, brune, bien constituée, avait une tumeur du volume d'une noix, développée dans le muscle biceps brachial vers sa partie moyenne ; cette tumeur était dure, ub peu inégale et des élancements s'y faisaient parfois sentir; elle avait lé-

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