‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 125 sur 135 · AFFECTIONS SYPHIUTJQUES DES MUSCLES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS SYPHIUTJQUES DES MUSCLES

publier quelques faits détaillés. En 1866, M. Bouisson (1 ),dans un mémoire où il se propose d'étudier les tumeurs syphilitiques des muscles, consacre un paragraphe à la rétraction musculaire : ce mémoire a été reproduit quelques années plus tard dans son Tribut à la chirurgie (2). Nous avons nous- même observé plusieurs cas fort intéressants d'aiïections syphilitiques des muscles à l'hôpital Saint-Antoine, à l'hôpital Saint- Louis, aux cliniques; ces faits ont été examinés dans nos leçons cliniques, et ont été reproduits dans un mémoire très bien fait de M. Notta (3), dans les thèses de MM. Saint-Arroman [k) et Thévenet (5), etc.

Nous étudierons dans cet article : r les douleurs musculaires déterminées par la syphilis, 2'' la rétraction musculaire, Z"* les tumeurs des muscles et des tendons.

§ Z. — Hooleim tjphtltUquef .

Les douleurs syphilitiques sont, d'après M. Bouisson, extrêmement communes; on les observe principalement dans les syphilis invétérées et chez les malades qui ont été exposés à l'action du froid et de l'humidité. M. Hicord, au contraire, les regarde comme plus précoces et comme un des accidents secondaires de la syphilis. Ces douleurs siègent dans les muscles et dans les tendons; elles sont vagues, mobiles, augmentent par le fait de la contraction musculaire et sous l'influence de la chaleur du lit; elles se rapprochent donc par ce caractère des douleurs ostéocopes. Lorsqu'elles deviennent fixes, elles paraissent constituer un degré p)us avancé de la syphilis, ce serait le premier phénomène de la contracture; elles cèdent facilement au traitement antisyphilitique.

§ n. — RéiraeiîoB mofeiiUîre •yphUitiquc.

La rétraction musculaire syphilitique est, dans quelques cas, la suite de rhumatisme syphilitique; quelquefois elle se montre d'une manière lente et graduelle; elle constitue un état plus avancé de l'infection syphilitique, elle appartient aux symptômes tertiaires; dans certains cas, on a cru devoir la rattacher aux symptômes de transition.

(1) Gazelle médicale, 1846.

(2) Bouitson, Tribut à la chirurgie, t. I, 1858, in-A, p. 526.

(3) Noita, Mémoire sur la rétraction syphUilique {Arch. gén, de méd,, 1850, ^* série, I. XXIV. p. 413).

(â) Sainl-Arroman, Des tumeurs gommeuses du tissu cellulaire et des muscles f Uièse. Pans, 1858, n» 53.

(5) Théveoet, Éludes et considéralions pratiques sur les tumeurs gommeuses du tietu cellulaire des muscles et de leurs anneœeSp thèse. Paris, 1858, n* 163.

798 AFFECTIONS DBS MUSCLES ET DBS TENDONS.

On Ta observée surtout dans les muscles fléchisseurs^ et principalement dans le muscle biceps brachial, dans les muscles fléchisseurs de Tavant-bras et des doigts; plus rarement dans les muscles de la régioo postérieure de la cuisse. M. Bouisson considère comme de même nature les contractures permanentes du muscle sphincter de Tanus c ha les sujets qui présentent des syphilides autour de cette ouverture et atteints de fissures. Mais il ne faut pas oublier que le spasme peut ètn produit par Tulcération elle-même, indépendamnoent de toute influence diathésique.

Au début, les malades accusent de la douleur; tantôt elle occupe tout le membre, elle doit être rapportée alors autant à la syphilis qu'à la contracture elle-même ; tantôt elle est limitée au muscle aflècté, et parait se faire sentir principalement vers les insertions musculaire»; c'est encore dans ce dernier point que les malades accusent le plus de souffrance, lorsque Ton fait contracter le muscle ou que Ton exerce une pression sur un point quelconque du membre.

D'après M. Notta, la rétraction résiderait surtout dans le tendon; il base sa proposition sur ce fait, à savoir, que le corps charnu du muscle ne présente aucune altération dans la forme et dans son volume, qull a conserve sa souplesse, sa contractilité, et que seulement il est devenu plus court. M. Bouisson, au contraire, a obsen'é de la dureté et de li roideur dans le tissu musculaire; aussi pense-t-il que la maladie existe surtout dans les fibres contractiles. Un examen attentif fera connaître sans doute quel est le véritable siège du raccourcissement, mais tout nous autorise à penser que le muscle entier participe à Taltération.

Le diagnostic de la rétraction syphilitique est en général facile. On a d'abord pour se guider les antécédents des malades, malheureusement ceux-ci ne peuvent ou ne veulent pas donner tous les renseignements nécessaires.; Mais il est d'autres moyens d'arriver à un diagnostic exact. Ainsi, on ne confondra pas cette afiection avec la retraction dépendant de la présence de tumeurs syphilitiques dans l'épaisr seur des muscles, l'absence de toute déformation, de toute nodosité, mettra sur la voie. La rétraction purement neneuse est en général <k courte durée, intermittente, tandis que la rétraction syphilitique est permanente, augmente ou diminue d'une manière graduelle. Il est de» circonstances cependant où le chirurgien se trouve très embarrasM'. ce sont ces cas de rétractions permanentes, consécutives aux affec* tions rhumatismales, articulaires, etc. Les antécédents viennent souvent trancher la question ; mais quand ceux-ci manquent, il est fort difiicile de préciser la nature du mal, surtout s'il n'existe aucun autre symptôme susceptible de mettre sur la voie. D'après M. Notta, dans la rétraction syphilitique, le corps charnu du muscle serait toujoa^ indolent, tandis qu'il est douloureux dans les autres eq^èces de rétrtf-

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