‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 18 sur 135 · DES ABCÈS FROIDS. ISS · texte numérisé non relu

DES ABCÈS FROIDS. ISS

abcis froid; enfin, certains oignes tels que la mamelle^ le cerveau^ en piésentent aussi quelques exemples, rares à la vérité. Il ne sera question dans cet article que des abcès froids, essentiels et constitutionnels, développés dans le tissu cellulaire sous-cutané.

L'étendue des abcès froids est, en général, assez considérable; il est nre qu^ils ne dépassent pas le volume d'une noix ; ils atteignent quelqoefois celui de la tête d'un fœtus à terme, et même des dimensions phigrandes encore. Lorsqu'un de ces abcès est développé dans le tissu eeUahire sous-cutané, ses parois sont ordinairement souples et molles; elles font formées par le refoulement excentrique du tissu cellulaire de h région, qui représente une membrane bien organisée, d'apparence nraquense, offrant à sa surface des marbrures livides, violacées ou grilUrês lorsqu'on les examine après la mort; mais cette teinte grise ardoilie est un effet cadavérique : il se passe ici un changement de couleur mnblable à celui que l'on observa sur toutes les surfaces suppurantes, lorsque la mort arrive.

Le liquide contenu dans ces abcès ne présente pas les caractères assignés au pus de bonne nature ; il n'est point homogène ; il contient des pomeaux blancs» opaques, caséeux, nageant dans un liquide visqueux, lut, demi-transparent; il exhale une odeur nauséabonde. Ces collectins purulentes peuvent, ainsi que nous l'avons indiqué rester longtaipe en contact avec les tissus fibreux sans les altérer.

ftmPTOMATOLoeis. — Le plus ordinairement les abcès froids sont Iricédés par la formation d'une tumeur indolente, à base large, bien QfcoDScrite, immobile, sans chaleur, sans changement de couleur à la jm ; cette tumeur s'accroît lentement ; elle se ramollit, mais la fluctuatin ne devient évidente qu'après avoir été très longtemps obscure. Cette dniéfoction circonscrite ne précède pas constamment l'abcès ; il n'est pu très rare de voir un abcès froid apparaître dans le tissu cellulaire Mi-cutané sans avoir été précédé d'un engorgement appréciable de ce iks. Le malade ou le chirurgien aperçoivent comme par hasard une tnear molle, fluctuante, sans changement de couleur à la peau, sans chilear, complètement indolente ; cette tumeur s'accroit avec une lenli» extrême, elle peut rester pendant des mois, et quelquefois pendant èi années, sans présenter un changement bien appréciable ; d'autres hii efle offre des alternatives d'augmentation et de diminution dans son lebune. Quelquefois la totalité du liquide qu'elle renferme se trouve ■ime par une absorption graduelle; le foyer revient sur lui-même, et, iMqoe le pus a disparu, la cavité de l'abcès se trouve oblitérée, la gué- MD est alors complète. Cette heureuse terminaison, plus fréquemment observée dans les abcès froids que dans les abcès phlegmoneux, est sspendant encore rare. Ordinairement l'abcès continue à prendre de Ficcroissement ; la peau qui le recouvre devient plus tendue, luisante ;

I2& DES PHLSGMASIES RELATIVES A L\ PATHOLOGIE GHIBUIGIGALB.

elle présente quelquefois une teinte légèrement violacée dans Ten le plus saillant; dans ce points Tépiderme se détache en larges écai A cette période^ la résorption complète du pus peut encore avoir mais on observe un phénomène curieux : la peau, dont la texture profondément altérée^ ne reprend jamais complètement son appar normale^ et bien qu'il ne soit pas fait d'ouverture extérieure^ on tro dans le point où était situé l'abcès^ une dépression qui simule cicatrice. La tumeur, qui jusqu'alors était restée indolente, donne U des douleurs sourdes qu'augmente une pression légère. Enfin, un flammation aiguë s'empare de la paroi superficielle du foyer, et forme une ouverture spontanée, comme dans les abcès phlegmon Le pus s'écoule plus ou moins facilement, suivant l'étendue de < ouverture. Tantôt celle-ci se referme, et le foyer se remplit de nouv tantôt, et c*est là ce que l'on observe le plus ordinairement, cette verture s'agrandit et veste fistuleuse ; car les parois de l'abcès, quij leur aspect, ressemblent aux membranes muqueuses, leur ressend aussi par leurs propriétés : elles sécrètent définitivement un iiq séro -purulent, et ne présentent aucune tendance à se cicatriser.

Étiologie. — Ces abcès se développent ordinairement sous Tinflo d'une disposition générale de l'économie. Bien qu'on les observe le souvent dans la jeunesse, et sur des sujets d'un tempérament lyin tique, on en rencontre aussi, rarement il est vrai, chez des adulta présentent les apparences d'une bonne constitution, et même de las la plus parfaite. Ce sont probablement ces abcès, que l'on ne poi raisonnablement attribuer à ladiathèse scrofuleuse, qui ont fait mettre au nombre des causes des abcès froids la diathèse rhumatisn Mais n'est-ce pas là une de ces erreurs que l'on est trop souvent db] à accepter sans critique sur la foi de la tradition ? Combien de n'avons-nous pas observé des collections de pus', que beaucoup d'aut auraient sans nul doute déclarées abcès rhumatismaux, chez des si qui n'avaient jamais éprouvé de douleurs rhumatismales, ni dan point où siégeait l'abcès, ni dans d'autres parties du corps ! D'aillé l'influence de cette cause est inadmissible avec les idées que l'on | fesse généralement maintenant sur le rhumatisme, idées qui ont i tout été développées par Requin, dans un traité ex professa (i), et sont reproduites dans ses Éléments de jmthologie médicale (tome II

Diagnostic. — Un abcès froid, essentiel ou constitutionnel, ne | être confondu avec un abcès phlegmoneux ; mais il est souvent dlli de le distinguer d'avec un abcès symptomatique d'une affection art laire, ou d'une altération des os. On peut très facilement le confoi

(1) Chomel, Leçons de clinique mèdicaie, t. II : Rhumatisme et goutte^ rédtféti M. Requin, 1837, I vol. in-8.

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