‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 23 sur 135 · PU1£S · texte numérisé non relu

PU1£S

M> t^vHivertit promptement en un petit ul>cès. Ces abcès sont quolqu^l* .<«^lés. <m largement disséminés ; d'autres fois, si rapprochés et »i no Im^ux. qu*il en résulte de vastes suppurations diffuses. — Dan« muscles, on observe assez rarement des foyers purulents ; lorsque i foyers existent^ les flb.res musculaires sont coupées nettement autour la cavité occupée par le pus, qui semble être le résultat du ramollis ment et de la fonte purulente des libres auxquelles il est interposé. Dans les os^ le pus se montre^ soit au-dessous du périoste^ qu'il décol cl  la surface du tissu compacte^ qu'il frappe de mort dans une étend variable, soit dans le canal médullaire, soit surtout dans le tissu spi jiieux. — QuelquefDis le pus forme des tumeurs fluctuantes autour i urticulations; mais il e?t p<>ut-étre plus ordinaire de le voir s'ac muler dans Tintérieur même de la synoviale : les principales altératK «4 observent alors à la circonférence des cartilages, autour desquels capillaires forment une sorte de couronne radiée; ces altérations ci MStent en de petites ecchymoses^ un ramollissement, une destructi partielle de cartila{;e ;en même temps la synovie devient plus jaune, p lactescente, mêlée à des flocons blanchAtres, et enfln punilents ; al les cartilages deviennent rugueux, se détachent, et laissent voir la s « face osseuse en voie de suppuration. Ces désordres s'étendent souvec plusieurs articulations. — Lorsque le pus s'épanche dans les cavi séri'iuses, il donne naissance à de vastes collections; Tempy^me pu lent reconnaît assez fn'*quemment cette origine ; dans le p«iritoine dans rarachnoïde surtout, les épanchements purulents sont plus rar — - On les a vus plus rarement s'effectuer dans les gaines tendineuses dans les bourses synoviales.

/ita( du sofuj, — La présence du pus dans le sang a été consia beaucoup plus tard et «ivec beaucoup plus de peine que dans les : lides. Ce fait tmuve une explication naturelle dans la difllculté ai laquelle il manifeste, sa présence, lorsqu'il se trouve mélangé avec siing; avant lepoque où l'observation à l'aide du microscope fut deven mdiement sérieuse, on ne pouvait le reconnaître que quand lesglobu purulents étaient très nombreux, ou bien lorsqu'ils étaient réunis foyers au centre d'un caillot. .Vujourd'hui personne ne saurait contes la présence du pus dans le sang; c'est dans le .sang veineux que l'on n contre le pus; on possède bien à la vérité quelques obsen'ations di lesquelles ce liquide a été trouvé mélangé au sang artériel ; mais < faits [appartiennent-ils bien réellement à la maladie qui nous occu| .^nn existence u été constatée, soit dans le sang fluide, soit dans le si coagulé. Dans certains cas, les parois veineuses examinées dans points^où se trouvait le pus, n*ont pn^senté aucune altération, aua trace d'inflanmiation ; dans d'autres on trouve la veine enflamm obstruée par un coagnlum sanguin, et oblitérée.

Dans son remarquable article Pus du Dictionnaire en 90 volumes, P. Bérard signale un cas dans lequel il a constaté Texistence du pqs dans la veine iliaque d^un enfant de douze ans^ amputé de la cuisse et mort d'une infection purulente; mais la crainte de confondre les globules de pus avec les globules blancs du sang ne lui fit accepter ce fait qu'avec une certaine réser^^e ; quelques années plus tard il nous a été donné de constater dans notre service une quantité considérable de pus dans les veines et même dans les artères d'un homme qui succomba à une infection purulente provoquée par un vaste anthrax de la paroi abdominale. Cette obsen'ation^ recueillie avec le plus grand soin par un de nos internes les plus distingués, le docteur Morvan, ne peut laisser aucun doute. Mais le microscope, en indiquant d'une manière précise les caractères différentiels dos globules de sang et des globules de pus, a permis de constater d'une manière irréfragable l'altération dont nous nous occupons. On sait, en effet, que les globules de pus !Sont beaucoup plus volumineux que les globules blancs du sang, qu'ils sont chagrinés à leur surface, tandis que les autres sont lisses, enfin cp'ils sont pourvus de deux ou trois noyaux distincts, tandis que les glol)oles du sang n'ont pas de véritables noyaux.

M. Sédillot a constaté que les globules de pus mêlés au sang étaient d'autant plus nombreux que Ton se rapprochait davantage du point enflammé : ainsi très nombreux dans le point où la veine était en supfuration, ils devenaient d'autant plus rares qu'on s'en éloignait davantage. Ce fait est parfaitement exact, si l'on examine le liquide dans les premiers jours de l'infection purulente, car au début on no trouve de pus qu'au voisinage de la partie malade ; mais plus tard lorsque l'affection est pleinement confirmée, le pus se trouve disséminé dans toutes les parties de l'organisme où il a été transporté par la circulation.

M. Piorry a plusieurs fois constaté la présence du pus mêlé à des eaillots formés dans la palette à la suite d'une saignée. Suivant cet auteur, la surface du caillot est de couleur verdfttre ; il ofTre des granulations nombreuses, grisâtres, du volume d'un grain de millet ou d'une tête d'épingle, saillantes sur les bords de la déchirure du caillot auquel elles adhèrent sans pouvoir en être séparées.

Symptomatologie. — C'est ordinairement du dixième au douzième jour après l'opération ou la plaie qui doit donner lieu à la diathèse purulente, qu'apparaissent les premiers symplOmes de cette affection. Quelquefois cependant ceux-ci se montrent beaucoup plus tôt, vers le troisième jour par exemple, ou au contraire beaucoup plus tard, vers ta fin de la seconde ou de la troisième semaine. Ces symptômes se présentent dans Tordre suivant. Le blessé, dont l'état paraissait satisfaisant, éprouve tout à coup un frisson très prononcé, avec tremblement gêné-

rai, claquement des dents ; en m(^me temps sa physionomie s'altère, sa peau se couvre d'une sueur abondante. Ce frisson dure un quart d'heure, une demi -heure, rarement plus. La chaleur revient, la sueur se prolonge pendant une ou deux heures, et tout rentre dans rordre. Pendant cet accès, le pouls ne présente rien de particulier, ou bien il est accéléré, petit, concentré. Ces frissons se renouvellent les jours solvants à des heures qui n'ont rien de fixe ; il n'est pas rare de voir deux ou même trois de ces accès dans les vingt-quatre heures. Quelquefois, au contraire, ils affectent une sorte de périodicité, reviennent aux nx^mes heures, de manière à simuler des accès de fièvre interniittenle.

En même temps la plaie devient blafarde, la suppuration est moins abondante, le pus sanieux et fétide. Si les lèvres de la plaie étaient en partie réunies, elles st» séparent. Les lambeaux deviennent livides et flottants.

L'altération profonde de la physionomie, apparente dès les priMiiier» instants, se prononcée de plus en plus. I^ peau prend une teinte plombée el le plus souvent ictérique ; souvent elle se couvre de sudamina. Les conjonctives pn*sentent la même coloration; mais celle-ci, de m^me que celle de la peau, est rarement aussi prononcée que dans l'ictère proprement dit. — Vn sentiment de faiblesse, de prostration, s'empare du malade, qui souvent est plongé dans un demi-sommeil, livré à des rêvasseries continuelles, en proie à un délire vague, tranquille, qui augmente pendant Ja nuit. Cependant, si on rintenx)ge, on voit qu'il (*onser\'e toute son intelligence ; il répond avec précision à toutes les. (fuestions qu*on Uii adresse; il n'accuse point de douleur.

La respiration est en général accélérée, les inspirations larges, profondes, s élèvent quelquefois à trente ou quarante par minutes, sansque la |»ercussion ou l'auscultation puissent donner l'explication de ce phénomène; il existe souvient un peu de toux suivie de rexi)ectoration dr quelques crachats blancs mousseux, ou légèrement teints en rouge brun piir une petite quantité de sang, ce qui est rare : ces symptOmos ne s obsenent guère que lorsqu'il existe dans le poumon des abcès niéta»latiques. Quelquefois le malade éprouve une douleur assez vive daiw un des eôtés de la poitrine : cela indique que la plèvre participe à Tinflammation. l'nes^*mblable douleur S(* fait sentir dans la nVgion du foie,, lorsque rinflainmation qui entoure les collections de pus s étend jusqu'au péritoine' péribépatique. — Le pouls est petit, fréquent, facileint*nt (lépressible. — Ik^s troubles fonctionnels se montrent égalemenl dans les organes digestifs; la langue est molle, humide pendant les premiers jours, recouverte d'un enduit blanchâtre ; mais bientôt elle se sèche, se reeouvi^, ainsi que les dents, d*uu enduit fuligineux. L a|»petit est nul ; souvent il existe du dévoiemt^nt.

Il n'est p:is rare dejvoir un malade qui présente toute la série de*

ACaD£!fTS QUI PEUTEITr GOMPLIUUEA LES PLAIES. 205

lymptômes que nous venons dépasser en revue ^ accuser tout à coup une douleur extrêmement vive dans un point quelconque du corps^ souvent au oiveau d'une articulation, au cou-de-pied par exemple^ au genou, au poignet. Cette douleur est alors la seule chose dont il se plaigne. QuelqudSMs cette douleur se présente avant tous les autres symptômes qui ifpartiennent à la diathèse purulente. Si l'on examine le point douloureux, on y découvre un empâtement, une sorte de tuméfaction œdêiinteuse qui a pour siège le tissu cellulaire sous-cutané. Bient(H la peau rougit, la fluctuation devient manifeste, et les choses se passent comme dans un aooès phlegmoneux. D'autres fois c'est dans une articulation que se fcH cette accumulation de pus : on voit alors la poche articul«ire se distendre peu à peu ; en même temps les mouvements, d'abord rloalanreux, deviennent impossibles. — Un fait remarquable sur lequel Bénrd a surtout appelé Tattention, c'est l'odeur désagréable que répandent les malades affectés de diathèse purulente. Enfin la faiblesse augiMiente, la respiration s'embarrasse, et le malade meurt.

Cette fataleterminaisonpeutavoirlieuaubout d'un temps variable. Il

itnre que la vie se prolonge au delà du douzième jour après l'époque^

>t 8^t montré le premier frisson. Quelquefois, cepejidant, un premier

m se montre ; puis il s(* passe deux, trois, quatre jours^ et m<^me

plttiy sans qu^un autre frisson revienne. Pendant ce temps, le blessé

ite dans un état que l'on serait tenté de croire satisfaisant, si Texpé-

ence n'avait point appris que tôt ou tard les symptômes de la diathèse

K*«^paraltront et feront périr le malade. D'autres fois la maladie marche

^^>rec beaucoup plus de rapidité. Un jeune maçon tombe du haut d'un

*^haiaudage;il est apporté à l'hôpital de la Clinique, ne présentant

^'autres symptômes que ceux d'une commotion cérébrale. A. Bérard,

•^tuigé alors du ser\ice, lui fait pratiquer une saignée du bras; le len-

«l^maio, on constate que la veine saignée s'est enflammée; les syiu-

ptômes de la diathèse purulente ne tardent point à paraître, et la mort

arriva à la fm du quatrième jour. L'autopsie montre, dans le foie et

^ansles poumons, de vastes abcès métastatiques.

I^TIOLOGIE. — Nous avons dit que c'est oitlinairement à la suite des plaies ou de certaines opérations que se montre presque constamment h diathèse purulente; mais toutes les plaies, toutes les opérations n'y <3po6ent pas également. La nature des tissus divisés paraît avoir plus ^'influence sur sa production que l'étendue de la solution de continuité. — On regarde généralement les plaies des veines, les opérations i|iu se pratiquent sur ces canaux sanguins, ou sur les tissus qui possèdent un système veineux très abondant, comme occupant le premier rang parmi les causes de la diathèse purulente. Et, en effet, cette cause lie saurait éti-e méconnue lorsqu'on voit tous les accidents propres à cette affection se développer à la suite d'une de ces saignées pratiquées

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