‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 25 sur 135 · I>LA1£S · texte numérisé non relu

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lever tous les doutes. Kappeloiis enfin que les douleurs articulaire» oi pu en imposer pour une affection rhumatismale. L'infection puruleol ne saurait iMn*. confondue avec V infection putride, nous reviendrons si ce point lorsque nous traiterons des abcès par congestion.

Pronostic. — La diathèse purulente est presque constamment moi telle. A côté de cas incontestables de guérison, il en est d'autres qt peuvent laisser du doute à un obser\'ateur sévère^ et nous ne somoM pas éloigné de croire que, dans quelques-uns des cas de guérison qi Ton a publiés, on a pa s'en laisser imposer par quelques-unes des eu constances que nous avons indiquées comme pouvant faire comroetti une erreur de diagnostic.

Traitement. — Nous n'avons que peu de chose à dire des mesun préventives à diriger contre l'invasion de la diathèse purulente. Il fiii avant tout éviter les causes qui semblent la provoquer, et principaleniei ^encombrement ; l'aération, la propreté, la bonne alimentation d blessés et des opérés seront particulièrement recommandées. Les pans ments, sans être trop fréquents, seront assez souvent renouvelés pw que le pus ne stagne pas à la surface des plaies. Un sur\'eillera atlent vement les sujets chez lesquels on aura tenté la réunion inmiédiale^n souvent les l>ords de la plaie sont ivunis et le pus s'accumule <lans fond.

liCS chirurgiens se sont demandés s'il ne serait pas possible de rend moins fréquente l'infection purulente en modifiant le manuel opén toire, c'est-à-dire en substituant au bistouri les caustiques, ou la se lion par compression, c'estpà-dire par l'opération désignée sous le no d écrasement linéaire. Les opérations pratiquées à l'aide des caustiqa semblent être moins souvent suivies d'infections purulentes que cell ((ni sont faites avec le bistouri^ mais cette méthode n'est upplicab (|u*à un nombre de cas assez restreint : d'ailleurs le nombre de Au 4'ntre lesquels il a été possible d'établir une comparaison rigoureuse < tMicorc tmp faible |)Our que l'on puisse formuler une opinion abi lue. Nous dirons la même chose de l'écrasement linéaire, qui ne met p a labri de l'infection purulente aussi complètement qu'on l'avait sa |K)S(': lors de la généralisation de cette méthode.

Le traitement à diriger contre la diathèse purulente consiste en d moyens locaux et généraux.

!• Moyens locaux. — Partant de ces faits, à savoir : 1* qu'une pet quantité de pus injecté dans les veines d'un chien déterminait dei^ ac dents plus ou moins graves, mais qu'au bout d'un certain temps Ta mal finissait par guérir; 2" que l'injection successive d'une quant minime de pus finissait |)ar provoquer des accidents d'infection pui lente, les chirurgiens, et principalement Bonnet et M. Sédillot, se u demande s'il ne serait pas |N)ssible d'arrêter la maladie dans sa nian

empêchant la matière purulente de passer dans le torrent circulatoire^ ou bien en supprimant pour un temps la sécrétion du pus dans la plaie.

Pour empêcher le pus de s^engager dans réconomie^ M. Sédillot a

Gonseillé de faire sur le trajet des veines qui partent du foyer purulent

des cautérisations en raies ou ponctuées, afin d'en déterminer Toblité-

ration. Nous n^avons pas besoin dinsister sur ce moyen dont on peut

immédiatement comprendre toute Tinsufiisance : en eifet, on est loin

tfétre certain d'obtenir l'oblitération des veines par ce procédé; ne

sait-on pas d'un autre côté que le pus pénètre tout aussi bien par les

^-eioes superficielles que par les veines profondes, et la cautérisation ne

saurait avoir d'action sur ces dernières. Ce procédé ne nous parait

donc pas applicable.

Quant au conseil que donne Bonnet de cautériser toute la surface en soppuration, il doit être pris en considération. Deux observations de succès, publiées par le chirurgien de Lyon et une autre par M. Follin, viendraient à l'appui de cette méthode. Toute la surface suppurante, mise complètement à découvert, sera recouverte d'une couche de 2 milliwnètres d'une pAte au chlorure de zinc. Le caustique sera laissé en place pendant quatre heures; il en résulte une eschare sèche qui tombe au bout d'un temps variable, laissant au lieu d'une plaie grisâtre une surface bourgeonnante rosée. Si la cautérisation a escharifié toutes les ^itrémités vasculaires qui plongeaient au milieu du pus, si elle a détruit les extrémités veineuses enflammées, et si la quantité de pus introduit clans l'économie n'est pas trop considérable, on peut, en s'appuyant sur lai théorie que l'expérimentation permet de proposer, espérer quelques Kvcrisons. Malheureusement on ne peut souvent pas atteindre toutes les v^ioes enflammées; la propagation du pus dans l'économie a déjà provoqué des désordres au-dessus des ressources de Tart, aussi n'est-il pas Surprenant que dans une foule de circonstances, les prévisions du chi- ^mrgien ont été trompées. Mais considérant que l'on a affaire à une ^ftctidn des plus graves, il parait sage de recourir k ce moyen qui ne ^t courir au malade aucun danger nouveau, et peut concourir à la guértson,car, ainsi que nous allons le voir, les moyens généraux n'ont jusqu'à présent donné que des résultats bien imparfaits.

!• Moyens généraux. — On a employé contre cette maladie les médications les plus variées: les saignées locales et générales, les purgatifs, Vémétique à doses élevées; les sudorifiques, les toniques,et principaleïnenl le sulfate de quinine ou le quinquina en poudre. Ce dernier médicament a été surtout préconisé par Dumas [de Montpellier), dans un mémoire inséré parmi ceux de la Société médicale d'émulation. Ce mémoire a pour titre : Dissertation svr la nature et le traitement des fttrti rmiiîenies qui compliquent les grandes plaies; mais il est aisé de

KtUTOIf. — PATI. CBIR., T 1. 11

210 rLAie«).

Yoir^ d'après la description de la maladie, que cette fièvre rémitle est bien réellement notre diathèse purulente; peut-être poumûl essayer de nouveau va dernier moyen. Cependant il faut avouer q est permis de douter de son etiicacité; nous avons vu employer etn* avons employé iious-méme le sulf^ite de quinine à très haute doM, h grammes par jour^ dans des cas de diathèse purulente bien consltf et constamment la maladie s'est terminée par la mort. Le campi réther, les préparations opiacées^ Tacétate d'ammoniaque ; les gn vésicatoires aux jambes, aux cuisses, sur les parois de la poitrine oc TalKlomen, sur tous les points douloureux, tandis que Ton faisait pi dre à Tintérieur des diurétiques, des sudorifiques, passent aussi jf avoir procuré quelques guérisons. Cependant les cas où Ton a pu cr h leur utilité sont extrêmement rares. Aussi est-ce moins pour en c seiller Tusage que nous avons fait Ténumération des moyens qui été employés jusqu'à ce jour, que pour inviter les praticiens à esp menter d'autres méthodes thérapeutiques. L'alcoolature d*aconit j dose de 1 à /il grammes par jour dans une potion nous a paru utile d un certain nombre de cas.

Rappelons, en terminant, Tintluence funeste, pour un bon non de blessés, du séjour dans un hôpital ; et espérons que Tadministnl supérieure, qui a déjà tant fait pour améliorer le sort des paui malades, ne sera pas moins heureuse pour combattre dans sa et) une aifection à laquelle succombent un si grand nombre de amputés.

DivwMf théoriat admises pour expliquer la diathèse pnnileote.

La théorie des accidents de la diathèse purulente a beaucoup oeo les chirurgiens de notre époque. H. Velpeau (1) le premier, en fi époque à laquelle le solidisme régnait exclusivement dans nos éeo avança que ces accidents dépendaient d'une altération du sang ; | tard, en 18*i6, il reproduisit et «léveloppa la même idée. Vers le m^ temps,M. Cruveilhier, DIaiidin, Dance, Maréchal, l^iCgallois, publièi sur cette question des travaux importants. En 1838, parut le menu de Tessier. Enfin, dans Tarticle Pus du nouveau DtetioMairt médecine, t. XXVI, Bérardainé a passé en i*evue et soumis à une critic aussi éclairée que judicieuse toutes les doctrines professées de i jours sur ce point de la pathologie.

Les circonstances dans lesquelles se développent les accidents d diathèse purulente ont de tout temps fait croire que le pus joue un • tain rôle dans leur production, et la supposition d'un mélange d

;l) Velpeau, CUnique chirmrgkak, iUi, (. lil, p. I àSS .

liquide avec le sang devait se présenter a l'esprit, comme une explication toute naturelle de ces accidents. Cette supposition une fois admise, ane première question se présente : par quelle voie, par quel mécanisme le pus s'introduit-il dans Téconomie ? Deux doctrines rè^jnent aujourdliai dans la science : Tune suppose que le pus est introduit dans réconomie par voie d'absorption ; l'autre enseigne que le pus sécrété dans une veine se mélange avec le sang. Nous allons examiner ces deux théories, que l'on peut désigner par les noms de doctrine de tûttorption, et doctrine de la phlébite.

!• Doctrine de l'absorption. — Une plaie fournit une suppuration abondante ; la sécrétion purulente s'altère et diminue ; la mort arrive, etFautopsie montre des collections de pus dans les divers organes. Les anciens n'hésitaient point alors à déclarer qu'il y avait métastase, reflux à la iyppuraiion, c'est-à-dire absorption du pus sécrété à la surface de k plaie et transport de ce pus vers les organes intérieurs. Parmi les modernes^ ceux qui croient à cette résorption en nature s'appuient sur In faits et les raisonnements suivants :

i* La suppuration se supprime à la surface des plaies, donc le pus se porte au dedans de l'économie, puisqu'il cesse de se porter au dehors. ÏLe pus pénètre dans le torrent circulatoire, car on le retrouve, au milieu des caillots sanguins. 3* Le pus mêlé au sang constitue un corps étranger dont celui-ci tend à se débawasser; c'est pourquoi il le dépose çii et là au milieu des organes ; et ce qui prouve que ces collections sont de simples dépôts, c'est qu'on ne trouve autour d'elles aucun signe dinflammation. 6° Les abcès liiétastatiques s'accompagnent de phénomènes généraux très graves, et jamais de phénomènes locaux : l'existence des premiers s'explique par l'introduction du pus dans le sang, et fabsenoe des seconds par le défaut d'inflammation. 5*" Ces abcès sont Ml prompts dans leur formation^ parce que le pus qui les compose est tout formé d'avance. 6° Les organes les plus riches en vaisseaux sont lins souvent le siège de ces abcès^ parce que la quantité de pus qui arrive à un organe est proportionnelle à la quantité de sang qui le tra- Mtte. V Si le poumon est le siège ordinaire des dépôts métastatiques, te n'est pas seulement parce qu'il est le plus vasculaire de tous les agaoes, mais aussi parce que le sang qui le traverse est chargé d'urn? fhîi fruade quantité de matière purulente, puisqu'il n'en a encore déposé nulle part.

Telles sont les raisons que les partisans de l'absorption purulente ont fait valoir en faveur de leur opinion. Parmi ces raisons, il en est tne très importante, l'absence d'inflammation autour des foyers puru- Inii, cpie nous avons réfutée d'avance, en montrant que ces abcès dits Bétaatatiques présentent, dans le cours de leur développement^ toute W série des phénomènes qui caractérisent l'élaboration du pus phleg-

moneux. Si tous les autours n'ont point aperçu cotte intlamnia autour des abcès, c'est parce qu'ils les ont observés dans la dem période do leur formation^ et alors^ en effets cette inflammation quelquefois à peine apparente.

Mais le fait capital de cette théorie^ c'est l'absorption du piu nature : si cette absorption est réelle^ on est autorisé à lui attril tous les phénomènes de i*infection purulente; si elle est iliuM toute cette théorie croule par sa base. Or^ cette question de l'abs tion est un problème dont la solution appartient à la physiologie, < physiologie nous apprend que si cette absorption a lieu^ elle s'ex sur les éléments du pus préalablement décomposé^ et non sur le en nature. On trouvera tous les développements que comporte i proposition tout h fait capitale pour la question que nous traitons l'article Pus (1) de Bérard aine. Concluons donc que Tabsorptio saurait introduire danb réconomie du pus tout formé.

Les éléments dissociés du pus peuvent seuls rentrer dans la cin tion. Ce fait suttirait pour renverser la doctrine de labsorption. ] ajouterons cependant pour terminer : 1"* que si la suppuration vii se tarir à la surface d'une plaie, au lieu de dire, avec les partisan labsorption, que le pus rentre dans l'économie, il serait bien sim|>lo d'admotti*e une diminution ou une cessation dans la sëcr« purulente ; 2" que les globules purulents sont plus volumineux ceux do la lymphe ot du sang, dont le diamètre est en rapport . celui des plus petits vaisseaux, en sorte que l'introduction de ces bules dans les capillaires sanguins et lymphatiques parait physii ment impossible (P. Hérard). D'ailleurs, lorsqu'une collection de pi trouve reprise par labsorption, commi- cela s'Observe surtout certains abcès froids, et mémo dans quelques abcès phlogmoneux n'observe point alors les accidents qui appartioimenl à la diat purulente, point d'abrès métastatiques ; le malade peut bien i éprouver la série iU'i^ symptAnies que les anciens ont décrits sou nom do /ihre /tnti/jw de résorption, et que P. Ji^M'ard désigne p: dénomination beaucoup plus exsicic d'infection putride ; mais ces j ptômes ditVcronl essentiellement de ceux de la diathèse purulente.

U?s veines béantes à la surface d'une plaie peuvent-elles absortx pus, comme lo pensait Maréchal ? Nous n'hésitons pas à nous prono pour la iiogalivo. En otfet, r«»s voinos sont ordinairement olditéri leur extrémité lorsque la su}>purati()n s'établit, ri, en outiv, quel! la puissance qui forcerait le pus à s'introduire dans leur cavité ? L' ration exercée par certaines veines placées dans lo voisinage ( poitrine pourrait rendre compte de ce phénomène; mais oi

(4) Ukiionnaire de mcdcvinc, l. XXM, |i. W.i.

ACCIDENTS on PEUVENT COltfPLIOUER LES PLAIES. 21 S

saurait invoquer la même cause pour ce qui concerne les veines des membres.

Ce que nous venons de dire des veines s'applique on partie aux vaisseaux lymphatiques; nous devons donc rejeter également l'absorption par les vaisseaux lymphatiques divisés.

T Doctrine de la phlébite, — Dès que Breschel eut fait connaître en France les travaux de Hunier sur Tinflammation des veines, on admit : !• que le sang en rapport avec les parois veineuses enflammées se coagulait ; 2* que le caillot disparaissait peu à peu pour faire place au pus qui remplissait la veine dans une étendue égale à celle que le sang coagulé avait d'abord occupée ; 3^ que ce pus était entraîné par le sang qui revenait des extrémité^ et porté ensuite dans, toutes les parties de l'appareil circulatoire; ^<^que le sang, altéré par son mélange avec le puS; devenait plus fluide; 5^ que ce sang plus fluide s'extrâvasait çà et ^ dans les organes ; 6** que ces noyaux, formés par le sang inflltré, devenaient autant de corps étrangers qui développaient autour d'eux une inflammation très circonscrite, et, par suite, de la suppuration et des abcès.

Cette théorie laissait peu de chose à désirer : rien n'était plus facile que de comprendre avec elle le mélange du pus .avec le sang. La phlébite, coexistant fréquemment avec la diathèse purulente, en est ainsi devenue une explication naturelle, et cette explication, développée par I^nce^ avait le grand avantage de ne heurter aucun fait connu : aussi parvint-elle à rallier promptement autour d'elle la plupart des bons esprits; et elle régnait à peu près exclusivement dans la science lorsqu'en 1838 elle a été à son tour violemment attiiquée et menacée dans «on principe fondamental (1). En eflet, cette théorie suppose que, dans Qne phlébite avec suppuration dans la cavité de la veine, le mélange du pus avec le sang est toujours possible ; or c'est cette proposition qui a été puissamment combattue. Tessier, se fondant sur des dissections nombreuses des veines enflammées, crut pouvoir établir que lorsque du pus est contenu dans une veine, il existe toujours en même temps dans cette veine une phlébite adhésive ; qu'il se forme dans sa cavité nncoagulum sanguin adhérent à ses parois, et que ce coagulum, développé sur les limites du point où le pus est rassemblé en foyer, empi^cht ce liquide de se mélanger au sang resté fluide au-dessus de lui. A cette objection, on a répondu que cette oblitération n'est pas con* . «lanle : ce qui est vrai ; mais enfin, lorsqu'elle existe, et que le sujet a 1 SDCCombé aux accidents de la diathè^ purulente, on est bien alors ^ forcé de convenir que ces accidents peuvent se montrer alors môme

(1) Tetûer, Exposé et examen critique des doctrines de la phlébite et de la résorption ^«llMlc (n^iepériencf , juin 1838).

Hk PLAIES.

que le mélange du pus avec le sang est impossible, et qulli VMoii*

naissent nécessairement alors une autre cause que ce mélange.

En vain objectera-t-on que la phlébite se borne à produire des désordn^s locaux tant que le pus se trouve emprisonné dans la veine et que les sy^)pt(^lIles généraux n'apparaissent qu'avec la destruction dif eaillot oblitérateur. Mais ceux mêmes qui défendent cette opinion nous rapportent des observations dans lesquelles nous voyons que des malades, qui ont présenté toute la série des symptômes généraux qui appartiennent à la diathèse purulente, sont morts avec des abcès métastatiques ; et, chez ces malades, on n'a trouvé qu'une phlébite avee<s oblitération de la veine rendant impossible le mélange du pus aver^ le s(mg.

Dini-t-on alors que le caillot, interposé entre le pus et le sang^^ permet un échange par endosmose des globules des deux liquides P Mais ce caillot présente-t-il bien les conditions voulues pour constituer^ une membrane endosmotique, et l'endosmose peut-elle s'exercer des globules ? Dira-t-on que le pus a été fourni par une veine oblitérée qui a échappé à nos recherches; que le pus a été sécrété mélangé au sang avant la formation du caillot?

Les adversaires de la doctrine de la phlébite demanderont la preurw de ces assertions ; ils citeront bon nombre d'observations qui nous rooica trent tous les accidents de la diathèse purulente, bien que l'examen ■* plus attentif n'ait fait détîouvrir de phlébite dans aucune veine ; ils e^ rappelleront d'autres dans lesquelles l'autopsie a montré dans les vein^^ un mélange de pus et de sang, dont la libre circulation était poasibi^^ et dans lesquelles cependant les accidents généraux de la diathèse » les abcès métastatiques ne se sont pas développés ; enfin, ils invoq ront le résultat des expériences faites sur les animaux sur lesquels n'a pas pu, à l'aide d'injections de pus dans les veines^ dévelop d'abcès métastatiques.

Kn résumé, la doctrine de l'absorption no peut soutenir l'ana physiologique, ainsi que Ta si bien démontré Bérard atné ; il en est ^ ni^me de laspiration veineuse et lymphatique. La doctrine de la pbU^ii bite présentait sans doute quelque chose de plus satisfaisant ; mais -^ faut reconnaître qu'on peut cependant lui adresser plusieurs objectio»^ diiflciles à ri*soudre.

On ne s est piis borné à expliquer l'altération générale du sang par fait de son mélange avec le pus; on a en outre cherché une toute physique de la formation des abcès métastatiques. Ainsi, on a que le pus, tout formé dans le sang, s'arrêtait dans certains points, aceuniulait et formait ainsi un fover, un véritable abcès : telle est doctrine développiH* par Man'H^hal. Mais pourquoi le pus se ressembi t-il en fover au lieu de se distribuer dans toute l'économie? Ciom

ACCIDENTS on PEUVEÏIT COMPLIQUER LES PLAIES. 2Î5

concevoir qu'une plaie très petite, qui fournit seulement quelques gouttes de pus en vingt-quatre heures, puisse donner lieu en quelques jours à une quantité considérable d'abcès, quelquefois très vastes, dans les organes internes ? D'ailleurs, ce n'est pas du pus, mais bien un petit épanchement sanguin que l'on trouve dans ces organes, pendant la première période de la formation de ces abcès. On abandonna donc bientôt cette théorie.

Dance admit que le sang,- par son mélange avec le pus, devient extrêmement fluide, que cette fluidité lui permet de s'infiltrer dans les parenchymes, où il constitue une sorte de corps étranger autour duquel se développe une inflammation bientôt suivie de suppuration et de la formation d'un abcès ; mais nous voyons tous les jours des épancbements de sang dans les organes, et ce sang ne développe point une inflammation dans les tissus qui le contiennent; ce sang se résorbe ordinairement. Cela s'observe même chez les sujets scorbutiques, qui ont le sang fluide comme dans le cas que nous supposons; il y a donc ici quelque chose de particulier.

Enfin, on a supposé qu'un globule purulent arrêté dans un organe y devenait une cause d'inflammation locale qui déterminait la formation d'un abcès. Cette théorie, indiquée dans Morgagni, a été reproduite àans ces derniers temps par M. Cruveilhier, qui, ayant injecté du mercure dans le canal médullaire d'un os, détermina la formation de petits iHiyaiix indurés dans le tissu pulmonaire, et retrouva un globule de Qiercure au centre de ces noyaux d'induration. On pourrait bien, à la ^érité^ expliquer ainsi la formation des abcès viscéraux, mais on ne pourrait comprendre les suppurations dans les cavités articulaires, les Satnes tendineuses, les membranes séreuses; en outre, y a-t-il parité ^tre un globule de pus et un globule de mercure ?

Au lieu de chercher à expliquer les phénomènes, à les réduire Pour ainsi dire à une question d'hydraulique animale, Tessier, après *voir combattu les théories que nous venons de passer en revue, se borne à une simple exposition dogmatique et clinique des phénomènes observables, qui tous, suivant lui, dépendent d'une cause générale inconnue, cause en vertu de laquelle il y a tendance à la production de pus dans divers organes.

Pour nous, tout en reconnaissant que la phlébite est une cause puissante de la diathèse purulente, nous ne craignons pas d'avouer que le mode d'action de cette cause nous est encore inconnu. Ce que nous disons de la phlébite, nous pourrions le dire également de la dénudal\on des os, des plaies articulaires et de toutes les autfes causes que nous avons indiquées.

316 PLAICS.

ARTICLE IV

Los instruments piquants peuvent être poun'us d'une pointe trè^ acérée, présenter une pointe plus ou moins émoussée, ou être à Is fois piquants et tranchants. Dans le premier cas, il y a simplemenr piqftre des parties molles ; dans le second, il y a à la fois piqûre, déchi— S. i rure et contusion ; dans le troisième, la plaie réunit les caractères des- «^^j piqûres et des coupures. A ce dernier mode de solution de continuit»v.^i| se rattachent les plaies sous'Cutanévs, l'une des conquêtes les plus heu — ^reuses de la chirurgie de notre époque.

Dans une simple piqûre^ un très petit nombre de vaisseaux capillair^^ -^ sont divisés; il en résulte que la plaie sa'^ne peu ou point. Les filament" .^ti ner\'eux demeurent intacts sur les parties latérales de Tinstniment q^ juj les écarte : aussi la douleur est-elle faible. Pendant la pénétration c^^ de rinstrument, les dimensions de la plaie dépassent plus ou moins le

diamètre toujours très petit de l'instrument qui la produit, à cause c^^ dn refoulement des tissus ; mais ces tissus ainsi refoulés reviennent s' .^sar eux-mêmes dès que l'instrumenta été retiré, en sorte que les piqûn m i t. contrairement aux (*oupures^ offrent en général des dimensions moi Cadres que celles de lagent qui les produit. Le mùme phénomène d'ê! ticité qui écarte les lèvres de la plaie dans les blessures parles instruments tranchants, les rapp^xiie dans celles qui succèd à l'action des instruments piquanU. La nature semble ainsi procède la réunion inmiédiate de ces plaies, qui guérissent presque constat ment par première intention, et qui se cicatrisent dans l'espace vingt-quatre heurts. Peu de douleur, peu ou point d'écoulement guin, rapprochement spontané des parties divisées, et cicatrisât! immédiate, tels sont dont! en peu <le mots les phénomènes que u présentent h*s piqûres, tels sont ceux que nous observons chaque j sur des plaies qui succèdent à Tacupuncture et à toutes les espèces suture, sur celles que pratique le trocart, soit dans l'opération l'hydrorèle, de lascite , de rem|>yème , soit dans lexploration tumeurs.

Mais lorsque les instruments piquants offrent une pointe mal les phénomènes ne sont plus aussi simples ; leur pénétration est p^ ^^^ difiicile, ils compriment les tissus avant de les diviser. Cette conipii*^^^ sion peut être portée au point d'o|Mn*er la contusion et la déchirure ^cJf-< parties blessi'es. La division est toujours moins nette, et porte sur uiV' surface plus large: c'est ainsi qu'agissent hs clous, les tieurets dém

cbelés^ les fourches^ etc. Ces plaies néanmoins suppurent rarement ; le plus souvent elles guérissent par première intention. Cependant on voit quelquefois survenir des accidents assez graves^ surtout lorsqu'elles ont pour siège les doigts^ la paume des mains^ la plante des pieds^ ou le cuir chevelu. Dans toutes ces régions la douleur est en général plus vive^et les accidents inflammatoires sont d'autant plus intenses^ que les parties qui en deviennent le siège sont bridées par des tissus fibreux et trouvent autour d'elles moins d'espace pour leur tuméfaction. L'inflammation débute par les parties profondes, se propage à toutes les parties environnantes; les téguments sont rouges, tendus; les douleurs extrêmement vives. Presque toujours des phénomènes généraux se déclarent. Ces accidents peuvent se terminer par résolution ; mais la suppuration en est la terminaison la plus ordinaire.

Le traitement des piqûres est très simple. Celles que l'art pratique doivent être recouvertes d'im emplâtre de diachylon gommé ; celles qui sont accidentelles et produites par des instruments mal acérés, quoique compliquées d'une légère contusion, ne présentent d'autre indication que la réunion immédiate. Si la plaie a son siège au pied ou à la main, rimmersion de la partie blessée dans l'eau froide, pendant les premières heures qui suivront la blessure, pourra souvent prévenir les accidents inflammatoires. Lorsque ces accidents n'ont pas été prévenus, il deviendra nécessaire de recourir à un traitement antiphlogistique général et local, et de pratiquer une ou deux incisions, afln de permettre aux parties enflammées un libre développement.

Les plaies occasionnées par des instruments h la fois piquants et tranchants ne reviennent point sur elles-mêmes comme les précédentes; les tissus divisés, et non plus refoulés, obéissent à leur élasticité propre^ s'écartent, et la solution de continuité revêt les caractères d'une coupure^ qui, au lieu d'être parallèle à la surface du corps, comme le Sont ordinairement les blessures de ce genre, se dirige vers les parties profondes. Le tranchant favorisant la progression de la pointe, l'instrument^ par le plus léger efi^ort, peut pénétrer à de grandes profondeurs : Cest par ce mécanisme que le poignard, le sabre, l'épée, les couteaux^ etc., vont atteindre jusque dans les cavités splanchniques les <Hrganes qui semblent le mieux protégés ; c'est ainsi qu'agit le bistouri dans l'ouverture des abcès et dans un grand nombre d'opérations; c'est ' tinsi qu'agit la lancette pour ouvrir une veine; c'est ainsi enfln que sont produites toutes les plaies sous-cutanées qui méritent de fixer un instant notre attention.

PuuKS sous-cuTANÉES. — Ccs plsics présentent la réunion des deux i espèces de solutions de continuité que nous avons étudiées jusqu'à ^ fiésent dans leur plus grand état de simplicité. On sait, en effet, que, ^ pour opérer la section sous-cutanée d'un tendon, d'un muscle, d'une

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