FLA1E
bride ligamenteuse, on fait une simple ponction sur la peau ; et qu'on divise ensuite les parties sous-jacentes dans une étendue qui ?arie mi* vant le but qu'on se propose d'atteindre. Les tissus divisés subissent constamment un écartenient plus ou moins considérable ; néanmoins en plaies sous-cutanées se cicatrisent immédiatement, sans inflaromalion préalable, sans aucun accident.
8ur un jeune chien, M. J. Guérin fit la section sous-cutanée de b masse des muscles des gouttières vertébrales, dans trois points diflé» rents de leur longueur. Sur le même chien, il coupa transversalement sous la peau la maise charnue de la partie postérieure et supérieure d^ la cuisse de chaque cùté, depuis le fémur jusqu'à la peau. Dans celte dernière section furent compris : le grand fessier, le biceps, le demitendineux, le demi-membraneux, le droit interne, le grand adducteur^ le nerf sciatique, les artères et les veines correspondantes : chacune dm ces sections avait été faite au moyen d'une seule ouverture pratiquée fi la peau avec un bistouri de 2 millimètres de largeur, et sur un poiim de la peau éloigné du siège de la pluie intérieure, de manière à détruira le parallélisme des deux ouvertures, immédiatement après ropérati Il y eut un épanchement de sang sous la peau, au niveau des sectioi des muscles vertébraux ; mais cet épanchement était médiocre. Ai deux cuisses, au contraire, la quantité du liquide épanché était coup plus abondante, quoique cependant elle ne déterminAt pes forte tension des parties. La nuit fut tranquille, l'animai resta manger jusqu'au lendemain soir ; le surlendemain, il paraissait d meilleure «uité, buvant, mangeant comme de coutume. Il n'oilhiit |^^ de traces des opérations pratiquées sur les muscles de l'épine ; f^ fesses le gonflement avait diminué des trois quarts. Le quatriè vi jour, aucune des cinq plaies n'avait provoqué le moindre symptôme é réaction inflammatoire. Au huitième jour, il pouvait marcher, et plm tard il recouvra le mouvement presque complètement.
Sur un autre chien plus Agé, M. Guérin fit une longue plaie sous h peau, s'étendant depuis la racine du col jusqu'au sacrum, paralièiemeat à la ligne des apophyses épineuses, en divisant ainsi tous les musdei qui remplissent les gouttières vertébrales jusqu'aux lames des apophyses. Cette longue plaie avait pu être faite en deux temps par une ' seule ouverture à la peau correspondant au milieu de r«^ine. Apiè? avoir fait cette première plaie, et fermé l'ouverture de la peau au moyen cfun point de suture, M. Guérin fit à la cuisse gauche du même chien une opération semblable à celle qu'il avait faite aux deux cuisses du chien précédent. 11 y eut un épanchement de sang dans toute l'étendue de la gouttière vertébrale correspondant à la plaie, mais un épanchemont sans gonflement considérable. A la cuisse opérée, au contraire, il y eut un épanchement énorme ; le volume de la fi^sse avait doublé.
Le ItndeniaiD, ranimai mangea. Le surlendemain, il semblait jouir de Il meilleure santé; le gonflement de la fesse avait diminué des deux tien; il n'y avait pas de douleurs Le quatrième jour^ il ne paraissait pisse souvenir de ses mutilations ; il s'échappa de sa retraite^ ot courut toute la journée.
Encouragé par ces expériences^ M. Guérin entreprit sur Thomme la section des muscles du dos. Souvent il a été appelé à pratiquer la section totale ou partielle dutrapèze, du rhomboïde, de l'angulaire^ du sacrolooibiiirej du long dorsal, du transversaire épineux ; dans chacune de ces opérations, dont le nombre, en 1840, s'élevait h cinquante environ, il a été obligé de faire des plaies de 8 à i 0 centimètres d'étendue, et quelquefois de 5 à 6 centimètres de profondeur ; dans toutes, il a divisé des faisceaux musculaires, des aponévroses, des gaines tendineuses, des vaisseaux et des nerfs, et il n'est survenu ni fièvre ni phénomènes inflammatoires (1). M. Guérin a pratiqué la même opération sur d'autres parties du corps dans cinq cents circonstances au moins, sans qu'il survint d'accidents inflammatoires. Les mêmes résultats ont été obte-> nus par MM. Bouvier, Dieflîenbach, Bonnet, et par tous les chirurgiens de notre époque qui ont pratiqué des sections tendineuses.
Lorsqu'un muscle, un tendon, une aponévrose, en un mot un organe fioua*€Utané, quel qu'il soit, a été divisé d'après les principes généralement adoptés aujourd'hui pour la ténotomie, c'est-à-dire à l'aide d'une aimple ponction latérale faite à la peau, un fluide s'épanche entre les parties qui se rétractent. Ce fluide est formé par du sang épanché, si la section intéresse un muscle ou un grand nombre de parties molles à la fois; mais la résorption s'en opère rapidement; bientôt on ne trouve phtt qu'un liquide rougeàtre semblable à la lymphe plastique ; ce liquide le condense rapidement, se creuse des cellules, se vascularise, s'organise fnfln en «'interposant aux parties divisées et rétractées, dont il rétablit h continuité. Vers le cinquième ou le sixième jour, ce produit nouveau le présente sous l'apparence d'une intersection flbrineuse d'une longueur égîle à l'écartement des tissus. Tel est le mode de cicatrisation des parties musculaires; mais, lorsque la section porte seulement sur un tendon, cette cicatrisation s'accomplit-elle de la même manière ? Ici encore on liquide sécrété, condensé et organisé, s'interpose aux deux bouts du tendon et les unit l'un à l'autre. Toutefois M. Bouvier a émis sur ce point de [diysiologie pathologique une opinion différente de celle que nous venons d'exposer : cet auteur pense que la gaine celluleuse, allongée par la rétraction de l'extrémité musculaire du tendon, forme un canal qui embrasse comme une virole les deux parties séparées du coidon tendineux; que ce canal s'hypertrophie, se comble peu à peu,
(t) t)of tMlefbit n y a eti tupiniraiion ; nons reviendrons sur ce fait dam un instant.
et forme enfin un cylindre plein qui réunit les deux bouts divisés. CH divergence d^opinion prouve que le mode de cicatrisation des tende exige encore de nouvelles recherches; les progrès de la ténotomie tîi dront sans doute bientôt compléter nos connaissances sur ce point in ressaut de physiologie pathologique.
En résumé^ les plaies sous-cutanées sont remarquables par la réuni des deux phénomènes suivants : 1° l*écartement des tissus; 2* la cm Irisation immédiate. L'association de ces deux phénomènes a lien nous surprendre, d'autant plus que dans toutes les autres espèces plaies ils se montrent toujours incompatibles. Pourquoi cette associât! constante dans le premier cas, et cette incompatibilité non moins ce stante dans le second? Une réponse satisfaisante à cette question peut être cherchée que dans Texamen comparatif des circonstani physiques que nous présentent les plaies ordinaires et les plaies sa cutanées après leur production. Or, nous trouvons dans ces demie deux conditions matérielles que ne possèdent point les autres : d'il part, la présence de la peau qui recouvre la plaie des parties so jacentes, les protège et les soustrait à l'influence du monde extéria de l'autre, l'épanchement plus ou moins rapide d'un liquide qui s'int pose aux tissus rétractés remplit les vides et s'oppose à l'introdocti de l'air. Ces deux conditions réunies ont pour effet commun la soustr tion complète de la plaie sous-cutanée à toutes les causes d'irritali< et principalement au contact de Tair atmosphérique. Ce fluide, pré» à la surface de plaies ordinaires, absent à lu surface des plaies soi cutanées, constituerait, en définitive, la différence la plus im]>ortai qu*on trouve entre ces deux espèces de solution de continuité. Fan attribuer au contact de l'air la suppuration constante qui s'em|iare < plaies tégumentaires, lorsque leurs lèvres sont maintenues à distam et à son absence la cicatrisation immédiate des plaies sous-cutanéi Nous croyons pouvoir faire à cette question une réponse affirmative. ! effet : i^ toutes les fois que les solutions de continuité sont soustrait au contact de l'air, comme on le voit h la suite de la rupture des U dons, de la déchirure des ligaments et des fibres musculaires dans '. luxations, il n'y a pas de suppuration ; 2* les plaies simples réun immédiatement, c'est-à-dire soustraites aussitôt au contact de V atmosphérique, guérissent très souvent sans suppurer comme les pla sous-cutanées : 3° le premier phénomène que nous présentent plaies qui suppurent est la formation d'une fausse membrane qu pour double fonction de soustraire les parties divisées à l'influei de l'air, et do les rapprocher peu à peu en vertu de sa contn tilité. (> n est qu'après l'apparition de cette fausse membrane q la cicatrisiition conimenre, parce (|ue c est alors seulement que la pi est ramenée aux mêmes conditions d'isolement que les plaies pré
t'entes. — A ces faits on peut objecter que Tair a pu être introduit en Ms grande quantité dans le tissu cellulaire^ comme on Ta obsei'vé à la suite de certains emphysèmes traumatiques^ et qu'alors il est le plus auvent promptement résorbé^ n'entraîne aucun accident, et que par conséquent son influence irritante est nulle ou très faible. Le fait et la conséquence sont également vrais ; mais remarquons que Tun et l'autre ^ appliquent am tissus sains^ et il est incontestable^ en effets que ce contact n'a rien d'irritant pour les organes demeurés intacts ; les membranes fibreuses^ le tissu musculaire le supportent dans ces conditions d'intégrité, comme la peau, les membranes muqueuses et le tissu cellulaire^ ainsi qu'on peut l'observer lorsque l'emphysème s'étend aux parties profondes. Mais ce qui est vrai pour les tissus sains cesse de Tétrc pour les tis^^us divisés^ saignants et douloureux. L'air et tous les agents extérieurs^ de quelque nature qu'ils soient^ aériformes^ liquides ou solides, deviennent îilors corps étrangers, et, comme tels, cause d'irritation. La seconde fois que M. Guérin pratiqua sur l'homme la section sous-cutanée de la masse des muscles du dos, Tair s'introduisit largement dans la plaie; une légère crépitation emphysémateuse sur les bords de celle-ci annonça la présence d'une grande quantité de ce lluide; la suppuration survint. Sur plus de cinquante cas de tcnotomie dorsale, cette suppuration ne s'est présentée qu'une seule fois, et elle a coincidé avec l'introduction de l'air dans la plaie. Supposons pour un instant que, chez un malade, l'air n'a point pénétré dans la plaie souscutanée par la ponction qui avait été faite à la peau, et qu'il eût existé un emphysème traumatique; l'air venu du thorax, infiltré de proche en proche, et enfin accumulé dans la plaie sous-cutanée, n'aurait-il pas agi de la même manière et déterminé la suppuration, comme lorsqu'il ïvait pénétré directement par l'ouverture faite à la peau ? Ses propriétés n'étant point modifiées, son action sans doute serait demeurée la même ; ^t, s'il en est ainsi, il faut bien reconnaître que l'air, inoffensif pour les tissus sains, est plus ou moins irritant pour les tissus divisés. Ce fait, UDe fois démontré et admis, nous explique comment les premières opérations de ténotomiequi furent pratiquées entraînèrent presque constamment la suppuration ; alors, en effet, on mettait en usage le procédé de Delpech, qui consiste dans une double incision latérale, offrant 3 centimètres d'étendue. Ces plaies sous-cutanées différaient peu des plaies ordinaires; comme ces dernières, elles communiquaient largement avec l'air extérieur, et, comme elles aussi, elles suppuraient le plus souvent. Pour prévenir cet inconvénient, on supprima d'abord une incision, puis on diminua l'étendue de l'incision unique, de manière qu'elle prit les dimensions d'une simple ponction; et enfin, dans une troisièine période de progrès, on chercha à éviter le paralli'îlisnie de la |M3nclioQ faite à la peau, avec l'incision ï>ratiquée sur les parties sous-
222 PLAIBS.
cutanées. De toutes ces améliorations, il est résulté que la sapportlio^^^ a cessé de se montrer, et que toutes ces plaies, ne présentant plus qu'uni simple ponction extérieure, ont pu se cicatriser immédiatement, et sao offrir môme cetti^ inflammation modérée qui parait indispensable à II ^uérison par première intention dans toutes les plaies exposées au con— tact de Tair.
L'or(;aiiisme travaille avec tant de puissance et de rapidité à la guê^ riscm de toutes les plaies sous-cutanées, qu'il ne laisse en quelqu» sorte rien à faire au chirurgien ; une bandelette de diachylon gommi appliquée sur les ponctions faites à la peau constitue le seul traitemeir qu'elles réclament.
ARTICLE V
DE Ll CONTUSION.
On donne le nom de contusion k toute lésion des tissus vivanr- ^t$, accompagnée d'extravasation des liquides organiques, et produite L stantanément par la pression directe ou indirecte de certains extérieurs, sans division de la couche tégumentaire.
MÉCANISME DE u coNTi'sioN. — Quelle que soit la cause qui duit une contusion, son mcH^inisme est constamment le même. Il toujours, ainsi que Ta établi M. Velpeau (1), pour que ce phéi s'effectue : 1'' un point d'appui, 2* une puissance, 3* une — Tantôt le point d'appui est fourni par un corps extérieur, tantM] les tissus sous-jacents à ceux qui éprouvent (la contusion. — La pi^ sance est toujours un corps extérieur qui tantôt offre un poids eonûi rable, et agit uniquement en raison de son poids, qui tantôt n'est d'un petit volume, mais doué d'une vitesse extrême, et vient épttb=^ w sur les tissus qu'il frappe la quantité de mouvement qui Tanime. D* «^antres corps, tels qu'un lien, produisent une contusion en exerçant ci^ne forte pression circulaire. — 1^ résistance est en raison composée d^^b densité des tissus soumis à l'action du corps contondant, et de la fin^iM du point dappui ; d oii il résulte que tous les tissus de l'oiganis-^w n'offrant pas la mOme cohésion, ne présentent point une résistacv^ j égale à laction des corps contondants, ce qui explique les différen^?^ j^ obsenées dans les lésions qu'éprouvent les divers tissus soumis à Tae- '^ tion d'un même corps contondant. Ce que nous venons de dire sur fc mécanisme de la contusion se trouve résumé dans cette phrase que
(!) De la contuiion dam les divert organes, tliùse pour le runcoun à la chiiicdp paUiologie chirurficale. Parie, 1833, in-A.