DE LA CONTUSION
^i> articles Â'yaiesy Cancer y Loupes^ eic, — Entin le siuig renferiné au eio de nos tissus peut s'altérer^ enflammer les parties voisines et éfenniner la formation d'un abcès^ que Ton distingue aloi*s sous le >in d'abcèf sanguin.
Le plus ordinairement ces collections de sang se montrent sous la rme d'une tumeur presque indolente^ molle, fluctuante^ ne présennt qu'un léger changement de couleur à la peau, qui offre une teinte euâtre peu prononcée : tels sont les symptômes que Ton observe dans } premiers instants qui suivent la contusion, lorsque le sang n'est int encore (coagulé.
Ces épanchements sanguins présentent quelquefois une disposition rticulière, qu'on remarque surtout lorsque la contusion a pour siège le région soutenue par un plan osseux résistant: le crâne, par emple, ou la face interne du tibia. Voici ce que l'on observe : le ntre de la tumeur est mou et fluctuant, quelquefois pulsatile, tandis le sa circonférence ofi're un bord dur, saillant, inégal, simulant, à s'y éprendre, le rebord d'une fracture avec enfoncement des fragments. îtte disposition, ainsi que toutes les conséquences pratiques qui en sultent, ont été parfaitement indiquées par Ruysch et par J. L. Petit. >ur éviter toute erreur, il suflit de compritncr assez fortement, penmt quelques minutes, le relief que présente la base de la tumeur; ce lief^ formé par du sang infiltré dans les tissus sous-cutanés, s'affaisse entôt^ et l'on peut constater que le crâne ne présente dans ce point icune déformation.
D'autres fois, en palpant une tumeur formée par un épanchement de log, on reconnaît qu'elle ne présente pas partout la même densité; le semble formée par un liquide contenant des grumeaux en suspenon. Cela indique que la coagulation s'est déjà accomplie. Si l'on exerce lors une pression assez forte sur les points qui montrent le plus de ^stance, on perçoit une sensation particulière déjà indiquée par [. Velpeau, et très bien décrite par Auguste Bérard, dans sa thèse iir le diagnostic dans les maladies chirurgicales (1). C'est une soi*te de répitation sourde, analogue à celle qu'on obtient lorsque l'on presse titre les doigts de l'amidon réduit en poudre : cette sensation est sans oute causée par l'écrasement du coagulum sanguin. Lorsque la séroté reste seule dans le kyste, la peau reprend complètement sa cousur normale, la tumeur continue à être indolente et présente de la Luctuation.
Mais lorsque le sang s'altère, la peau devient chaude ; une douleur se
développe dans le kyste et dans les parties voisines, qui se tuméfient;
{{] Ihi iiagnoitic dans les maladies chirurgicales ^ de ses sources, de ses incertitudes et de m erreurs, thèse de concours pour la chaire de clinique. Paris, 1837.
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enfiii^ la |it'au s'ainiiicit, se perfore^ coiiiiiie dans un abcès phlegint neux^ vi il s'écoule au dehors un mélange de pus et de sang. 8ouvei avant «{u'une ouverture se soit ainsi formée spontanément , le liquKl altéré, rontrnu dans ir tmcr^ s'etit fait jour dans les interstices fpllu
leux qui continent à ces foyers |>rimitifs ; les téguments sont dcrolli= h;
dans une grande élendue : l(*s muselés sont disséqués^ et en partie di. ^^^ truits; les os dénudi*s, les artieulation^ ouvertes. Pendant les jours qL.^mi suivent cette (mverture spontanée^ Taheès continue à fournir un puKL n^ s«mieu\ al)(»ndant. l'nc lièvre intense aeeonqiagne ordinairement cet^^ (p >uppuration dans les foyer> sanguins.
Sims le nom iVêf/anchemettt de sérosité, M. Morel-Lavallée (1; a d*xr^:^B^( certaines collections (]ui succèdent aux contusions et auxquelles il r^" j gne les caractères suivants : Les tumeurs constituées par cette (^|k*»> ^-|. dV|)ancliemenl sont molles, fluctuantes ; la poche^ entourée d'un buiiK.jr. ivlet |>eu considérable, n'est pas remplie par le liquide qu'elle re» n. ferme, de sorte qu'il est quehpielbis possible d'appliquer h lu par^^— ii|. centrait* la paroi superlicielU; contiv la paroi profonde de la tumei __ ir. Si avec le Irocarl (»u un bistouri étroit on fait évacuer le liquide, uii trouve de la sérosité transpan^nte^ paifaitement limpide ou légèreni^^E:>iir rosée; |iar le repos, ce liquide laisse déposer une masse rougeA -^m constitut're par des globules sanguins plus ou moins défonuês^ il n'existe dans le f(»yer aucun caillot sanguin.
La présence d'un liquide séL*eux dans une cavité était parfaitenm *nt comme avant U; travail de M. Morel-Lavallée^ mais on pensait que ^v n était qu'au bout d'un certain temps, c'est-k-dii*e après Tabsoridiciii des piu'ties solides du snng, que ce phénomène pouvait (^Ire obser^**'* i mais la pn'sence de la sérosité dans l(*s cas de M. Morel ne saurait «^fti"^ le résultat de l'absorption; car chez un malade il fait la ponction trt^îs» jours apr(>s l'accident, chez un autre deux jours apn^s.
Cette espèce d'épanclnnnent se présiMite avec un appareil de sywii" ptoniesqui dill'èrent sensiblement de ceux qui appartiennent à la contusion au M'cond degn; avec épanchement de sang. La peau conset^^ sa cfdoratiim normale, c'est^k-dire qu'on ne trouve pas la colonitioii brune, lie de vin , (|ui a|)|>arti(!nt à la contusion : au début, la po«rbe est très nudle et sendde ne renfermer qu'une faible quantité de liquida' mais bientôt la tumeur augmente sensiblement de volume, non pai» ^^ se |M>rlant à l'extérieur, c'est-à-dire en devenant plus saillante, mai» ^^ :>'étalaiit. l)an> t|uelqucN ca> même la tumeur ne se remplit qu'lnco*'*' ptétemeiil, de sorte qu'cUe «^st connue tremblotante et qu'il faut at"^'^* nmler le liquide dans une de se> [larlies pour sentir la fluctuation « '^ douleur esl «lueltpiefoiî» nulle, (l'autres foih (»lleest très vive; dans un ^^^
\,\) Anhuc» yoncialcb domcdcctnc Paris, 1852, 3* scriei l. 1, p. 691.
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'a souffhince parait avoir augmenté avec la distension de la poche. Cet ^pancheroent a peu de tendance à disparaître spontanément^ la coni- [>ï«8sion, les résolutifs sont impuissants pour le combattre.
Si l'on étudie les causes qui semblent déterminer un semblable épan^ îkement, nous croyons qu'il est possible d'en donner l'explication. Dans a plupart des faits observés, la lésion a été produite par le passage d'une "oue de voiture conduite obliquement sur les tissus. La roue, dit rt. Morel-Lavalléc, attire les téguments, les entraîne et les sépare de ^aponévrose sous-jacente ; un corps pesant tombant obliquement sur es téguments occasionne des effets analogues. Que se passe-t-il aloi-s? *€ décollement de la peau détermine la formation d'une cavité plus ou iioins considérable, les vaisseaux qui vont se rendre à la peau sont léchirés et laissent échapper leur contenu; il s'établit un écoulement le sérosité roussâtre semblable à celle d'une plaie qui ne saigne plus, leut-étre le tissu cellulaire déchiré fournit-il lui-même son contingent K)ur augmenter l'épanchement. « Une violence extérieure, dît M. Vel- »eau (1), froissant les parties, peut imprimer à la couche sous-cutanée me telle force d'exhalation que bientôt il s'établit entre la peau et les êguments une collection de sérum. » Il est facile de comprendre que laiis c«s circonstances, au lieu d'un épanchement sanguin qui résulteait de la rupture de vaisseaux volumineux, on aura une collection de [quide constituée en grande partie par un liquide séreux, mélangé à inc petite quantité de globules sanguins fournis par les petits vaisseaux I ivisés. Nous n'insisterons pas davantage sur ces collections qui exigent e même traitement que les épanchements sanguins.
De toutes les terminaisons que peuvent présenter les foyers sanguins lui succèdent à une contusion, la plus heureuse, sans contredit, est ^absorption graduelle du sang épanché ; tous les efforts du chirurgien ioîvent donc tendre à obtenir cette terminaison. Dans ce but, on emploiera, comme dans la simple ecchymose, des liquides résolutifs; on évitera d'appliquer sur la tumeur aucune substance qui pourrait irriter les téguments et faire naître une inflammation dans le foyer sanguin.
Pour faciliter la résorption du sang^ on a de tout temps employé la compression exercée sur les foyers sanguins, et cette pratique est même ioumellement appliquée, par les personnes étrangères à la médecine, au traitement des bosses sanguines qui se forment presque instantanénient à la surface du crâne à la suite d'une contusion. Pratiquée îmièdiatement après l'accident, cette compression a pour effet de disséminer le sang encore fluide, de le forcer à s'infiltrer dans le tissu
cellulaire ambiant. On transforme, pour ainsi dire, alors une contusion
ati second degré en une contusion au premier degré ; on avait un
.1) ÀnnaUi de la chirurgie française^ 1. Il, p. 3S8.