‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 31 sur 135 · L\IES · texte numérisé non relu

L\IES

gieiis depuis Fcrcy ont attribué à la persistance du mouvement de rotation de la l)alle. Dans le second cas, elle creuse au milieu des parties molles un véritable canal, dont les dimensions transversales s'accroissent de l'ouverture d'entrée vers l'ouverture de sortie. Ln deux ouvertures ne présentent pas ordinairement les mi^mes dimeih sions; la plupart des chirurgiens s'accordent à dire que l'ouverture d'entrée est la plus petite. Quelques-uns, au contraire, soutiennent que cette ouverture est plus grande que l'ouverture de sortie. Voici ce que lexamen clinique et des expériences nombreuses faîtes sur de> cadavres et des animaux vivants ont appris k Gerdy. Le plus souvent, l'ouverture d'entrée est plus grande que celle de sortie; d'autres fois, les deux ouvertures sont sensiblement égales. En tirant obliquemeut sur une surface plane, il a obtenu sur le cadiivre une ouverture d'entrée ovalaire. En tirant perpendi(*ulairement sur la surface antt^rieure de la cuisse, la jambe étant fléchie, il a produit des ouvertures rondes qui devenaient transversalement ovalaires par l'extension de la jambe, el surtout par la flexion de la cuisse sur le bassin. La direction dim laquelle la balle vient frapper la peau, 1 état de tension ou de relâchement de cette membrane, apportent donc des différences dans IVtenduc des ouvertures que produisent les balles.

L'ouverture d'entn'»e est nette, déprimée vers les parties profonde» toujours plus ou moins contuse ; celle de sortie est irrégulière, saillanti au dehors^ et présente moins de contusion. Quelquefois le triget par (*ouru par la balle est rectiligne, et alors les ouvertures d'entrée et di sortie sont diamétralement opposées; mais souvent il s'infléchit dan: un ou plusieurs points, et prend une direction angulaire, curviligne ou sinueuse. Il résulte de ces déviations que l'ouverture de sortie es quelquefois placée dans une région ou Ton n'eût jamais pensé que h balle pût par\'enir. Ces déviations trouvent une explication nalurelk dans la différence de densité des tissus que la balle traverse ; celle-e est réfléchie, lorsqu elle tombe obliquement sur des tissus résistant» Les aponévroses, les nmscles en contraction et la peau elle-même peuvent déterminer cette réflexion des balles. C'est ainsi qu'on en a vu dé crire un trajet demi-circulaire, bien que les deux orifices directement op posés s<^mblassent aloi's accuser un trajet rectiligne; c'est ainsi qu'on a xi une balle pénétrer sous la peau du front près de la ligne médiam*, et aller sortir au niveau de la protubérance occipitale externe, apri'S avoii (*heniiné entre le cuir chevelu et le crâne. Le même phénomène a éU observé autour du thorax, autour de l'abdomen. Dupuytren a vu une balle qui avait pénétn'^ près du cartilage tliyroïde venir sortir à un» petite distance du même point, après avoir ainsi décrit un trajet circulaire presque complet.

li. Sur les os, les effets déterminés par ces projectiles ne sont pa^

PLAIES OONTLSES. 237

moins variés; ils diffèrent pour les os plats, les os longs et les os courts^ pour le tissu compacte et pour le tissu spongieux.

i* Si la balle qui vient frapper un os plat tombe obliquement sur sa surface, elle peut être réfléchie par Tos d*abord, ensuite par les parties molles qui le recouvrent, et de ces réflexions successives naissent ces mouvements curvilignes qui la détournent des organes splanchniques, «;t la maintiennent à la périphérie du corps. Ces phénomènes se présentent lorsque le projectile rencontre les os du crâne, le sternum, ou ia face externe des côtes. Dans ce cas, bien que Tos examiné à sa surface externe semble ne présenter aucune altération, on a plusieui^s fois constaté sur les os formés de deux lames de tissu compacte (comme les os du crâne, par exemple), des fractures de la table interne. Lorsque la balle est moins oblique dans sa direction, tantôt elle s'an*éte au-devant delà surface osseuse, tantôt elle la brise en éclats, tantôt elle détermine une simple perte de substance, et la traverse. Dans le premier cas, elle se déforme, et produit une désorganisation du périoste et une contusion de l'os. — Dans le second, il peut y avoir une simple fêlure, ou bien des fêlures multiples et étoilées, ou bien encore des fragments. ^1 a vu queh|uefois la balle se heurter contre la vive arête de l'un des bords de la fracture, et se diviser en deux moitiés qui, dans leur marchr divergente, allaient atteindre l'une les parties profondes, et l'autre les parties superficielles. — Dans le troisième enfin, on observe que l'ouverture qui succède à la perte de substance est nette, régulière comme si elle eût été pratiquée k l'aide d'un emporte-pièce ; mais cette netteté ne se présente pas au même degré sur les deux tables de l'os. Sur la table interne, la perte de substance est plus considérable rt liwins égale; assez souvent même la perforation de cette table est ♦•ntoiirée de fractures multiples. Lorsqu'une balle a traversé le crâne de part en part, l'ouverture de sortie est constamment plus gi'ande et moins régulière que l'ouverture d'entrée. Ces phénomènes sont entièrement semblables à ceux qu'on observe lorsqu'une balle, douée d'une force d'impulsion suffisante, traverse plusieurs planches verticalement placées les unes à la suite des autres. Alors, en effet, la première planche ftffre, comme dans le cas précédent, deux ouvertures d'inégale grandeur, celle d'entrée à peu près du diamètre de la balle, celle de sortie beaucoup plus large, entourée de nombreuses esquilles. L'ouverture d'entrée de la deuxième planche traversée par la même balle est plus mrande que celle de la première, mais cependant plus petite que son ouverture de sortie ; l'ouverture de sortie est encore plus grande que l'ouverture correspondante de la première planche, et ainsi de suite pour les autres.

2" Lorsque le projectile rencontre le corps d'un os long et cylindrique, on Ta vu se réfléchir et se porter vei-s les muscles, qui, con-

23B PLÀiBS.

trartés et tendus, l'ont réfléchi à leur tour, en sorte qu'il a pu, ditron contourner Fos, de la même manière qu'il contourne le crâne et I thorax. Levucher a publié un fait de ce genre ; mais le plus souvent Vot rst brisé en éclats. Ce nVst que dans quelques circonstances tout à Ul ex<*eptionnelU*s que cette fracture a présenté deux fragments seulemont, ainsi que llunter et Hoyer l'ont observé, le premier surlcféniiir, le second sur l'humérus. Si le corps de l'os est prismatique, comme le tibia, la balle, en tombant ot)liquement sur l'un de ses bords, peol leniporter, et l'os demeure écorné. Celle-ci, au contraire, se dix-isen en deux fragments, si elle vient frapper le bord tranchant de l'os. Dupuytren a vu les deux fragments d'une balle qui s'était ainsi diviséesv la crête du tibia de la jambe droite, traverser toute l'épaisseur des chain, et aller se perdre dans les parties molles de la jambe gauche, pbcée derri^re la préw»dentc.

3" L'action des balles est la même sur les extrémités des os longs et sur les os courts, ou plus généralement sur tous les os formés de tisn spongieux. Mues par une puissance modérée, elles pénètrent dam répaisseur de ces os, et s'y enclavent à des profondeurs diffcreoles; animées d'une impulsion plus grande, elles les traversent en crensul des canaux dont la largeur augmente graduellement de rouverlOR d'entrée, qui est petite et l'égulière, à l'ouverture de sortie, qui est phi grande et entourée dVsquilles. Lorsque la balle |>énètre dans l'extréoiHé d'un os long près des surfaces articulaires, si son trajet n'est pas panHèk à (*es surfaces, elle peut se porter vers l'articulation. Lors même qo'eOe ne prend point cette direc^tion, il est nire qu'elle n'occasionne pas de fracture dont le foyer comnmnique encore avec la cavité articulaire. Enfin, si le projectile s'éloigne de l'articulation, et se rapproche dn corps de Tos, en sui^imt une direction oblique par rapport à celle de ce dernier, il pourra s'engager dans le canal médullaire, aind qv A. Pan» eut l'occasion de l'observer sur le roi de Na\'arrc, pendant Tassaut donné ii la ville de Rouen.

Les balles cylindro-coniques des armes de précision, dont se serreflt actuellement quelques cor])S de Tannée, sont mues avec une viteve plus gnmde et causent des désordres plus considérables que les balei de calibre des fusils de munition : c'est ce qui résulte des faits obserià dans la (campagne dltaiie de 1859.

Les biscaîens offrent un volume plus considérable que les balles ;lcOi force d'impulsion est aussi plus grande. II résulte de là que leur actioo quoique analogue à celle de ces dernières, est en général plus meii trière, et qu'ils s arrêtent plus rarement au milieu des partii*s moRe

Les ffoulett sont doués d'une quantité de mouvement si prodigieni que, devant une semblable puissance, la faible résistance de nos tim devient tout à fait nulle. Sans se dévier de leur route, ils di\iscntdof

PLAIES CONTl'SES. 239

et désorganisent instantanément tout ce qu'ils touchent ; aussi leur action est-elle immédiatement mortelle lorsqu'elle porte sur les cavités splanchniques. S'ils frappent un membre d'un diamètre à peu près égal k celui qiills présentent^ ils l'emportent. Le moignon qui succède à cette espèctî (^amputation instantanée est remarquable par son extrême irrégularité ; l'os est brisé en esquilles^ la peau, les muscles^ les tendons^ divisés à des hauteurs différentes, flottent on lambeaux inégaux et déchirés à la surface de la plaie^ rendue livide par Tinflltration du sang au milieu de toutes ces parties plus ou moins désorganisées. La division des vaisseaux artériels présente la môme ii*régularité ; leurs tuniques internes^ plus hgiles^ se rompent d'abord; la tunique cclluleuse se déchire plus .bas que les premières. Les débris de ces deux tuniques et le retour sur clloraèraç de la troisième s'opposent à l'eirusion du sang, qui est oi'dinairement peu considérable, malgré une si grave mutilation. Les boulets qui pBeurent la surface du corps enlèvent également les parties soumises à leur contact : c'est ainsi qu'ils ont quelquefois emporté le mollet, une ptflie de la fesse, qu'ils èchancrent le tronc ou les membres, et déterminent de cette manière des plaies dont la cicatrisation est rendue impossible par la perte de substance trop considérable que les parties wl éprouvée.

Lors même que la force d'impulsion que possèdent ces projectiles est il peu près complètement épuisée^ ils conser\'ent encore là funeste propriété de produire les lésions les plus graves. Le tissu cellulaire, les nwsdes, les vaisseaux, sont réduits en bouillie ; les tissus fibreux sont filacérés^ les os brisés communitivement; la peau seule, par sa souplesse, échappe alors le plus souvent à la désorganisation. On voit foelquefois sur les champs de bataille des militaires périr subitement SIQ8 lésions apparentes. Ces morts subites étaient autrefois attribuées à k malignité du vent du boulet; mais l'autopsie, en révélant les désordres <|Qenous venons de signaler, désordres dont les organes contenus dans lesgrandes cavités ne sont point exempts, a fait depuis longtemps justice JW explication si opposée aux principes de la physique la plus élémentibe.

Les éclats de bombe, d'obus, de grenade, diffèrent des projectiles précédents par l'irrégularité de leur surface hérissée d'angles et de bords dentelés ou tranchants. A volume égal, les plaies qu'ils occasionnent toat plus étendues ; elles saignent davantage, et donnent souvent lieu ides hémorrhagies dangereuses. Les corps que les projectiles détachent oa soulèvent sur leur passage se rapprochant des éclats de bombe par kor forme irrégulière, produisent des effets analogues, mais ils agissent vrec moins d'intensité ; ce que leur impulsion plus faible et leur densité, eB général bien inférieure à celle des métaux, expliquent suffisamment. Les grains de plomb détenuinent des blessures qui offrent en

général peu de gravité. I^ plus souvent ils s'arrêtent au milieu organes, à des distances inégales ; ils déterminent peu de douleur, d'intlainniation. Les tissus se cicatrisent sur eux^ et ils demeurent ai enfcnnés dans l'économie, durant de longues années, sans craccidents, et même sans manifester leur présence par de la douleur ou du malaise. Cependant, si le coup a fait balle, c'est-à-dire si tous Je^ crains ont pénétré comme une seule masse! dans l'épaisseur des partîn molles, la plaie deviendra grave, et même plus grave que celle qui eût été produite par une balle ; car tous ces grains, qui ont pénétré coninr un s<>ul corps, ne tardent pas, lorsqu'ils sont par>'enus à une certainf profondeur, à prendre des directions divergentes. Les tissus, dilacéK< dans tous les sens, ne pouvant se cicatriser par première intentioa, connue loi*sque les grains ])énètrent isolément, s'enflamment, suppurent, et la plaie demeure compliquée de la présence d'un grand nooibn* de corps étrangei*s qui, Je plus souvent, échappent à toute tentitifr d'extraction.

I^s grains de poudre s'implantent dans la peau, et y demeurent pendant toute la durée de lexistence, sans produire aucun accident; wA comme ils n'atteignent que les parties découvertes, le plus ordinaiiement la face, et qu'ils tranchent par leur couleur sur celle des téguments, ils constituent, loi*squ'ils sont très nombi*eux, une sorte d^ tatouagt!, préjudiciable à l'expression et à l'agrément de la physionomie- Apres avoir étudié isolément le mode d'action de chacun de cespiojectiles, il nous reste à exposer les phénomènes primitifs et consécutifs, ainsi que les accidents des plaies qu'ils produisent, et enfin le traitement qui leur convient. j

Sv^itomatoum;ik. — A. Phénoinènes primitifs. — 1" La contusion «t la <lésorganisation des bords de la plaie sont en général proportionnelles au volume des projectiles ; les tissus divisés présentent à lev Nurfa<.e une coloration brune, livide, qui s'étend souvent à de grande» distances au milieu des {larties saines environnantes, en offrant k» teintes ordinaires et progn»ssivement dé(*roissantes de l'ecchymose; le* vaiss*»au\ capillaii'es directement broyés au niveau de la plaie, simplement rompus dans les tissus ambiants par le contre-coup du reflusde« liquides, expliquent ces différences, et toutes les variétés qu on oljsen»" dans la coloration livide des parties blessées. La désorganisation est |)artielle ou complète, supi*rticielle ou profonde ; mais dans tous le» cas, les parties contuses privées de vie restent adhérentes et collées* la surface <le la plaie par la petite (piantiti* de sang coagulé qui b recouvre, en sorte que celle-ci, par son aspect, olfre une certaine an»' logie avec les blessures occasionnées par la cautérisation. Cette a|V rence avait fait cn)ire à la cautérisation des tissus par les projectile» ^ rrreur réfutée «lepuis longtemps par Hartholonm^us Maggius, par LnU"*

PLAIES GONTUS£S. 2&1

oubert^ et^ avant ces auteurs, par A. Paré^ qui eu avait fait voir lar futilité^ en montrant qu'on pouvait faire passer une balle au s d'un monceau de poudre sans Tenflammer. L'écoulement sanguin est ordinairement peu considérable^ même irface des plaies les plus étendues, la petite quantité de sang qui lonne les vaisseaux capillaires dilacérés ou désorganisés se coagule ilieu des eschares^ fait corps avec elles^ et constitue ainsi une 18 inorganique, d'abord humide, mais qui ensuite se dessèche au et de Tair, et par son adhérence aux parties sous-jacentes s'oppose usion ultérieure du sang. Si un gros tronc artériel a éprouvé olente contusion, et môme une désorganisation complète sur un de sa circonférence, ce point, confondu avec les eschares envintes, trouve en elles un appui assez solide pour résister à Teifort l du sang, et Thémorrhagie n'a pas lieu. Lorsqu'un membre est rié par un boulet, nous avons vu que la déchirure des trois les artérielles à des hauteurs différentes suffisait souvent pour nir cet accident ; cependant on observe quelquefois des hémor- » primitives à la suite des plaies par armes à feu : ce phénomène »ente surtout lorsqu'une artère volumineuse, l'artère crurale par pie, a été échancrée par une balle, et lorsque la plaie est produite Q éclat de bombe, ou par un de ces projectiles secondaires que »ttlets animent de leur impulsion.

La stupeur est un phénomène éminemment propre aux plaies es à feu. Les parties blessées, loin d'être le siège d'une douleur )u moins vive, sont frappées d'une sorte d'engourdissement, avec lution de la sensibilité, abaissement de la température, sentiment santeur, prédisposition toute spéciale à l'engorgement et à la morion. Cette stupeur, ordinairement circonscrite dans un rayon itendu, peut devenir générale, surtout lorsque la blessure siège nembres inférieurs et qu'elle a entraîné de grands délabrements s et des parties molles. Le malade est alors couché sur le dos, il irve la position qu'on lui donne; si on soulève l'un de ses )res, celui-ci retombe comme une substance inerte; l'œil est fixe, Mlle dilatée, la face pâle, la respiration lente, le pouls extrêmefaible ; toutes les fonctions des sens sont émoussées; l'intelligence aiblie; cependant le blessé répond aux questions qu'on lui adresse, d'une manière toqiliurs brève; il est indifférent à tout ce qui l'en- . Tel était l'état de ce malade dont parle Quesnay, dont l'état de action était tel, que l'amputation de sa jambe fracassée lui ayant proposée comme unique moyen de salut, il répondit que ce n était i son affaire, La peau devient froide, souvent elle prend une te plombée; il survient des horripilations, des faiblesses, des synes. Un état aussi grave doit ùive considéré connue l'indice d'une

KÉLATOH. — PATH. CHIR., T. ]. 16

3A2 njjXM.

terminaison funeste^ s'il ue se dissipe au bout de quelques httuvs.

B. Phi-mmihnos amsreutif», — La sensibilité renaît peu à peu dam les partirs 1)1oss<'m>s : av('(* le retour d(» la sensibiliti'; coïncide rapptrilion de la douleur. Du dcuxirine au quatrième jour, l'inflanunation %e i^r.lare et se montre d'autant plus intense que la contusion a été plu^ violente. Elle est <'araetérisée \ïhy une douleur vive^ par un enguqiem«nt i'onsidérahle. par la tension et la nm^'eur des parties environnantes, et tous les phénomènes généraux qui forment le cortège de h fièvre traumatique. Les tissus dans lesquels la vie nVst |>as complètement éteinte achèvent de se mortifu^r au moment de cette rêmiion inflammatoire : la membrane pyogenique s étend entre les parties qui continueront à vivre et celles qni^ étant mortitit'^Sy doivent être éliuiimtes. La suppuration s'établit, et, du huitième au douEÎème jour, le» esrhares si* dctaclient ; alors SLuIcment la plaie se nuMitre dans louH son étendue.

Lors(|ue la perte de substance a ete considérable^ et surtout loi^qiH' cette déperdition (*st en(*ore au^menté<' par des éliminations sctoodaires au niomcnt où les phénomènes intlammatoires se déclarent, b suppuration est si abondante qu'elle p<^ut causer un atfaiblisseuiPDi extrême^ et même la mort par épuisement CA>mplet des fondes si elle se pi*olonge. Les plaies (|ue déterminent les boulets, lorsqu'ils viennent creust>r dt* larges gouttières à la surface du tronc ou des membres^ exposent princijialement les blesses à cette fâcheuse tcrminaisun. Lorsque le malade est assez heuirux p<mr résister à cet épuisement, et que h plaie M^ cicatrise, il demeure soumis à tous les inconvénients d'une cicatrice qui sest opérée aux dépens de Torganisation de la nieiubnne granuleust» ; aux douleurs, aux intlammations l'éitéi'ées, aux ulcénliuO> (|ui se montrent si souvent dans ce tissu, et enfin aux rétractions dont il est Tagent. n* tractions assez puissantes pour dévier les surfaces sHiculaires, anéantir un ou plusieurs de leurs mouvements.

C Atxident» ou com^jlicatioiis. — V' L'inflammation, quelque iulewe qu'elle Moit. est cependant encore un ))hénomène propre et en quelque sorte naturel dans cette espèce de plaie, tant qu'elle est limitèu M parties divisées; mais il est rare qu elle ne franchissi* point cette limite- (Juelqu<>f(»is elle se propage au loin sur la peau et se montre sous le» formes variées dv l'érysipèle, du langioleucito OU de la phlébite; niii^ plus souvent elle sVtend au tissu cellulaire soiUH'.utané, et alors une vaste suppuration dilfuse ne tarde pas à m* montrer; ou au tissu cellU' laire sous-aponévrotique et intermusculaire, et, dans ce dernier cas, 1* compression que toutes hrs parties profondes engorgées et iuuitifioi9> «éprouvent de la part des plans tibi'eux cause un redoubletneut d'iale0' site dans les phénomènes intlammatoiro (]ui |)euvent alors amener 1^ gangrène des membres; cet a«'ciilent est cependant très raiic. Le pli

PLAIES G0MTU8E5. Mt

miy des phlegmons profonds, des fusées purulentes, qui dénudent uuscles et les tendons, sont le résultat de cette compression ; ou ^ si la gangrène se montre, c'est sous la forme d'eschares limitées ptrties qui ont été le plus violemment comprimées. L'béniorrhagie, rare comme phénomène primitif, est fréquente, nntraire, comme phénomène consécutif; elle se montre au moment : chute des escharcs. Nous avons vu que celles-ci sont éliminée! du ëroe au douzième jour. On aurait donc pu croire que l'oblitération raisseaux est alors assez complète pour qu on n'ait point à redouter ccident de cette nature; mais n'est-il pas probable que rinflam- )n si violente qui st* développe dans les plaies d'armes à feu peut tir ou troubler ce travail d'oblitération 1 0n a vu ainsi des hémories foudroyantes se déclarer subitement, et mettre un terme à la u malade, au moment où i'étitt de sa blessure lui laissait entrevoir prompte guérison.

Le tétanos se montre surtout à la suite des plaies compliquées de irure des parties molles, et d'écrasiuiient des os et des articulations, ndant nous avous vu qu'une prédisposition toute spéciale et les gements brusques de température paraissent exercer sur le déveement de cette complication une influence plus grave et plus maie que l'état même de la blessure.

Le délire nerveux apparaît lorsque l'état de stupeur est dissipé et la réaction générale se déclare ; il est favorisé par les émotions si I et de nature si variée qui agitent ordinairement l'âme des blessés lant la durée et la suite d'un combat.

La diathèse purulente et la pourriture d'hôpital trouvent dans le d nombre et l'encombrement des blessés la plupart des conditions râbles à leur développement De là résulte, en effet, l'accumulation naïades dans des salles insuffisantes, et cette accumulation produit Uubrité et toutes les fâcheuses conséquences que celle-ci entraine; utre, ces plaies, étant compliquées de pertes de substance, sont Mjurs longues à se cicatriser^ et restent pendant toute cette durée sées à la pourriture d'hôpital. Les phlébites, les suppurations ms, les fractures comniinutives, sont autant de circonstances favo- « à la production de la diathèse purulente. Ces deux complications ïxercé souvent de grands ravages, surtout dans les hôpitaux mili- I aiiués au voisinage d une armée. La plupart des blessés qui ombent périssent victimes de l'un ou de l'autre de ces deux aoci- &y véritables fléaux qui semblent ainsi vouloir compléter l'œuvre de niction commencée par la main de l'homme. * Les corps étrangei*s, par leur présence au sein des parties blessées, i fréqûeuiuient la .source d'accidents graves. Ils ne sont pas seulei\i constitués par les esquilles, dont nous parlerons bientôt : souvant

2kk PLAIES.

les projectiles s'arrêtent au milieu des tissus; en outre, ils poussea au-devant d'eux les corps qu'ils trouvent sur leur passage, la bourre di Tarnie, les vêtements du malade, des boutons, des pièces de buffle teries, des débris de toute espèce. — Il est d'une haute importance d^ reconnaître la présence de ces corps étrangers cachés dans répaisseï^^^» des organes, et ce diagnostic s'entoure quelquefois tle grandes difl^^^ cultes. Si la plaie faite par une balle offre deux ouvertures, il est pnc:^. bable que le projectile n'a fait que traverser les parties; mais la méi^^e arme pouvait contenir plusieurs balles, l'un de ces projectiles a pu ^e porter au dehors, et les autres s'arrêter dans les tissus sur des poi^^u différents ; en outre, si une seule balle a pénétré, elle a pu se dîiribe^ j | la suite d'un choc contre le bord tranchant d'un os, et il n'est pas r^ ^f^ aloi*s de voir l'un des fragments seulement s'ouvrir une issue extérieu::^n». L'existence d'une seule ouverture semble accuser d'une manière ^crertaine la présence d'un corps étranger dans la profondeur de la pl^^eie* cependant elle est loin d'en être la preuve irrécusable : la balle po ^^jsse quelquefois au-devant d'elle les vêtements du malade, et peut, san ^ /^ dé<*.hirer, pénétrer assez loin dans l'épaisseur des tissus. A. Paré ^m, vu un de ces projectiles qui avait pénétré dans la jambe sans diviseur 1$ liotte du blessé, en sorte qu'elle avait été extraite avec son envelo/yie au moment où la botte avait été retirée. Plus souvent, un phénomène semblable a été produit par les vêtements du malade. Il est dooc important, pour s'assurer de la présence ou de Tabsence de la biUe dans une plaie, d'examiner les vêtements, afm d'acquérir la certitude qu'elle les a divisés et traversés, ou qu'elle les a laissés intacts et y ei^ demeurée cachée.

La bourre, les pièces de métal, d'étoffe, tous les corps étrangers qu ^^ les balles entraînent s'arrêtent ordinairement à peu de profondeur; t^^ sondant la plaie, il est ordinairement facile de les reconnaître et de le '^ enlever.

Quant aux projectiles plus volumineux, il est beaucoup plus rare les trouver au milieu des plaies qu'ils occasionnent; cependant biscaiens s'y arrêtent quelquefois, les boulets mêmes ont pu pénétrer ^^ et séjourner dans certaines régions. Larrey a vu, sur un canonnier, on ^ boulet de cinq livres qui, après avoir pénétré par la partie inférieure ^ et externe de la cuisse, était venu se loger dans le pli de l'aine, 0b il -^ n'avait point été reconnu par les premiers chirurgiens qui avaient en* miné le malade. En 181(i, Sanson a extrait de la cuisse d'un artillear '^ un boulet de neuf livres qui occupait la partie supérieure et interne de ^ la cuisse.

Les fractures pn)duites par les projectiles sont presque constanunem comminutives ; les fragments, tivs multiplies si J'os a été brisé dans sî partie moyenne, sont mobiles au milieu des parties molles, et le» irri-

PLAIES GONTUSES. 2&5

^Dt vhrement; de là des accidents de toute espèce, de vastes inflam- >^3alM)ii8, des abcès, des fistules, des suppurations intarissables, des ^^écroses. Parmi les fragments, les uns sont entièrement détachés et clés lors privés de vie, et transformés en véritables corps étrangers; les ^.atres sont encore adhérents aux parties molles; ils pourraient se recoller et continuer à vivre, mais les accidents inflammatoires qui sur- ^ennent ne tardent pas à les isoler complètement. Ces mêmes accidents d la suppuration abondante qui les accompagne dénudent souvent le oorps de l'os; celui-ci se nécrose, et cette partie nécrosée est aussi détachée et isolée à son tour. C'est là ce qui a fait admettre à Dupuytren ^rois classes d'esquilles : des esquilles primitives^ des esquilles secon- ^aireij et enfin des esquilles tertiaires. Lorsque la fracture siège à l^extréniité d'un os long et communique dans l'intérieur de l'articulation^ la communication du foyer de la fracture avec la membrane séreuse tfffticulaire est un accident des plus funestes, suivi d'une inflammation si violente que la mort en est ordinairement la conséquence, si l'on ^e 86 h&te de pratiquer l'amputation du membre.

PiONOsnc. — On peut dire d'une manière générale que les plaies

d'armes à feu sont extrêmement graves. Le malade peut succomber

dans toutes les périodes qu'elles présentent : 1^ au début, et alors il

succombe dans un état de stupeur, rarement par suite d'une hémor-

v^hagie ; 2* au moment où éclate la réaction générale, et, dans ce cas, il

périt au milieu de tous les phénomènes généraux qu'entraîne une fièvre

^saumatique intense ; S" pendant l'organisation de la membrane pyogé-

viique : dans cette dernière période, il meurt d'épuisement; en outre,

i I est exposé à tous les dangers qui accompagnent les complications si

>rariées que nous venons de passer en revue. La mort est donc une

c^ODséquence fréquente de cette plaie. Toutefois ce pronostic fâcheux

^T'applique surtout aux blessures produites par les biscaïens, les boulets,

les éclats de bombe ou d'obus, et les balles lorsqu'elles ont brisé les

^^; mais lorsque celles-ci ont divisé seulement les parties molles sans

atteindre les gros' vaisseaux, les plaies qu'elles produisent se cicatrisent

le plus souvent sans accident, quelquefois même assez promptement :

Sanson a vu le trajet creusé par une balle ad travers de la cuisse se

v^ionir par première intention; mais cette réunion immédiate est un fait

exceptionnd.

TKARiMEifT. — Il se compose de moyens généraux et locaux. A. Le traitement général trouve ses indications dans la marche natu- L idle de ces plaies. Chaque période réclame des moyens différents : la ^ période de stupeur, les stimulants et les cordiaux ; la période de réac- V tkm inflammatoire, les antiphlogistiques locaux et généraux ; la période s âe suppuration, divers moyens corroborants. Mais les agents qui com- " ■ pMCTont le traitement prescrit pour chacune de ces trois époques

sercmt toujours employés avor une gniiule prudence; uin«î, dan» W première p<'»rio(le, les stimu1niiti> seront assez actifs pour ranimer W blessé, mais ne doivent jamais être assez violents pour provoquer u^^uie rt'ïaetioii iiitlammatoire intense qu*il faudrait combattre plus lard. C eA ainsi, également, (|ue les antiphlogistiques^ nécessaires lorsque réaction se produit, seront cependant toujours modérés, afin de point trop diminuer les forces du malade, qui lui seront si utiles résister à une lonp:ue suppuration. Ia\ même prudence dirigera la dication corroborante, afin d éviter un retour d'intensité dans les nomènes inflammatoires. — Dans la stupeur, on entourera le d*une douce cbalcur, et Ton fera usage isolément ou eoUecth'emen potions cordiales et éthcrées, d'un vésicatoire volant placé su membre ou sur le tronc, de vin généreux pris en petite quantité dans quelques circonstances, de lavements excitants. — Dans la d'irritation, une ou deux évacuations sanguines modérées suflSroi^ ( /^ plus souvent ; la ditMe, sévère d'abord, deviendra moins rigoureuse!» 1^ jours suivants; de doux purgatifs, Témétiquo en lavage, seront iBiift^ utiles. — Knfin, le régime corroborant se composera d aliments ti^bfs en pri]icipi*s nutritifs et non excitants, de vins de bonne nature étendus d'eau dans des proportions qui pourront varier, mais qui se rapprocheront, en général, de celles d*un mélange à parties égales.

B. \a^ fraittmmt local n'est pas aussi simple dans les indications qu'f ^ prés4Mite; il est sultordomié à Tétat de la plaie, et les phénomèneiqi accompagnent celle-ci sont si variés qu'il est à peu près impossible -^ lappuyer sur des principes d'une application constante. Toutefois, rtf^ obserxant les modifications qui se succèdent sur les plaies d'armes ii feu dans le (*oui*s de leur guérison, on peut saisir quelques indications qui s'appliquent à im assez grand nombre de faits. Parmi ces inditv- ^ tions, les plus im|>ortantes sont relatives : 1** aux incisions immédiate» connues sous le ntnn <le (it'hndemfnifs: 2" a Textraction des corps étran* gers; 3" aux prennei*s pansements et soins cons('>cutifs ; /k* aux diverses complications qu'elles peuvent pn-senter.

La plupart des chirurgiens pensent que, dans le traitement d'une plaie d'arme ù feu, la première indication consiste à en changer en quelque sorte la natuiv, et à la transformer en une plaie par inatmuHMit traiH'lMiit au moyen dont' ou de plusieurs incisions; ces incisions coiisiituent une opération à laquelle on a donné le nom do dèèri" iUmnit, l'm* cctto opération, on se propose de pn'^venir rélmnglemenl et les fAcheusrs consé(|ueiices qu'il amène, telles que la gangrène, les fusf'*<>s purulentes, la dénudât ion des os et des tendons, de faciliter le dégorgenuMit drs parties enflammées, et d'ouvrir une voie pour la sortie des eschans, du pus et des corps étrangers. Le débridement est néc(*ssaire lorscpie la plaie est étroite, profonde et située sur une fégktt

PLAIES CONTTSES. 247

'entourée de fortes aponévroses ; on le pratiquera donc souvent avec ililité lorsque la plaie aura son siège à la cuisse, à la jambe^ sur le cuir ^lievelu ou sur les parties postérieures du tronc à la région lombaire: mis les plaies qui intéressent les parties latérales et antérieures de la loitrine ne réclament point cette opération ; celles même qui siègent ur les membres ne présentent aucune indication de débridement lorsutiles ont éprouvé des pertes de substance considérables. Si elles frètent la forme d'un canal superficiel^ de manière que les parois de ) canal soient constituées en dehors par les téguments^ il faudra éviter I les débrider^ car par cette disposition elles se rapprochent pour ainsi re des plaies sous-cutanées^ dont la cicatrisation est si facile et si "Oinpte.

Le débridement est pratiqué à Taide d'un bistouri boutonné^ conduit tr le doigt indicateur gauche jusque dans les parties les plus pro~ »ndes de la plaie; si le doigt ne peut être introduit^ on se sert d'une mde cannelée ; quelquefois une seule incision peut suffire, mais le tm souvent deux^ et même trois seront nécessaires : elles devront mjours être parallèles à la direction des vaisseaux et des nerfs, et erpendiculaires à celle des tissus fibreux. II est difficile de satisfaire ces deux conditions dans la même incision : de là l'utilité des incions multiples^ les unes profondes^ les autres superficielles, les prelières parallèles aux gros troncs vasculaires et nerveux, les secondes erpendiculaires aux aponévroses. Ces incisions sont suivies d'un écou- •^ment de sang qui varie dans sa quantité, et doit être considéré omme une saignée locale dont les effets sont presque toujours avanta- E^nx; il convient donc de le favoriser tant qu'il se montre modéré. Nous avons vu que trois espèces de corps étrangers peuvent séjourner uift les plaies par les armes à' feu : 1* les projectiles, 2° tous les corps ulls poussent devant eux, 3" enfin les esquilles; nous avons vu en u^ que la présence de ces corps étrangers dans l'épaisseur des tissus nflammés entraîne ordinairement des dangers; il est donc ui^ent de roeéder à leur extraction. Voici les règles qui doivent diriger la con- Qite du chirurgien dans leur recherche : 1* les parties blessées seront laeées dans la position qu'elles occupaient au moment de l'accident ; hift, en effet, tous les tissus se retrouvent dans le même état de tenien ou de relAchement qui se présentait lorsque le projectile est venu Bi atteindre. Le canal creusé par celui-ci reprend en partie au moins iM dimensions et sa direction primitives. Ce fut l'application habile de es pirécepte, dit Percy, qui couvrit de gloire A. Paré, lorsque, appelé anpfèsde M. de Brissac, grand-maître de l'artilleria)' blessé au camp de htpigntn, il lui trouva presque sous la peau, plus bas que Tomoplate, ^ btlle que plusieurs chirurgiens n'avaient pu rencontrer, et qu'ils soutenaient avoir pénétré dans la poitrine, parce qu'ils n'avaient point

2!k8 PLAIES.

mis les parties dans une position convenable pour faciliter leur exploration. Toutefois^ il ne faudra pas fatiguer le malade par une applicatk» trop rigoureuse de ce principe ; car une balle peut avoir été réfléchk et plus ou moins déviée ; alors la précaution de placer le blessé exaelement comme il était lorsqu'il a reçu le coup^ loin de favoriser la déeoaverte du projectile^ pourrait devenir un moyen de le mieux cacher, es ramenant sur lui les parties qui l'avaient écarté de sa direction recii' ligne^ et derrière lesquelles il peut s'être arrêté. Par conséquent, si aprt^s avoir rétabli la position primitive, on n'a pu arriver jusqa'ai corps étranger^ il faudra, en se basant sur la connaissance anatomiqiM des parties blessées, diversifier les mouvements et la situation, de ma nière à découvrir une attitude plus favorable à l'extraction du prcjee tile. 2" Lorsque la balle a pénétré à une grande profondeur, et qu'elli est peu éloignée des téguments qui recouvrent la partie opposée i celle par laquelle elle est entrée, il Tant pratiquer une contre-ouvertan qui rendra son extraction facile, y II est presque toujours indispensaUi d'agrandir l'ouverture par laquelle le projectile a pénétré lorsqa'oi veut le retirer. U"* Le doigt indicateur est le meilleur instrument qu'oi puisse employer pour reconnaître la présence des corps étrangers e les extraire ; mais il n'est applicable qu'aux cas les plus simples, c'eslà-dire à ceux dans lesquels le corps étranger est superficiel et la plak assez large.

Lorsque le canal creusé par le projectile est étroit et profond, d'aa très instruments deviennent nécessaires ; on en a imaginé un très granc nombre, connus sous le nom générique de tire -balle. La plupart sool tombés dans l'oubli; ceux qui ont sur\'écu à l'épreuve de Texpérienee et qu'on emploie généralement aujourd'hui, sont : les pinces, la caretti et le tire-fond. — Les pinces sont composées de deux branches loogiM d'environ 30 centimètres, croisées et articulées à leur partie moyenne; munies à l'une de leurs extrémités de cuillers qui se regardent par leni concavité, et à l'autre d'anneaux qui servent à les saisir et à les mon* voir. — La curette est formée par une tige, offrant une cavité héaû* sphérique à une de ses extrémités. Thomasstn a modifié la curette en 3 ajoutant une seconde tige qui glisse à la faveur d'une coulisse sur II tige principale, et qui, poussée vers la cavité hémisphérique, s'implanli sur la balle, à Taide d'un biseau tranchant qui la termine, et la retient ainsi solidement dans cette cavité ; l'addition de cette tige rend Tusagi de la curette plus sûr. — Le tire-futid est une espèce de vis à filet double, et à deux pointes supportées par une tige que termine oii anneau. Os trois instruments ont été réunis en un seul par Percy ; cel instrument, appelé tribulcon, est composé, comme la pince, de deux tige^ longues de 30 à 3/4 centimètres, articulées a la manière des branebM du forc4»ps, c'est-à-dire à l'aide d'un cliquet ou d'un liouton tournant.

PLAIES GONTUSES. *if|0

qui permet de les séparer ou de les réunir suivant qu'on se propose de hs introduire isolément ou toutes deux simultanément ; la branche mâle et la branche femelle se terminent d'un côté par les cuillers dis* posées comme dans les pinces ; du côté opposé^ la branche femelle> celle qui reçoit le cliquet^ porte une cavité hémisphérique qui remplace Ia curette, tandis que la branche mâle est creusée d'un canal cylinclrique dans lequel on introduit le tire-fond^ qui y est ensuite fixé par quelques tours de vis ; Tanneau qui termine le tire-fond, et la curette qui termine la branche femelle, permettent de saisir l'instrument avec fsicilité. — Ces instruments doivent être préalablement enduits d'une c^ouche d'huile qui favorise leur introduction. Lorsqu'on fait usage de 1a curette simple, on l'introduit lentement, en suivant le trajet de la Iplaie, jusqu'à ce que l'instrument rencontre un obstacle ; quelques croups secs et légers apprennent au chirurgien, par leur résonnance xxiétaUique, s'il est arrivé jusqu'au corps étranger; alors, inclinant la AJge de la curette, de manière à glisser le bord de la cavité hémisphérique entre la balle et les chairs à la manière d'un coin, il la saisit^ et m viclinant ensuite un peu la branche de l'instrument du côté opposé de 1^1 plaie, afin que le corps étranger, par son propre poids, tende à x-«s^ dans la cavité de la curette, il retire celle-ci en suivant une MMième direction. Si on emploie la curette de Thomassin, avant de retirer 1* instrument, il faut avoir la précaution d'abaisser la tige mobile, de KKianière à fixer la balle, et à prévenir sa chute, qui obligerait le chiv^ugien à renouveler les mouvements nécessaires pour la saisir.

Si on se sert des pinces, on les introduit fermées; lorsque le choc nnétallique avertit de la présence du projectile, on écarte les anneaux, ^1 par suite les cuillers ; quelques mouvements convenables permettent <le le saisir, et alors on retire peu à peu l'instrument et le corps étranger, soit à l'aide de tractions directes, lentes et modérées, soit à la faveur d'un mouveme.nt oscillatoire des branches. Lorsque la balle est |M>fonde et le trajet un peu sinueux, il est préférable de mettre en Msage rinstrument de Percy; dans ce cas, il convient d'introduire 4'abord la branche mâle, puis la branche femelle, on les articule ensuite; souvent des corps qui avaient échappe aux pinces ont pu être Saisis et retirés de cette manière.

Quand la balle est implantée dans un os superficiel, un simple éléva-

Wire ou une spatule peuvent suffire pour la détacher ; lorsqu'elle est

située plus profondément, et fixée dans la position qu'elle occupe, il /f

faut recourir au tire-fond, qu'on conduit jusqu'au corps étranger sur le

i dmgt indicateur, qui, après lui avoir ser\'i de conducteur, se maintient

L fixe à la surface du projectile, pendant qu'on lui imprime un mouve-

^ ment de rotation sur son axe, afin de faire pénétrer les deux pointes.

^ l'implantation du tire-fond exige un effort de pression assez considé-

'J'iO rr.AiKs.

mb\o ; on ne pourra donr en taire UBage que Ionique la balle tfomc <lanA les partie» qui Tentoiirent des points d'appui aufthammi^nt rûi»' tante ; il faut encore, pour que le tire-fond toit utile, que <«lle*cî. iléformée et aplatie^ n'offre pas des dimensions plus grandes l'ouverture d'entrée du canal osseux; lorsqu'il en est ainsi, il ne d'autre ressource que l'emploi de la gouge et du maillet, ou niiêiD l'application d'une couronne de trépan^ qui agrandit le canal oasem en emportant en m^me temps et les parois de ce ciinal et le corps ifi y séjourne.

Quant aux corps étrangers différents des projectiles^ l'absence di choc et de la résistance métallique les rend plus difficiles à reconnaître mais comme ils sont en général moins éloignés de la surface de h plaie^ les pinces à pansement ordinaires les saisissent facilement. Li mollesse de ces corps peut faire craindre qu'on ait saisi un lambeti de tendon, de muscle ou d'aponévrose ; la prudence exige alors qii*ai fasse des tractions très légères ; l'absence de douleurs et le défaut toli de résistance indiquent au chirni*gien qu'il a saisi un corps inerte don l'extraction est sans danger. Los grains de poudre seront successive* mont extraits avec la pointe d'une aiguille et le plus tôt possible ; car ainsi que l'avait déjà observé Maggius, les petites plaies qu'ils produlseB HO cicatrisent immédiatement, et après cette cicatrisation l'extraetioi n'est plus possible.

Los recherches les plus habiles ne permettent pas toujours de troimei et. do saisir le C4)rps étranger ; la prudence exige qu'on ne les proloofi pas trop longtemps, et qu'on abandonne les soins d'une semblable élimi nation aux efforts de la nature ; plus tard la suppuration parvient so» vont à les entraîner: s'ils restent enfermés dans un organe, ils s'enKmm d'un kyste colluleux, adhérent aux parties voisines par sa faci^ externe ot lisse par sa face interne. Ainsi enkystés, les projectiles peuvent séjour ner pendant de longues années au milieu des organes sans prodnin aucun accident; ils peuvent même se déplacer et parcourir d'asseï grandes distances snns cesser d'être inoffensifs, puisque dans ces migra' tions ils emportent avec eux leur enveloppe séreuse ; à la suite de cei déplacements ils se rapprochent quelquefois des téguments, sous leiw quels ils manifostont leur prési*noo par une saillie plus ou moins sen sible; enfin, dann quelques circonstances, le kyste qui les entoun s'enflamme, suppure, des abcès se forment, s'ouvrent au dehors, et l'oi voit sortir on mi^nie temps le pus el le corps étranger.

Après avoir débridé la plaie ot extrait les corps étrangers, on procèdi au pansement ; la réimion, qui est pos*»o on principe dans toutes les autres espèces de plaie, même dans les plaies contuses ordinaires, w saurait être prescrite pour les plaies d'armes à feu dont la surface pré sente des eschares plus ou moins étendues. Ces plaies doivent néeetsai*

PLAIES PAH \RR\i:ilEM£NT. 251

rrmtat rappurer; en attendant que la <«uppuration so dorlnre, on \e% wcouvrira de compresses trempées dnns une liqueur aromatique et i^timulinfe si elles sont le siège d^une stupeur prononcée ; dans le cas oonÊrairey on fera un pansement simple ; lorsque la suppuration a détaché les parties mortifiées^ au pansement simple, renouvelé deux ou ^rois fois par jour^ si l'abondance du pus l'exige, et à une position convenable^ on joint Tusage de bandelettes agglutinatives^ qui favorisent la nieatrisation^ et abrègent la durée de la maladie. Si la perte de substance a été considérable et occupe le voisinage d'une articulation, on iTiaintiendra les parties blessées dans une position inverse à celle qui favoriserait le rapprochement des lèvres de la plaie, afin de donner au t>issu de la cicatrice assez d'étendue pour que la rétractilité n'apporte f>lii8 tard aucun obstacle aux mouvements articulaires.

Quant aux complications des plaies par armes à feu, elles seront trai-

€4^spar les moyens spéciaux que nous avons fait connaître, et sur les-

cf vêla nous ne devons point revenir ici ; nous ajouterons seulement :

^ • que l'bémorrhagie, soit primitive, soit consécutive, sera combattue

une ligature faite au-dessus de la plaie ; parce que le désordre

*3[tréme de la plaie, le sang infiltré, les eschares ne permettraient que

difficilement de reconnaître les deux bouts du vaisseau divisé;

^* que dans les fractures comminutives, il faut pratiquer de larges débri-

d^nients afin d'extraire toutes les esquilles, et même avoir recours aux

^^€^ntre-ouvertnres, si le pus ne se porte pas librement au dehors;

3^ que la stupeur dont ces plaies sont le siège repousse, en général^

l'irrigation continue avec l'eau firoide, qui favoriserait l'extension de la

Kangrène; 6* enfin, qu'il est des blessures tellement graves, que l'am-

f>iitation ou l'ablation de la partie est le seul traitement qu on pui^sse

leur opposer. Nous déterminerons les circonstances qui exigent impé-

VMQsement cette opération, lorsque nous tracerons l'histoire des plaies

T^^ imputation.

ARTICLE VII

PLAI£S PAR AERÂCBEMENT.

Cet plaies sont le résultat d'une traction considérable exercée sur les V^rties molles. Si cette traction est assez puissante, il y a avulsion de ^'orpino; et^dans les membres, la :**paration a lieu constamment au niveau des articulations.

Plaiff rétultant d'un arrachement complet, — Toutes les parties en

relief à la surface du corps peuvent être emportées par arrachement ;

\\ n'en est aucune dont l'avulsion n'ait été plusieurs fois constatée.

L'arrachement des testicules a été souvent oI)8er\'é à la suite d'onaoeès de folie; mais les doigts^ les orteils, le pied, la main, les membrei, m un mot, y sont le plus exposés. En voici quelques exemples : — Stnniel Wood, ayant imprudemment engagé sa main dans le noeud ooilant d'une corde prise dans les dents d'une grande roue de moulin, ht enlevé de terre, et ensuite arrêté par une poutre transversale. Lebns et l'omoplate furent emportés, et cet arrachement fut si prompt, que k hiessé ne fut averti de la perte de son membre que lorsqu'il le vit tour nant avec la roue ; il descendit par une échelle droite, sortit du moalîo pour réclamer des secours, et tomba de faiblesse après avoir fait tiealr ou quarante pas. Cette plaie, qui saigna à peine, était coroplétenirat cicatrisée au bout de deux mois. (Morand, Mémoiret de l'Académie de chirurgiey t. 11, p. 83 et suivantes, in-^i", 4 769.) Un second cas d'amchement du membre thoracique et de l'omoplate fut observé par le docteur Musset, de Boston. Delamotte rapporte, dans son TraiU à» aecouchementi, l'observation suivante : Un petit garçon, jouant près de la roue d'un moulin en mouvement, fut attrapé par la manche, de faço^ que sa main s'embarrassa dans cette roue, et que la main, l'avant-lM^ et le bras étant successivement attirés par celle-ci, sans que l'enfant pCP>^ se débarrasser, le bras fut arraché et séparé dans la jointure l'omoplate. Un peu de charpie suffit pour arrêter la petite quantité sang qui s'écoulait. L'enfant fut guéri en peu de temps. (Trûité accouchements y etc., in-^% 1721, obs. ggcxli.] On trouve dans un joum^ anglais, cité par Dupuytren, l'observation d'un jeune homme qui eut \^ cuisse séparée de la hanche, et chez lequel il ne survint aucune hénior ^ rhagie, quoique la mort n'eût eu lieu qu'au bout de quatre jours. U^ enfant de neuf à dix ans, fort vif, ne connaissait pas de plus grand plaiirâ que de monter derrière les carrosses ; en ayant trouvé par hasard ub i? six chevaux sans domestique derrière, l'occasion lui parut trop beU^ pour la manquer ; mais s'y prenant mal pour monter, le malheur voulnii qu'une de ses jambes passât au travers des rayons de la roue : elle h^ arrachée et sc'^parée du genou. La partie inférieure du fémur était déoo ^ dée dans l'étendue d'environ trois travers de doigt. Les muscles et k< fendons étaient déchirés fort inégalement ; mais il ne s'écoulait pi^ une seule goutte de sang ; les chairs furent égalisées, l'os scié, ir. appareil convenable appliqué, et, malgré la pétulance du blessé qu'o--« eut beaucoup de peine à réprimer, cette plaie guérit promptement. E ^ examinant la jambe, on trouva qu'elle avait entraîné avec elle grande portion des principaux muscles de la cuisse, et un bout de ou six travers de doigt de long de l'artère crurale (1). Ces plaies ont pour caractères distinctifs l'extrême irrégularité de lei

(t) B^nomonl, Mémoires de CAcadémie royoie de ekènêrgie^ in-â, t, lU P» 79.

Page 1