‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 39 sur 135 · DE LA GANGRENE CAISÉE PAR LA C0NTI*SI0X · texte numérisé non relu

DE LA GANGRENE CAISÉE PAR LA C0NTI*SI0X

Nous avons vu que les corps contondants, en agissant sur les tism vivants, peuvent les désorganiser inmiédiatement, de manière à y éteindre instantanément la vie (contusion au quatrième degré). D'autres fois la contusion, étant plus faible, n'altère pas d'une manière aiiii complète la texture de nos tissus ; elle se borne, ainsi que le dit Bojff, SI affaiblir excessivement leur action organique, de sorte que la gangrène se produit consécutivement (contusion «lu troisième degré;.

Les phénomènes qui se passent dans la partie contuse ne sont pas Irt mêmes dans h»s deux cas. Dans le premier, toute la masse privée de nr reste froide, livide; elle prend bientôt une couleur noirûtre, et, si rflf n'a qu'un petit volume, elle se dessèch(î, se racornit; puis, «nu Iiout* quelques jours, un travail inflammatoire se développe et élimine la partie n)ortifiée.

Dans le second cas, la partie contuse est froide et privée en partie de sensibilité ; mais au bout d'un temps assez court (douze ou vingtquatre heures), les liquides y aflluent en abondance, et produisent un gonflement pâteux très considérable, qui s'étend même sur les parti?» qui n'ont pas été soumises à l'action (^i corps contondant; bientôt** voit SI? dessiner sur la i)eau des lignes violacées qui suivent le trajet <k* veines sous-cutanées ; des taches livides, des phlyctènes apparaisse^* avecî le corlége des symptômes c|ui caractérisent la mortification co^" firmée.

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sque la contusion est accompagnée de solution de continuité des ents^ le diagnostic ne sauraitétre un instant douteux; mais il n'en ide même lorsque les téguments sont restés intacts. Nous avons urs fois entendu dire à Sanson qu'il avait vu sur des membres 'is par des boulets un gonflement et une tension si considérables^ pouvait H peine y reconnaître une fracture^ bien que les os fussent y ainsi que toutes les parties molles. On ne prendra pas pour un précurseur de la gangrène ces phlyctènes qui se développent si it à la suite des fractures; le volume du membre^ sa coloration^ eur, suffisent pour lever tous les doutes, taitement varie suivant l'étendue de la partie mortifiée. Si elle itée et n'occupe que la superficie d'un membre^ on peut sans énient s'en rapporter aux seules forces de la nature pour opérer iiii d'élimination. Mais si elle est plus considérable, si la main^ , la jambe^ ont été désorganisés par la contusion^ il faut pratiamputation immédiatement en. se conformant aux préceptes que vons établis précédemment pour éviter au blessé les dangers Is l'exposerait l'inflammation consécutive, que les tissus n'ont pas été complètement désorganisés, et que la ne est seulement probable, il faut tâcher de prévenir l'engorgee la partie par un traitement général et local. On pratiquera ne ou deux saignées, et l'on aura recours aux résolutifs ou même lercussifs. Mais si malgré cette médication il se développe un gont inflammatoire, on renoncera à ces moyens pour recourir aux tions émollientes, ainsi que nous le verrons en parlant de la le déterminée par la violence de l'inflammation, erait ici le lieu de parler de la gangrène produite par le feu ou itiques; mais comme ces agents ne produisent pas constamment iflcation des tissus, nous préférons réunir dans un seul et même et sous le nom de brûlures, toutes les lésions que nos tissus t éprouver par suite de l'action du calorique et des îigents chi-

ARTICLE III

DE LA GANGRÈNE PRODUITE PAR l'INFLAMMATION.

ne parlerons dans cet article que de la gangrène produite par lammation simple, de celle que l'on désigne dans tous les traités iques sous le titre de gangrène par excès d'inflammation. i avons dit que plusieurs circonstances favorisent la terminaison tiWegmasio par gangrène. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet, que celte fAcheuse terminaison se prépare, voici ce que l'on

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observe. 'Le malade, qui éprouvait les douleurs les plus vives dans la partit» enflaininée, ressent un soulagement marqué. Si la phlegniasif occupe un membre, on voit la partie perdre sa rénitence^ devenir pâteuse et mollasse ; elle se couvre de phlyctènes ou de bulles remplie^ de sérosité sanguinolente, disséminées sur un fond violacé. Ces bulle^ se déchirent, et dans le lieu qu'elles occupaient on trouve la partie convertie en escbares. Celles-ci s'agnmdissent rapidement, se réunisseoi entre elles, occupent une surface assez étendue ; mais il est rare que la mortification s'étende à toute la profondeur du membre.

La rémission (|ue nous avons signalée dans les symptômes locaux coïncide avec une amélioration apparente dans Tétat général du malade. Celui-ci accuse un état de bien-être qui pourrait faire prendre le chaogr à un praticien non prévenu ; mais on ne se laissera p^is tromper en rf* marquant que TexcitatiiMi fébrile a seulement été remplaci'w par nne faiblesse, une prostration extrêmes; le pouls est petit, filiforme, facilement dépressible.

La gangrène par excès d'inflammation fait des progr^ rapide: quelques jours suflisent pour qu'elle s étende à tout un membre et par\ienne jusqu'au tronc.

Nous répéterons ici ce que nous disions dans nos considérations générales sur le traitement de la gangrène. La première indication «1 d'éloigner la cause, si cela est en notre pouvoir. On pnitiquera donc des débridements conv(înables pour faire cesser une compression, pov évacuer des li(|uides épanchés, pour extraire les corps étrangers, etc. Après avoir satisfait à cette première indication, le traitement rente dans celui du phlegmon jusqu a ct^ que la gangrène soit limitée.

Lorsqutî cellr-ci menace de s'étendre jusqu'au tronc, peut-4>n pn* tiquer lamputation avant qm* le cercle éliminatoire ait pose'; la limite entre les parli<'s mortes et les parties vivantes? Nous avons déjà répondo à cette question. Happelons senhMuent ici cpie Larrey n'hésitait |«inl h opérer dans ces ciironstances. Suivant cet auteur, la gangréte (|ui succède à une violrnte inilammalion a très peu de tendance à §f borner; l'amputation rst h- s(»ul moyen d'cnipécher la moilificatitm de s'étendre jusqu'au tnjnc. Souvent il a pratiqué l'amputation pourpwvenir cette extension du mal, et il a réussi. D'autres chirurgiens militaires ont imité sa conduite, et disent avoir eu souvent l'oiTasionde s'en applaudir.

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