‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 46 sur 135 · VFt'ECTIONS CHAR»05NEtSES · texte numérisé non relu

VFt'ECTIONS CHAR»05NEtSES

s(»uto aucune trace de suppuration; si donc, en faisant une ponctii avec la lancette, on trouve de la matière purulente, on peut lître cei que Ton n'a pas affaire à une pustule maligne.

L erysipèle avec phlyctènes se rapproche aussi par quelques-uns ses caractères de la pustule maligne; mais il occupe une large suriki Les phlyctènes sont disséminées irrégulièrement et non disposées culairement autour d'un noyau central. Enfin cet érysipèle ne présent ni eschare centrale, ni un engorgement considérable.

Le charbon offre beaucoup plus d'analogie avec la pustule maligne que les maladies que nous avons précédemment citées; mais comme cette variété'; d'affection charbonneuse ne nous est point encore connue, nous n(* pouvons en exposer convenablement les caractères diffénmtiels. Ce parallèle sera mieux placé dans l'histoire du charbon.

I^noNosTic. — La pustule maligne est une affection grave. Abandonnée à elle-même, elle devient souvent mortelle; elle Test encore souvent, lorsque les secours de Tart sont administrés après le développement des phénomènes généraux. Celle qui attaque la face ou le cou est surtout à redouter à causç des désordres qu'elle produit sur des parties à la fois importantes et exposées aux regards; en outre, au cou, Tengorgement peut devenir assez considérable fiour déterminer la compression des veincîs jugulaires <»t de la trachée-artère, d'où résulte un double danger d'asphyxie. I^s craintes que doit inspirer cette affection sont aussi proportionnelles au nombre des tumeurs. La pustule maligne, en effet, quoique ordinairement solitaire, se montre quelquefois sur plusieurs points d'une même région dont toutes les parties ont été cplement mises en contact avec le virus charbonneux, tels, par exemple, ({ue la main et lavant-bras plongés dans la gorge d'un animal. Onavo naître dans une région aussi circonscrite jusqu a quatre et cinq pustules. Les individus d'un tempérament lymphatique, ceux qui sont faibles, épuisés par des maladies ant('?cédentes, sont plus accessibles aux phênomè'nes généraux, et par conséquent succombent plus souvent que les hommes d'un temivérament bilieux ou sanguin, chez lesquels la réaction générale, plus puissante, développe plus facilement Tinflammation ewininatoire. Chez les femmes enceintes, elle a pu dans quelques rircoti' .stances occasionner l'avortement, et causer des hémorrhagies utérir*** foudroyantes par suite de l'état d'adynamie qu'elle entraîne, et qui ^ comnmnique à l'utérus. Chaussier et Chambon en ont rapporté p^^ sieurs exemples. Knfin elle est d'autant plus alarmante que sa nu est plus rapide; elle parait aussi plus funeste pendant les grandes c. leurs de l'été.

Lii pustule maligne, avons-nous dit, guérit quelquefois s|>ontai nient. Ce fait cbt démontré par l'obsenation clinique et par les sons que l'on obtient par l'application de topiques à peu près insii

S. Mais est-il possible^ d'après l'examen d'une pustule maligne i sa période de développement, de prévoir une terminaison heue? Cela nous parait impossible, et ce n*est que lorsqu'il se forme ur de la pustule un cercle franchement inflammatoire, lorsqu'en fiot la suppuration s'établit sur les limites de la partie mortifiée,

est permis de porter un pronostic favorable. LAiTEMEKT. — Il cst préservatif et curatif. Le premier acquiert une e importance lorsque le charbon règne sous la forme épizootique. personnes appelées à donner des soins aux animaux infectés, les inaires surtout, que leur profession met dans un contact immédiat le foyer principal du virus qu'ils extirpent ou cautérisent, doivent ivrîr d'une couche d'huile les parties exposées au contact, les laver ite avec de l'eau de savon, une lessive de cendres, et mieux encore

le chlorure de soude; car on a démontré par des expériences îtes le pouvoir qu'a ce liquide de faire perdre au virus charbon-

sa propriété septique. Ainsi une portion de tumeur charbonneuse, je dans le tissu cellulaire sous-cutané d'un mouton, fit naître une îur semblable. Une autre portion du même poids, laissée six mis dans le chlorure de soude et placée de même, n'a plus causé n phlegmon ordinaire (Ducreux, Thèses de Paris, 1838, n** 128). — détails dans lesquels nous sommes entré sur l'étiologie de cette lîon nous montrent le soin extrême qu'il convient d'apporter dans struction complète de toutes les dépouilles d'un animal qui recèle rus charbonneux et de tous les objets qui ont subi son contact. Sa

sera divisée et mise en pièces, afin qu'elle ne devienne pas un

de convoitise pour la cupidité. La paille sur laquelle il couchait brûlée, ainsi que tous les vêtements dont les pûtres, les laboureurs, ]uarrisseurs, etc., étaient revêtus au moment où ils l'ont approché. mal sera promptement enterré et à une profondeur convenable,

ne point laisser aux insectes la possibilité de transporter ailleurs Incipe virulent.

traitement curatif est local et général. La pustule maligne étant lifeclion primitivement locale, et ne devenant une maladie générale orsqu'elle touche à la dernière période de son développement, les ms locaux constituent essentiellement son traitement, et même ils «nt seuls pour amener une guérison radicale, aussi longtemps que hénomènes généraux ne se sont pas montrés. Ils ont pour but, soit lire disparaître le principe virulent, soit de le détruire, afin de pré- Tson introduction dans l'économie, ou du moins afin de neutraliser influence. Ces moyens consistent dans l'extirpation et la cautérion isolément ou simultanément employées.

i. Vextirpation a été conseillée par un petit nombre d auteurs. Pour pratiquer, on incise crucialement la tumeur, et ensuite on excise

330 AFFECTIONS ClJAHHON.Nfcrsiù.S.

chacun (les quatre lambeaux. L'incision doit être assez profonde, et Texcision assez considérable pour emporter la totalité de la tumeur, et dépasser un peu ses limites. Cette opération est ordinairement cfficâMy lorsqu'elle est pratiquée convenablement, et pendant les deux premières périodes de la maladie ; mais elle est très douloureuse, et il est souvent diflieile de reconnaître le point précis où s'arrête l'alténtioo locale. Alors même qu'on a cru porter l'instrument au delà des limite!) de la tumeur, il est arrivé quelquefois qu'on est resté en deçà suruo ou plusieurs points, et qu'on a ainsi exposé le malade à tous les dangers d'un traitement incomplet. En outre, l'extirpation, même lorsqu'elle est. complète, ne met pas le malade toujours à l'abri d'une récidive. Oii a vu la pustule maligne se reproduire à la suite de trois extirpations successives pratiquées selon toutes les règles de l'art, et parvenir aa dernier terme de son développement avec autant de rapidité que si cette opération eût été sans influence sur sa marche. Ce moyen, considéré comme une méthode de traitement exclusive, ne saunit donc être adopté ; mais, combiné avec la cautérisation, il a été souvent utile.

B. La cautérisation est le moyen le plus usité. On la pratique ordinairement avec le fer rouge, qui doit être porté sur les parties altérées avec énergie et à plusieurs reprises, jusqu'à ce que la mortification lit atteint la base sur laquelle repose la pustule maligne. Pour la rendre plus sAre, quelques auteurs conseillent d'inciser préalablement h tunieur en croix. Ce précepte mérite d'être suivi lorsque celle^ieil très volumineuse, et qu'il convient de modifier la vitalité conipromife des tissus sur une surface un peu étendue. On peut, en outre, exôser une partie de ces tissus. Cette extirpation partielle facilite l'action di fer rouge et assure le succès de la cautérisation; mais lorsque la postule maligne offre de petites dimensions, l'incision et surtout l'excision nous paraissent tout à fait inutiles. Ces moyens auxiliaires de la caoti^ risation ne doivent être mis en usage que lors(|ue la tumeur es»t parvenues à un volume un peu considérable, c'est-à-dire dans la troisième et la (juatrième période. — Si le malade témoigne une répugnance invincible pour l'emploi du fer rouge, on aura recours aux caustique* minémux. Parmi ces derniers, on préférera ceux qui, à égalité de puissance, jouissent de la propriété de désorganiser les tissus dans les limites pn'îcises de leur application. Au premier rang, nous placerons la poudre de Vienne; au second, la pâte caustique au chlorure de »«c, qui présente un mode d'action analogue. Le chlorure d'antimoine est sur et rapide dans son action ; mais celle-ci est diflTuse. Il en est d^ même de I azotate a(îide de mercure et des acides azotique et suW^ ri(|ue, qui en outre agissent avec moins d'intensité. Lorsqu'on enipl^' les caustiques, il t*sl en général prudent, pour donner à leur act*°*

ute Tefficacitc qu'on est en droit d'en attendre, d inciser la tumeur, roénie d'en exciser une partie.

Le mode de cautérisation varie dans chaque période. Si le «IJIrurgien i appelé au début de la maladie, il perce la petite vésicule, éponge ec un bourdonna de charpie la sérosité qui s'en écoule, et applique T la peau, dans le point correspondant, l'extrémité d'un cautère lauffé à blanc, ou bien une couche de caustique de Vienne épaisse de millimètres environ, ou bien enfin une boulette de charpie d'un très îlil volume imbibée de chlorure d'antimoine, qu'il maintient à l'aide e bandelettes agglutinatives. Le lendemain, une eschare noire existe ans ce point. Si la douleur a disparu, si l'inflammation est modérée, t si la tuméfaction n'a fait aucun progrès, on juge que la cautérisation été efficace. — Lorsque l'engorgement a augmenté, que la douleur irurigineuse continue, que Taréole commence à se former, il est manieste que la cautérisation a été insuffisante, et que la maladie a atteint a seconde période. A ce degré l'eschare existe, mais elle est très peu onsidérable. Les mômes moyens sont encore applicables. Le fer rouge era employé de préférence pour réitérer la cautérisation, afin de porter a mortification à une profondeur convenable. Cette mortification doit tre assez étendue en surface pour envahir Taréole vésiculeuse. Dans la troisième période, l'eschare est étendue ; elle s'approprie le issu cellulaire en s'irradiant sous les téguments qui voilent sa partie lériphérique. Les tissus voisins ne sont pas encore frappés de mort, lais ils sont menacés dans leur vitalité. C'est ici surtout qu'il importe 'agir avec promptitude et énergie, si l'on veut cogjurer les accidents éaéraux qui ne tarderont pas à se montrer. En conséquence, on se ite d'inciser crucialement, ou en étoile, ou circulairement, la tumeur, > d'enlever tout ce qui est mortifié. On éponge ensuite la plaie avec un )urdonnet de charpie, et on la cautérise avec le fer rouge, ou bien on recouvre avec les caustiques précédemment indiqués, avec la préution de détruire dans sa totalité l'aréole vésiculeuse sous laquelle scbare s'est étendue. En agissant ainsi, on anéantit dans son action virus charbonneux, et dans leur organisation les parties qui le cèlent. On provoque une réaction franchement inflammatoire, en crifiant ce qui n'aurait pas tardé à périr, et en excisant ce qui était )p altéré pour devenir spontanément le siège de cette réaction saluire.

Dans la quatrième période, les mêmes moyens seront employés ieclaméme énergie. Alors surtout, le cautère actuel devient presque idispensable à cause de la grande quantité de liquide dont la tumeur ^abreuvée. Chez un homme qui portait au devant de la partie inféneure du sterno-mastoïdien droit une pustule maligne dont l'eschare ^vait atteint les dimensions de la paume de la main, et chez lequel les

XtUTOH. — PATH. CHIR., T. 1. 22

338 AFFECTIONS CHiVRBONIfEUSES.

symptômes généraux , développés depuis Irente-six heures^ avaient amené un état d*adynamie si complet^ qu'il semblait voisin de la niort. M. Denonvilliers cf^rna la tumeur par une incision circulaire, pratiqui ensuite trois incisions iU* 1 décimètre de longueur sur la p;irtie antérieure du thorax^ cautérisa amplement toutes ces^tlaics, et promena ensuite le cautère sur les téguments du cou et de la poitrine^ de inanit>n» à y produire une brûlure du deuxième et du troisiùnio degré. Gi'tte conduite fut (touronnée du succès le plus complet.

M. Bourgeois rejette la cautérisation avec le fer rouge; il dit avoir trouvé ce moyen fort infidèle ; il donne la préférence à la potasse caustique, (lu'il promène circulairement à la surface de Teschare. Au lioul de quelques instants^ dit Tauteur^ Tavidité de la pierre à cautère pour rhumidité fait que la portion de celle-ci qui est en contact avec la partie malade la dissout et pénètre les cbairs^ qui se délayent et Tonnent uo détritus qui s'amasse sur les bords de la petite excavation que Ion creuse ainsi. Après une ou deux minutes on a généralement atteint les parties les plus profondes de la tumeur, ce qui se reconnaît à un léger écoulement sanguin. La plaie ainsi obtenue est profonde de & ou 5 millimètres^ de forme conique^ et comprend ce que j'appelle la twHeur churhimnen$e, Vax fragment de potasse caustique est déposé au fond de Texcavation, quand on craint de ne pas avoir atteint les limites do mal. Le lendeniain de l'opération^ Tescbarc a envahi circulairemeot ; 2 ou 3 millimètres de parties molles non détruites primitivement. Dans les cas où le gonflement était très prononcé, et où déjà les symptùmes généraux avaient j^pparu^ on trouve presque toujours alors que les parties mortes sont st'^parées des téguments sains par un bourrelet cbculaiiv, continu, gi'isiitre, ridé, large de 1 ou 2 millimètres^ peu saillant. On ne devra pas s etl'rayer de l'apparition de ce bourrelet, et continuer Tusage des résolutifs. Si des vésicules se sont montrées de nouveau dans le voisinage de Tescbare, on les détruit en promenant IfS caustiques à leur surface. L'auteur attribue à cette pratique les a\'aotages suivants : 1° on a la certitude de détruire le mal, et rien que le mal ; 2" la potasse est facile à manier ; elle se dissout vite, pénètre promptement les chairs, et forme avec elles un détritus mou, quipe^ met aisément de sonder la profondeur du mal; d'un autre cùté, lorsqu'on abandonne le causti(]ue sous un morceau de s|)in'adrap, il peut se déplacer, désorganiser les tissus sains^ en laissant intacts ceux qu'ilc^ important de détruire.

Le docteur Scliwan conseille d'appliquer sur les parties nmiades, sa*** scaritication préalable, le décoctum d'écorcc de chêne d'Hahneinann* àS(»iis rinfluenre de ce mcdicanx'nt, une inflammation éliminali*^^ s'établit autour de l'escl^rc ; ci»lli'-ci tombe, et la plaie se cicatrise ^^^ le secours d'un trr.itenient général. Ceî auteur a mis cette médicas^'^^

PUSTULE MAUGNE. 839

m U8agc sur vingt-deux malades, et en a retiré d'heureux résultats. En 1853 un praticien de Tarrondissement de Perpignan, M. Pomayrol, innonçait dans les Annales cliniques de Montpellier qu'il guérissait la }U8tule maligne par Tapplication de feuilles ou d'écorce de noyer [ratchc. M. Raphaël (de Provins) institua cette médication dans un cas de pustule maligne où il était impossible, à cause du siège et de l'étendue du mal, de pratiquer la cautérisation (1). Le malade guérit. Encouragé par ce succès, le môme moyen fut conseillé dans deux cas où les symptômes ne pouvaient laisser de doute sur la nature de la maladie ; le succès ne s'est pas démenti. Voici ce qui se passe sous l'influence de «topique : l'œdème disparaît très rapidement, les téguments recouverts parles pustules laissent suinter une grande quantité de sérosité, bientôt la pustule s'affaisse, et la maladie se trouve réduite à une plaque gangreneuse qui s'élimine par l'inflammation des tissus qui la circonscrivent. Les feuilles fraîches du noyer doivent être appliquées sur les téguments en couche épaisse et renouvelées toutes les trois

heures.

Nous ne pouvons nous dissimuler ce qu'il y a de singulier dans une (elle médication, dirigée contre une affection excessivement grave, et qui nécessite un traitement extrêmement énergique, nous allions dire barbare. Chercherons-nous à expliquer le mode d'action de ces feuilles, ce problème nous parait complètement insoluble dans l'état actuel des choses, contentons-nous pour le moment d'enregistrer les succès et ne voyons là autre chose qu'une série heureuse de faits. Nous l'avons dit, le gonflement qui entoure la pustule disparaît rapidement; nous savons bien que dans une affection aussi grave tous les moments sont précieux, mais il reste fort souvent assez de temps pour tenter la guérison par le moyen que nous venons d'indiquer. D'ailleurs ne sait-on pas que k praticien dans la campagne n'a pas toujours sous la main ce qui lui est nécessaire pour faire la cautérisation; ailleurs il manque d'aide, le Qttlade est indocile, l'application du cautère est impossible. Nous avons CD notre possession une observation de ce genre et des plus intéressantes, lest question d'un jeune enfant atteint d'une pustule maligne au visage: le médecin ne put faire la cautérisation qu'il avait jugée indispensable; il fit appliquer des feuilles de noyer et remit son opération au soir. Le petit malade lui fut représenté le soir : tout avait disparu, il ne restait plus que la petite plaque gangreneuse, qui s'élimina.

Est-ce à dire que nous considérons la feuille de noyer comme le spécifique contre la pustule maligne, loin de là ; mais au début de la maladie ces applications peuvent donner des résultats avantageux, et l'on évitera ainsi des cautérisations dont il est facile d'énumérer les inconvé-»

(1) BuHeiin ûe V Académie de médecine, t. XXII, p. 1259.

360 AFFECTIONS GUARBONNBUSES.

nicnts ; puis^ si la maladie marchait malgré le topique^ on aurait recoon à clos moyens plus énergiques. Peut-être serait-il permis de repousser complètement cette médication si la cautérisation était infaillible , mais mallieureusoment il existe bon nombre de faits dans lesquels laciotérisation la plus énergique n'a pas produit le résultat qu'on dxzti liea d'en attendre.

Ajoutons que le dernier mot n'est pas dit sur cette question, et que de nouveaux faits viendront sans doute bientôt flxer les praticiens sur un point si important.

Quelques auteurs, observant dans la pustule maligne des phénomènes inflammatoires, ont pensé que les antiphlogistiques pouvaient étie utiles. M. Régnier les conseille. Mais M. Schwann a été plus loin ; il noit que les sangsues, appliquées autour de la tumeur, suffisent seules pour assurer au malade une guérison radicale. Nous pensons qu'un sembbbk traitement serait le plus souvent fâcheux. Il pourrait devenir fatal, soil par la débilitation même qu'il cause, soit par la sécurité qu'il inspire, et qui ferait négliger l'emploi des moyens plus convenables. Un viras est déposé dans la tumeur. Des sangsues placées à quelque distance l'entralneront-elles? Les sangsues empéchent-elles les ulcères syphii* tiques, morveux, les boutons de la variole, de se développer? Cotam moyen exclusif, les sangsues doivent être proscrites; comme mojrei accessoire et exceptionnel, leur efficacité nous parait encore douteuse.

Le traitement général ne devient véritablement utile que lonqnH existe des symptômes constitutionnels. On a conseillé alors de mettre en usiige : i"* les antiphlogistiques, 2° les émétiques, 3*" les puigatib, (1° enfm les corroborants. Toutes ces médications ont été employées soit seules, soit combinées entre elles. En considérant que l'une des formes de ^ette maladie est Tadynamie, et que les sujets lymphatiques, faibles^ épuisés, sont ceux chez lesquels l'adynamie est le plus fréquente et le plus prononcée, nous pensons que la saignée, loin d'être utile, doitoootribuor à débiliter le malade, et à rendre impossible chez lui cette réa^ tion salutaire qui pose des limites aux progrès de l'eschare, et nmèae l'alTection à sa siniplicité primitive. Si dans quelques circonstances rtrtf on croit devoir y recourir, il importe donc d'apporter dans son emploi une grande modération.

Les émétiques, recommandés par Thomassin, ne sont utiles (p^ lorsqu'il existe des nausées, un état muqueux de la langue, ou oi embarras gastrique; les purgatifs ne conviennent que dans des ci^ constances analogues, ou lorsqu'il existe de la constipation. Baylel^ employait constanmient ; mais Thomassin et Chaussier s'accordent à k* lejeter.

On préférera (îoncles corroborants et les stimulants, tels quelequiti' quina en substance, seul ou uni au camphre; un vin généreux, ti^

ents de bonne nature^ pris en quantité modérée^ complètent le traient.

(Edème malin ou charbonneux des paupières.

ins le mémoire que nous avons souvent cité dans le cours de cet le^ M. Bourgeois décrit une maladie qui n'avait pas encore été signajusqu'à ce jour; l'auteur lui donne le nom d'œdème malin des pau- ». Cette affection charbonneuse est constituée par un gonflement {)aupières^ qui sont pâles d'abord^ bleuâtres^ demi-transparentes^ et ment rosées. Il n'existe aucune douleur locale; à peine le malade înt-il une légère démangeaison ;^au bout de deux ou trois jours, des îulesse développent sur ces voiles membraneux, puis des eschares, enfin tout l'appareil symptomatique, tant interne qu'externe, de la ulc maligne la plus franche.

) diagnostic de cette affection est difficile, au début; l'œdème palpé- , qui se manifeste sous l'influence d'une cause quelconque, peut.étre pour l'œdème charbonneux, et vice versa. Dans ces cas, l'absence ouleur, la couleur des téguments, tout est commun; ce n'est que te-six ou quarante -huit heures après Tapparition du mal, quand se trent les vésicules et les eschares, que l'on peut être fixé sur sa re; on ne peut auparavant qu'émettre des doutes fondés sur les tudes et la profession du malade.

absence de pustule dans l'œdème charbonneux des paupières rend îitement local très embarrassant; les fomentations astringentes et ulantes sont indiquées au début. Quand apparaissent les eschares, oit les cautériser. L'auteur à qui nous empruntons les détails préntsa réussi complètement en promenant sur les paupières, dont le ement ne datait que de la veille, un crayon d'azotate d'argent fondu bé d'eau. Dès le lendemain une rougeur, indice d'une réaction aire, se montra sur les parties tuméfiées, les téguments ne se morent pas, et la guérison fut prompte et sans difformités. Cette conduite t h imiter, dans les cas où quelque circonstance pourrait faire soupler, dès son début, qu'un œdème palpébral présentera le caractère bonneux. Mais malheureusement la cautérisation n'est pas toujours e de succès, et les malades succombent malgré la destruction com- ;, en apparence du moins, de toute la partie affectée. Aussi n'hési- -nous pas à le dire, l'œdème malin des paupières est une des formes )lus graves de l'affection charbonneuse, à cause de la difficulté d'enîrles accidents, des mutilations qui en résultent, puisque après la irison les paupières sont plus ou moins complètement détruites; il use enfin des accidents que provoque la cautérisation elle-même.

3&2 AFFECTIONS GHAHBONIIEUSES.

L'application des feuilles de noyer sur les paupières œdémaiiéesa éii

suivie de succès entre les mains de M. Raphaël (i).

ARTICLE IL

DU CnÂRBON.

Le charbon est une tumeur de nature gangreneuse, qui se développe spontanément ou par contagion, et coïncide avec des phénomènes généraux alarmants qui la précèdent ou raccompagnent.

Étiologie. — Le charbon spontané, c'est-à-dire dont la cause se troofc dans un état général de Téconomie, est une affection extrêmement nre, même dans les pays où elle se montre de préférence. A Paris et dans mi environs il est presque inconnu. Les grandes chaleurs de l'été paraissent favorables à son développement. En France, il a été observé sous lesUti» tudes méridionales, et particulièrement dans le Languedoc. Foumier, qui fut témoin de ses ravages à Montpellier, en i72&,nous apprend qoe, pendant la durée de cette épidémie charbonneuse, le vent, touraéa sud, était si brûlant, que Tair que Ton respirait à dix heures dumatiii semblait sortir d'une fournaise ardente. Le voisinage des lieux marécageux, l'usage habituel des eaux stagnantes, une alimentation de mauvaise nature, la malpropreté, sont les circonstances au milieu dcsquelki sont ordinairement placés les individus affectés du charbon. Qoe ces conditions hygiéniques, déjà si défavorables, soient subitement exagérées par une grande élévation de température, qui dessèche les marais et occasionne des exhalaisons méphitiques, tarit les sources et néœssile Tusage des eaux vaseuses, qui affaiblit l'économie au moment où ék aurait besoin de toutes ses forces pour résister à tant d'influences délétères, et l'on comprendra comment cette affection se montre de pïéft* rence dans les pays méridionaux, durant les grandes chaleurs et sorte constitutions appauvries. Cependant combien d'individus présentent te mêmes conditions et sont soumis aux mêmes influences, qui n'en sont pas atteints! Un état particulier de l'organisme, une prédispositioii inconnue semble donc être la condition première de son développa ment dans Thomme et les animaux.

Ce charbon spontané affecte indifféremment toutes les parties de U surface du corps, excepté cependîint la paume des mains et la plaot* des pieds.

Lorsque le charbon est communiqué à l'homme par les animaux, l^ contagion s opère au milieu des mêmes circonstances qui président ^

(1) Bulletin de V Académie de médecine y loc. cit.

Page 1