DU CHARBON
f'eloppement d'une membrane granuleuse entre l'eschare et les parties anfes.
DuGNOSTic. — Le charbon ne peut être confondu qu'avec la pustule iligne. Ces deux affections se rapprochent, en effet, par de nomîuses analogies : toutes deux se développent sous l'influence des Imes circonstances; toutes deux présentent une tumeur qui débute is Tune et dans l'autre par une petite tumeur lenticulaire, qui se nsforme rapidement en eschare; toutes deux peuvent entraîner une )rt prompte ; et dans toutes deux enfin la mort survient au milieu des éDomènes généraux les plus graves. Tant de points de similitude Osent assurément pour démontrer l'étroite parenté qui unit ces deux ladies; leur nature est la même. On ne saurait les considérer comme u maladies différentes^ mais seulement comme deux variétés d'une me maladie^ qu'on peut distinguer par les caractères suivants : 1* La pustule maligne dérive toujours d'une cause externe; elle est nmuniquée à l'homme par les animaux qui en sont affectés ou par )mme lui-même, lorsqu'il est devenu victime de la contagion. — Le irbon se développe le plus souvent à la suite d'un contact semblable; is en outre il peut se développer spontanément. !* La pustule maligne est d'abord une maladie simplement locale; phénomènes généraux n'apparaissent que dans la dernière période. 18 le charbon-^ la maladie est générale dès le début; la tumeur conue seulement l'un de ses symptômes. La première de ces deux étions finit comme la seconde commence, en sorte que le charbon rrait être considéré comme une pustule maligne se montrant nblée à la quatrième période. Aussi voyons-nous la pustule maligne rir constamment, lorsqu'elle est convenablement traitée, et le charproduire presque constamment la mort en dépit des soins les plus iles.
' Lorsque l'on a égard aux caractères de la tumeur, on trouve pour harbon : une tumeur peu saillante, d'un noir de charbon à son ire, d*un rouge vif à sa circonférence, qui est le siège d'une chaleur ante ; pour la pustule maligne : une tumeur d'un noir moins foncé m centre, autour de cette tumeur une aréole vésiculeuse qui est le e d'une douleur prurigineuse, et autour de cette aréole une tuméion considérable qui s'étend au loin. Ainsi l'aréole vésiculeuse et iraste engorgement sont deux caractères exclusivement propres à la Iule maligne. Dans la seconde période de celle-ci, l'engorgement ne >t pas encore développé; mais l'aréole vésiculeuse et le prurit exisitetsuflSsent pour éviter toute erreur.
h* En&n la pustule maligne, étant toujours une maladie commun!- 1^1 se montre sur les parties accessibles au virus, c'est-à-dire sur les irties découvertes. Il en est de même du charbon contracté par conta-
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gion, mais celui qui est spontané se montre indifféremment sur toutes les parties de la surfaee du corps.
Tkaitkment. — Ainsi que celui de la pustule mtili^e, il compffnd l'emploi des moyens généraux et locaux. Seulement celte dernière miladie^ étant primitivement et essentiellement locale ^ réclame surtout Tusape des moyens locaux^ tandis que le charbon, qui revêt dèssoo début les caractères d'une affection générale, nécessite avec une égile importance les médications interne et externe.
Parmi les moyens généraux, ceux qui nous paraissent les plus convenables sont les corroborants et les stimulants. On choisira parmi cf$ médicaments ceux qui sont les plus propres à relever Ténergie vitale, rt h ranimer l'action du tube digestif qui semble avoir été subitement abolie. Le camphre, l'ammoniaque, le quinquina, seront d'abord udministn'»s. S'il existe un état saburral,.des nausées, une per\*ersion des fonctions nutritives, le malade prendra un émétiquc ou un léger purgatif, et il fera ensuite usage d'un vin généreux et d'aliments succulents, si l'appétit n'est pas entièrement supprimé.
Le traitement interne que nous conseillons n'a pas été formulé de h même manière par tous les auteurs. Quelques-uns, ayant égard au cercle inflammatoire qui entoure la tumeur, à l'insomnie, au délire qu'on obser\'e vei's la fin de cette maladie, ont préconisé les antiphlogistiques, et reconnnandent, avant de recourir à l'administration des médicaments internes, de pratiquer une saignent générale, et mt^me deux ou plusieurs, si les phénomènes d'irritation lexigent. Mais nous pensons, avec IJoyer, que la saignée doit être rejetée presque constamment dans le traitement d'une atfection dont la prostration forme le caractère le plus remarquable.
D'autres aut(»urs, à la tète desquels il faut placer Fournier, donnent pour base au traitement interne les vomitifs et les purgatifs, qu'ils emploient isolément ou simultanément. L'usage réitéré de ces médicaments est une cause puissante de débilitation. Us sont donc pas>iW« du même reproche que nous avons adressé aux antiphlogistiques: njais nous devons ajouter cependant qu'ils nous semblent avoir moins dlnconvénients, et mèim» qu'ils peuvent devenir utiles lorsqu'ils sont cmployés avec modération. L'émélique, en imprimant une secousse g»*nerab» à l'appareil circulatoire, peut alors provoquer une transpiration salutaire. Dans tous les cas, il stimule légèrement la muqueuse gastrointestinale, et favorise un retour d'appétit, <|ui permettra au malade de prendre quelques aliments succulents, d'où résultera pour lui une réparation des forces (pii lui sont si nécessaires pour réagir contre les clfet* du virus charbonneux. Nous conseillons donc les émétiqueset les pu'' pat ifs à faible dose, parce qu'à cette dosf ils ont un effet stimulao^* mais nous les rejetons h dose élevée et réitérée^ parce qu'ils derienneflt
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rs débilitants. Eq combattant l'opinion de Fournier, dont nous âmes loin de récuser rimportance, cet auteur ayant eu souvent Tocion d'observer et de combattre des affections charbonneuses^ nous us appuyons sur rinefiicacité même de cette médication^ puisque les Jades succombent le plus fréquemment. Vidal, pendant la durée de i internat à THôtel-Dieu de Marseille, n'a jamais vu un seul charbon travé par ce traitement interne. H est permis d'espérer que les corrorants et les stimulants, qui n'ont été employés qu'accessoirement, nneront un résultat moins malheureux lorsqu'ils seront convenable- 3nt administrés.
Le traitement externe consiste, comme celui de la pustule maligne rvenue à sa quatrième période, dans la cautérisation de la tumeur ec le- fer rouge. Cette cautérisation doit être également énergique, passer toutes les limites de l'eschare préalablement incisée et parlement extirpée, et arriver jusque dans l'épaisseur des tissus sains, le cautère actuel est repoussé par le malade, on fera usage des caus- |ues que nous avons indiqués en parlant de la pustule maligne, de la te de Vienne, de celle au chlorure de zinc, du chlorure d'antimoine, l'azotate acide de mercure, etc. Après la cautérisation, on recouvrira $ parties malades de topiques émollients, renouvelés de temps en mps, jusqu'à ce que l'inflammation et le gonflement éliminatoire tachent l'eschare.
Les tumeurs charbonneuses sont aussi des symptômes de la peste, îs moyens généraux qu'elles réclament sont ceux qu'on dirige contre tte funeste maladie, dont l'histoire appartient à la Pathologie mécale.