DES EFFETS DU FROIB SUR LES CORPS VIVANTS. S
constamment la cause première, et que l'activité surnaturelle que cet agent semblait manifester dans cette circonstance tenait à la présence de la graisse qui alimente la combustion^ et l'entretient jusqu'à ce que le corps soit entièrement consumé. C'est pourquoi^ en arrivant sur le théâtre de Taccident, on trouve la chambre remplie de vapeurs épaisses, les murs recouverts de matières noires, carbonisées, des ruisseaux de graisse, quelques cendres, et parfois quelques fragments osseux, der* niers débris d'un corps naguère organisé.
Voici, dit Dupuytren (1), comment les faits doivent se passer le plus souvent : « Une femme rentre chez elle, après avoir pris une dose un peu forte de liqueurs spiri tueuses; il fait froid, et, pour résister à la rigueur de la saison, un peu de feu est allumé; on s'assied sur une chaise, une chaufferette placée sous les pieds. Au coma produit par les liqueurs spiritueuses succède l'asphyxie produite par le charbon ; le feu prend aux vêtements. Dans cet état la douleur se tait; le sujet est dans une complète insensibilité; le feu gagne, les vêtements s'enflamment et se consument; la peau brûle, l'épiderme carbonisé se crevasse; la graisse fond et coule au dehors ; une partie ruisselle sur le parquet, le reste sert à entretenir la combustion; le jour arrive, et tout est consumé, o