C. — Du cancer colloïde en particulier
C'est Laennec qui signala le premier cette variété de cancer ^ 1 laquelle il donna le nom de tissu colloïde (carcinome alvéolaire, O^'^tOt Muller; cancer gêlatinifoi^ic de M. Cruveilhier) . — Cette forme ducs^^û* cer est beaucoup plus rare que les précédentes : aussi n'avons-DCJ^u» pour faire son histoire, que des documents encore incomplets. Il ^ constitué par l'infiltration d'un tissu spécial, tissu colloïde, au miS-i^ du tissu cancéreux. Il faut donc avoir bien soin de ne pas confondrai k cancer colloïde avec le tissu colloïde lui-même.
Un mot d'abord sur cette production, puis nous étudierons la manS ^ dont il se comporte avec la dégénérescence cancéreuse, et nous verr^^MU comment il la modifie dans son tispect, dans sa marche, etc. Suiv^uif MûUer, lorsqu'on examine sous le microscope le tissu colloïde, où voit qu'il est constitué par des cellules renfermant elles-méoies ^^ cellules plus petites encore, qui en définitive renferment des globii^^ creux pourvus d'un noyau libre dans leur intérieur, lequel se développa à son tour, devient une cellule, qui se rompt aussi plus tard. Il y aurai/
Onc dans ce mode de développemenl du citncer quoique chose d'unnlogue à 1b génération hydatique.
La plupart des anatomo-patliologisles regardent ce tissu comme à peu près dépourvu de vaisseaux; cependant M. Velpeau dit eu avoir observé dans une tumeur do ce genre enlevée à l'épaule. D'après M. Broca, on ne trouve que quelques capillaires grêles et allongés : aussi lorsque la fumeur s'ulcère, on n'observe que très rarement des hémorrhagies, et encore celles-ci sont-elles très faibles. Cette substance ne contient pas de gélatine ; lorsqu'on a soin do la débarrasser des membranes celluleuses et Hbreuses qui peuvent l'accompaguer; sa composition atomique la rapprache de la fibrine.
La matière colloïde peut s'infiltrer dans un grand nombre de tumeurs accidentelles; elle peut s'épancher dans des cavités: c'est ainsi qu'on la trouve dans les bourses séreuses et dans quelques synoviales tendineuses, dans les kystes de l'ovaire, dans ceux du corps thyroïde, enfin dans les cancers enoéphaloïdes et squirrheux; là elle imprime à ces 'umeurs une physionomie particulière dont nous avons il nous occuper flans cet article.
TantAt on la trouve dans des cavités globuleuses dont sont creusées 'es tumeurs cancéreuses, tantôt elle occupe toute la tumeur. On conçoit que la quantité de matière colloïde infdtrée dans la tumeur doit lui imprimer un aspect spécial; souvent elle augmente la transparence, dans quelques cas elle leur donne une diaphanéité complète.
Les éléments cancéreux, c'est-à-dire les cellules et les noyaux, sont .Rf u nombreux ; lorsque la tumeur est déjà ancienne, les cellules acquië- Bnt des dimensions très considérables, quelques-unes atteignent un me de millimètre; la trame est presque nulle. Ce tissu se montre d'emblée avec les caractères que nous avons ^içnalés ci-dessus. Il ne présente point, comme le squirrbe et l'cncé- Pbaloîde, une période de crudité. L'ulcération y est rare, et se montre Sous la forme d'une destruction successive, couche par couche, sans manifestation aucune de vitalité dans les parties sous-jacentes.
Cette forme de cancer se rencontre surtout dans l'estomac, l'épiploon, les intestins, les ovaires, le tissu cellulaire sous-péritonéal; Millier l'a otisenée dans la mamelle, et l'on conserve à Londres, dans le musée de l'faûpital de Guy, un testicule qui en est affecté, M. Cruveilhier pense qu'elle constitue souvent l'ostéosarcome et le spina-ventosa. La matière colloïde se rencontre assez souvent dans les cancers des os.
Les tumeurs colloïdes peuvent acquérir un volume très considérable ;
mais il est à remarquer que ces dimensions tiennent à l'accumulation
di! la matière colloïde, et non à l'accroissement du cancer. Les tissus
voisins sont comprimés, atrophiés même, mais ne sont pas envahis ou
^ moins le sont à peine. Les veines, les vaisseaux lymphatiques sont
flbk CANCËK.
refoulés sans être détruits; les engorgements ganglionnaires et Tii tiou cancéreuse paraissent se montrer beaucoup plus tard que dans lefe; autres formes de cancer.
Par cet exposé rapide, on voit que nous ne connaissons que très iic^ parfaitement le cancer colloïde. Il nous est impossible de dire en vei de quel principe cette matière gélatineuse se dépose dans le cancer, quelle influence elle exerce sur la symptomatologie, sur la nature douleurs éprouvées par les malades. Ce sujet appelle donc de nouvelLi« recherches.
D. — Du cancer mélanique en parUeulier.
Nous n'avons que peu de chose à dire du cancer mélanique. On g pas oublié qu'il est constitué par le dépôt de cellules pigmentaîres c^ju la trame du tissu cancéreux proprement dit. fl existe cependant q^^atl. ques particularités sur lesquelles nous croyons devoir appeler Tacites, tion.
Le cancer mélanique se montre principalement dans les régiocisoi ^ sécrète une quantité notable de pigment^ dans Tœil, dans répaisseor de la peau, par exemple; on le voit encore dans le voisinage de tacbei mélaniques congénitales ou qui existaient depuis longtemps sans camer le moindre accident. Il est tantôt enkysté, tantôt infiltré ; si on le coupe, il présente une teinte brune, de coloration variant depuis le gris joiqu'au noir le plus foncé. Ces diverses colorations, que Ton observe dans une même tumeur, tiennent à Tabondancc plus ou moins oonsidéral]||e des cellules pigmentaires qui se sont infiltrées dans la tumeur. Examinée au microscope, on renconti*e dans le suc noirâtre extrait d'après les procédés que nous «ivons indiqués plus haut, outre les cellules et les noyaux des tumeurs cancéreuses, de petits corps clairs à leuroentie, noirs sur les bords, tantôt libres entre les cellules cancéreuses, tanlM pnîssés autour du noyau ou remplissant complètement la cellule joi^ qu a faire disparaître le noyau. Ces petits corps ne sont autre choseqo^ des cellules remplies de pigment.
I^ marche du cancer mélanique est en tout semblable à celle Ai cancer encéphaloïde; les ganglions sont très rapidement envahis par b j mélanose, qui s'y montre sous l'apparence d'une bouillie noire asm liquide. I^ propagation se fait aussi avec une très grande rapidité dans les cavités splanchniques, et c'est avec raison que tous les auteurs s'accordent à considérer le cancer mélanique comme une des formes le* plus graves.
Nous ajouterons un mot sur une forme de cancer signalée dans derniers temps et décrite sous le nom de cancer villeux ondenéritiqtfe
Il est caractérisé par des villosités analogues à celles du chorion^ qui pendent dans les cavités de Torgane où Ton observe ce cancer. Il se développe particulièrement dans la vessie, Testomac, la vésicule biliaire, les kystes de l'ovaire, etc. .Ces villosités s'implantent sur une base plus ferme que leur sommet et qui oft're les caractères du tissu encéphaloïde. Elles sont d'un rouge noinUre et très vasculaires. Elles sont constituées par des tubes revêtus d'une membrane hyaline sans structure; leur forme est très variable : tantôt ce sont des bourgeons assez gros, tantôt plus allongés, les branches se terminent en cul-desac; tantôt enfin la branche principale se divise en une multitude de lobules.
Ëtiologie des affections CANCEREUSES. — Lcs notions que nous possédons sur Tétiologie du cancer se réduisent à fort peu de chose ; en effet, lorsque Ton a mentionné quelques circonstances généralement admises comme causes prédisposantes, telles que Tàge, le sexe, l'hé- ''édité, les affections morales tristes, les privations, tout ou presque U>ut est dit sur cette question. L'influence des violences extérieures parait 'bien^ dans certains cas, agir coiome cause déterminante, mais il faut toujours comme auxiliaire une prédisposition.
Age. — Le plus grand nombre des cancers se développent dans l'âge ïHûr, de quarante à cinquante-cinq ans chea; les hommes^ et chez les femmes à l'époque de la ménopause. Cette proposition n'est applicable <|U'au squirrhe, car le cancer encéphaloïde se développe souvent dans la jeunesse et même dans l'enfance. Chez ces derniers, on rencontre principalement des cancerjs des os ou de l'œil.
Sexe, — On admet généralement que le cancer est plus commun chez les femmes que chez les hommes; cependant cette opinion a été combattue par Delpech et Rouzet (i). D'après MM. d'Espine et Lebert, le cancer serait chez les femmes dans la proportion de 3/5 environ et de 2/3 chez les hommes.
Hérédité. — Les auteurs les plus recommandables ne sont point d'accord sur la question de l'hérédité du cancer. Boerhaave, Morgagni, Portai, Alibert, Boyer, Récamier, etc., pensent que le cancer est héréditiûre; Bayle et Cayol regardent ce point de science comme encore douteux. Malgré la critique très judicieuse à laquelle M. Piorry a soumis les faits apportés par Récamier en preuve de l'hérédité (2), il
(t) Rouzet, Hechcrchet et observations sur le cancer. Paris, 1818, 1 vol. in-8.
(2) Quelle part a l'inflammation dans la proditctùm des altérations organiques? *^ de concours pour la chaire de paUiologie interne, p. 412; réimprimée dans la ^»9ue médicale de r hôpital de la Pitié el de l'hospice de la Salpétrièrey 1835
1 toi. in fi
/^56 can<:er.
semble n'^sulter d'une foule d'obsonations que cette cause dod-mii] ment ne doit point t^tro absolument rejetée^ mais encore qu'elle lU être prise en sérieuse considération.
Constitution. — L'observation n'a rien appris à cet égard : le cane frappe toutes les constitutions^ souvent nit^me les sujets qui jouissent
la plus belle santé.
A/p'rtions moralf'S, tristesse. — Cette cause^ ainsi que les prtvatici de toute espèce, n'est peut-être pas sans influence sur la production cancer, mais il est bien ditlicile d'afliimer quelque chose sur ce poîi I-,es faits n'ont pas enc<»re permis de trancher cette question; d'ailleui le cancer est pour le moins aussi fréquent chez les personnes ricb que chez celles qui sont dans Tindigence.
Violences extérieures j contusions. — On a souvent observé le canr< sur des organes qui «avaient été soumis à quelque violence extérieure plusieurs fois même l'apparition de la tumeur cancéreuse s'est monfm peu de temps après la contusion ; on n'a point manqué alors d'attribuer la produ(*tion du cancer à cette cause. Certes, si les choses se passaient souvent ainsi, personne ne songerait à attaquer cette conclusion; mnis, il faut le reconnaître, ces cas sont excessivement rares, comparés à ceux où une contusion n'est suivie d'aucun accident de cette nature. Faut-il donc pour cela refuser toute influence aux violences extérieures? Nous ne le pensons pas, mais nous croyons qui ne faut voir en elles que des causes déterminantes qui n'ont agi q«*et ' vertu d'une prédisposition, et qui ont fixé le siège de la manifestatiot cancéreuse. On cite souvent comme cause de dégénérescence les rail^ risations fréquemment répétées : ce que nous venons de diredesfif lences extérieures s'applique aux cautérisations.
Contagion. — On croyait autrefois à la contagion du cancer, mail ' expériences de Dupuytren, qui a introduit des masses cancéreuses d l'estomac de plusieurs chiens sans janiais déterminer d'autres nccid que quelques troubles dans les fonctions digestives, les tentatives (I culation faites sur eux-mêmes sans résultat par Hiett, Lenoble et F ont fait complètement abandonner cette opinion. On sait d'ailleu les rapports sexuels avec une feMnnuî affectét» de cancer de 1' n'ont jamais donné lieu au cancer de la verge. LangenlM'ck, MM. et I>ebert ont injectr» de la matière cancéreuse dans des veiw chiens, et l'on a vu des cancers se développer dans les poumoi le cœur et même dans le foie. Mais que conclure de deux fait alors que tant d'autres expériences analogues n'ont donné a sultat? Kt d'ailleurs ce n'est pas là de la contagion.
hiAC.NOSTn: PEs AFFECTIONS CANCKiiErsKs. — Avaut d'établir h tic ditlérentiel des divei'ses variétés de ('ancer entre elles • ailections qui peuvent les sinuiler. il ne sera pas, nous |)ei
tiliié de formuler quelques propositions très générales qui pourront icîliter ce diagnostic.
Dans un cas douteux, on pourra croire à Texistjence d'un cancer : 1*» Toutes les fois que la tumeur se présente sur un sujet apparteant à une famille dans laquelle on aura constaté un ou plusieurs xemples de cancer:
2* S'il existe dans un autre point de l'économie un cancer bien caracârisé.
3" Toutes les fois que le sujet a déjà subi l'extirpation d'une tu- (leur reconnue pour être de nature cancéreuse. &® Lorsque la tumeur présente des douleurs lancinantes. 5* Lorsque les ganglions lymphatiques voisins sont engorgés. 6" S'il existe dans la santé générale une altération profonde qui ne ;>eut être expliquée par quelque lésion viscérale.
?• Lorsque la tumeur siège dans un organe fréquemment afTecté du cancer, et qu'elle a résisté aux moyens qui amènent ordinairement la résolution des tumeurs non cancéreuses.
Il faudrait bien se garder de prendre à la lettre chacune des propositions précédentes que nous avons empruntées en grande partie à la Ihésede M. A. Bérard sur le diagnostic des tumeurs du sein ; plusieurs â'entre elles ne sont vraies Jqu'avec certaines restrictions, que nous n'avons pu indiquer, mais auxquelles l'intelligence du lecteur suppléera Tacilement.
Les deux formes principales du cancer, le squirrhe et l'encéphaloïde, >nt dans leur développement une physionomie tellement différente, |u'il est presque toujours facile de porter sur elles un diagnostic assuré, orsqu'on peut observer la marche de la maladie. Mais à leur première lériode elles se ressemblent beaucoup, et il est souvent impossible de liagnostiquer une tumeur encéphaloïde à l'état de crudité d'avec un quirrhe. On pourra cependant arriver à un diagnostic probable en prêtant en considération le volume de la tumeur, généralement plusconsilérable dans l'encéphaloïde; son accroissement plus rapide; sa forme OTondie, tandis qu'elle est souvent bosselée dans le squirrhe ; la mobilité de la peau qui persiste dans le premier cas jusqu'à une époque voisine de l'ulcération, tandis que dans le second on voit de très bonne heure des adhérences s'établir. La considération de l'organe afTecté ne doit point être perdue de vue; car on sait que certains organes, l'œil, les os, ne sont afTectés primitivement que du cancer encéphaloïde. Mais ce qui fournira les notions les plus certaines, c'est sans contredit l'âge du sujet afTecté : on sait en effet que le squirrhe est excessivement rare dans la jeunesse et dans l'enfance, époques auxquelles on observe fréquemment le cancer encéphaloïde. Parvenue à l'état de ramollissement, une tumeur encéphaloïde nu
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peut plus être confondue avec un squirrhe ; mais il esUte ploBieurt te-«» meurs qui ont avec elle une ressemblance qui a souvent trompé chirurgiens. Os tumeurs sont : — les abcès froids^ — les kystes ou hydatiques, — les lipomes, — les tumeurs formées par Tengorg^ « ment chronique des ganglions lymphatiques, — les tumeurs érectile^ — la simple liyportrophie de certains organes, la. mamelle, le thyroïde, — une tumeur anévrysmale. Lorsqu'elle est sur le |ioint s'ulcérer, elle peut être prise, comme nous Tavons vu, pour abcès. On distinguera généralement un abcès froid d'avec une tume^^-ur enc^phaloïde à la mollesse généralement plus prononcée et surtc^i^ul plus uniforme que présente Tabcès, à la nature des douleurs, qui sourdes et continues, jamais lancinantes, k l'absence de dével pement variqueux des veines sous-cutanées; enfin parla ponctioD ratrice, qui dans un cas donne issue à du pus, et dans l'autre à du rutilant souvent mêlé à des portions de matière encéphaloîde fac .:ile ment reconnaissable.
Une connaissance exacte des phases qu'a présentées la tumeur sera rarement dans le doute lorsqu'il s'agira de distinguer une ena-sphaloïde sur le point de s'ulcérer d'avec un abcès phlega)on^=z3iii. Nous rap[>elons ici que le diagnostic différentiel des diverses tumeurs que nous venons d'énumérer trouvera naturellement sa place dans This^z— ûiie particulière de chacune de ces affections (voy. Lipome, Anévry$me$^e "iMfc.;.
Les tumeurs que l'on peut confondre avec un squirrhe sont : le^ tu* meurs fibreuses et osseuses, les tubercules, certaines tumeurs &^ brineuses, l'engorgement chronique de certains organes, ou une induré tioa pour ainsi dire physiologique et qui arrive par les progrès de Tàge.
Ce n est pas assez d'avoir reconnu la nature du mal, il faut ea -^^ote reconnaître son étendue. On y parvient en palpant avec attention L^3U(e la partie accessible de la tumeur. Il est souvent nécessaire, pour c^-eite exploration, de varier les attitudes du malade, de relâcher cerS-^ns muscles, tandis que d autres sont mis dans un état de tension. Il 'au( reconnaître son point d'origine, ses rapports avec les organes vois-ins; reconnaître si elle est sous-cutanée ou profonde, si elle est libr^ oq adhérente, et à cet égard il faut se rappeler qu'une tumeur attachée A uo organe doué d'une certaine laxité peut paraître libre; il faut en outre porter son attention sur les complications, rechercher dans queléta^<e trouvent les ganglions lymphatiques ; et lorsqu'on les trouve ^edés, il faut encore décider si cet engorgement est de nature cancéreuse ou seulement inflanunatoire; s'il doit être attribué à l'influence pn^rede l'affection cancéreuse ou à quelques circonstances fortuites qui auraient pu amener rcngorgement, même en l'abstînce du cancer. C'est ainsi que l'on a vu souvent les ganglions lymphatiques se tuméfiera la suite d'une irritation locale, d'un travail inflammatoire développé autour de
la production cancéreuse^ ou^ ce qui est le plus fréquent^ à la suite d'une cautérisation. Si l'engorgement s'est produit avec lenteur et pour ainsi dire à Tinsu du malade, si les ganglions sont complètement indolents au toucher^ si enfin il n'existe aucune cause d'irritation symptomatique de ces organes^ il y a lieu de croire que rengorgement est de nature cancéreuse ; on ne peut plus en douter lorsqu'il s'y développe des douleurs lancinantes bien manifestes.
Après cette étude des ganglions^ il faut encore rechercher si la diathèse cancéreuse s'est déjà manifestée. On interroge alors les fonctions desorganes splanchniques, on explore ces organes. C'est alors seulement que le diagnostic est complet.
Pbûnostig des affections cancéreuses. — D'après l'exposé que nous avons fait des symptômes^ de la marche et de la terminaison du c^jicer encéphaloïde, il serait inutile de dire qu'il constitue toujours ^xne maladie excessivement grave. En ^fTet, il se développe» souvent ^v-ec une rapidité effrayante, donne lieu à des douleurs très vives; l'ulcération arrive promptement, et avec elle des hémorrhagies qui épuisent rapidement le malade. Enfin, après l'ablation de la tumeur, la ''^production du mal est très commune^ et peut être constante pour ïo cancer de certains organes, de Toeil par exemple; et elle a lieu au ^Kjut d'un temps très court. On regarde cependant les tumeurs enkystées c^omme exposant moins à la récidive que celles qui ne le sont pas. On dit également qu'elles donnent lieu plus tardivement à l'engorgement des ganglions; mais ces deux propositions ont peut-être besoin d'être Soumises à une nouvelle vérification. La récidive ne se montre pas le plus ordinairement sur la cicatrice qui a succédé à la première opération, mais dans un lieu plus ou moins éloigné, dans les ganglions qui c^cevaient les vaisseaux lymphatiques de l'organe primitivement malade, ou dans les viscères, tels que le foie, les poumons, les ganglions lïiésentériques, etc.
Le squirrhe a une marche plus lente : la récidive est moins prompte ; elle se montre souvent dans le lieu où a été pratiquée la première opération; quelquefois enfin le mal ne s'est point reproduit pendant une longue suite d'années. L'extirpation des cancers colloïdes parait, au témoignage de M. Velpeau, être presque constamment suivie de récidive.
Traitement des affections cancéreuses. — Le traitement du cancer comprend l'emploi de deux ordres de moyens : 1° les moyens pharmaceutiques; 2° les moyens chirurgicaux. Nous les examinerons successivement, et les ferons suivre de quelques remarques sur les contre- Indications et sur le traitement palliatif de cette affection.
!• Moyenspharmaceutiques,— Il nous suflira de citer ici plusieurs moyens qui ont joui autrefois d'une grande célébrité comme spécifiques du
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cancer. Les résultats lieurcux annoncés parles inventeurs n'onl|Ni ète obtenus par d'autros praticiens. Il est donc permis de croire que ces prétendues guérisons de cancer ont été obtenues sur des tumeurs de toute autre nature^ telles que des engorgements inflammatoires simple^ scrofuleux^ syphilitiques, etc. Ces médicaments tant vantés sont : l'extrait de ciguë, préconisé par Storck ; le verdet ou acétate de cuinf, qui forme le principe actif du remède de Gamet et des pilules de Gerbier; Tacide arsénieux, qui fut annoncé par Lefebvre de Saint-Ildefond comme un remède infaillible contre le cancer; le carbonate, le chlorhydrate, le tartrite de fer, médicaments auxquels les médecins anglais ont attribué une grande efticacité; le chlorhydrate de baryte, dont Crawford i fait réloge; le lézard gris, un des remèdes dont les propriétés ont été le plus exaltées; Teau pure unie à une diète absolue, à Taide de laquelle Pouteau (de Lyon) prétendait guérir le cancer et prévenir les récidives.
Nous ne discuterons pas non plus la valeur de plusieurs médicaments externes, tels que les préparations de plomb proposées par Goulaid; celles de fer, dont s'est ser\'i Richard Garmichaël ; le chlorhydrate dépotasse, à l'aide duquel Ulmann dit avoir obtenu de nombreuses guérisons; les substances alcalines ou acides ; bon nombre de topiques tirés des règnes animal et végétal: la petite joubarbe, le suc de la digitale pourprée fraîche, les cataplasmes de fenouil d'eau, les cataplasmes de e^ rotte, de ciguë ; le suc gastrique, le sang de bœuf, l'onguent de suie, Il créosote, qui naguère ont trouvé de si chauds partisans. Nous dirons d'une manière générale que nous n'avons aucune confiance dans ces médicaments : la résolution du cancer n'a jamais été obtenue paraocun de ces moyens, et nous ne possédons d'autres moyens réellement curatifs que ceux qui ont pour effet de détruire ou d'enlever les tissas qui sont le siège de la dégénérescence.
Avant de quitter ce sujet, nous devons rappeler que le mercure i souvent été employé dans cette circonstance, et que la plupart des praticiens ont reconnu qu'il exasp(*rait constamment le mal, surtout lorsque le cancer était déjà ulcéré.
Avant d'aborder l'exposition des moyens chirurgicaux, nous dirons quelques mots des émissions sanguines appliquées au traitement des tumeurs cancéreuses. Naguère encore, lorsque la plupart des niédednSi dominés par la doctrine de Broussais, croyaient que le cancer n'était autre chose qu'une inflammation chronique des vaisseaux blancs, les émissions sanguines locales étaient fréquemment employées. La dinûnution dans le volume des tumeurs fréquemment obtenue par l'emploi do ce traitement, était, il faut en convenir, bien propre à lui faire accorder quelque confiance ; mais on ne tarda pas à s'apercevoir qull n'avait de prise que sur 1 clément inflammatoire, qui vient quelquefois
compliquer llîffection cancéreuse ; que la diminution observée dans le volume de la tumeur était due à lu résolution de la phlegmasie accidentelle, tandis que la partie dégénérée conser\ait les mêmes dimensions : aussi ne considère- t-on maintenant les antiphlogistiques que comme un moyen palliatif propre à combattre l'état inflammatoire, mais qui est sans action sur le cancer.
2* Moyens chirurgicaux, — A l'exemple de M. Robert, nous les partagerons en deux classes :
A. Moyens qui ont pour but d'obtenir la résolution de l'engorgement cancéreux.
B. Opérations ayant pour but l'ablation ou la destruction du cancer. A. -- Les moyens chirurgicaux par lesquels on se propose d'obtenir
la résolution du cancer sont :
a. Lélectricité. — Ce moyen, essayé autrefois par Brisba ne etWalther, était abandonné, lorsqu'on 1838 M. Becquerel eut l'idée de se servir l'un courant électrique comme moyen de transport de certaines substances résolutives à travers les tissus dégénérés. Deux expériences fuent faites à THôtel-Dieu en 1838 dans le service de Breschet. Bien U'ii y ait eu une amélioration, apparente au moins, dans l'élat de ces balades, M. Becquerel n'a rien voulu conclure de ces faits trop peu Ombreux.
b. La ligature des artères qui alimentent les parties malades. Cette aération, pratiquée déjà un assez grand nombre de fois, n'a jamais >nné de résultats qui puissent encourager à la tenter de nouveau. €. La compression. — Ce moyen a subi le sort commun à presque toutes s méthodes de traitement proposées contre le cancer : d'abord vantée itre mesure, elle ne tarda pas à être généralement rejetée. Du propre eu de Récamier, la compression ne procure point la résolution, rsque la tumeur contient du tissu squirrheux ou encéphaloïde. Cepenint il résulte d'observations nombreuses, citées par cet auteur et par autres chirurgiens, que la compression exercée sur les tumeurs du un, quelle que soit leur nature, leur imprime des modifications imporuites; sous l'influence d'une pression douce, mais permanente, la luneur diminue souvent de volume, se circonscrit, devient plus facile i opérer; il n'est point très rare de voir des tumeurs produites par une Science extérieure ou succédant à une inflammation du sein, dispa- •aître par la compression. Dès lors on comprend que dans un cas louteux, on puisse tâter pour ainsi dire la tumeur à l'aide de ce moyen, [ui peut réussir complètement ou amener une amélioration, et qui 'est jamais nuisible lorsqu'il est convenablement surveillé. Quant aux autres avantages attribués à ce moyen par Récamier, > nous semblent très contestables. Il aurait pour effet, dit-il, de Imer les douleurs lancinantes, d'arrêter le développement des gan-
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glions engorgés , de suspendre les progrès de 11 éiibheiA B. — Les méthodes ayant pour but Tablation da'oBneer 8aiit:h Aï».
turCy la cautérisation^ Vextirpation, Vamputation.
a, La ligature se pratique à Taide d'un fli de soie ou d'un fil mêlais liquo^ qui sert à étreindre la tumeur dans son point d'implantation sur les tissus sains. La constriction doit t^tre rapidement portée au point de suspendre toute circulation dans le tissu accidentel et d'en déterminer la mortification. Éviter toute effusion de sang^ tel est le seul avantage que présente cette méthode, à laquelle on peut d'ailleurs reprocher d'agir lentement, d'être très douloureuse, de provoquer souvent dam les parties voisines un travail inflammatoire qui n'est pas sans danger; enfin, comme elle détermine la mortification de la tumeur, il en résuHe, jusqu'au moment où la ligature se détache, un écoulement de matière putride qui, lorsqu'elle séjourne dans une cavité naturelle, profO<|iK quelquefois ces accidents généraux dépendants de la résorption des liquides putrides.
Les tumeurs pôdiculées sont celles qui se prêtent le mieux à la ligature; d'autres tumeurs n'ont point de pédicule, mais il est possible de leur en faire un en incisant les tissus sains au niveau de leur base. Ov ne comprend alors dans la ligature que les parties inaccessibles auiûtouri, ou sur lesquelles on ne pourrait, sans danger d'hémorrhagie, faire agir l'instrument tranchant (Mayor).
Enfin, on l'a encore employée sur des tumeurs attachées aux parties voisines par une base très large. On conseille alors de faire passer audessous de cette base une aiguille entraînant un fil double etd'étreindie séparément chacune des moitiés de la tumeur. Au lieu de dein lig^ tures, on peut en placer trois, quatre, ou même un plus grand nombre^ pour cerner toute la tumeur et en déterminer la mortification.
Applicable à quelques cas spéciaux, la ligature ne doit être employer que lorsqu'une des méthodes que nous allons faire connaître est inapplicable.
b. Cautérisation. — La cautérisation appliquée au traitement désaffections cancéreuses se pratique d'après les principes que nous arow posés dans nos Pmipgoruf'nes (voy. De la cautérisation). Ajotttoiis qu'on adonné le conseil de cerner dans quelques cas latumeuravec le caustique, de la séparer ainsi des parties voisines et l'enlever tout de suite.
La cautérisation ne peut être employée avec avantage que pour détruire les tumeurs cancéreuses d'un très petit volume, les végétations de nature douteuse qui se forment quelquefois dans la plaie ou dans b cicatrice qui résulte de Tablation d'un cancer. Mais lorsque la tunieuï est volumineuse, qu'elle s'enfonce profondément dans les parties saines, lorsqu'elle avoisiue des organes qu'il est important de ménager, la eau
térisation est peut-être le plus mauvais de tous les moyens; ajoutons en outre qu'elle cause des douleurs extrêmement vives. Nous avons vu plusieurs malades qui avaient subi primitivement une extirpation par Tinstruraent tranchant, et une cautérisation par la méthode dite de Ganquoin, affirmer que cette dernière opération cause pendant plusieurs heures des douleurs beaucoup plus cruelles que celles qui résultent de Textirpation. Il n'est point vrai non plus de dire qu'elle met plus sûrement que tout autre à Tabri des récidives ; nous avons tous les jours sous les yeux des faits qui donnent le démenti le plus formel à cette assertion.
c. Extirpation. — Elle consiste à enlever la tumeur à l'aide de l'instrument tranchant, en conservant les téguments qui la recouvrent. Cette opération comprend deux temps : l"" l'incision de la peau; 2*" la dis-, section de la tumeur. — Uincmon de la peau se fait ordinairement sur la partie la plus saillante de la tumeur, et la parcourt dans, son plus grand diamètre; son étendue doit être telle que ses deux extrémités dépassent un peu les limites de la tumeur. Ce que nous venons de dire s'applique aux cas où l'on ne pratique qu'une seule incision. Celle-ci peut d'ailleurs être rectiligne ou courbe : cette dernière forme donne beaucoup de facilité pour le second temps de l'opération ; d'autres fois on fiUtune incision en T, en X, en V, suivant que l'une ou l'autre paraît devoir faciliter la manœuvre de l'opération. Il faut donner tout de suite à l'incision toute l'étendue nécessaire ; une incision trop petite apporte tes difficultés qui empêchent de terminer rapidement et sûrement l'opération.
La dissection de la tumeur se fait avec un bistouri dont le tranchant ^ tourné vers les tissus morbides ou vers les parties saines, suivant pie l'on veut épargner les uns ou les autres. On peut encore se servir le ciseaux pour couper les brides celluleuses, ou pour contourner la 'umeur et couper les adhérences profondes. Lorsque la tumeur est înkystée ou enveloppée d'un tissu cellulaire lâche, on peut encore l'énucléer soit avec les doigts, soit avec un instrument mousse. Ce deraier procédé permet de terminer très rapidement certaines extirpations ie tumeur : c'est sans contredit le plus commode pour pratiquer l'extirpation des ganglions lymphatiques engorgés ; mais il ne faudrait y recourir qu'avec une extrême prudence, si l'on extirpait une tumeur située dans une région où l'aspiration exercée par l'ampliation de la poitrine se fait sentir sur le système veineux ; car il pourrait alors y avoir introduction subite de l'air dans les veines, et nous avons vu tous tes dangers qu entraîne cet accident (voy. Prolégomènes^ § Accidents des opérations). Pendant la dissection de la tumeur, on se rend maître ûa sang par la ligature des vaisseaux, par la torsion, ou en faisant comprimer par le doigt d'un aide chaque vaisseau, à mesure que le bistouri
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les divise. En générui, il ne faut points dans cette dissection, chercl:^ à s'approcher trop près du tissu cancéreux; il est préférable, lonqu''^ le peut, d'enlever la tumeur avec une certaine épaisseur des tis%^ sains qui Fentourent; cette pratique rend certainement ropération be^i^ coup plus longue, mais elle donne peut-être quelques garanties coatis la récidive.
S'il part de la surface d'une tumeur squirrheuse quelques-uns de ces prolongements fibreux dont nous avons parlé, ils doivent être disséqués, quelle que soit leur longueur, et enlevés en totalité, en se conformant aux préceptes suivants, posés par Lisfranc. Dt»s que vous avez reconnu une de ces brides fibreuses, coupez-la avec des ciseam le plus prés possible de la surface de la tumeur, puis continuez la Hh section. Loi^sque celle-ci est terminée, recherchez dans la plaie Textiémité ilottante de la bride fibreuse que vous y avez laissée, puis disséquez-la à son tour, suivez-la jusqu'à son insertion ou jusqu'au poiol où elle se continue sans ligne de démarcation sensible avec les tissus sains.
Lorsque la tumeur est très vasculaire, que sa partie profonde atoisine des organes importants dont la lésion serait funeste, on peut suspendre la dissection, et placer sur le pédicule de la tumeur une ligatura solide qui permet de réséquer sans crainte d'hémorrhagie toute la partie dégénérée. On laisse dans la plaie cette ligature qui tombe au bout de quelques jours. D'autres fois, la tumeur étant très molle, elle se déchire, et les parties les plus profondes ne peuvent être séparées des parties voisines ; on est réduit alors à faire usage du cautère actuel pour détruire les portions que Ton n'a pu enlever. Mais cette pratique est presque toujours infidèle : certains points échappent à la cautérisatioD, et le mal ne tarde pas à répulluler.
L'extirpation convient lorsque la peau qui recouvre la tumeur est saine et mobile, lorsque la tumeur ne fait point au-dessus des téguinenb une saillie très considérable ; dans le cas contraire, l'amputation dwl être préférée.
(l. Amputation,— Ccsi une opération par laquelle onenlève la tumeur avec les téguments qui la recouvrent. On circonscrit par conséquent une partie de la peau à l'aide de plusieurs incisions. Celles quelon pr»tique le plus souvent sont deux incisions cur\'ilignes se regardant ptf leur concavité de manière à circonscrire un espace elliptique. On pr»" tique d'abord Tincision qui correspond à la partie déclive de la tumeur, puis celle qui correspond au point le plus élevé. On comprend facilenient la raison de ce précepte.
Lors(]ue la tumeur est très volumineuse, que la dissection doit èU* longue, et que Ion a affaire à un malade qui ne pourrait sans daiig^ supporter une pevio considérable de sang, Lisfranc conseille de pr^
iSr (l'îihord mie des incisions, de disséquer ûi: ce cùlé la tumeur juspi'à sa base, de se rendre niailrc du saw^ par la ligature de tous les faisseaux, et de procéder ensuite k la dissection de la seconde moitié (le la tumeur, en se conformant d'ailleurs pour ce temps de l'opération ;iu\ préceptes que nous avons posés en parlant de l'excision.
lorsque l'affection cancéreuse occupe le contour d'un des orifices naturels, on peut se borner li faire une seule incisiou courbe qui retranche toute la partie dégénérée, ou une incision en V.
Knfin, lorsque la tumeur est située sur l'un des membres et qu'elle ■ Il occupe la profondeur, on a recours alors à l'amputation, non plus de la tumeur, mais de la totalité du membre.
Cmire-indicatioHs. — Telles sont lesopérationsquepossèdelacliirurgic pour mettre un temie aux progrès incessants des affections cancel-euses; ■nais dans une foule de circonstances, ces moyens ne sont point applicables, ou bien il existe certaines circonstances qui en contrc-indiquent l'usafic ; ce sont ces contre -indication s que le chirurgien ne doit jamais l'ordre de vue. Ainsi aucune opération ne doitétre tentée : 1° lorsqu'on l'a point la certitude de pouvoir enlever loules les parties dé)<énérées; i" lorsqu'il existe dans un autre point de l'économie un cancer inopé- ■able; 3" lorsqu'il existe des signes évidents de cachexie cancéreuse ; '■ peut-être devrait-on ajouter qu'il ne faut point extirper le cancer l«i certains organes, de l'œil, par exemple, l'expérience ayant appris |Ue le mal récidive toujours peu de temps après l'opération et avec une 'Hrayante rapidité; 5° il faut encore s'abstenir d'opérer ces cancers à QartJie extrêmement chronique que l'on observe chez les vieillards. Jaelques chirurgiens pensent qu'il ne faut point opérer lorsqu'il existe Urle ni<>me sujet deux tumeurs cancéreuses; lorsque la tumeur esthi ■ruduit d'une récidive ; lorsqu'elle se développe avec une grande rapilitè; quelques-uns môme vontjusqu'a proscrire toute intervention lors- |iie la tumeur est ulcérée. Il faut certainement reconnaître que ce sont a des circonstances défavorables; mais nous ne pensons pas qu'elles loivent ^'fre considérées comme contre-indiquantune opération. On a Tl, par exemple, des guérisons solides après une seconde cl même une rtHàème opération ; ajoutons encoix! que, fùt-on même certain qu'une ^divedoit avoir lieu, on devrait encore opérer dans certains cas; car »He récidive peut se faire attendit' pendant un temps plus ou moins long, et lorsc|u'ellc se pi-ononcera, ou pouiTa par une seconde opération ajourner encore le ternie fatal.
Ttailemenl pallialif. — Lorsqu'une des circonstances que nous venons 'VRuumérer conlre-indique l'opération, il faut s'en tenir àun traitement Valliatif. Celui-ci sera d'ailleurs variable suivant la nature des accidentiv i^pfiiuvés par le malade; un des plus communs est la douleur : on par- Mcmlra souvent il la eulmer par des appliciitions narcotiques sur la lu-
BÉLATO». — PATH. CHIB,, T. I. 3(1
'ififi CANCEH.
iiit'iir cllt<-tiii>[iie. Des cataplasmes arrosés dp lauiUiiuiu réuMÎMenl ' veiil; de la r^harpîe IrfTiipt^e dans un mélange d'eaa et de bradai est quf Iqiiefois utile ijuiind 1p premier de ces moyens a échoué ; Ion la douleur persiste, on panient queliiiefois à In ralmer à l'aide chlorhydrate de morphine appliqué sur les liords de l'ulcère cant*! ou dans son voisinage apr^s l'application préninhie d'un petit véskalt En mCme temps, on administre à l'intérieur des prépanitioiM opiac
S'il existe des hémorrhagies, on les arrêtera par une eompiVA légère, par des lotions fraîches et, dans quelques circonstances, en cisant la portion superficielle du cancer, opération que H. Laugiei avoir pratiquée plusieurs fois avec succès pour des cancers de l'uté
Knfln, C9t-il besoin de dire que les soins de propreté occupent i place importanle dans le traitement d'une atTeclioil qui h poure 'l'entretenir un écoulement sanieux et extrêmement Tétide par tooti surface de» parties ulcérées?
Ajoutons enlln que l'état de cachexie exige souvent l'emploi de* pi pamtions martiales, du quinquina; en un mot, des corrohonnti toute espèce.
Sous verrons, en traitant des cancers en particulier, quelle» sont I indications spéciales fournies par chacun d'eux.
I II. — Du oaiiicr Gbro-pluliqiie ^^^|
Nous avons déjà dit quelques mots du tissu fibro-pUstique ; avons vu comment on le trouve » l'état uoniial dans l'embrrofi, < les cicatrices, etc.; nousavoni) vu enfm que, dans certains cas.* il I stitue des tumeurs de mauvaise nature dont la marche n'cal Ç que celle du cancer : aussi avons-nous cru devoir décrire ces id comme une des formes des tumeurs cancéreuses, dont elles n« Am que par quelques éléments histologiques. Mous insisterons n librement sur leur anatomic palhologique.
Anatovie FATHOLoatoux. — Lcs tumeurs llbro-plaaliques «e prJ sous la forme de masses de volume variable; s'il en est < peine les dimensions d'un pois, d'autres atteignent celles ( d'un homme adulte. Elles sont lisses, lobées, et se muuleiJ parties dures, au voisinage desquelles elles se développent. < par un tissu dur, grisAtre, lurdacé, peu vasculaire, k l'aide ( sion, on en exprime une petite quantité de liquide transpi certains cas ces tumeurs sont molles : leur Irssu est d'un] ou moins foncé, quelquefois rougeâlre; ces dernières s vasculaires. Quelques-unes s'infillrenl de matière amorpi colloïde; leur consistance rappelle celle de l'encéphalif
CANCEU. 467
t elles présentent des excavations dans lesquelles on trouve des panchements sanguins. Quelle que soit, d'ailleurs, la variété de imeur, le liquide qu'on en extrait par la pression est clair, transpaînt, plus ou moins jaunâtre ; il n'est jamais lactescent comme le suc Ulcéreux.
L'examen au microscope y fait découvrir les éléments suivants: ' des cellules ovoïdes ou arrondies, terminées en pointe à leurs deux itrémités, et dont les dimensions sont d'un soixantième à un centième e millimètre; elles renferment un ou deux noyaux : on désigne sous î nom de cellules mères celles qui renferment un grand nombre de oyaux ; 2* des noyaux libres renfermant un ou deux nucléoles : ces oyaux, plus petits que les cellules, s'allongent quelquefois au point l'atteindre une longueur d'un quarantième de millimètre ; 3* des corps usiformes renflés à leur partie moyenne où l'on rencontre un nucléole, jflBlés et quelquefois bifurques à leur extrémité, serrés les uns contre es autres; ils constituent souvent la trame de ces tumeurs. Enfin on pouve mêlée à ces éléments une proportion plus ou moins grande de natière amorphe.
La plus ou moins grande quantité relative de ces divers éléments dé- «rmlne les variations de consistance de ces tumeurs. Les corps fusionnes sont-ils en très grand nombre et très serrés, la tumeur offre une lureté considérable ; elle devient plus molle à mesure que les cellules •t les noyaux sont plus abondants. Enfin, lorsque la matière amorphe 'sten grande quantité, on a une tumeur colloïde dont la coupe resemble à de la gélatine.
n est facile de voir, par cet exposé rapide, qu'à part la forme plus Dongée de certains éléments anatomiques, cellules et noyaux, et la oloration du suc que l'on peut exprimer par la pression, les tumeurs bro-plastiques ne diffèrent point des tumeurs cancéreuses. Cela justierait déjà la place que nous leur assignons dans le cadre nosologique, i nous ne trouvions pas dans les symptômes une analogie encore plus *appante entre ces productions.
Rarement ces tumeurs sont diffuses; elles ne contractent pas en gééral d'adhérences avec les parties voisines : elles sont, au contraire, ntourées d'une couche lamellaire de tissu fibreux. On les rencontre» ans le tissu cellulaire sous-cutané ou profond; à la cuisse, on les voit e développer dans l'épaisseur de l'aponévrose fascia lata. On les trouve encore dans les os, dans la dure-mère, et quelquefois dans les tendons ît les gaines tendineuses.
Stmptomatologie. — Les tumeurs fibro*plastiques se présentent sous Vapparence de masses plus ou moins dures, élastiques, quelquefois Msez molles pour paraître fluctuantes. Elles jouissent en général d'une ''^rtaine mobilité. Il n'y a pas de changement de couleur à la peau tant
668 CAMC£R.
qu'elles n'ont pas contracté d'adhérence avec elle. Le plus souvent el|^ sont indolentes et ne gênent que par leur poids et par la pressioj; qu'elles exercent sur les tissus voisins.
Elles se développent avec une certaine lenteur^ surtout a leur dél>tj| puis^ sans cause appréciable^ elles augmentent tout à coupde volurue avec une grande rapidité. Ce phénomène est quelquefois drt à une ||<;. morrhagie intérieure; dans quelques cas^ ce sont des kystes qui se développent au sein de la tumeur et dans son voisinage : une irritafioi? quelconque, une violence extérieui^e peuvent souvent être invoquée> comme cause de leur accroissement. L'inflammation et quelquefois la gangrène s'emparent de ces tumeui*s. Enfin on les voit s'ulcérer exactement comme les tumeurs cancéreuses et déterminer la même sénV d'accidents, sur lesquels nous ne croyons pas devoir revenir.
Pendant longtemps on a nié la récidive et la généralisation de^ tumeurs fibro-plastiques : c'est ainsi que M. Lebert professait quVIles appartenaient li cette classe de produits qui restent toujours locaux rt qu'ils n'avaient aucune tendance à se généraliser; mais lobsenation clinique est venue complètement infirmer cette proposition, et j^ démontré que ces tumeurs récidivent et se généralisent aussi falalemeni que le cancer proprement dit. On a dit encore que la récidive était moins rapide que celle du cancer; mais, à coté de faits que Ton pourrail invoquer pour appuyer cette théorie, on peut en opposer d'autres qui lui sont tout à fait contraires. Les ganglions lymphatiques s engorgentils moins rapidement dans l'atrection qui nous occupe? On ne saurait rien préciser à cet égard. D'ailleurs ne sait-on pas qu'il est des tumeu^ auxquelles les micrographes he sauraient refuser les caractères analomiques du cancer, et qui ne sont point accompagnées d'engorgement ganglionnaire. On a dit encore que les récidives se m uUi pliaient parfois beaucoup sans que la santc {jjénérale saltérâl; mais le contraire ai'l*' aussi observé, et du reste ne voit-on pas des cancers se nmltiplier et n^ point exercer de retentissement apparent sur l'économie lorsque b dégénérescence a jusqu'alors épargné des organes essentiels à la vie.
C'est assez nous arrêter sur ce sujet; il est facile de voir, en effet, que rien dans l'exposition que nous venons de présenter ne justifie uiiediv tinction pathologique sérieuse, et qu'à peine peut-on invoquer quelque nuances dont la valeur est fort contestable, pour faire deux esp*^ morbides de tumeurs qui nous semblent au contraire extrêineuien^ voisines, sinon presque complètement identiques.
Étiologie. — Nous n'avons rien à dire de l'étiologie des tumeurs lil»n>* plastiques, nous nous contentons (\() renvoyer le lecteur à ce que no^*avons dit de l'étiologie du cancer ; les contusions souvent répétées p^" raiss(»nt prédisposer au développement de ces tumeurs.
Diagnostic. — Les tumeurs sous-cutanées peuvent être assez facile
CANCER. /i69
lent reconnues à leur forme, à leur consistance; mais celles qui sont
us profondes, si elles ne déterminent aucun accident, restent ignorées
mdant longtemps, et lorsqu'elles se gênent par leur poids ou la diffor-
ité qu'elles provoquent, il est souvent difficile d'assigner leur véritable
iture, car les lipomes, les kystes, peuvent être facilement confondus
ec elles.
Pronostic. — Il est le même que celui du cancer; on rapporte cepen-
nl quelques cas de guérison radicale des tumeurs fibro-plastiques,
lis n'en est-il pas de même des tumeurs auxquelles les micrographes
servent le nom de cancer.
Traitement. — Voyez Traiiement du cancer.
§ Zn. — Cancer épîthélîal.
L'affection que nous décrivons dans ce paragraphe avait depuis bien mgtemps appelé l'attention des praticiens; son siège, sa marche conamtnent envahissante, sa gravité, ne devaient pas la laisser inaperçue, ïais la nature de la maladie avait été méconnue. Désignée sous le nom e noli me tangere, d'ulcère chanci^eux^ d'ulcère rongeant , cette dégénéîscence avait cependant été rapprochée du cancer par Bayleet Cayol, ans le Dictionnaire des sciences médicales. Bientôt les recherches à l'aide u microscope vinrent faire connaître les éléments anatomiques de ces imeurs, et l'étude clinique, faite avec plus de soins, permit de décrire empiétement ces productions, et de leur assigner la place qui leur )partient dans le cadre nosologique. Parmi les travaux les plus impornts publiés sur ce sujet, nous signalerons les recherches de M. Lebert, Hugues Bennett, de Hannover; la thèse de M. Michon (1) ; les travaux * Virchow, de Paget, de M. Robin sur les hypertrophies glandulaires; îuxde M. Verneuil sur l'hypertrophie des glandes sudoripares; et enfin
thèse inaugurale de M. Heurtaux (2), travail très remarquable où l'auur expose parfaitement l'état de la science, qui sera consulté avec fruit
nous a été souvent utile pour la rédaction de cet article.
AsATOMiE PATHOLOGIQUE. — Le cauccr épithélial se rencontre presque Kclusivement dans la peau et dans les membranes muqueuses ; on le oit se développer surtout aux lèvres et sur les autres parties de la ice ; il se montre encore au prépuce, au gland, au scrotum, aux «rties génitales externes; sur les membranes muqueuses, son siège ie prédilection est, au col utérin, au rectum, à la langue, etc. ; enfin
(1) Michon, Du cancer cutané, thèse pour une chaire de clinique chirurgicale. Paris,
(2) Heurtaux, Du cancroide en général^ thèse. Paris, 1860.
470 CANCKfl. '
lorsque la maladie se généralise, on trouve des tumeurs épitbêlUle» dans le foie, dans le poumon ; les ganglions lymphatiques flnitteDt ptr être envahis par cette dégénérescence, il y a alors une propagation identique avec celle que nous avons signalée dans le éancer.
Si Ton cherche à déterminer quels sont les organes prinûtivemeot en* vahis par raffection qui nous occupe, on voit en première ligne le» papilles, puis le derme, les glandes de la ))eau, enfin les follicules pileux ; de là les noms de cana^otdet papiiiaircs, denniquet^ foHiculairti^ etc., donnés a diverses variétés de ces cancers.
A. Cancroide papUlairo. — M. Heurtaux désigne sous ce nom celui qui prend naissance dans la couche la plus superticielle de la peau, et s'accompagne dès le début d'une hypertrophie des papilles avec épaissis — ^ sèment de leur gaine épidermique ; cette forme parait (^tre la plus fn^-^^ quente au moment où débute le cancroïde. On trouve les papilies^^ hypertrophiées, parcourues par des vaisseaux capillaires plus volumineti^^ et plus flexueux qu'à l*état normal; Tépiderme forme autour de papilles des gaines épaisses constituées par la superposition de breuses lamelles épithéliales. Au bout d'un certain temps^ la portio^^ saillante delà papille s'atrophie, et l'on voit paraître dans son épaisse ^jr et au voisinage de sa base des noyaux d'épithélium^ d'abord librc^^^ mais qui s'entourent bientôt d'une petite enveloppe oellulaiie; Ott noyaux se multiplient, les cellules s'agrandissent, et la papille ink par disparaître, remplacée par des éléments épidermiques qui en oof conserve plus ou moins exactement la forme. Pendant que ce \nMi\ s'effectue, le derme est le siège d'une altération analogue; les DoynQ se guidant sur les capillaires qui se rendent à la papille, s'infiltreat dans l'épaisseur du derme ; c'est par ce mécanisme que la dégénèreicence envahit le tissu osseux en pénétrant par les canaux de Haven.
B. Cancroïde dermique, — Il se montre d'emblée dans répaisieurdo derme et ne s'accompagne pas de l'hypertrophie des papilles, l^onqii'oo examine une tumeur constituée par cette variété, on trouve dansTépii^ seur même du derme une infiltration épithéliale assez étendue: M. Ueu^ taux a pu saisir cette altération au début, et a constaté les altérstioB» suivantes :
Le derme est d'un tiers plus épais que dans les parties voisines, d'un blanc mat et peu résistant, car il se déchire nettement, si on le saiii^ entre deux pinces; on constate qu'il est transformé en une oiatièT* amorphe très granuleuse ; cette gangue amorphe renferme des goutta' lettes de graisse, mais pas de trace de l'infiltration épithéliale ; à unde^ plus avancé, les éléments épithéliaux infiltrent la substance du derni*^;
C. Cancroïde folliculaire. — On l'observe dans les glandes sudo^'^* pares, dans les glandes sébacées, dans les follicules pileux.
1" (.«» cancroïde des glandes sudoripares a été surtout bien étudié p^^
M. Vcriiftuil [i, ; ù incsuiv que les cellules éiiitliéliales se développeiil lUiis l'intûrieur de la ^laiide sudoripare , le tube qui constitue cette glnnile devient variqot-ux vi liosselé ; puis ces bosselures s'alloogent, te rt'nllent iilvur extrémilii, et pariiis,sc[it so rattacher uu tube par un fh;(licule rùiréci ; ces diverticulurns sont tellement multipliés, que quelqu<>rais la préparation oITre l'aspect d'une glande en grappe, les tubes et les tiosselures sont i-emplis de cellules épithéliales, petites, très serrées 1^1 pourvues d'un noyau très petit, ovoïde.
A (111 degré plus avancé, on trouve des cellules épithélialos dans les ti&âus voisins, soit que les parais des glandes aient été détruites, et que (lr> proche en proche les tissus ambiants aient été envahis, soit que la production d'épi thélium se soitTaile en même temps dani^ deux points liifférenls.
2" L'altération des glandes sébacées produite par l'épithélioma a été dttcrite par M. Robin (3), il l'u observée principalement dans les glandes Brbacéea de la face et du cuir chevelu. Cette lésion offre la plus grande analogie avec la précédente : hypertrophie de la glande, distension et amincissement des utriculesau point que la glande présente un diamètre oiiK| ou six fois plus considérable qu'à l'état normal, enfin envahisse* tiuQt des tissus voisins.
3' La dégénérescence des follicules pileui est beaucoup plus rare et <i vlé moins étudiée que \çs deux précédentes. Itemak (3] a observé un «Msdans lequel les follicules pileux présentaient des prolongements i'reux, analogues à ceux que noua venons de signaler dans les glandes Mjdoripares et sébacées.
D. Cancroïde par httérotapie plastique. — Cette espcce admise par U. Lebert est le résultat de la formation de cellules épithéliales dans un listu qui n'en contient pas à l'état normal ; l'athérome, d'après cet auteur, iwtrait constitué par cette espèce de dégénérescence, et ne serait d'après Vprnher qu'un épithélioma enkysté ; la plupart des niicrographes n'ont peint accepté cette manière de voir.
Nous venons de passer en revue les formes qu'ulTecte te cancroïde il KS débuts; nous n'avons pas cru devoir donner ii cette partie un Inp grand développement, car c'est le cancroïde complètement diveioppé, le cancroïde adulte, comme il est souvent désigné, qui doit icipalement fixer notre attention. Rappelons toutefois que, quelle i(iM soit l'origine du cancroïde, il afl'ecte toujours au bout d'un ccrlùl temps une disposilion et une marche identiques; aussi est-il le
il| Virnfuil, Olieivalion pour lervir à l'hUloire dM tunifuri d« la pMU [ilrchivts [ tllialeinntdicûu, IS^t, 5'*étw. l. tlj. p. àbù. (1) Rnbin, Gaiette dai Mpilauz, 18âa.
m Hetuk. nntKcfie A'/inifc, V wincflf? IH.'ii,
£i72 CAHCEii.
plus souvent impossible de diMerminer lo puint où il u pris
A son l'iUit (Je conipli?! développement, le rancroïde se présente » U forme d'une petilt; tumeur niul circonscrite, ou d'une ulcération durée à la base. La coloration de la tumeur est variable, quelque!) elle est blanchâtre, d'autres fois d'un ronge brun. Lorsqu'il existe i ulcération, on trouve uno croûte brune ou jaunâtre constituée prii paiement par du pus dessécho, des écailles épidenniques, de U miti sébacée; ces croiltes peuvent acquérir une épaisseur conudénble. l'on fait tomber les croûtes, on trouve au-dessous di^srminencespspi formes. Le cancroïde est-il divisé avec le scalpel, tanlâl on Intave tissu dur, résistant; la section est dense, s<Nche, comme llbretue;' grattage ne donne qu'une quantité insignifiante de liquide: tai le tissu est moins résistant ; le parenchyme est opalin, d'un gril bl chiltre, mou, parcouru par des vaist^eaux. Sur les surfaces de section, voit souvent de petits corps allongés vermiformes, arrondis, d'un bU jaunâtre, constitués lanlAt par les débris de glandes malades, parle contenu des alvéoles du cancroide.
Dans ces tumeurs on rencontre encore des masses désignées f M. Lebert, sous le nom de glolKs épidenniques. u Ces globes, ovotdM sphêriques, ne sont composés que d'un véritable tassement conrcnlri^ de feuillets épideruiiques qui, dans la partie périphérique, sur1«iul,M si étroitement juxtaposés, que ces globes en prtinncnt un aspect tua fait fibreux ; ce n'est que vers le centre, et plus généralement lorsque ajoute de l'acide acétique, que l'on reconnaît les cellules pro| l'épidcrme. «
Le suc que l'on obtient par le grattage renferme des cellules d'i lium déformées, agrandies, des noyaux libivs ou renrerniés d«u fl cellules, des lamelles épithéliales déformées, ratatinées; di cas enfin les cellules prennent des dimensions considérables, renlKmri parfois plusieurs noyau\; les noyaux eux-mêmes sont votuiuiueux. Unis; eu un mot, l'altération se rapproche de l'élément pathologiqw nous avons signalé plus haut sous le nom de cellule cancéreuse, altérations se trouvent surtout dans la partie profonde de la turmnir.^ rencontre encore dans le suc des éléments accessoires sur lesquels ne croyons pas devoir nous arrêter : telles sont des gouttelettes boileot de la matière amorphe, des fibres de tissu élastique, etc. : la «té observée dans le cancroide, mais elle est fort rare.
11 nous reste maintenant à faire connaître l'état des tissus au mllimel IfiUr iIp pes productions. Une première chose qui frappe est la disp«rill piir atrophie des éléments normaux, au sein desquels la tumeur ri développée; il faut remarquer cependant que le tissu musculaire résister plus quêtons les autres. J'ai trouvé, dit M. Ueurlaus. centre de certaines tumeurs, des Ilots de tissu musculaire encore lij
CANGEJt. Û73
HM^onnais^blp. L^s i^lénient.^ <les lis^sus normaux sont d'autant plus litstincls qu'on s'approche davantage des limites de la lésion; il est assez rr.*quenl en outre de trouver le tissu pathologique s'enfonçant, se pro- I<->ngeant bu loin sous forme de traînées blaiicMtres ou jaunâtres. Ce point d'anatomie pathologique est de la plus grande iraportt-mce pour lit pratique ; aussi croyons-nous devoir insister sur l'état des tissus situés sur les limites du cancriiïde. Signalons d'abord une hypertrophie des papilles et des glandes sébacées; ces dernières se présentent sous lu forme de petits grains jaunâtres d'autant plus volumineux qu'ils sont plus voisins du tissu morbide. Les glandes sudoripares sont atrophiées, i'altéralinn des follicules pileux est peu sensible, leur atrophie n'est pas cependant très rare. L'épidcrme est notablement épaissi ; il se couvre Je squames blanches ou jaunfltres, se détache avec la plus grande facilité, souvent assez loin de la tumeur: ce phénomène indique toujours une altération plus ou moins notable du derme. Autour de la tumeur io derme est épaissi, plus vasculaire, friable ; cette altération s'étend suivent fort loin, il tel point que dans certains canci'oTdes, le diamètre ii'el de la lésion est deux ou trois fois plus considérable qu'il ne !e parait. Dans l'épaisseur du derme on trouve des cellules épilhéliules ■iiHlIrées au milieu d'une gangue amorphe contenant des corps fusifornies; les cellules deviennent d'autant moins nombreuses que l'on s'cbigne davantage de la tumeur; à une certaine distance on ne con- Mh1i> plus que des noyaux, et même un simple étal granuleux.
La propagation du cancroïde aux couches profondes est aussi «l'un très grand inlérêl. Tous tes tissus peuvent être envahis par celte «légénérescence, mais c'est le tissu cellulaire qui est le plus favorable fi *on extension, c'est par ce tissu qu'il commence la destruction des muscles, M. Heurtaux, qui a paifuîtement étudié la marche du cancfoiSe à la lèwe inférieure, a fait voir comment il s'étendait transversalement dans la direction des fibres du muscle orbiculaire, comment il s'arrêtait un certain temps fi la commissure; comment il gagnait le mnide carré du menton et pénétrait par le trou mentonnier dans l'os tuitllaire inférieur,se propageant alors souvent avec la plus grande rupi- ^fék l'aide du tissu cellulaire qui entoure les nerfs et les vaisseaux den- Wtes inférieurs. Si c'est par l'intermédiaire du tissu cellulaire que se 4*>'eloppe surtout le cancroïde, il n'en est pas moins vTai qu'il <l^ln]it également les autres tissus : c'est ainsi qu'il provoque l'atrophie 'W fibres musculaires, que l'on voit des gouttelettes huileuses ou des ïl^ments épithéiiaux s'infiltrer dans l'épaisseur des fibres ; qu'il finit par i^nTahirlenévrih^medesnerfs.qu'ildétennincl'aplatîssemenldes artères *' qu'il détruit même leurs parois. M. Paget a vu trois fois des liémor- "*gies de l'artère fémorale pour des cancmïdes [développés dans les K^nglions de l'aine. Le tissu fibreux est celui qui résiste le mieux ii l'en-
vatii£âeiii<!iit, iiusiii liis tuniuiirs qui se dKVi^loppent dan» un poiut cnlourr lie tissu llbi'PUK reslfinl-clliu pour iiinsi dire loiiglenjpM cnkvitén. CetM barrièrt' cepi^ndunt n'est pas infr<tncliissal>lc, ut di>$ quo les niBinbnaflt fibreuses ont été délrui1<^$, ](• mal pt'ngi'es»a avec une graud«) n|HdîUk Les os eux'm^mes ne sont pas il l'abri de l'envabistentent, c'nt pv l'iRlerméâJuire du pi-rioEte que le niai se propage. Voici ea générBl ce (|Ui »o passe : les canaux do Havers s'élargissent, on voit s'y enfoocm ilfs i^spi'ces dt> coins compostîs de (.'ellule.s épitliéliale:» lassées et Mutf régulièrement disposées u^te h cOle; les lamelles qui persistent mtiw les ranaux de Havers élargis deviennent de plus en plus mince», w brisent: il en résulte une communication entre les points enviihû iaol^ inenl.
Nous venons de voir le cancer épithéliid marchantde proche ea proekt et Unissant par envahir les tissus par conlinuitt^, mais son actioa ne iè limite pas lu, souvent on le voit envahir les ganglions, tnt viscères; em un mol. se généraliser comme le cancer proprement dit.
L'engorgement ganglionnaire s'observe dans les ganglions où voal te rendre les vaisseaux lymphatiques de la région muUde ; d'Apfèf M. Heurtaux, l'engorgement se montrerait environ dans le tiers descak t/uelle est la nature d» cet engorgement? Il faut se rappeler qu'il peul tenir à deux causes, ou bien il est purement inllamniBtoirr. ou bien il osl spérilique, c'eat-ù-dire de nature cancéreuse. L'engoq;enieut JnAii»inatoire doit i^tre raro d'npri^s M. Heurlnux. ■ Dans les obaenvtWM dont j'ai pris connaissance, dit cet auteur, lorsqu'on a respecté lesgwiglions indurés dans l'espoir qu'il s'agirait d'une affection non spéciflqae,. toutes les fois que le malade a pu t^lre suivi, on a constaté un« proniplei récidive dans ces mêmes ganglions. Aussi lorsqu'on a sous les yem ma (-ancroide accompiigné d'indurulion ganglionnaire, on doit s'en et si l'on jugi> à propos d'entreprendre une 0[)ération, il est | lie se comporter absolument comme s'il y avait une véritable il du système lymphatique.
Par quel mécanisme s'elfectue l'engorgement spt^iQqi Y a-t-îl absorption du blasténie épidermique, qui, pris par 1m Tl lymphatiques, est déposé dans les ganglions oii se fonnent les d'épithéliuni? Y a-t-il transport direct d'éléments épithéliaux lymphatiques uU^n.^, exactement d'après le mécanisme invoqué j M. Follin pour expliquer la présence de la matière colorante du taloui jusque dans les ganglions. Nous n'insisterans pas sur ces théories fst en effet bien difllcile de démontrer laquelle doit ùtie adoptai l'exclusion de l'autre; peut-être sont-elles toutes deux l'expression des faits,
Dans deux cas M. Follin a vu des kystes séreux dévuloppi'^ ganglions qui correspondaient ii des tumeurs épithéliales
LiiifecUun vi^érale, c'riil-ii-dii'e la ^éiK'i'Hlisatioii ilutaiit-i'oïdc, enl rare, M. Heurtaux n'a pu mi réunir que liUJl cas; chcï ces malndes on trouvait loua les caraclères d'une véritable cacliexie cancéreuse, on a i^onstalè des tumeurs èpiliiëliaies ayant la mi)me struclure que celles dt^veloppt'ee au siège primilif du mal; dans le foie, les pouinons, le pancréas, le cœur, etc.
SvMFTUMATOtOGiE. — Tantôt la maladie débute par un simple boulon
en Toi-me de verrue, auquel ou a donné le nom de tubercule mali».
Tantôt elle est constitué par des pupilles hypertrophiées, très serrées les
unes contre les autres, de telle sorte qu'elles semblent renfermées dans
un étui épidermique commun ; mais si l'épiderme vient it être détaché
urtiflciellement, on retrouve tes papilles qui étaient chacune, pour
ainsi dire, enfermées dans une espèce d'étui. Tantôt on trouve une
petite tumeur dure, d'un blanc jaunâtre et un peu opaque, à surface
liïise, luisante, ne donnant jamais naissance k des poils, et souvent
{tarseinée de lignes rouges, qui résultent de la dilatation des vaisseaux.
Lf K tissus autour de sa base sont durs et résistants. TanliH enfin ou
irouve H l'origine uup prtile squame épidermique ne faisant souvent
aucune ttaillie à la surface des téguments, cette surface est molle et
inégale : d'autres fois elle est fendillée, sèche, d'un blanc de nacre. A cet
>'tni1a lésion peut conserver longtemps sa bénignité si on ne l'irrite pas;
ntais si le malade se coupe en faisant sa barbe, ou bien s'il se gratte,
obtiissanl ii la démunneaison vive et incommode qu'il y éprouve, la
piirtie devient douloureuse, se tuméfie, s'ouvre, et voilà l'ulcère établi.
Lfinal s'étend avec rapidité, même après qu'on a détruit entièrement
' 'eturoissance quia été son point de départ.
(Quelquefois l'induration est si peu prononcée, qu'elle passe inaperviu^, et l'on pourrait croire que le mal a débuté d'emblée par une 'stiiiplc ulcération qu'entretiennent des causes d'irritation locale, et •Jontle fond finit par s'indurer, devient comme squirrheux;dans ces cas «jnne voit pour toute lésion qu'une petite croûte sèche, jaunAtre ou ■iiiirùlre, qui recouvre une fissure épidermique, dépasse un peu le ni- Mau des téguments, et semble formée par le dessèchement dune tiumeur exhalée à la surface de la peau.
Quel que soit son mode d'origine, l'ulcère qui résulte du développeuKat du cancrolde présente une surface inégale, en quelque sorte rabo- Uuse, irrégulièrement circonscrit* par des bords livides, dure et renvereéb. Quelquefois il prend la forme d'un champignon largement pédicule. Tantôt cette surface présente à la loupe des gi'anulations
ti|ue Boyer a comparées à celles de la surface interne de la figue; ttutfitelle est recouverte d'une croûte sèche, gi'isâtre, qui se renouvelle Wtsnt de fois qu'elle tombe ou qu'on l'arr-iche ; celte rroille est quel-
quefois brune et mAme noir&trc, vo qui rieni .-m sniij; qui > «cotilc lorsque la lumeur est excoriée.
Il y II exhabtiitti, non pas dn piis àf lionne nature, nm» d'ui içhorctise, peuahondnnle.ttïniie, non Fétide, coniTiifricbor des c des autres tissus; il est à reinnrquer qu'à mesure que la itijiIm]» bil fies progrès, k's liquides sérn^ti^s sont plus atK>i)diiiits et plus téMM-, et sont quelquefois mélangés à UJie matière east-cu»»' jauiiitn*.
L'ulct^re saigne fncilenieni quand on le touche. Il es4 Irt 4i^gc ilf douleurs lancitiantes ou de simples fourinillcinenlsqui incommmlpnl beaueoup le malade, le portent âsefiralter sans ce^iie, et à acmillir nînsi l'irritalton déjii existante. Ces douleurs sont pus^a^c^res : nuis iàot leurs intervalles les malades sont tourmenlûs par le sentiment o<w moins incommode d'une chaleur Acre et hrblanle. Dans certains cw, il y a une indotenro parfaile qui oonlnisle d'une manière surpmmile avec les désordres locaux, qui sont quelquefois trt>a étendus.
Ces ulcères reposent souvent sur un fond dur, comme squlrrtirai. Cependant, dans les premiers temps, tes tissus qu'in^resse l'ulc^tira j ne paraissent pas malades ù plus de '2 ou 3 mîUimèlrrs de pi^ ^ fondeur. Plus tard, le base indur«>e Unit par adhérer aux pnrlies Hm»--«.^ juoenles et mi^me aux os; le ti^su osseux se trouve démidê; k rellr^^ pt<riode les douleurs sont extrêmement vives. ^
L« peau qui les environne conserve souvent au début son aspet-1 0'^^ (urel : elle devient plus tard d'un roupe livide.
Une chose bien digne de remiirque, r'cst que pendant lonf^nips fcg j^ ulcères ne s'aeeompagnent |H>int de l'engorgement des fmiglrnm l}ic^. plialiques voisitis. Ce qui n'est pas moins étonnant, c'est le lonfc et «,i d'intégrité parfaite de la santé générale du sujet, QuHles que *oie^»i, l'étendue de l'ulcère et la violence des douleurs qu'il ocoasionno, ilik't a pa-s le moindre symptdme de réaction fébrile. Ij» mi»l, en un mot parait d'almnl tout k fait local ; mais au bout d'un temps varulil' les gunglions lyniph-ttiques se prennent, la constitution s'all'*rr. et le malade éprouve lous les accident» propres à In oiehrxie nveéreuse.
Cette alTeetion nous offrirait maintenant fi étudier une nonreHe'nir de symptômes purement physiologiques, en rapport avec les fonrliondes organes que comprend l'ulci-ration. Il serait trop long de Im ik- J tailler ici, et l'on se tigure d'ailleurs aisément le hideux spectacle ifi^ f présente un individu dont la face a subi les atteintes de ee n comprend la gène apportée k l'exercice de la vision, de riidnrat. '^M gnilt, de la prononciation el aux premiers temps de la dé;(lutitl«i^ lorsque les paui>ii'res. le ne/ nu les lèvres ont été dêiruil.i par l'ulil ration.
'lANCEH, (,77
L ulcvratiuti sùil une niardif tantût lente et tantôt rapidp; ce qu'il y u de constant, c'est qu'elle ne rtitrograde jumais. Uu leate, après avoir ((lit rjuplquerois progrès, ces ulcères peuvent tout » coup s'arrêter et devenir stniionnaires pendant plusieurs années, ou même lu vie entière, '^insiléranger la santé de ceux qui les portent.
D'autres fois, rulcêralion exerce rapidement son action corrosive en [u-ofondeur comme en laideur; elle ne détruit pas seulement la peau pl R' tissu cellulaire sous-cutané, mais elle gagne les muscles, les carlil>ig*:s, les os eux-mêmes.
Ou a dit que ces ulcères, quand ils siègent à la face, n'occupent orilinairentent qu'un de ses côtés, et semblent respecter la ligne médiane, tiu'onne leur voit franchir que rarement. Cette remarque n'est point iust«; il n'est pas rare d'observer la preuve manifeste du contraire. Cette Htfectitin peut se terminer par : 1° L'état station n aire.
2" Ui guérison, lorsque le mal est pris ù temps et traité eonvciiiiiilt'ment, Les récidives ne se montrent pas aussi fatalement que dans le ^iiuirrhe ou l'encéphaloïde; elles sont cependant fréquentes, aussi la ïuérison radicale doit être regardée comme rare,
3- Par la mort, occasionnée par la douleur, par le marasme. Chez les individus atteints de cancer h la lèvre, les liquides purulents versés dans l-i Iwuche sont avalés et déterminent une sorte d'intoxication ; mais le plus souvent la mort est la conséquence de In dîalhèse cancéreuse : *•! malade succombe alors comme dans les autres formes de cancer, luelquefois il est enlevé par les troubles fonctionnels provoqués par l'altération des organes.
ËnoLOCiE. — lin mystère profond couvre le développement de cette •iialadie. Ce qu'on sait de positif, c'est qu'elle semble à peu près exclu- *iTemenl dévolue ii la dernière partie de la vie. Harement, en effet, se 'mmre-t-elle avant quarante ans; dans un relevé de 154 cas, M. Heureux a ti-ouvé seulement 2 cas dans lesquels les malades avaient moins "Iftylogl ans et 107 avaient de quarante ans à soixaniPHiix.
Elle sévit sur l'un et l'autre sexe, mais elle se montre bien plus songeât chez l'homme que chez la femme: sur 207 cas M. tieurlaux compte )Si hommes et 56 femmes.
L'épithêhoma se montre principalement à la face, cl particulièrement >0ï lèvres: ainsi sur 210 cas on voit 73 cancei'sdes lèvres; la langue, le pénis, l'utérus sont assez souvent envahis par cette dégénérescence.
La prédilection de cette affection pour les lèvres a suggéré à quelques '^Wrurgîens des remarques sur lesquelles nous devons appeler l'atlen- "cn. Us ont vu en effet que cbez rhonimc la lèvre supérieure était prise •^iB une proportion bien plus considérable que lu lèvre inférieure ; ils "" ont conclu que lu maladie serait contractée par l'habiludc de fumer.
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sion de la IMrc par le tuyau de la pipe. Quoi qu'il en soit, oal refuser une certaine inlluence aux irrilalions portées ronsll le niAme point. On n encore ppét^^ndu que le eaneroide i était provoqué par uu phimosis, mais on peut se demander si Ij jMis pris IVfftit pour la cause.
Le cancroldc est-il Iransmissible par l'hérédilé? I..e<i faits ne §cw cure ass*^-]! nombreux pour qu'il soit permis de répondreà celte l|l ItappelonstoutefoisquePaget H constaté que dans un vingtième la ilisposition fi conlnieterdescancroïdosesislaîlclieidespprsoni les parents avaient eu des sqnirrhes et des eneéphaloides ; dans tain nombre de cas il a constaté une prédisposition inverse.
i)uoH05nc. — I^ cancroide au début peut i^tre confondu ai tainps verrues rugueuses, hérissées d'éminences papillatres; la i lilance, dans quelques cjis, est tellement complète, que le riiagni tl peine possible; toutefois on doit avoir des craintes quand 000 de celle nature, a'accroissant progressivement, se montre et personne d'un Age avaneé; les craintes devront Hrv plus serin y a de la desquamation, s'il esisie une érosion m^nie superfif surtout s'il y n éjHiississvmenl de la peau et production d'épidrn son voisinage.
Le condyhme de In peau est à [lédirule large et souvent du |inpilles hypertrophiées.
Les n/fections tubfi-ruleuK) rie h prmi, quelle que soit leur l ]tcuvenl être confondues avec le cancroide ; celles qui ne soni p couvertes d'êcaîlles cpidermiques sont faciles à distinguer ; le hipt tubercules souvent multiples, il se montre d'ailleurs cher le» sujets, tandis que le cancroide se voit plus souvent chex les ga Agées : les antécMenls et souvent d'autres manifestatjona fgJi
gui sont mous ci violacés; à la moindre consistance de Tinduration de leur base.
Quelques ulcères du visage entretenus par une cause locale^ telle^ par exemple, qu'une irritation incessante, peuvent faire croire à Texistence d'un cancroïde; mais le traitement met bientôt sur la voie, quelquefois il suffit de Textraction d'un corps étranger pour amener une guérison rapide. M. Herbert de Tillières a vu un fragment de dent implanté dans la langue provoquer des accidents qui ont fait croire longtemps à un cancer de cet organe.
PBonosnc. — Le pronostic du cancer épithélial est fort grave, comme celui de toute espèce de cancer : 1*" comme affection locale : on sait que la dégénérescence tend à envahir les tissus voisins, par conséquent il est fréquent de voir se manifester des désordres incompatibles avec les fonctions régulières des organes; 2** comme affection générale : puisque même après l'ablation on observe des récidives non-seulement surplace, mais dans toute l'économie. Nous ferons remarquer cependant que l'on possède des cas tendants à démontrer que la guérison est possible, que '^ récidive est souvent plus lente que dans les autres espèces de cancer; ^tje la récidive sur place est plus fréquente que la généralisation.
TurPEMENT. — A. Prophylactique. On peut prévenir le développement ^es ulcères chancreux en évitant d'irriter le bouton que Ton suppose tH)avoir devenir le siège delà dégénérescence qui nous occupe. Lisfranc Conseillait aux personnes qui portent sur le nez des boutons permanents, ^« se moucher avec précaution, de ne pas exercer sur eux de pression ^t de frottement : « Ainsi, dit-il, leur dégénérescence sera probablement évitée. » Dès que le bouton commence à s'ulcérer, il ne faut pas espérer IWire disparaître le mal par des applications irritantes, car, loin de guérir, il ne fera que s'aggraver; il faut "donc songer à l'enlever ou à le détruire l'adicalement.
B. Traitement curatif, — Moyens pharmaceutiques. — Nous avons déjà ^t que le temps avait fait justice de ces prétendus spécifiques du cancer, nous n'y reviendrons pas.
Les moyens chirurgicaux sont les seuls auxquels on puisse avoir recours ici avec avantage. Les voici :
i* Cautérisation. — La timidité des chirurgiens dans le choix et l'application des caustiques, au lieu de guérir le mal, l'exaspère souvent; c'est ^insi qu'il faut rejeter l'azotate d'argent et tous les caustiques qui n'agis- ^^nt qu'à la surface. Les caustiques devront donc être énergiques et détruire profondément les tissus ; ils ont été employés sous toutes les formes et de toutes les manières. Parmi les préparations qui ont joui d*ime grande réputation, nous citerons les pâtes arsenicales (Rousselot)> te chlorure de rinc, le nitrate acide de mercure, la pâte de Vienne, etc. ; ^^application peut se faire directement sur la tumeur, qui alors doit être
(|gO CLVNCER.
détruite entièrement; quelques chirurgiens^ et M. Maisonneuvo ea pu ticulier, ont proposé de cerner la tumeur par les caustiques et de U ié parer pour ainsi dire du reste de Féconoroie par une eschare qui toinb en Tentraînant. On obtient ce résultat par la caulérisatiou en flèche cVst -à-dire en enfonçant de petites flèches de pâte sèche de chlonir de zinc dans des trous faits autour de la tumeur avec le bistouri ou u trocart.
M. Sédillot a pensé que les cicatrices flbreuses que laisse la cautérisa tion avec le fer rouge pourraient bien former une espèce de rempai contre la récidive; aussi a-t-il préconisé ce moyen , mais les résultat n'ont pas répondu à son attente: néanmoins le fer rouge n'est pas Ui mauvais procédé pour détruire les cancroîdes.
2** Vextirpaiim est sans contredit le meilleur moyen de faire dispa raltre la dégénérescence. On recule quelquefois devant la large perte d substance que doit nécessiter l'ablation totale de la tumeur, mais vent il est possible de boucher cette brèche par l'autoplastie : c'est ai «ju'on peut remédiera certaines tumeurs des paupières et de la face ; d'i très fois, ainsi que cela arrive aux lèvres, on peut mettre en contact k deux surfaces saignantes. Lorsque l'on pratiquera cette opération, on aia soin d'explorer avec le plus grand soin tout le voisinage de la turoe^ on tiendra compte de la rougeur du derme, de l'épaississement de le derme et des prolongements que la dégénérescence envoie dans , espaces celluleux. On explorera les ganglions lymphatiques, ettoia^ les parties malades seront impitoyablement retranchées. Si la tum« adhère aux os, ceux-ci seront ruginés fortement, heureux si ce jjiratta^ fait dispariittre les dernières traces de la dégénérescence, qui, comiD nous l'avons dit, s'inflltre si facilement dans les canalicules.
Z" Àbladon et cautérisation. — Cette méthode mixte consiste à enlever, dans un premier temps, toute l'épaisseur des tissus morbides, et à c» tériser dans un deuxième temps. Nous avons agité déjà la question if savoir si, quand on a l'intention de cautériser avec une substance daaj;ereuse, comme les préparations arsenicales, par exemple, il comicirt de les appliquer immédiatement après l'ablation de l'ulcère. Nous renvoyons donc à ce qui a été dit à ce sujet.
W* Topiques qui modifient la surface ulcérée sans la détruire. — Dttpny* tren, le promoteur de cette méthode, ne se ser\'ait d'aucune despc*parations employées avant lui, leur reprochant à toutes rinconvénieni d'agir comme escharotiques ou connue caustiques, et d'amener (k* ditîormités à la suite de la destruction plus ou moins profonde à^ tissus. Il employait des substances qui, suivant lui, agissaient en modi tiant les surfaces ulcérées, nullement en les escharifiant, et avaient en core l'avantage de causer moins de douleur et de tuméfaction.
Ces préparations sont pulvérulentes ou liquides. Le calomel assoôé
ENGUONOROME. UHi
l'arsenic les compose. Dupuytren, tout en admettant que Tarsenic fait presque tous les frais du traitement, conseillait de ne point séparer ces
deux substances; il les jugeait nécessaires à l'action de la préparation,
sans qu'on pût expliquer comment.
Voici la formule qu'il employait :
(* Arsenic ou acide arsénieux 4
1* Forme pulvérulente | Calomei: 96
( Il allait jusqu'à 6 parties d'arsenic.
i Arsenic ou acide arsénieux. . . 6
Eau 100 Il allait jusqu'à 10 parties d'arsenic.
Dans quelques cas où nous l'avons employée, cette préparation a produit une eschare, superficielle à la vérité, et les malades ont parfaitement guéri; la guérison ne s'était point démentie pendant tout le temps où il nous a été donné de suivre ces malades : nous croyons donc devoir conseiller l'emploi de ce moyen.