AFFECTIONS DES BOURSES SÉREUSES SOUS-CUTANÉES
voaa, c'est seulement pour indiquer le caractère spécial qu'elle présente dans cette circonstance. Aux épanchements séreux ou purulents qu.'elle occasionne^ vient se joindre une exhalation sanguine^ dont le produit se mélange avec la sérosité, ou se précipite sous forme de caillots. Sous rinfluence de Tinflammation, ces caillots se décomposent, perdent leur matière colorante ou subissent la transformation puru* lente ; il résulte de là que Tintlammation qui succède à la contusion détermine rarement des épanchements simples. Ordinairement ces épanchements sont mixtes, séro-sanguins ou sanguins-purulents ; dans quelques cas, on voit ces trois produits d'exhalation se confondre, et le liquide qui résulte de leur association présenter des qualités extrêmement variables. Mais toutes ces différences dans le fluide épanché sont sans influence sur le traitement, qui se réduit toujours à en favoriser la résorption, ou à lui créer une issue artificielle.
Épanchements sanguins. — L'accumulation du sang dans les bourses séreuses succède ordinairement aux contusions qui ont été assez violentes pour amener une déchirure de leurs parois et rompre quelques vaisseaux.
Anatomie et physiologie PATHOLOGIQUES. — Le premier efl'et de l^accumulation du sang dans une bourse séreuse parait être sa coagulation. Le caillot peut se décolorer de la circonférence au centre, et prendre de la consistance; se décomposer en fragments flbrineux qui nagent dans un liquide séreux; constituer par sa fibrine plusieurs couohes successives qui doublent les parois de la capsule et lui donnent quelque ressemblance avec les couches stratifiées d'une poche anévrysmale. Plus souvent le caillot se ramollit, au moins en partie; le sérum, mêlé à des proportions difl'érentes de matière colorante, prend une teinte de rouille plus ou moins foncée, de chocolat, etc. Cette sérosité, provenant du sang, peut disparaître ou augmenter par Taddition de celle qu'exhale la capsule. Enfin il peut subir, ainsi que nous l'avons dit, la décomposition purulente.
Ces épanchements sanguins se terminent quelquefois : 1" par la résorption du sang avant la coagulation; 2* par la transformation purulente ou par suppuration ; Z° par élimination, lorsqu'à la suite de la ^^ntusion il s'est formé une eschare; W* par des transformations diverses, ^n grumeaux, en bouillie, en corps étrangers de diverse nature.
Ces tumeurs sanguines ont pour caractères distinctifs la rapidité de ^^ur développement : en efl'et, elles apparaissent avant le temps nécessite à la formation des autres épanchements; leur siège, leur forme ^ien circonscrite, le peu de douleur qu'elles présentent à la pression, ^t surtout une sorte de crépitation spéciale due à l'écrasement du caillot P^r la pression.
Traitement. — Il difl'ère selon que la tumeur est récente ou ancienne.
et n'est plus susceptible d'être absorbé ; alors on pratique un incision sur les parois de la tumeur, et on les laisse suppurer sont saines ; si elles sont épaissies et dégénérées^ on procède à l'ablation totale du kyste. Mais il ne faut pas se hâter de pratic; diverses opérations^ Texpérience ayant appris que la résorption même après un temps fort long.
§ m. ~ FUÎM.
Les plaies des bourses séreuses occasionnées par des insti tranchants et piquants ne sont ordinairement suivies craucun af rinllammation qu'elles déterminent est limitée aux lèvres de la i de continuité^ qui se réunissent en général par première inten alors même que les bords de la plaie suppurent, on voit tr(*s n rirritation se propager aux parois de la bourse séreuse. On doit $ sèment éviter dans tous les cas de chercher à reconnaître, par duction d'un stylet ou de tout autre corps étranger, si la plaie nétrante; de semblables recherches suHiraient, ainsi que le p les faits rapporti'^s par Hrodie, pour développer rinflammatioi capsule, et auraient un résultat beaucoup plus fikheux que la ( tion elle-même, qui n'enlève pas à la plaie son caractère de «in La réunion immédiate, a l'aide de bandelettes agglutinatives, n tout le traitement qu'elles réclament.
Les plaies contuses sont loin d'otfrir la même simplicité ; le pi vent une inflammation aiguë en est la conséquence, et cette in( tion elle-même produit à son tour une exhalation séro-album sanguine ou purulente; elle est annoncée du deuxième au froisiè
AFFECnOirS DES BOURSES SÉREUSES SOUS-CUTANÉES. 53$
la sécrétion diminue^ cesse^ et la plaie se cicatrise ; dans quelques cas cependant les téguments se réunissent avant les parties profondes qui sont le siège d'une irritation assez vive pour que les parois de la poche sécrètent encore de la matière purulente : la guérison n'est alors qu'apparente^ et bientôt il se forme une tumeur qui^ dans quelques cas^ disparaît spontanément, mais qui, le plus souvent, nécessite rintervention du chirurgien. La conduite à tenir dans ce cas est celle que nous avons conseillée pour les épanchements purulents des bours.es séreuses.
Dans certains cas les malades se croient radicalement guéris après la cicatrisation des téguments, ou ne se doutent pas de la gravité de leur maladie, reprennent leurs travaux, et pour peu qu'ils fatiguent, que la région malade se trouve exposée à une contusion, à des froissements répétés, les accidents se montrent avec une intensité nouvelle, l'inflamniation s'étend de la bourse séreuse aux parties voisines, le membre tout entier s'engorge et l'on observe un véritable phlegmon diffus. Les accidents de ce genre ont été assez souvent observés à la suite de plaie contuse de la synoviale située en arrière de l'olécrâne. Dans les cas de ce genre, non-seulement les blessés se trouvent exposés à tous les accidents qui caractérisent le phlegmon diffus, mais encore la guérison de la bourse muqueuse ne peut être obtenue que par le développement de bourgeons charnus et l'accolement de la paroi. Augsi en résulte-t-il une roideur et une gêne des mouvements du membre qui peuvent persister pendant un temps assez long.
Ce que nous venons de dire des accidents propres aux plaies contuses des bourses séreuses doit engager le chirurgien à une grande prudence et à réserver son pronostic, car une plaie des plus simples en apparence peut prendre un très mauvais caractère et causer les accidents les plus ftcheux.
Le traitement des plaies contuses des bourses séreuses consiste, ^prës en avoir lavé la surface, à réunir immédiatement leurs bords, si ïft contusion est modérée, et à prévenir le développement des phénoniènes inflammatoires par des applications froides et résolutives. Si l'inflammation se montre et prend de l'intensité, il faut enlever les ^glutinatifs et persévérer dans l'emploi des mêmes moyens, ou recourir ^ux antiphlogistiques locaux et généraux, et débrider largement s'il existait des symptômes d'étranglement inflammatoire. Dans tous les cas, on tiendra la partie dans un repos absolu.
§ XT. — Oorpf éirangerf.
Les corps étrangers des bourses séreuses n'ont été clairement indiqués qu'au commencement de ce siècle; ils furent observés à peu près
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à la même époque, en France par Dupuytren^ et en AtiffÊtÊnt ptr A. Cooper. En 1811, le premier de ces auteurs en fit le siyel d'une de ses leçons cliniques; et la même année, le second, conjointemenl âwee M. A. Marcet, les soumettait à l'analyse; en 1819, Brodie donna aœ interprétation satisfaisante de leur étiologie en les rattachant aux épanchements séro-albumineux.
Anatomie PATDOLOGiQi'E. — Ces petits corps, tenus en suspension dans un liquide synovial transparent, sont blanchâtres, et d'une consistance qui varie depuis celle d'un noyau fibrineux jusqu'à celle d'un i)bro-ca^ tîlage; leur forme les a fait comparer à des pépins de poire, à desgraios d'orge, à des graines de melon, à des grains de riz à moitié cuits. Leur volume, qui atteint à peine celui d'une lentille, dépasse rarement, rétendue d'un centimètre dans ses plus grandes dimensions, nombre s'élève quelquefois à plusieurs centaines. M. J. Cloquet en trouvé plusieurs milliers ^lans une tumeur constituée par la séreuse située entre le grand fessier et l'ischion. Leur aspect est \h comme celui des corps durs qui ont longtemps frotté les uns les autres; leur nature n'a pas encore été bien indiquée. Brodie considère comme des flocons de lymphe coagulable, qui ont d'i
formé des masses irrégulières, se sont ensuite divisés en fragments plie 3
petits, par le mouvement et la pression des parties contiguês, et ont fii par suite de leurs collisions fréquentes, par acquérir de la consisi et de la régularité. M. Velpeau fait remonter l'origine de ces corps à dnoyaux fibrineux, et les rattache par conséquent aux épand^emea $t sanguins. Dupuytren les a crus doués d'une organisation rudimentaiw, et les avait rangés parmi les hydatides, contrairement à l'opinioa de deux célèbres naturalistes, Bosc et Duméril. M. llaspail, il est vrai, en a donné une description bien propre à confirmer l'opinion de Dupuytren : non-seulement il leur a trouvé une bouche, vainement cherchée par les naturalistes que nous venons de citer, mais il est par>enu à dérouler une partie de leur tube digestif. Nous avons lo avec attention le travail de M. Raspail, et nous devons déclarer que nous ne saurions sur aucun point partager son opinion. Les théorie émises par Brodie et M. Velpeau sur la formation de ces corps non semblent infiniment plus vraisemblables.
Étiologie. — Les causes qui semblent présider au développeroeot de œs corps étrangers paraissent être les coups, les chutes, les pi» sions, la distension, les frottements de tout genre dont les bourif séreuses sont le siège. Brodie et M. Velpeau admettent cette étiolop qu'indique aussi Dupuytren, bien qu'elle semble se concilier asseï rr avec l'opinion qu'il a émise sur la nature de ces corps.
Symptomatologie. — Tous ces corps étrangers suspendus dans liquide plus ou moins abondant constituent une tumeur qui prés^
loxï^u'on cherche à y constater la fluctuation^ une sorte de frottement^
dû à la collision de ces corps^ soit entre eux, soit contre les parois du
kyste. Ce frottement particulier a été comparé par Dupuytren à la sen-
sa.lloa que donneraient des grains de riz a demi cuits^ qu'on ferait
puflwr d'une poche dans la poche opposée ; ou bien encore au bruit
d'usé chaîne à petits anneaux, enveloppée dans une bourse de peau,
dont on presserait les chaînons l'un contre l'autre à travers les parois
de la bourse; et par M. Leguey à celle qu'on éprouve quand on froisse
de Tamidon entre les doigts, ou bien quand on marche sur une couche
de neige assez épaisse. Cette sensation est le signe pathognomonique
de cette affection.
Traitement. — La seule indication à remplir est l'incision de la capsule séreuse, qui permet l'évacuation des corps étrangers, détermine ensuite la suppuration de ses parois, et enfm son occlusion. *
ARTICLE IL
Ces affections présentent avec celles qui précèdent une grande analo* gie; elles n'en diffèrent d'une manière essentielle que sous le point de vue de leur pronostic. L'étendue de surface beaucoup plus considérable des bourses tendineuses, l'enceinte fibreuse qui les bride de tous côtés, la présence d'un organe important dont il est presque impossible de contenir les mouvements, et enfin le voisinage des synoviales articulaires, impriment à leurs affections un caractère plus fâcheux. Nous les exposerons dans le même ordre que les précédentes, en nous attachant surtout aux phénomènes qui leur sont propres.
§ X. — Inflammation!.
L'inflammation des séreuses des tendons n'est pas très fréquente : situées dans des canaux cylindriques, où elles sont protégées par des saillies osseuses, elles échappent en partie aux violences extérieures; ïaais leurs rapports multipliés avec les os et les articulations les associent en quelque sorte à tous les désordres qui peuvent résulter des (factures, des luxations, et des altérations si variées et si fréquentes <lont ces parties sont le siège. Toutes ces causes d'irritation cependant aedéveloppent en général dans les séreuses des tendons que des inflamnuitions lentes, souvent ignorées, et qu'on ne reconnaît ordinairement que très tard au moment de l'apparition des épanchements.
Iln'est pas très rare de voir des mouvements violents et longtemps
558 AFFICTIONS DK8 BOUKSIS SiRlUSBS.
prolongés de certaines articulations provoquer une inflammation qui se présente avec une physionomie toute spéciale^ et qui a été désignée sous le nom d'aï, de crépitation doulouretue des tendons, A la suite da cette affection, quelquefois à la suite des épanchements dans les galon tendineuses, et dans quelques cas tout à fait spontanément, onobtent une dégénérescence particulière de la gaine tendineuse qui est déerito sous le nom de fongosités des gaines synoviales. Nous diviserons donele^ affections inflammatoires des gaines tendineuses en trois paragraphes^ i^ crépitation douloureuse des tendons, 2'* épanchements, y fongosités Jt^ gaines synoviales. Dans un certain nombre de cas, on ne saurait mettra en doute les relations qui existent entre les divers états, néanmoins noi^ devons rappeler que souvent elles le montrent isolément, c>st-à-dii^ que Ton peut observer des fongosités dans les coulisses tendineoiei san^ que cette altération ait été précédée de crépitation douloureiue ou d'épanchement. Il y a donc quelquefois dans l'inflammation desgaloes tendineuses un premier état qui échappe à l'observateur qui alors oe constate Taltération pathologique qu'à un état assez avancé. C'est ce qui nous a cngcigé à décrire isolément des altérations qui ne sont som'eot qu'une conséquence des progrès du mal.
A. — Crépitation douloureuse des tendons.
Cette affection, désignée quelquefois sous le nom d'aï, n'est bien connue que depuis quelques aimées seulement. On trouve bien dans les auteurs quelques remarques isolées; mais personne n'avait, iTiot M. Velpeau, songé à en tracer Thistoire complète. Desault(l) avait «rtaincment entrevu cette affection, puisqu'en décrivant les signes diU fracture du radius, Bichat ajoute : «Desault recommandait de ne pu confondre ce dernier signe la crépitation) avec une espèce de bruit qw s<^ fait entendre quelquefois dans la gaine des tendons des muscles loag. c'Mirt extenseur et long abducteur, soit qu'il résulte d'une infiltratiflo de synovie dans cette gaine, soit qu'une autre cause lui donne vsiy sance. Mais outre que ce phénomène est assez rare... » Boyer conoaitsait également l'aï ; il en indique les causes ; il craint comme \)Huà que Ton ne confonde la crépitation qu'il détermine avec celle <|V résulte d'une fracture. C'est surtout en i83/!i, dans une leçon cliniqo^ faite à l'hôpital de la Pitié, que M. Velpeau a signalé les particularités les plus intéressantes de cette affection et en a fait connaître exacteotfot le siège et la nature ; Tannée suivante M. Poulain (2) publiait, d'aprisl^
(1) Desault, OEuvres chirurgicales, t. I,p. 157. Paris, 1801.
(2) Poulain, CaxeUe médicale, 1835.
Viçons de M. Velpeau, un très intéressant mémoire. Quelques années après, M. Velpeau, dans ses Leçons cliniques (1), trace l'histoire de cette affection, dont M. Michon (2) devait bientôt nous donner la description la plus complète.
L'affection que nous décrivons dans ce paragraphe se manifeste à ia jambe, sur le cou-de-pied derrière les malléoles, sur le trajet du tendon du muscle extenseur propre du gros orteil. M. Poulain a rapporté une observation de crépitation douloureuse ayant son siège dans lagatnede la longue portion du muscle biceps brachial ; mais dans la plupart des cas qui ont été observés, la maladie s'est montrée sur le trajet de la gaine des muscles radiaux, court extenseur et long abducteur du pouce, un peu plus rarement on la rencontre autour des tendons extenseurs et fléchisseurs des doigts. Deux fois M. Velpeau a vu cette inflammation se propager aux gaines tendineuses jusqu'au niveau des phalanges. C'est donc à la partie externe et postérieure de l'avant-bras que cette affection se montre le plus souvent.
L'aï s'observe principalement à la suite d'actions qui ont exigé une forte pronation ou une flexion souvent répétée du poignet. Nous l'avons vu survenir chez un marchand de vin qui avait roulé et rangé des futailles pleines ; chez un papetier qui, n'en ayant pas l'habitude, avait 4uittu des livres pendant tout un jour : chez tous deux il était survenu une inflammation de la gaine des deux radiaux. Il est rare de voir cette affection se montrer à la suite de violences extérieures ; souvent il est impossible d'en connaître la cause.
tes malades accusent, dès le début, une douleur assez vive s'exaspéttint parla pression, parles mouvements actifs ou communiqués. Peu à peu les souffrances disparaissent ; elles n'existant plus dans l'état de F€po8 et ne se manifestent que par le mouvement. La température de la région malade n'est pas modifiée ; il est même assez rare de constater de la rougeur ; lorsque celle-ci existe, elle disparaît sous la pression du doigt. On observe une tuméfaction peu considérable, mais constante, dans la direction des gaines affectées. Ainsi la maladie occupe-t-elle la gaine des muscles radiaux externes, la tumeur est allongée ; elle commence à la partie inférieure et externe de l'avant-bras et s'étend en arrière en se contournant en spirale. Nous n'insisterons pas davantage sur ce symptôme, qui, on le comprend, varie avec l'espèce de gaîne enflammée.
Le signe pathognomonique de cette affection est une espèce de crépitation qui a été comparée avec beaucoup de justesse au bruit que fait
(1) Velpeau, Leçwïs de clinique chirurgicale, t. I. p. 9^. Paris, iSAl. (%) Michon, Des tumeurs synoviales de la partie inférieure de Vavanl'-bras, etc., ^ès€ pour le concours de clinique chirurgicale, 1851.
5ft0 AFFECTIONS DES BOURSES SÉREUSES.
l'amidon que l'on froisse entre ses doigts^ ou la neige gelée que l'oc^ écrase sous ses pieds. Si cette crépitation présente des variétés quant % son étendue^ à sa direction^ à son intensité, il n'en est pas moins vn^ qu'elle conserve toujours le même caractère. On peut la constater pi^ la pression^ ou mieux en communiquant au membre des mouveroent^s alternatifs de pronation et de supination.
L'ai semble ne devoir être confondu avec une autre affection. Cepeii. dant on a pu croire à l'existence d'une fracture du radius ; nous avons déjà dit que Desault conseillait de se mettre en garde contre cette espèce d'erreur. En 1818^ M. Velpeau a vu à Tours un malade qui pordil depuis trois jours un appareil de fracture de Tavant-bras, et chet leqod il n'existait autre chose qu'une crépitation douloureuse des tendons. Li môme erreur a été obsèr>'ée par Wallace (de Dublin) (1). Nous n'aToos pas à insister sur les caractères différentiels de ces deux affections; il suffit d'être prévenu pour qu'une erreur ne puisse être commise.
L'aï n'offre aucune gravité^ presque toujours il se termine par résolution. On a vu cependant; à la suite d'une prédisposition individuelle, par le fait d'un traitement mal dirigé^ la maladie se prolonger indéfiniment et se terminer par la dégénérescence fongueuse des coulisses synoviales.
Abandonné à lui-même, l'aï disparaît spontanément. Quand la dos* leur et le gonflement se montrent avec un caractère d'acuité noUbkr on prescrit le repos et la compression; si la douleur est vive, la pM chaude, on pose quelques sangsues sur le trajet des gaines enflamméa. Quand enfin, la maladie est passée à l'état chronique, il devient utile d'appliquer quelques vésicatoires volants. Quelquefois il reste après II guérison une roideur considérable dans les mouvements ; on prescrit alors des bains émollients, des douches de vapeur, et l'on communiqoe chaque jour au membre des mouvements dont toutes les fois on aoffmenle l'étendue.
B. — Êpanchement dans les gaines synoviales.
Les épanchements des gaines synoviales sont /<fretix ou punileiiti.
V Eitanchements séreux. — Les collections séreuses dans la gaine des tendons prennent quelquefois le nom de gangliont. On les obsenrele plus souvent autour du poignet et sur la face dorsale du pied. Les tumeurs qu'elles produisent tendent souvent à prendre la forme d'one sphère, cependant quelquefois, par suite des obstacles qui s'opposent à leur libre développement, elles sont tantôt coniques, hémisphériques, tantùt ovalaires, cylindroïdes, etc. Le volume de ces tumeurs varie depuis celui d'une noisette jusqu'à celui d'un œuf de poule. Le liquide qu'elles contiennent est en général jaune, filant et transparent comme
AFFECTIONS DES BOURSES SEREUSES DES TENDONS. bU\
ynovie, mais il peut être aussi tout à fait séreux^ ou offrir une conince sirupeuse^ une couleur rougeâtre^ et ressembler à de la gelée groseille. Les parois de la poche sont lisses^ peu épaisses^ diaphanes, ans trace d'altération lorsque la tumeur est ancienne ; si elle est ' ente, on peut observer Tinjection de quelques vaisseaux capillaires is leur épaisseur^ des débris albumineux, ou de petits caillots san- 08; mais rarement Toccasion'se présente de faire de semblables ervations.
•es ganglions ont une grande tendance à rester stationnaircs. Tant ils offrent un petit volume, ils ont peu d'inconvénients; mais s'ils tinuent à se développer, ils gênent les mouvements ; et lorsqu'ils apent la main, ils peuvent forcer les malades à suspendre les occuons ordinaires de leur profession. Lorsqu'ils siègent sur le pied, ils ent souvent la marche; c'est alors que les malades viennent réner les secours de l'art.
n reconnaît les épanchements séreux des bourses tendineuses à leur ae arrondie, à leur siège, à leur fluctuation, à leur indolence, et s ajouterons à leur demi-transparence, qu'il est souvent facile de stater. Il arrive quelquefois que la synoviale d'une articulation happe à travers un éraillement de ligaments, et que la synovie cumule dans cette poche supplémentaire. Il importe de ne point fondre cette tumeur produite par la hernie d'une synoviale avec e qu'occasionne l'hydropisie des tendons. M. J. Cloquet, qui a ûeurs fois observé ces tumeurs herniaires, a indiqué le moyen de reconnaître et d'éviter toute erreur. Ce moyen consiste à exercer la tumeur une pression douce et graduelle : si elle est formée par ynoviale, elle disparaîtra par la rentrée du liquide dans la cavité culaire pour reparaître dès que la pression cessera; si elle est mée par la séreuse d'un tendon, elle conservera sa forme et son ame.
.e traitement de ces ganglions sera soumis aux mêmes règles que ni de rhygroma. Après l'emploi des moyens résolutifs, le chirurgien a à choisir, pour faire disparaître le liquide, entre les six procédés iratoires que nous avons décrits. L'écrasement, la simple ponction 'incision sont ceux qui méritent ici la préférence ; l'excision et les Motions doivent être repoussées comme dangereuses; l'extirpation à peu près impossible.
"* Epanchements purulents. — La suppuration dans les bourses séreuses tendons survient ordinairement à la suite des contusions, des plaies tuses ou des plaies compliquées de perte de substance ; il est frént de l'observer à la suite de certaines désarticulations, celle des fts et des orteils, par exemple, orsque le pus s'est formé dans la séreuse d'un tendon, on trouve
5(l2 AFFECTIONS DES BOURSES sâHEUSES.
des bourgeons charnus sur tous les points qui suppurent; la oiembranf pyogénique qu'ils forment est tantôt limitée à une partie de la séreux, (ît tantôt en occupe toute l'étendue. Dans le premier cas, répancheiueot purulent prend la forme d'un abcès enkysté. Il peut en exister ainsi plusieurs sur le trajet d'un tendon^ qui sont sans communication entrt* eux^ en sorte qu'on chercherait vainement à faire refluev le pu8 de l'un dans l'autre ; sous ce rapport^ les épanchements purulents diflîèifDt essentielloment des épanchements séreux. La membrane pyogéiiiqut> qui tapisse la bourse séreuse enveloppe comme elle le tendon, etteiM) ainsi à l'isoler du foyer de la suppuration et à le protéger ; mais rtttr membrane n'est pas constante. Lorsque le pus qui occupe la gaine s'mi de parties plus éloignées, comme on robser\'eà la suite de vastes con* tusions, de fractures comminutives, de phlegmons ditl'us<, il be rtpiiKi dans toute retendue de la gaine, la dilate, et, par la distension qu'illui fait subir, complète la déchirure des petits vaisseaux qui se portant an tendons à travers les duplicatui*es de la séreuse, laquelle leur ron&iitue, pour ainsi dire, de petits mésentères; alors se montrent surcrt organes des gangrènes partielles, des exfoliations plus ou moins étendue» dont les débris nagent au milieu du pus. Mais ces exfoliations dt* trndons ne se montrent que consécutivement à ces vastes désordres qui intéressent à la fois les gaines tendineuses, le |)érioste., les os vt tiMilt^ les parties molles voisines.
\a: pus épanché dans une capsule tendineuse amincit les |Mnii»(lf cette capsule, et les perfore ainsi que la peau, pour se porter au dclutn: lorsqu'il s'est échappé, la suppuration change assez rapideiueiit (if <*araetère, et devient exclusivement séreuse. Partout où se sont AîWloppés des bourgeons charnus, des adhérences tendent k s établir ;njaii le tendon, sanscess<' sollicité par la contra(!tion du muscle, se Acfiift avant que l'adhésion des surfaces soit assez solide pour résister; inbo ces adhérences sont-elles le plus souvent simplement fîlamentaitt^ comme celles qui succèdent à l'inflanunation de la plèvre ; quelquefois même ces liens lilamenteux ne se produisent pas, et le tendon consen< toute la liberté «le ses mouvements.
1^ suppuration des gaines tendineuses, n'occasionnant, dans la v»t^ rite des cas, ni la mortification des tendons, ni la perte de leurs moinfments, semblerait constituer une maladie très simple. Cependant dli" doit être n^gardée comme un<» affection grave, et les eonséqueoce» fâcheuses qu'elle entraine dépendent de la nmltiplicité des gainer ti*D(i' neuses qu'elle peut occuper simu1t<tnément, de l'inilammation phkfnn"* neuse qui souvent la complique, et surtout de la réaction générale pttf^ ou moins violente qu'elle provoifue.
Les tumeurs (]ue forment ces épanchements purulents sont nioin^ a|)parenies que le^ tumeui*siinalogues des boui*ses séreuses pn»preak^>'^
dites ; et elles ne deviennent le plus souvent manifestes que lorsque la bourse des tendons fait hernie au-dessus de la gatne fibreuse, ou à travers un éraillement de ses fibres; mais lorsqu^on peut y reconnaître la fluctuation^ le diagnostic en devient facile; car si la réunion de ces deux caractères^ inflammation et fluctuation^ coexiste avec une cdleclion séreuse dans les bourses sous-cutanées^ presque toujours elle révèle Texistence d'une collection purulente dans les gatnes des tendons.
Ces abcès doivent être ouverts dès qu'ils sont reconnus. Une simple ponction avec le bistouri^ et une pression modérée pour compléter l'évacuation du pus^ suffiront le plus souvent A ce traitement dirigé contre Tépanchcment on joindra le repos le plus absolu^ et l'emploi des émoilients et des antiphlogistiques locaux pour calmer et dissiper llnflammation.