C. — Fongosités des coulisses synoviales
ÉiiOLOGiE.^ Il est rare que l'on soit appelé à constater à leur début l'existence des fongosités développées dans les coulisses synoviales; l'affection existe depuis longtemps lorsque les malades viennent réclamer les secours de l'art^ et si on les interroge on voit que presque toujours ils accusent des efforts violents ou souvent répétés : c'est ainsi que des fongosités se seraient développées à la suite d'entorse^ d'efforts pour ssulever un fardeau^ etc. On est donc souvent en droit d'invoquer les mêmes causes que celles qui provoquent l'affection que nous avonsdécrite plus haut sous le nom de crépitation douloureuse des tendons; d'ailleurs, il n'est pas très rare de voir cette dernière affection donner lieu au développement de fongosités. Elle succède quelquefois aux tumeurs riziformes, hordéiformes dont nous avons parié, à des épanchements dont la résolution n'a pas été obtenue; enfin l'introduction de corps étrangers, d'un séton, par exemple, dans un épanchement, les injections irritarites, peuvent provoquer le développement de ces fongosités. Elles se montrent encore assez fréquemment à la suite d'incisions portées sur une membrane synoviale déjà enflammée; aussi S.Cooper a-t-ildit : a Lorsque le ganglion s'enflamme, il dégénère souvent ^un fongus de nature très maligne.» Cette afi'ection se montre quelquefois à la suite de lésion du tissu osseux ou des articulations.
Anatomie PATHOLOGiguE. — Lorsquc la maladie est arrivée à son 'P^ximum de développement, les synoviales ne semblent plus exister, il n'y a plus ni membranes, ni surface, ni cavité séreuse, et les tendons sont complètement enveloppés de fongosités; celles-ci remplissent toute la gatne, refoulent les tissus ambiants, se portent principalement vers
les points où la résistance est plus faible, et remontent jusque sur la partie charnue des muscles. Cette masse fongueuse est enveloppée par une membrane quelquefois épaisse, résistante, qui n'est autre chose que la lame externe des gaines tendineuses. Autour de cette membrane le tissu cellulaire est épaissi, induré, quelquefois infiltré d'un suc visqueux de coloration variable. Au bout d'un temps plus ou moins long la peau se perfore et donne passage à des végétations molles, .^ i
fuyant sous le doigt, constituées par des bourgeons volumineux, gri j
sàtres par places, rouges, comme veloutés dans d'autres, qui rappellen l'aspect des végétations encéphaloïdes, ou bien celui des vieux de la jambe, ou des ulcérations que Ton trouve sur les surfaces articu laires des sujets scrofuleux.
Dans quelques cas la gaine n'est pas entièren^ent envahie, il alors une cavité plus ou moins vaste, à parois ternes, dépolies, contenant aucun liquide o^ renfermant des corps riziformes.
Cette affection n'est pas toujours limitée à une gaine tendineuse, il n'est pas rare de la voir envahir les gaines voisines : c'est ainsi q Lenoir a vu les tendons des muscles jambier postérieur et fléchisseu commun des orteils, englobés dans une même masse solide.
Les tendons conser\'ent le plus souvent leur volume et leur stnictu^^ normale, ils sont seulement moins brillants et d'un jaune plus fonr ^, Les tissus circonvoisins n'éprouvent d'autre altération que celle résulte de la distension ou de leur refoulement. Les os sont fréquei ment le siège d'une inflammation plus ou moins étendue; il n'est toujours facile de déterminer si dans ces cas l'ostéite est primitive <xi secondaire.
Symptomatolo(;ie. — 11 est extrêmement rave que l'on ait à examina cette aflection à son début, aussi ne saurions-nous indiquer les synh ptômes qu'elle présente à son origine ; un empâtement profond, de b gêne des mouvements sont à peu près les seuls signes indiqués par ks malades. Lorsque la maladie est confirmée, on obser\'e une tuméhetîoo bien limitée ; la tumeur est eu général, plus saillante à sa partie moyenne qu'à ses extrémités, elle offre une forme variable, en rapport d'ailleurs avec la conformation de la coulisse tendineuse affectée, à U résistance des tissus voisins : ainsi, par exemple, les aponévroses et k ligament annulaire du carpe, se laissant distendre iné^lement, impriment des sillons, font apparaître dos bosselures qui n'existeraient pis si la résistance était égale dans tous les points.
I^ tumeur jouit de mouvements de latéralité d'autant plus élendo^ que les gaines envahies sont plus superficielles; si l'on fait contracter les muscles et si en même temps on applique la main sur la tumeur, on sent qu'elle S4î déplace ; sa consistance est variable, toutefois on ne rencontre pas criiiduration, on constate au contraire une grande éla>-
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licite qui peul âtre prise pour de la tluctuatîoii; les malades accusent 'ie lu raideur, un engourdissement continuel.
lei itiuuveniL'nts, quoique peu douloureux, ijont moins complets, ■iioins sûrs: aussi les objeU s'échappent-ils spontanément des doigts qui l^s lù'nnent, les faux pas sont-ils plus fréquents, si la maladie sié^e aux membres inférieurs. La pression, les coups, les faux pas peuvent exaspérer la douleur, qui devient parfois ti-ès vive. Dans quelques cas, les malades éprouvent des soutira nccs sur le trajet des tilets nerveux qui avoi- ^înent la tumeur, par contre la sensibilité est souvent émousséo; dans un cas on u constaté l'anesthésie des trois derniers doigts.
Pendant longtemps la peau se laisse distendre tout en conservant sa coloration normale, puis elle devient violacée, luisante, enfin elle finit (>ar s'amincir et s'ulcérer. Dès qu'il existe une solution de continuité aux téguments, que celle-ci soit spontanée ou faile avec le bistouri, les fongosités se montrent à rexlérieur et se développent avec une gi'ande rapidité. Le fongus est mou, d'un rouge vif qui rappelle l'aspect des bout^eons cbarnus exubérants et inliltrés; il donne lieu à un suintement séro-puvulent peu abondant, presque inodore. Ce tissu n'est point douloureux, n'olfre point de traces d'induration, il saigne assez facilement. Dans le fongus simple, il n'y a pas de retentissement sur l'élat général ; mais il n'en est plus de même lorsqu'il y « complication d'intlammation (les os ou des articulations.
Cette affection est essentiellement chronique, elle met beaucoup de temps il parcourir toutes ses phases; puis, après Ctrc restée longtemps stationnaire et sous l'influence d'un coup ou de toute autre violence extérieure, la tumeur augmente rapidement do volume pour devenir Btationnaire encore. Lorsque les fongosités ne sont plus protégées par la peau, la marche est infiniment plus rapide ; l'excision, la cautérisation sont souvent impuissantes pour faire rétrograder la maladie.
Diàgkostic. — Cette affection peut être confondue avec un kyste synovial; dans les deux cas, la tumeur est molle, élastique, on sent une fluctuation plus ou moins uhscure. Pour reconnaître la nature du mal, "n est forcé souvent d'en arriver a une ponction exploratrice : si l'on a affaire â un kyste, le trocart donne passage à un liquide séreux plus I uu moins épais; si, au contraire, il s'agit de fongosités, il donne pasl Mge il du sang, et l'on trouve dans la canule des parcelles solides. II il facile de distinguer la dégénérescence fongueuse des coulisses tendineuses, des tumeurs blanches des articulations. En eQet, dans ces I dernières, la tuméfaction est limitée à l'articulation, tandis que dans la I première, on voit la tumeur se prolonger dans la direction bien connue I des tendons.
n'est pas très rare de voir cette affection confondue avec le cancer; inmoins la marche rapide du cancer, les engorgements ganglionnaires
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