‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 95 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ARTICLE PREMIER

ARTÉRITE.

Vartérite [arteritis) est l'inflammation des artères. L'artérite n'a été que rarement observée dans le système artériel pulmonaire. On la rencontre plus fréquemment dans les divisions de l'aorte, sur les troncs s^rtériels volumineux, et particulièrement sur les artères des membres inférieurs.

Anatoioe PATHOLOGIQUE. — Lcs parois artérielles \ étant formées d'un tissu composé, on conçoit que chacune des parties qui concourent H leur formation peut être isolément atteinte d'inflammation : ainsi l'altération se borne quelquefois à la membrane externe ou au tissu cellulaire qui sépare la tunique interne de la moyenne; mais le plus souvent l'artère est enflammée dans toute son épaisseur, et la gaine artérielle participe elle-même à l'inflammation.

Le vaisseau semble avoir acquis plus de volume, et présente au doigt qui le presse une grande dureté ; ses parois ont augmenté d'épaisseur et perdu leur élasticité. Serré dans une ligature, il se laisse diviser facilement. Après la section, les deux bouts de l'artère ne se rétractent pas comme dans l'état d'intégrité.

Les vaisseaux propres (vasa vasorum) sont très développés et rempli m ; de sang ; le tissu cellulaire qui unit ensemble les membranes extern» ^ et moyenne est devenu friable^ et ne présente plus aucune résistance -^ on peut facilement séparer ces deux tuniques l'une de Tautre. certains cas^ on enlève avec facilité la membrane interne dans une grande étendue^ sous la forme d'un tube cylindrique rempli de ou de productions pseudo-membraneuses. La tunique séreuse présent à sa surface interne un aspect rugueux^ et parait comme ridée : on remarque une teinte rouge plus ou moins intense ; en général, cet •rougeur est uniforme^ et également vive dans toute l'étendue de partie enflammée, et quelle que soit d'ailleurs la couleur du corps c(^ tenu dans l'artère, que ce soit du sang, du pus, ou une exsudativr^n pseudo-membraneuse. Cette rougeur ne disparaît pas par le lavage, et ^le s'efface pas entièrement après une macération prolongée. Elle difle^ tv complètement de cette coloration des artères qu'on trouve si souvc?^ nt sur les cadavres, et qui est due à une simple imbibition, à une vé ^K-itable teinture opérée par le sang. Ces colorations cadavériques serci^nt facilement distinguées de la rougeur inflammatoire à l'aide des sigrmes suivants : l"* on ne trouve aucune injection tasculaire dans les parft. ses colorées; 2"" la coloration rouge se remarque dans les parties du \7» isseau qui sont en contact avec le sang ; 3* elle se voit beaucoup p^ Aus fréquemment en été qu'en hiver, par un temps humide que par vn temps sec ; W elles deviennent plus communes à mesure que la déctz^iaposition s'opère dans le cadavre; 5*" elles sont disposées par bandes, erm trr lesquelles le vaisseau conserve sa couleur : les bandes colorées corr-***pondent à du sang rouge, et les parties restées blanches a descaiLl^l^ décolorés ; 6" enfln elles ne coïncident pas avec les autres altération» des artères que nous venons de décrire, savoir, Tépaissiftsement • fa friabilité et les altérations de s('>crétions dont nous allons parler.

Les produits anormaux qu'on rencontre dans les artères enfltmnatin sont: 1*" du pus; 2"* des dépôts pseudo-membraneux. I^ pus est ai général peu abondant ; on le trouve tantôt dans la gatne de rtrt^. tantôt entre les lames de la tunique externe, tantôt à l'intérieur du vaisseau, et dans ce dernier cas il est ordinairement mêlé à du sing.

Les fausses membranes qui accompagnent l'artérite sont tantôt sécrétées sous forme de petits flocons, tantôt elles représentent de petit« tubes qui doublent la paroi artérielle, tantôt elles constituent des mtfses volumineuses qui adhèrent à la tunique interne. Dans les deux prelni^^ cas, la circulation peut encore avoir lieu, bien que ralentie ; dans If dernier, au contraire, l'artère est complètement obstruée, et, bieo lu delà du point enflammé, elle cesse d'être perméable, elle est remplie de caillots indurés, desséchés, tantôt noirâtres, tantôt décolorés H comme fibreux, et presque toujours adhérents à la tunique externe.

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Symptomatologib. — Quand l'arlérite est consécutive à une blessure u à une opération chirurgicale^ et qu'elle se développe aux bords d'une laie ou autour d'une ligature^ il n'y a en général aucun syptôme appréiable qu'on puisse rapporter à l'inflammation de l'artère.

Il n'en est pas de même d'une inflammation étendue à une grande ariie d'un tronc artériel. Si la circulation du sang continue^ et c'est i le cas le plus rare, le malade éprouve une très vive chaleur dans le lembre, il ressent des pulsations incessantes et analogues à celles qui icompagnent un panaris; le moindre mouvement est extrêmement ouioureux^ la flexion est impossible^ l'extension est la seule position ui puisse être supportée ; on observe en même temps une fièvre vive îcompagnée de soif^ de céphalalgie^ quelquefois de délire. Si l'on >plique le doigt le long de l'artère, on sent une corde volumineuse très ure^ qui est le siège de battements violents; la moindre pression en ce oint est extrêmement douloureuse. Le stéthoscope appliqué fait itendre un bruissement particulier attribué au passage du sang sur la lembrane interne devenue rugueuse. Au bout d'un certain temps, de ix à quinze jours ordinairement, la fièvre baisse, le membre devient loins douloureux, les battements artériels perdent leur' intensité normale, et il ne reste qu'un peju de douleur et d'empâtement dans le nombre. Quelquefois la terminaison n'est pas aussi heureuse, et des bcès se manifestent dans le membre qui a été le siège de l'artérite.

Les symptômes que nous venons d'exposer, et que nous avons eu 'ocM^sion d'observer deux ou trois fois, appartiennent peut-être h 'inflammation du tissu cellulaire contenu dans la gatne du vaisseau, m artérite externe.

8i le cours du sang a été tout d'abord interrompu par une masse iseudo-membraneuse, les artères^ tendues et douloureuses comme dans e premier cas, ne donnent plus que des pulsations affaiblies, et ces pullations cessent bientôt complètement. Arrivée à ce point, la maladie se ermine presque toujours par une gangrène complète du membre voy. Gangrené),

On a cependant observé des cas où la circulation, quelque temps întravée, se rétablit au moyen du développement de nouvelles voies inastomotiques. Alors le membre, qui avait perdu sa chaleur, revient Uraduellement à l'état normal ; dans des cas moins heureux, la guériion est précédée d'abcès phiegmoncux, de gangrène superficielle.

Étiologie. — L'artérite se développe quelquefois à la suite d'une opération chirurgicale, d'une ligature pratiquée pour le traitement d'un iinévrysme, de la ligature du cordon ombilical ; mais le plus souvent elle se manifeste en l'absence de toute action extérieure.

1^9 causes qui produisent Târtérite sont extrêmement obscures. On sait seulement que les vieillards sont plus que les adultes, et surtout

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que les enfants^ prédisposés à cette maladie. Od a pensé que Palms liqueurs alcooliques pouvait avoir sur sa production une i fâcheuse. On Ta vue survenir après la disparition brusque d'un cai et d'une angine intense; on Ta obser\'ée dans la période de déclin maladies générales graves, des fièvres typhoïdes ; mais nous le répétons on ne sait rien de certain sur les causes qui peuvent présider au déve loppement de cette maladie.

Diagnostic. — Quand Tartérite est limitée aux bords d'une plaie o d'une ligature, elle est en général méconnue, à cause de Tobscurité de symptômes locaux et de Tabsence complète de réaction. Au reste, un erreur semblable a peu d'inconvénients, vu l'innocuité de l'affection ei pareil cas et l'inutilité du traitement qu'on pourrait employer.

Quand Tinflammation occupe un tronc artériel volumineux, des sign pathognomoniques servent à la faire reconnaître d'une manière certaî ce sont les douleurs éprouvées par le malade sur le trajet de l'an les battements, la chaleur vive qu'il ressent, la sensation perçue par toucher d'une corde tendue sur le trajet du vaisseau^ des pulsation soit exagérées, soit affaiblies d'abord^ puis complètement supprimée i Il n'est aucune affection qui présente des symptômes semblables, qui puisse par conséquent être confondue avec l'artérite.

Pronostic. — Ce que nous avons dit des terminaisons de Vi suflSt pour établir que cette maladie présente toujours de grands gers; néanmoins nous devons ajouter que certaines circonslaiices vent encore aggraver le pronostic. Et d'abord, quant au siège, le sera plus grand si l'inflammation s'est développée dans une division l'artère pulmonaire ; une gangrène du poumon en sera la conséque nécessaire : si elle occupe un tronc artériel considérable, elle entra! presque fatalement la perte du membre; si elle se manifeste chei^Laii vieillard, elle déterminera une gangrène; si elle sument à la ukSU d'une maladie grave, d'une fièvre typhoïde, etc., le sujet affaibli résS^ tera difficilement à une complication aussi sérieuse.

Traitement. — La thérapeutique n'a que peu de moyens à opposer à une maladie aussi grave. Nous allons indiquer ceux que l'expérience a sanctionnés.

Dans le cas d'artérite accompagnée d'une réaction vive et de battements violents dans le vaisseau enflammé, on doit mettre en usage uo traitement antiphlogistique énergique ; on pratiquera une ou plusieun saignées générales, des applications réitérées de sangsues sur le tnget de l'artère ; on placera le membre dans l'extension, on l'entourera et topiques émollients ; on mettra le malade à une diète sévère, on toi prescrira dos boissons délayantes.

Si les battements de l'artère perdent leur force ou se suppriment entièrement, on aura recours i\ la saignée générale, et l'on aura soind'eih

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autour du membre une température assez élevée. Si^ malgré i de ces moyens^ la gangrène se manifeste^ alors se présenteront relies indications dont il a été traité dans le chapitre consacré h lène.

ARTICLE II

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