‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 96 sur 135 · BLESSURES DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

BLESSURES DES ARTÈRES

toire des plaies artérielles est d^une très haute importance en ie pratique ; car, indépendamment des maladies fort graves^ ne les anévrysmes^ auxquelles ces lésions peuvent donner lieu^ par hémorrhagie peut en être la conséquence immédiate : aussi t de la science a-t-il depuis* longtemps fixé Tattention de tous urgicns. J. L. Petit, Morand, Pouteau, Callisen, White^ Jones, , Hodgson, et, plus près de nous, Sanson, Bérard aine, Amussat, uveilliier et Velpeau, en ont fait Tobjet de travaux importants is mettrons souvent à contribution dans cet article, olutions de continuité des artères, et les lésions de leurs parois cause externe quelconque, voilà ce que nous comprendrons nom de blessures artérfelles.

ons qu'il sera seulement question ici des blessures de celles des dont le calibre est assez considérable pour qu'on ne puisse les )armi les vaisseaux capillaires.'

arois des artères ne présentent pas une épaisseur fort grande ; essures peuvent cependant être divisées en pénétrantes et non )tes.

les agents vulnérants capables de détruire la continuité de nos suvent les produire. Nous pourrons donc les subdiviser en plaies ?s par instruinents piquants, tranchants, contondants ; produites corps lancés par la poudre à canon, par distension ou arrache- >n peut enfin rapprocher de ces plaies l'action du feu et des himiques, Taction des ligatures sur les parois artérielles.

§ I. — Plaies non péBétrantot.

îurs variétés méritent d'être notées : l'* Varthe est mise à nu de sa gaine celiuleuse. A la suite d'une plaie, les tissus qui 3t Tartère se trouvant divisés, l'artère elle-même n'étant plus 8 dans sa circonférence, on pourrait penser qu'une ulcération nflammation des parois du vaisseau dénudé résultera de cette nais il n'en est rien : Tartérite est très rarement la conséquence

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de l'inflammation des parties qui environnent l'artère. La plaie gnérit donc comme toute plaie simple, c'est-à-dire par exhalation de matière plastique, développement de bourgeons charnus, etc. Boyer a m cettp variété de plaies non pénétrantes à r«irtére brachiale, et Bénidalnf*! l'iliaque externe.

2° La tunique exiome est lésée en même temps que la gaine. — Callisen croyait, dans ces cas, à la possibilité de la production d'une hernie des tuniques interne ou moyenne à travers l'externe divisée, hernie qui ne serait autre chose qu'un anévrysme. Mais il résulte d'expériencw tentées sur les animaux que, lorsque la tunique externe est dWisk seule, les autres tuniques étant intactes, bientôt des bourgeons cbanwf se développent, et la plaie guérit, comme si l'artért* n'avait point ^\t intéressée.

3* Les tuniques externe et moyenne sont divisées. — On a craint encore, dans ce cas, la formation d'un anévrysme mixte interne, la tunique interne de Tartère s'engageant à travers la plaie faite aux deux autres. Cette opinion semblait corroborée par les expériences de Hallermirh artères mésentériques des grenouilles. Mais Hunter a répété ces expériences, et il a obtenu des résultats contraires à ceux du célèbre phy* siologiste de Berne. Suivant Lancisi, quelques anévrysmes du pli du bras développés à la suite de la saignée reconnaîtraient ce mode de production, mais aucune dissection n'a justifié cette manière de voir. Reile k fait de Dupuytren et Dubois, qui se rattache aux anévrysmes spootaoès et qui d'ailleurs a été diversement interprété par les chirurgiens, et en particulier par Béclard.

En résumé, on n'admet plus aujourd'hui la possibilité de cette hernie de la tunique interne. Boyer lavait rejetée, et avec raison ; car de deux choses Tune : ou la tunique interne sera assez forte pour ré«iteri Faction du sang, et alors commencera un travail de cicatrisation dtf» les tuniques blessées, qui, au bout d'un certain temps, seront rendu» à leur état normal ; ou bien l'interne ne sera pas assez solide, «*** résistante; elle se rompra, et il y aura plaie, hémorrhagie, etc. CftU dernière circonstance s'est présentée dans un c^sobser\'é par M. Gutbne» le malade est mort.

S XX. — FUûet pénétimaiet.

A. Piqûres. — Si l'instrument est très délié, on peut imponément l'enfoncer dans les artères les plus volumineuses. Des aiguil^^ acupuncture ont été plongées par M. Maisonneuve dans l'artère fu^^ de plusieurs animaux sans produire le moindre accident La ^^^ trop petite, ne donne pas issue au sang; il s'y développe une lé(5èw inflammation qui elle-même ne tarde pas k se résoudre. M. Velpcti a

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tatépar de nombreuses expériences que si Ton traverse les artères des aiguilles fines qu'on laisse à demeure^ ces corps étrangers mnent la base d'un travail de coagulation dans le vaisseau ; il y n mmation, sécrétion de matière plastique; celle-ci se m^le au at, et produit une occlusion. Ce moyen n'a pas été expérimenté 'homme.

instrument est-il plus volumineux^ mais encore cependant de très e dimension, de telle sorte que la plaie qui résulte de son passage ivers les membranes artérielles n'ait guère plus de 1 millimètre (ndue : la plaie qu'il détermine donne issue à quelques gouttes de : celui-ci s'intiltre dans la gaine celluleuse et dans le tissu celluambiant, il se fait bientôt obstacle à lui-môme^ et ne tarde pas à ôter; car la gatne celluleuse étant distendue par le liquide, le paraltne entre son ouverture et celle de l'artère cesse bientôt. Il n'en il cependant pas de même si le sang trouvait facilement à se frayer issue au dehors, ou s'il s'épanchait dans quelque cavité. )rmis ces cas, il se forme une cicatrice si exacte que, suivant Joncs éclard, il est impossible de la reconnaître au bout d'un certain >s, et le sang continue à parcourir le yaisseau. » choses cependant ne se passent pas toujours d'une manière aussi ■euse que nous l'avons indiqué. En effet, au lieu d'une inflammaadhésive, la piqûre peut produire une inflammation ulcérative, et &nt des hémorrhagies consécutives. M. Guthrie en rapporte plusieurs nples.

î qui, suivant Travers et Amussat, distinguerait le mode de ciisation des plaies artérielles du mode de cicatrisation des plaies euses, c'est que les plaies des veines, dont les bords sont maintenus ontact, se réunissent par première intention, tandis que les cica- (S artérielles se forment toujours par l'interposition d'un caillot de ne qui se soude aux bords de l'ouverture, se durcit, s'organise et prend les caractères des parois de l'artère avec laquelle il s'identifie. . Incmons. — La section faite aux parois de l'artère peut être translie, c'est-à-dire perpendiculaire à Taxe du vaisseau, ou longitudinale y es lors parallèle à cet axe. Une section transversale peut être corn" f ou incomplète. Étudions-les séparément.

• Sections transversales complètes. — Quand une artère est coupée i toute sa circonférence, de telle sorte que sa continuité soit interpue, si cette artère a un volume considérable et si elle est saillante surface d'une plaie, le sang, animé d'un mouvement violent d'imion communiqué par le cœur, sort avec impétuosité et s'écoule u'à la mort. Dans un certain nombre de cas, Thémorrliagie s'arrête itanément pendant une syncope, par suite d'un travail organique iculier dont on découvre les rudiments, lors même que le blessé

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a promptement succombé. Enfin^ quand des secours efficaces ont ëè administrés^ l'oblitération du vaisseau s*opère suivant certaines lok connues depuis assez peu de temps et que nous étudierons bientôt.

Si le calibre du vaisseau est moindre que nous ne Tavons supposé dM» le cas précédent, il pourra se rétracter dans sa gaine, se contracter, se plisser, et Thémorrhagie cessera par cela m^me. Il est alors bcilf d'apercevoir l'impulsion du sang contre la partie de Tartère ainsi fermée. Par malheur, ce n'est point le cas le plus fréquent : soaîfnl même, surtout lorsque la blessure est largement ouverte et marche pe« obliquement à travers les tissus, le bout supérieur de l'artère, loin de se rétracter, s'allonge un peu sous l'influence de la systole et le siO(^ continue à couler.

A mesure que le malade perd son sang, que ses forces l'abandonneot, et que la circulation artérielle se ralentit par suite des contnctioas moins fortes de l'organe central, le vaisseau divisé se rétracte (les artères étant toujours dans un état de demi-tension], et il s'établit entre ses bouts divisés un écartement ; le tissu cellulaire intermédiaire aux deux bouts forme alors les parois d'un nouveau conduit qui rétablit nnomeatanément la continuité du vaisseau. Mais ce canal n'est pas libre, quelques lamelles de tissu cellulaire le parcourent et apportent obstacle an cours du sang. Celui-ci s'y arrête, s'y accumule, s'infiltre dans les tissas voisins où il se coagule.

Ce caillot sanguin présente plusieurs particularités qui ont été indiquées par Amussat. A son centre se trouve un autre caillot plu» mou, qui disparaît si l'on dirige sur lui un courant d'eau, laisse à h place qu'il occupait une cavité centrale, une sorte de cratère, pour doos senir du nom qui lui a été donné, qui aboutit profondément à la pbi' artérielle, et superficiellement à la plaie de la peau. Ce conduit, que l'on sonde facilement, devient un guide très précieux pourdécouvrir ^ouTe^ turc de l'artère à laquelle il correspond, et faciliter la ligature desdei\ Imuts du vaisseau. Celui-ci ne se rétracte pas seulement sui^'ant sa longueur, mais il perd encore de son calibre ; il se contracte. Cette contraction, au dire de M. Guthrie, n'occupe d'abord que le voisinagedeb division, en sorte que si l'on coupe le bout de l'artère avec des ciseam bien affilés, I écoulement de sang réparait. Peu à peu la contraction s étend jusqu'à la première collatérale.

Toutefois cette contraction n'est pas poussée assez loin pour que ^a^ tère soit entièrement oblitérée.

Le sang infiltré dans rinter\'a]le qui sépare les deux bouts, aiiN qu'entre la gaine et l'artère, ne pouvant plus passer, il se forme dans l'artère un caillot interne. Ce caillot, que J. T^. Petit a indiqué pour la première fois, a quelquefois 5 à 6 lignes de longueur ; il ne s*flèvr jamais au delà de la première collatérale; sa forme est cylindrique:

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