‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876 (volume 4)Chapitre 99 sur 135 · ÀNÉVRYSMES DE L' ARTÈRE CAROTIDE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

ÀNÉVRYSMES DE L' ARTÈRE CAROTIDE PRIMITIVE

-t-iracte progressivement, de sorte qu'au bout de trois ou quatre -ïiiaines la guérison paraît assurée; mais il n'est pas rare de voir la "^^ladie faire de nouveaux progrès, ainsi que le montre le fait suivant. •^ 23 septembre 1839, Wickham lia la carotide pour un anévrysme du ^onc innominé ; soulagement immédiat. Trois semaines après, la tumeur ^t considérablement déduite, le malade sort de l'hôpital. Bientôt Tanévrysme s'aœroît de nouveau et devient deux fois plus volumineux qu'auparavant. Le 3 décembre, on lie la sous-clavière en dehors des scalènes; Tanévrysme s'affaisse encore, grand soulagement. Quatre jours après, la tumeur s'accroît, puis diminue. Le malade, soulagé, sort de Thôpital le U février 1860, mais l'anévrysme fit promptement de nouveaux progrès, et se rompit k l'extérieur le 11 février 1840 (1).

Nous ajouterons en terminant que Ton a lié l'artère axillaire pour des anévrysmcs qui intéressaient à la fois l'artère sous-clavière et le tronc bracbio-céphalique.

ARTICLE VL

ANEVRYSMES DE l'ARTÈRE CAROTIDE PRIMITIVE.

On a observé sur la carotide primitive presque toutes les variétés d'anévrysmes que nous avons précédemment décrites; ainsi nous aurons à étudier des anévrysmes spontanés et traumatiques.

A. Anévrysmes spontanés. — M. le professeur P. Bérard établit que cet anévrysme est aussi fréquent chez la femme que chez l'homme , différence remarquable avec ce que l'on observe pour l'anévrysme poplité, qui, suivant Guthrie, s'obser\'e trente fois chez l'homme pour une fois chez la femme.

Du reste, à part cette circonstance, il n'y a rien de particulier à dire sur l'étiologie de ces anévrysmes qui n'ait été indiqué dans nos considérations générales; nous dirons seulement qu'il est douteux qu'un anévrysme ait pu se produire, conniie le prétend Scarpa, par une violente distorsion du cou.

Siège. — Presque tous les observateurs s'accordent à considérer comme plus fréquents les anévrysmes situés au point de la bifurcation de la carotide primitive, endroit où se forment le plus souvent, dit Hodgson, les dépôts de matière calcaire et l'artériectasie simple. D'après M. Robert, au contraire, ils seraient plus fréquents à son point d'origine..

La direction qiie prend la tumeur et la forme qu'elle affecte, sont en général déterminées par la résistance des os et la tension plus ou moins

(1) l/0d.-cAtV. Transc^cL, 2« série, t. V, p. A04,

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grande des muscles et des aponévroses. Son volume est également tr^ variable; elle présente quelquefois la grosseur d'une aveline, niaisqu€»i quefois aussi elle occupe tout l'espace compris entre la mâchoire inHe^ rieure et la clavicule.

Symptomatologie. — Indépendamment des caractères communs à fous les anévrysmes. celui de la carotide en possède qui lui sont propres. O sont des altérations fonctionnelles n*sultant de la compvBBsion que U tumeur exerce sur les organes voisins, et du déplacement qu elle Imr fait subiry etc. Ainsi nous signalerons :

i** Une dyspnée plus ou moins forte, qui peut être portée au point de déterminer Tasphyxie, s'accompagnant quelquefois d'un sifflement pendant le passage de Tair dans la trachée, et souvent compliquée d'une toux habituelle très fatigante; *!'' une gène plus ou moins grande delà déglutition, quelquefois même une dysphagie très prononcée ; 3* la difficulté de la phonation, Icnrouement (A. Cooper); U"* la propagation des pulsations de la tumeur dans le côté correspondant de la tr»te, <m le malade éprouve souvent une douleur assez vive : dans un cas rappi»rte par A. Cooper, ces battements étaient devenus assez forts pour priver le malade de sommeil; chez cette même malade, les téguments du crâne étaient tellement sensibles qu'ils pouvaient à peine supporter U moindre pression; 5*" quelques troubles sensoriaux, tels que le tintement dans loreille correspondante iScarpa), le trouble momentané de la vue, etc.; 6" enfin, un affaiblissement des pulsations artérielles au delà de la tumeur et le gonflement des veines de la région cer\'icale.

L auscultation de la tumeur ï)ermet d'y constater un bruit de souffle superficiel, onlinairement simple, quelquefois double cependant.

La maladie continuant k faire des progrès, les symptômes énumeres s'aggravent, et la tumeur finit [)ar se rompn»; de là résulte une hemorrhagie mortelle. Otte rupture se fait tantôt à l'extérieur, tantôt à Tintêrieur, dans la trachée, l'œsophage, le pharynx, par le mécanisme indiqué par Sam. Cooper, c est-à-dire par la formation et la chute d'une escbare, et non par ulcération.

On possède [)eu d'exemples de guérison spontanée de ces anévrysmes; et, comme le fait judicieusement obsener Boyer, la méprise dans le diagnostic étant pf>ssible, on aura peut<être considéré comme des anévrysmes guéris spontanément des tumeurs qui n'étaient rien moins qu'anévr}'smales. Cependant, quoique rares, ces guérisons ne sont pas im|K>ssibles, et robser\'ation publiée par A. Petit, dans les Méiitoirttài VAvndpmie des sn'eiices^ ne laisse rien à désirer sous h» rap|>ort tie rtiithenticitt*.

l)iA(;ifosTiG. — Hien n'est plus important, et peut-être aussi plus difficile à établir, que le diagnostic de certains anévrysmes de l'artère carotide. Dans cette région, en effet, on peut prendre pour des aiiêvnrsmes

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