‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 10 sur 102 · TUMEURS DU PAVILLON DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

TUMEURS DU PAVILLON DE L'OREILLE

un selon ou bien à pratiquer quelques ponctions. Nous pensons qu'un pareil traitement serait insuffisant, et nous donnons la préférence aux injections irritantes^ ou mieux encore à l'ouverture du kyste par une lai^e incision. Pour faciliter ensuite le recollement des parois, on cautérise avec le nitrate d'argent^ et Ton exerce une légère compression au moyen d'un appareil ouaté.

Tumeurs érectiles. — Les tumeurs érectiles de l'oreille sont rares ; elles sont veineuses, artérielles.

Les tumeurs érectiles veineuses sont caractérisées, comme dans les autres régions, par des taches superficielles^ plus ou moins étendues.

Nous renverrons, pour leur traitement^ à ce que nous avons dit, dans vin volume précédent, pour les tumeurs érectiles veineuses en général C^voy. 1 1, p. 726).

Les tumeurs érectiles artérielles sont rarement localisées en un point quelconque du pavillon; le plus souvent elles s'accompagnent de varices artérielles des régions voisines, et particulièrement du cuir chevelu.

La peau du pavillon offre une coloration bleuâtre et les téguments sont hypertrophiés.

Traitement. — Lorsque la tumeur est bien circonscrite, on peut avoir recours aux procédés ordinaires d'ablation ; mais^ quand les vaisseaux du voisinage sont en môme temps dilatés^ leur ligature, et parfois même celle de la carotide primitive, est le seul mode de traitement qui puisse amener la guérison.

M. Peixoto rapporte l'observation d'un malade ayant subi une première fois, sans succès^ la ligature des artères auriculaires, et chez lequel il se décida à pratiquer celle de l'artère carotide primitive. Quand le fil tomba, une abondante hémorrhagie eut lieu, mais on y remédia en passant sur le tronc brachio-céphalique une ligature qui exerça seulement une légère compression pendant quelques jours. La guérison fut complète {Académie de médecine, 1854). Un fait analogue fut publié en 1853 dans les journaux américains : le docteur Mussey lia, une première fois sans succès, la carotide primitive du côté malade; les hémorrhagies continuant à se répéter assez fréquemment, ce chirurgien n'hésita pas à lier l'autre carotide primitive. Cette tentative hardie réussit pleinement, puisque, non-seulement les hémorrhagies ne se renouvelèrent plue, mais encore les tumeurs disparurent.

La ligature des carotides primitives est une grave opération, et nous pensons, avec les auteurs du Compendium de chirurgie, qu'on ne doit y avoir recours que dans les cas où les moyens ordinaires ont échoué et où les hémorrhagies, se répétant trop souvent, mettent la vie du

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malade en «langer. Il vaut mieux d'ailleurs ne pas attendre aussi longtemps et tenter U guérison en combinant l'un des moyens ordinaires avec la ligature de l'une des artères principales, la carotide externe, par exemple.

Tumeurs tolidei.

Les tumeurs solides qu'on rencontre sur le pavillon sont fibreuses, crétacées, sébacées, dormoldes, élépbantiasiques, enchondromateuses et cancéreuses.

!• Tumeurs fibreuses. — Les fibromes se développent surtout au lobule, sur le trajet cicaUiciel Tait pour le passage des boucles d'oreilles {voy. fig, 18). "C'est pourquoi, d'après 0. Saint-Vel, on les observe si fréquemment chez les négresses, qui ont l'habitude de porter des boucles d'oreilles lourdes et volumineuses. On comprend pourquoi, dans ce cas, la tumeur occupe les deux oreilles et est symétrique. Triquet a observé une tumeur de ce genre sur la face interne du pavillon, mais ce cas doit être regardé comme exceptionnel. Quelques auteurs pensent qu'il s'agissait d'une affection chéloïde.

Ces tumeurs sont dures, arrondies; elles peuvent acquérir le volume d'un œuf de poule; elles présentent une marche très-lente, leur dureté spéciale les fait aisément distinguer des autres tumeurs qui se développent dans cette région.

Elles sont susceptibles de récidiver.

C'est pourquoi leur ablation doit être faite aussi complètement que possible.

2° Tvtneurs crétacées. — Ces tumeurs sont constituées par des dépôts d'acide urique. D'après Garrod,- elles seraient l'un des symptômes extérieurs les plus fréquents de la goutte. Elles siègent sur le bord supérieur de l'hélix, sont multiples, ont généralement le volume d'un grain de millet ou d'une lentille et sont indolentes. Toutefois, si les malades veulent en être débarrassés, l'excision parait être le seul moyen de traitement à leur opposer. Pour en éviter te

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