INFLAMMATION DE LA CAISSE DU TYMPAN
dans de telles conditions^ les premiers symptômes de Totite commencent à apparaître.
Une fois la maladie constatée^ peut-on dire si elle est idiopathique ou si elle est symptomatique d'une diathèse syphilitique, scrofuleuse, rhumatismale ou goutteuse? On a cherché à différencier ces diverses l'ariétés en disant :
1"* Que Totite syphilitique se reconnaît par sa marche insidieuse, et surtout par les antécédents [et les symptômes spécifiques concomitantSv
T Que l'otite scrofuleuse se distingue par l'âge et les antécédents lia malade, par des phlyctènes se développant sur le tympan, par la rougeur beaucoup plus prononcée de la membrane tympanique, par des tintements plus accusés, et surtout par Tabondance et la persislance de Totorrhée.
3* Que l'otite rhumatismale s'attaque principalement aux osselets et est presque toujours caractérisée par une rougeur striée concentrique sur le tympan, par Tinjection des vaisseaux qui entourent le manche du marteau, par la violence et la fréquence des bourdonnements, par la douleur profonde et pongitive et par l'excessive impressionnabilité du malade aux moindres bruits.
4' Que l'otite goutteuse, qui souvent est le premier ou même l'unique !>ymptôme de la goutte, se reconnaît par une rougeur violacée du tympan, quelquefois par Télimination d'un ou deux osselets encroûtés dedépôts calcaires, par l'épaississement du tympan et sa transformation ('^rtilagineuse ou môme osseuse, et par des douleurs nocturnes plus aigoês.
Quant aux maladies qui simulent l'otite moyenne^ ce sont, d'une part la myringite, que nous avons précédemment décrite, et d'autre p&Tt la méningite des nouveau-nés. Nous avons vu comment les symptômes locaux permettaient de reconnaître l'existence de l'otite moyenne, et comment, malgré l'absence de toute perforation tympaaiqoe, on pouvait apercevoir par transparence le pus accumulé, dans tes parties les plus déclives de la caisse.
PaoïfOSTic. — Marche. — Terminaison. — L'otite moyenne aiguC est une maladie grave, non-seulement en ce qu'elle dépend souvent d'un état diathésique ou d'une maladie fébrile aiguô, mais encore en raison des complications qu'elle peut entraîner à sa suite. Sans parler de ces complications redoutables que nous avons mentionnées et qui peuîent amener la mort, la méningite par exemple, il est à craindre, lors même que la guérison de l'otite est obtenue, de voir une surdité plus on moins complète succéder à l'otorrhée, à la perforation du tympar on à des ulcérations de la muqueuse ayant déterminé des brides cicatricielles entre diverses parties de la caisse ; l'inflammation se propager
76 AFFECTIONS DE l'APPAREIL DE L'OUIE.
aux cellules mastoïdiennes,' la suppuration entraîner la destruction des osselets, et même, chez les enfants, la surdi-mutité s'établir définitivement. En effet, les recherches modernes tendent à prouver que le plus grand nombre des surdi-mutités sont dues à des otites moyennes, survenues dans l'enfance et passées inaperçues.
La durée de cette affection est généralement de quelques jours, d'une ou deux semaines au plus; puis, l'inflammation se termine par résolution, par suppuration, ou passe à l'état chronique.
Lorsque la maladie tend à la résolution, ce qui n'est pas rare,' les mouvements de la mâchoire, pendant la mastication, la déglutition ou le bâillement, produisent un bruit de craquement, une sorte de crépitation aisément perçue par le malade. Peu à peu l'ouïe s'améliore sans cependant retrouver jamais sa finesse normale, lors même que l'état du malade s'est graduellement amélioré.
Souvent aussi la suppuration apparaît {catarrhe aigu purulent ou otite aiguë purulente). Les symptômes augmentent alors d'intensité; l'inflammation se propage aux parties voisines ; la région mastoïdienne s'œdématie, devient rouge et douloureuse à la'pression. La membrane du tympan ^devient grisâtre et se voûte du côté du conduit auditif externe. Chez Tadulte, on voit le pus s'écouler par Toreille externe et le malade en ressent un grand soulagement. Cette otorrhée persiste plus ou moins longtemps et peut passer à l'état chronique. Lorsque, par suite d'un épaississement ou d'une maladie antérieure, la membrane tympanique résiste, le 'pus pourrait, à la rigueur, s'écouler par la trompe, comme cela eut lieu dans un cas rapporté par Itard; mais ce fait est exceptionnel, car la trompe elle-même est presque toujours obstruée par suite du gonflement de ses parois.
Traitement. — Sans parler du traitement général approprié lorsque l'otite se rattache à une diathèse scrofuleuse, syphilitique ou autre, il est bon tout d'abord d'avoir recours aux dérivatifs, aux purgatifs, et un peu plus tard, si les douleurs deviennent intensest à l'administration des opiacés à l'intérieur et aux injections morphinées autour de l'oreille.
Localement, on combat l'inflammation, dès le début, par les antiphlogistiques.
Quelques moyens spéciaux doivent être mis en usage lorsque l'otite moyenne est d'origine diathésique. Chez les syphilitiques, par exemple, on badigeonne le tympan avec une solution contenant 0,05 centigrammes de sublimé, et l'on a recours à des fumigations mercurielles. Chez les scrofuleux, on fait des instillations avec une solution de sulfate de cuivre; chez les rhumatisants, des fumigations d'acétate d'ammoniaque, et chez les goutteux^ des badigeonnages avec une solution de tannin.
IHILUIIUTIOII DS LA CAISSE DU TTHPAN. 77
La plupart des auteurs recommandeal d'avoir recours au calbétérisise de la trompe et de faire par cette voie des injections de vapeurs fiDoUientes au moyeu d'un appareil à fumigations (voy. flg. 36).
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