INFIAMMATIOII DE LA. CAISSE DU TYMPAN
dans certains cas, la disjonction de l'enclunie et de Tétrier et Vaiw phie de la longue branche de l'enclume.
L'hypersécrétion de la muqueuse produit un liquide séreux, parfois séro-purulent, qui peut être assez considérable pour remplir la caisse et refouler au dehors la membrane tympanique. D'autres fois on trouve, suivant Hinton^ sur toutes les parties de l'oreille moyenne, des mucosités concrètes, adhérentes aux parois de la caisse ou k la chaîne des osselets.
La forme sèche se présente sous divers aspects. Dans certains cas^ se développent des productions pseudo-membraneuses, disséminées sur divers points, ou s'étendant de la membrane du tympan^ qu'elles immobilisent, à Tune des parois de la caisse et jusque dans la ti*ompe, ou bien remplissant la caisse et enclavant dans leur tissu les osselets ainsi immobilisés {forme exmdative ou plastique, Toynbee).
D'autres fois on observe une véritable sclérose de la muqueuse (forme selérémateuse), La couche périostiquede la caisse devient le siège de dépôts calcaires ou môme d'exostoses. Cette forme coïncide souvent avec la précédente, rarement avec le catarrhe; parfois elle nait d'emblée. Ces lésions, de même que les fausses membranes, peuvent atteindre toutes les parties de l'oreille moyenne, mais elles se montrent plus souvent sur la paroi labyrinthiquc et du côté de Tétrier. Il en résulte une sorte d'hyperostose des osselets, des parois des cellules mastoïdiennes, Tépaississement et la crétification des membranes qui ferment la fenêtre ronde ou unissent la base de Tétrier au pourtour delà fenêtre ovale. La membrane du tympan, comme nous l'avons vu plus haut (p. 60), peut être le siège des mêmes lésions. Quant à hi trompe, elle participe rarement à ces altérations ; elle est au contraire élargie.
En résumé , qu'on ait affaire à une simple hypertrophie de la muqueuse, ou à la production de fausses membranes ou au sclérème, le résultat est toujours le même : ankylose^ immobilisation des osselets.
Stnptoiiatologie. — Les symptômes, de même que les lésions, varient suivant que la maladie revêt la forme humide ou la formi; sèche.
Dans la forme humide^ on observe des bourdonnements, des battements isochrones à ceux du cœur, des sifflements ou tintements, des bruits de toutes sortes, une surdité incomplète, parfois la sensation d'un corps étranger dans le fond de l'oreille, laremcnt des troubles nerveux, de la céphalalgie, des vertiges, etc.
Les altérations visibles de la membrane du tympan sont à peu près ttt mêmes que celles de l'otite moyenne aiguë, c'est-:i-dire une injeciMMifrios ou moins vive, surtout marquée à la pèiipbérie et dans le
80 AFFECTIONS DE l' APPAREIL DE L'OUIE.
voisinage du manche du marteau; par suite, de notables modifications dans sa coloration, le défaut de transparence, le peu d'apparence ou même la disparition du triangle de Wilde ; la concavité de cette membrane s'exagère, et, lorsqu'elle n'est pas épaissie, on aperçoit par transparence^chez quelques malades, la muqueuse de la paroi labyrinthique qui est rosée. Quand la caisse est le siège d'un épanchement abondant^ au lieu de présenter une concavité anormale, la membrane du tympan est refoulée en dehors, et, à travers la voussure, on distingue souvent le liquide épanché, qui forme dans les parties déclives une masse noirâtre à bord supérieur concave.
Lorsqu'on parvient, par les procédés ordinaires, à faire pénétrer de Tair dans la trompe et dans la caisse, les malades éprouvent en général un grand soulagement ; mais le cathétérisme révèle presque toujours un gonflement et parfois même l'obstruction de la trompe.
L'auscultation de l'oreille, combinée avec le cathétérisme de la trompe d'Ëuslache et l'insufflation d'air dans la caisse, fournit aussi des renseignements importants : si la trompe est perméable à l'air, on perçoit une sorte de râle sous-crépitant, et un bruit de soupape dû aux mouvements de la membrane du tympan; si au contraire la trompe est obstruée, on ne perçoit aucun bruit, ou du moins on n'entend qu'un gargouillement éloigné, qui, après plusieurs insufflations, se rapproche de plus en plus de l'oreille de l'observateur. Ce bruit est produit par le déplacement des mucosités et des liquides qui obstruent la trompe.
Dans la forme sèche, le premier symptôme qu'on observe est la surdité; et encore passe- t-il souvent inaperçu, puisque la maladie n'atteint d'abord qu'une seule oreille. Cette surdité présente quelques caractères particuliers : ainsi tel malade perçoit le bruit de la montre, qui n'entend aucunement les sons articulés; tel autre parait mieux entendre la voix au milieu du bruit que dans le silence. Ces caractères, suivant quelques auteurs, seraient pathognomoniques de la forme sèche de l'otite moyenne chronique.
Bientôt apparaissent des bourdonnements incessants, souvent trèsintenses, et qui sont pour les malades une cause de tourments perpétuels. Ces bourdonnements reconnaissent pour causes, soit une altération concomitante du labyrinthe, soit un excès de pression intralabyrinthique, soit une lésion des branches nerveuses qui traversent le tympan.
Dans cette forme se retrouvent aussi les phénomènes nerveux que nous avons mentionnés, étourdissements, vertiges, céphalalgie, vomissements, susceptibilité nerveuse exagérée, etc. Les facultés intellectuelles elles-môipes peuvent être atteintes, et l'on voit des malades tomber dans une véritable hypochondrie.