I^FLAAIHATION DE LA CAISSE DU TYMPAN
L'examen des parties révèle une grande sécheresse du conduit auditif externe; la membrane du tympan devient jaunâtre, opaque, parfois même crétacée; elle est généralement rétractée en dedans; le triangle lumineux perd sa forme habituelle et ne représente plus quune ligne lumineuse; d'autres fois la membrane offre des dépressions partielles correspondant à autant d'adhérences de sa face interne avec diverses parties de la caisse; le marteau est souvent ankylosé. On peut reconnaître si la membrane a conservé ou non sa mobilité à l'aide du spéculum pneumatique, que nous avons décrit en parlant des moyens d'exploration (voy. page 9).
La trompe est tantôt dilatée, tantôt rétrécie. Le cathétérisme ou luD des procédés de Valsalva ou de Politzer, joints à l'auscultation, permettent de distinguer ces deux états. La pénétration de l'air dans la caisse ne modifie en rien les bourdonnements ni la surdité, contrairement à ce qui a lieu dans la forme catarrhale.
Diagnostic — Les symptômes que nous avons passés en revue permettent de reconnaître l'existence d'une otite moyenne chronique et de distinguer la forme catarrhale de la forme sèche ou sclérémateuse dont nous venons de parler. Nous ne reviendrons pas sur les caractères différentiels que présentent ces diverses espèces d'otites chroniques, suivant l'état diathésique auquel elles se rattachent, ni sur les maladies avec lesquelles elles pourraient être confondues; nous les avons suffisamment énumérés en parlant de l'otite aiguë. Mais il est bien important, au point de vue du pronostic, de distinguer si Totite moyenne se complique ou non de lésions du labyrinthe. Dans le premier cas la surdité est complète, aussi bien pour les sons transmis par les os du crâne que pour les ondes sonores ellc-mêmes. Il est facile de s'en rendre compte en appliquant un diapason mis en vibrations sur la tête du malade. Si la caisse seule est atteinte, celui-ci entendra beaucoup mieux les vibration^ du côté malade que du côté sain ou moins malade ; le contraire aura lieu si le labyrinthe est lésé ou si le nerf auditif est altéré. L'auscultation simultanée des' deux oreilles, au moyen du stéthoscope auris à trois branches, complétera l'examen.
Pronostic, marche, terminaison. — L'otite moyenne chronique non purulente est une affection généralement peu grave lorsqu'elle rcvét la forme catarrhale; soumise à un traitement approprié, elle guérit ordinairement. Cependant elle peut durer longtemps sans présenter damélioration ni d'aggravation; d'autres fois elle passe brusquement à l'état aigu et se termine par suppuration.
La forme sèche présente une réelle gravite en raison des accidents souvent irrémédiables qu'elle entraine, tels que l'ankylose des osselets, Toblitération de la fenêtre ronde et de la fenêtre ovale, des lésions
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concomitantes du labyrinHie, des troubles fonctionnels intenses et une surdité absolue.
La marche de la maladie n'est pas non plus la môme que dans la forme humide ; elle est insidieuse au début et, loin de s'amender, les symptômes augmentent graduellement d'intensité jusqu'à la perte complète de l'ouïe. La durée est aussi beaucoup plus longue et l'on voit, le plus souvent, dans cette forme, les deux oreilles se prendre l'une après l'autre.
Traitement. — L3 chirurgien doit d'abord avoir recours à d(s moyens généraux appropriés à la constitution du malade. Quelquesuns, MM. Bertin et Pravaz entre autres, recommandent en pareil cas les bains d'air comprimé.
On a vanté un grand nombre de moyens locaux. Les uns sont applicables au pourtour de l'oreille, particulièrement à la région mastoïdienne; ce sont les révulsifs, les antiphlogistiques ou môme des cautérisations ponctuées, suivant le conseil de M. Bonnafont. Les autres, tels que lavages, injections, sont portés par le conduit auditif externe, comme le conseille M. Prat, pour agir sur la caisse par endosmose et exosraose (voy. p. 77, fig. 37). D'autres enfin s'appliquent par la trompe, ce sorit le calhétérisme, des insufflations d'air et des fumigations émollientes, excitantes, narcotiques, résolutives ou antispasmodiques, suivant les cas, au moyen d'un appareil spécial (voy. fig. 36), des injections de liquides alcalins, astringents, caustiques ou autres. Si la trompe est rétrécie, on la dilate au moyen de tiges de iMminaria difjitnta. Enfin, dans la forme catarrhalc, si i'épanchemenl de liquide devient abondant et si la trompe est complètement obstruée, il faut recourir à la perforation du ffjwpan, dont nous avons parlé plus haut (p. 6^1). Nous indiquerons plus loin quelle eî^t la conduite i\ tenir lorsque l'inflammation se propage vers la région mastoïdienne.
Avant de terminer ce qui a trait aux otites moyennes non purulentes, nous voulons appeler l'attention des anatomo-pathologistes sur les surdités qu'on observe si souvent dans le cours ou à la suite de la biennorrhagie et qu'on attribue généralement à la médication employée en pareil cas. Ne pourrait-on pas plutôt Ibs rattacher à une sorte d'arthrite des osselets analogue à l'arthrite blennorrhagique du larynx dont M. Libermann a fourni une intéressante observation (voy. Gazette des hôpitaux, 1873)? Nous ne pourrions actuellement fournir aucune preuve anatomique de l'existence de ces otites blcnnorrhagiqueSy nous nous contentons d'appeler les recherches sur ce point.
^'^ Otite moyenne chronique putiilente. — Étiologie. — L'otite moyenne chronique purulente, désignée aussi sous les noms de catarrhe purulent chronique, û'otorrhée interne, est une afl'eclion très-fréquente qui suc-