‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 27 sur 102 · INFLAMMATION DE LA CAISSE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DE LA CAISSE DU TYMPAN

cède généralement; soit à une otilc externe ou à une inyringite suivies de perforation tynipanique, soit à l'une des formes d'otite moyenne aiguë que nous avons précédemment décrites. Toutes les causes que Dous avons énumérées en parlant de ces diverses maladies pourront donc être invoquées pour expliquer Texistence de l'inflammation chronique suppurative de Toreille moyenne.

Anatomie pathologique. — La caisse est plus ou moins remplie d'un liquide purulent, souvent très-épais. La muqueuse qui la tapisse, dans certains cas, parait saine ou seulement un peu épaissie; souvent elle présente les altérations que nous avons décrites à propos de la forme aiguô et de la forme chronique simple. D'autres fois elle est recouverte de petites granulations rougeâtres {otite granuleuse). Ces granulations peuvent être le point de départ de polypes de la caisse. 11 existe presque toujours une ou plusieurs perforations du tympan.

Outre ces perforations, la membrane du tympan, dans les parties non détruites, présente les lésions caractéristiques de la myringite. Enfin, chez certains malades, cette membrane et l'os tympanal luimême sont complètement détruits.

Le manche du marteau est incliné du côté de la caisse et contracte des adhérences avec le promontoire ou d'autres parlies voisines. Souvent il est détruit en partie ou en totalité.

les osselets sont disjoints, nécrosés et parfois môme éliminés par la suppuration.

Enfin, les parois osseuses peuvent être atteintes aussi de carie et de nécrose, et par suite, il peut arriver que les vaisseaux très-importants du voisinage soient lésés; que les parois de la veine jugulaire interne et de la carotide interne soient perforées; que le nerf facial, à travers l'aqueduc de Fallope, soit altéré et que l'inllammation se propage aux méninges.

Stmptomatologie. — Cette variélé crolite est surtout caractérisée par une olorrhce, tantôt légère, tantôt extrômement abondante, constituée par un muco-pus verdâtre ou jaunâtre, ichoreux, sanguinolent, généralement fétide.

Oq voit dans le conduit auditif externe nn certain degré d'inflammation, du gonflement, et parfois des ulcérations; sur le tympan, les signes de la myringite, et dans la caisse, à travers la perforation tympanique, la muqueuse rouge sombre ou rosée, tantôt lisse et unie, tantôt granuleuse sur une étendue d'autant plus grande que la perforation est plus large.

8i la trompe est libre, l'insufflation de l'air dans la caisse et son passage à travers la perforation donnent lieu à un sifflement particulier ; SI au contr.iirc elle est obstruée, après quelques insufflations on voit le pus sortir goutte à goutte par la perforation.

8/i AFFECTIONS DE L*APPAREIL DE L*OCÏE.

L'ouïe est toujours troublée. Ce trouble est plus prononcé quand le tympan est perforé et que Toreille externe est obstruée par le pus; rarement on constate des bourdonnements; on n'observe pas de douleurs, sauf dans les cas où il y a des poussées inflammatoires. Les malades, surtout au début, présentent parfois des phénomènes fébriles.

Diagnostic. — Il est facile de reconnaître Texistence d'une otite moyenne purulente. Toutefois on peut croire qu'elle est externe quand la perforation du tympan est petite et difficile à voir. Mais, dans l'otite externe, Técoulement du pus apparaît plus tôt et augmente graduellement; dansTotile moyenne, au contraire, il apparaît plus tardivement, et est en général plus abondant dès le début. En outre, le cathétérisme de la trompe d'Ëustache et l'insufflation d'air dans la caisse permettent de reconnaître la perforation tympanique, et par conséquent le véritable point de départ de la suppuration.

Une fois Totite moyenne purulente constatée, il reste à déterminer rétendue et la profondeur des altérations, et à savoir si les os sont demeurés intacts ou ont été atteints. Dans ce dernier cas, l'écoulement est plus abondant, le pus ichoreux, sanguinolent, fétide, facilement décomposable et contenant des parcelles osseuses. En même temps les malades accusent des douleurs profondes, térébrantes, revenant par accès et occupant tout le côté correspondant de la tête.

Le chirurgien doit chercher à établir ce point important du diagnostic par une observation attentive des phénoniènes, et éviter autant que possible de recourir à l'exploration de l'oreille au moyen d'un stylet ou de tout autre instrument rigide, ces sortes d'explorations pouvant entraîner de graves accidents.

Pronostic, marche, terminaison. — L'otite moyenne purulente chronique est une affection grave, non-seulement en raison de l'otorrhée persistante, de la surdité souvent irrémédiable, des douleurs, des vertiges et des accidents convulsifs qui l'accompagnent, mais aussi en raison des caries osseuses, de la suppuration mastoïdienne, de la paralysie faciale, de la méningite ou même de l'encéphalite qu'elle entraîne par suite de sa propagation aux os, aux cellules mastoïdiennes, aux grosses artères ou veines du voisinage, aux méninges et au cerveau ; elle peut aussi entraîner la mort par hémorrhagie provenant de l'artère carotide ou de la veine jugulaire; on en a cité plusieurs exemples.

Cette affection présente une marche assez régulière; dans quelques cas, elle oflVe des poussées inflammatoires et douloureuses. Sa durée est toujours fort longue, souvent même indéfinie, si l'on n'a pas recours à un traitement bien entendu et à des soins de propreté journaliers.

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