MALADIES DES MUSCLES DB L'CEIL. 41 S
visuel gauche^ dans lequel se produit l'image fausse. C'est l'inverse qui aura lieu s'il s'agit d'une paralysie de la sixième paire droite.
Par suite du relâchement du muscle droit externe. Tceil est entraîné en dedans^ le strabisme est convergent et d'autant plus prononcé que la paralysie est plus complète. La déviation secondaire est beaueoup plus grande que la déviation primitive.
On observe souvent des vertiges qu'on peut distinguer en binoculaire et monoculaire. Le premier s'observe surtout dans les paralysies incomplètes et pour la vision éloignée à cause de l'impossibilité dans laquelle se trouve le muscle droit externe de porter Tœil dans le paralléllisme. Le vertige monoculaire c'est-à-dire celui que le malade éprouve lorsqu'il veut se servir exclusivement de l'œil paralysé est un phénomène fort pénible ; il s'accompagne tantôt d'un serrement à la région précordiale^ tantôt de nausées ou de vomissements et donne lieu parfois à un tremblement des jambes, à une sorte de titubation qui peut faire croire à une affection cérébrale. Ce vertige est le résultat de la fausse projection du champ visuel dont nous avons déjà parlé et de la diplopie.
La paralysie de la sixième paire s'accompagne parfois d'une mydriase. Cette paire, en effet, envoie, dans certains cas, des filets nerveux au ganglion ciliaire.
Lorsque la paralysie atteint les deux sixièmes paires , l'écartement des images augmente à mesure qu'on éloigne la bougie de la ligne médiane, à droite et à gauche.
La marche est très-lente; la durée de cette affection est de six semaines à deux mois. Si la guérison n'est pas obtenue après ce laps de t^mps, le strabisme convergent est définitif.
La gravité du pronostic varie avec la cause de l'affection. Ainsi que le fait observer M. Fieuzal dans la relation d'un cas qu'il a publié, le chirurgien devra se montrer d'autant plus réservé pour le pronostic que la paralysie sera moins complète et plus insidieuse dans sa marche.
Le traitement consiste, comme dans les cas précédents, à combattre l'affection générale à laquelle se rattache la paralysie, à exercer l'œil par le moyen des prismes et par les exercices orthopédiques bien dirigés. Enfin, la ténotomie du muscle droit interne est ici particulièrement indiquée^ parce que c'est le plus souvent à la suite de cette paralysie que se produit la rétraction de ce muscle.
416 AFFECTIONS DE l'aPPAREIL DE LA VISION.
Vystagmnf.
On donne le nom de nystagmus à une affection caractérisée par des mouvements oscillatoires continuels et inconscients des globes oculaires. Celte affection est parfois congénitale et coïncide alors avecla cécité. Mais le plus souvent la cause du nystagmus est une maladie de Toeil ou de ses muscles, ou bien une affection cérébrale ou cérébrospinale.
Les causes oculaires sont les opacités centrales ou postérieures du cristallin, les atrophies des papilles, les exsudations de la macula et les rétinites pigmentaires. On admet alors que les contractions musculaires se produisent dans ces cas, pour mettre en rapport avec Tobjet fixé par le malade les parties de la cornée demeurées transparentes dans les cas d'opacités du cristallin, ou les parties de la rétine restées sensibles dans les cas d'atrophies papillaires, de rétinites.
Les maladies des muscles qui peuvent entraîner le nystagmus sont la prépondérance fonctionnelle ou TinsufiSsance d'un de ces muscles. Dans ces deux cas le résultat est le môme : le muscle devenu plus faible, soit par suite de sa propre insuffisance, soit par suite de la prépondérance de son antagoniste, ne rétablit l'équilibre que par des efforts successifs, des saccades qui impriment au globe oculaire des mouvements oscillatoires.
Les causes cérébrales ont été bien étudiées par M. Gadaud (th. de Paris 1869) qui, se basant sur les expériences de M. Yulpian, admet que le centre de coordination des mouvements associés des yeux est à la réunion de la protubérance, du plancher du quatrième veo« tricule et du corps restiforme, et que c'est, par conséquent, dans les altérations de ce centre que devra se produire le nystagmus.
Parmi les maladies cérébro-spinales pouvant s'accompagner du nystagmus on doit citer en première ligne Thystérie et la chorée. Dans ces cas, il se produit périodiquement, avec les attaques hystériques ou choréiques. Frieidriech dit l'avoir aussi observé dans des cas de dégénérescence de la substance des cordons postérieurs de la moelle.
Enfin on l'a vu survenir subitement à la suite d'une vive impression morale.
Cette affection est caractérisée par des mouvements oscillatoires des yeux le plus souvent latéraux, c'est-à-dire s'exécutant autour del'axe d'évolution des muscles droits interne et externe, parfois rotatoires. s'exécutant autour de Taxe d'évolution des muscles obliques, très-rarement verticaux (S. Wells). Ce tremblement des yeux devient d'autant plus prononcé que le malade fixe un objet plus éloigné ; au coo-