iiiir-iiuii, j dépens (les couches profondes du >:rTZ
Les siiperllcielles, lantût occupent la ligne médiane ou la fji'^ i:-*"
rieore (voy. lif;. l'i'.lj et sont soliiaircs, tantôt se développent ?i"~
côtés de la langue et sont multiples. Les profondes se rencontrent de préférence à la base de la langue et sont habituellement uniques. Elles présentent les caractères anatomiques et microscopiques des gommes musculaires (voy. t. I, p. 799).
Les tumeurs uniques sont bien circonscrites. Celles qui sont multiples sont constituées par une réunion de noyaux dui*s, gros comme des noisettes, rapprochés de la face supérieure ou de la face inférieure de la langue. Au toucher, elles offrent une consistance spéciale qui a fait dire à M. Ricord que la langue semblait rembourrée de noisettes. Cette dureté du début diminue progressivement jusqu'au moment ob la tumeur devient plus superficielle, se ramollit et offre la fausse fluctuation particulière aux gommes. C'est alors que la muqueuse qui la recouvre rougit, s'enflamme et parfois s*ulcère. Cette ulcération est caractéristique. Les bords sont tailles à pic, le fond est inégal, induré, couvert d'une sanie grisâtre, filante, adhérente au fond de l'ulcération. A la surface de la tumeur et de la langue elle-même on voit fréquemment des fissures irrégulières^ profondes^ qui, suivant Clarke, seraient propres à ce genre d'affection. Très-rarement les tumeurs syphilitiques de la langue s'accompagnent de l'engorgement des ganglions sous-maxillaires.
Les troubles fonctionnels varient suivant le volume de la tumeur et le gonflement de la langue. Les malades se plaignent d'une salivation continuelle, fétide, de difficulté dans la mastication^ la déglutition et la phonation; au niveau de la tumeur, ils accusent une grande gêne plutôt qu'une véritable douleur. L'état général demeure satisfaisant, à part des cas d'anémie spéciale à la syphilis.
Le diagnostic est ordinairement facile. Cependant quelques-unes de ces tumeurs ont pu être prises pour des fibromes, des cancers, ou même pour un ulcère simple ou tuberculeux. Nous reviendrons plus loin sur ce diagnostic. Nous dirons seulement ici que l'étude attentive de la marche et des antécédents permettra le plus souvent d'éviter l'erreur.
Le pronostic de ces tumeurs est sans gravité lorsque leur nature a été reconnue ; soumises en effets dès le début, au traitement antisyphilitique, elles disparaissent rapidement, sans même s'ulcérer. Toutefois, après leur résorption, la langue parait comme atrophiée, conserve longtemps des indurations et des fissures à sa surface. Les ulcérations laissent après elles des cicatrices profondes et irrégulières.
Le traitement médical approprié est seul indiqué. On prescrit tout d'abord l'iodure de potassium seul ou associé aux mercuriaux. Le chlorure d'or paraît avoir donné de bons résultats, et^ dans les cas rebelles, la liqueur de Donovan, ou iodo-arsénite de mercure, à doses
090 APVBCTlOns DE U BODGBE BT DE 8ES kWKKXXS,
graduées et croissaDtes, depuis 1 jusqu'i 20 gootteit deux Ibû pu jour, donne de bons résultats.
Tumem-s eancérauet, — Le cancer de la langue est fréf|aeiil, et, es raison de sa gravité, il a été de tout temps l'objet de nombreux tn- Ttuz. Jusqu'à ces derniers temps, les auteurs s'étaieot oetaféi snrtout du traitement chirurgical. Depuis plusieurs uméM, oa %'mt beaucoup occupé de l'anatomie palbologique.
Walshe, de Frerichs, Broca, Lebcrt. admettent que toatea lasnriétés de cancer connues se développeni dans la langue. Les aolevs
- Ë|>illiiHiuiii.'i ili'
0 suiicriiïitllri. N,.ij
du t'omi-eniliiim de rhiniri/ip ei M. Boui>s(in, dans le Dii lioit»airr ">-; rh/i'i/i'/w fk-s sn'iwes iiiédii'ifrs, parlngPiit cette opinion: «dffî-' notf IV-tcc-isivi: miulé lics caiircrs inélan*'- i;l colluïde. le ilêwlcrp^ nient ;issez commun du squiirhe el de rencéphaloîile, cllVit* fréqiienrc lie IVpithi'liomaou du cancroîde.
Pagel, Forslcr, Thierscii, Clarkc, prélcndcnl, au conlraitr. -," l'épithélioma est h seule Tonne de cancer primitif do la laazae. %:'•-
■ALADIES DE U. UlffiCJE. 691
expérience dous permet d'affirmer que cette dernière opiok» est la plus exacte, et que les autres variétés de cancers primitifs sont rares à la langue.
On admet deux formes d'épithélioma : l'une superficielle on ptpîllaire; l'autre interstilielie, plus profonde.
Vépithélioma superficie s'observe surtout k la face dorsale et )i rextrémiléanlérieure de la langue. 11 débute dans la coucbe supsrfi* cîelle des papilles, le plus souvent par une verrue ou par une de ces tacfaesépitfaélialesou psoriasiques si communes chez certains ftimeors': les papilles se déforment, les unes s'efOleotà leur extrémité libre, les autres se dilatent en forme de massue; leur surface devient rugoeuae an toucher; la langue en est irrégulièrement hérissée (voy. flg. 170). Chez d'autres, les papilles deviennent proéminentes et laissent entre elles des sillons plus ou moins profonds qui donnent à la surface de la langue un aspect fendillé. Au microscope, on constate que les papilles ont augmenté de volume aux dépens des éléments qui se sont multipliés ; on observe une quantité variable de cellules épitbéUales, présentant
Fie, 171. ~ Ëpilhéliomi de U Ungu {Examen hiitologù^e).
parfois l'aspect corné, surtout dans les couches superficielles. Au milieu de ces cellules plus ou moins déformées et aplaties se rencontrent quelques globes épidermiques (voy. fig. 171). Ces altérations restent longtemps localisées à une partie de la superficie de la langue, et c'est au bout d'un certain temps que l'infiltratiOD, franchissant les limites du cborîon muqueuz, gagne les parties environnantes pour pénétrer llans les tissus sous-jacents.
L'épilhélioma profond ou interstitiel siège de préférence sur le bord de la langue, rarement sur la pointe, quelquefois dans le siU(» qui sépare la langue de l'amygdale. Suivant Thiersch, il débute au niveau des sillons înlerpapiliaires. Au microscope, on 7 trouve des cellules épilhélinles et des globes épidermiques. Les cellules sont le plus sou-
893 AFFECTIOItS DE Ul BOCCBE ET DS SES llHtEXCS.
vent réunies ei gi-oupëes sous forme de cylindres rigulien « par des tractus de tissu conjonctir et renflés de distance en dbti, c'est au niveau de ces renflemeiils qui? se trouvent les globes ^pid miques. Ces altérations gagnent les parties profondes et les iale des fibres musculaires, sous forme de bourgeons, autour dctqwltl voient les tissus embryonnaires nouveaux, qui devienncol de ptoi plus rares à mesure qu'on s'éloigne de la partie malade. ToDlefoU, à retrouve souvent ces espèces de végétations plus loin, le loog 4^ vaisseaux, ce qui explique la facilité avec laquelle récidivcol c cers, même après une large ablation. Les fibres musculaires di' sent, suivant Hobin, par compression et jiar atrophie ; sainnl L
Fir.. Vi. — KpiLlithoma de lu liingue {forme vég«MiiUl. f?i>otiv
el Hierscb, par dégénérescence graisseuse. Les vaisseaux H ment envahis par le tissu morbide, ce qui explique les bel fréquentes qu'on observe ; les vaisseaux lymphatiques, sootdtl facilement inflllrés par les éléments épithéiiaux, ce qui c fréquence de t'inreclion ganglionnaire.
L'épilhélioma intcriitiliel respecte longtemps la muqiwim,*] surtout de la tendance à se propager aux tissus profotMls, Lei ^ de la muqueuse ne sont presque jamais envahies.
Quoi qu'il en soil, l'épithélionia de la langue se présente, bu f vue clinique, sous deux formes principales : l'une végétante, i anciens décrivaient sous le nom d'encéphaloïde; l'autre atn qu'ils rapprochaient du squirrbc.
ULiOIES DE U LAHGUI. 693
La forme v^étante nous paraît £tre l'une des formes de l'épitbélioma superficiel tant qu'il est circonscrit. Pendant la plus grande partie de son développement, il forme à la surface de la langue une saillie d'aspect fongueux, à bords irrégulîers, renversés en dehors, fendillés, à base indurée, se confondant insensiblement avec les parties saines du voisinage, à surface saignante, végétante, inégale, de mauvais aspect [voy. fig. 172). A la coupe, on voit que toute la couche téguœenlaire entre dans la composition de la tumeur, et que l'infiltration épilbéliale descend au-dessous d'elle, dans l'épaisseur des plans musculaires, à une profondeur variable (voy. fig. 173).
La variété squirrheuse ou atrophique appartient à la forme que nous
Fin. ITJ. — Coupe ds la précédi^nte luiiicui'.
avons appelée interstitielle; au lieu de former une tumeur plus ou moins circonscrite, elle n'est guère reconnaissable à l'extéjrir que par l'aspact hjperlrophique et quelquefois corné des papilles, par la dépression de la muqueuse, l'induration de sa face profonde. Plus tard, à la période ulcéreuse, on voit apparaître entre ces surfaces irréguliéres une ou plusieurs petites érosions qui s'étendent en profondeur bien plus qu'en surface. Si quelques fongosités se montrent au dehors, elles ont une tendance toute particulière à 8'atrophier et à se détruire. C'est dans ces cas, h une période trèsavancée, au-dessous d'une muqueuse fortement altérée, mais encore reconnaissable sur la plus grande partie de son étendue, qu'on voit la langue s'atrophier complètement et se convertir en une masse d'une dureté squirrheuse dépourvue de mobilité, qui semble adhérente et parait se confondre de toutes parts avec le plancher de la bouche et les gencives.
Outre ces deux tormes que l'on pourrait appeler l'une bypertrophiqne, l'autre atrophique, on peut observer tontes les variétés intermédiaires.
Cette aftectioD, abandonnée à elle-même, s'étend aux parties voisines et aux ganglions, qu'elle atteint presque toujours très-rapidement, ce
xtffÈOtim wi» BOUCHE et
qui s'explique aiEément par la ricbtsse des vaisseaux lymph^i
tiquera
la langue (voyez Dg. 17I-), et alors les ganglious sont tantôt indin tantôt suppures. Cette suppuration des ganglions est moins rare qcrt serait tenté de le supposer. Qu'ils soient indurés ou suppures, on Ii loujours dans leur épaisseur des éléments caractéristiques.
Le cancer de la langue débute donc sous deux formes princip par une plaque rugueuse, une verrue, une crevasse superficielle si à la surface de la langue; ou par une petite tumeur sous-muquf siégeant sur l'un des cAtés ou à la base de l'organe. Uarcmeatl malades consultent à cette première période. Quand ils se présenta
ïs de la longue
re collection. ^
\ que non^seubment les ri
Il cortaïi ■)(
Cetlu Hgure In lurfaec de la langue, lui toute l'ripaisMur de l'organe,
on trouve que l'épithélioma superficiel occupe une certaine labeur, forme un relief, qu'il est recouvert de papilles saillantes, riepetile'' croates épidermiques que les malades arracbent ou qui t(»inbeDl d'clles-mômes. Quand elles sont tombées, on voit à découvert les p»pilles dénudées et saignantes, ou la substance même de la (unieur ai partie détruite par l'ulcération. S'il s'agit d'un épithébom» ïousmuqueu.^, il a déjà acquis un certain volume et forme à la surface dp la langue unesaillie à bords indurés, et parfois ellc-môme entourÉe nodosités qui finissent toujours par se réunir à la tumeur principilt
eic II
lULADlBS OE LA LANGUK. 695
Les papilles sont bien cirGonserites et plus ou moins enfoncées dans le tissu lingual ; leur sommet ne tarde pas à s'ulcérer.
Le travail ulcératif, dans la forme superficielle; se fait à la surface des plaques indurées, sur une largeur variable* A la surface de Tul^ cération, on voit apparaître des bourgeons saignants, renflés en forme de champignons, saignant facilement et séparés par des fissures nombreuses et profondes. Ces saillies irrégulières sont recouvertes à la périphérie de lamelles épidermiques blanchâtres qui donnent im aspect variqueux; la profondeur de Tulcération est d'autant plus grande que celle-ci est plus large.
Le travail ulcératif, dans la forme interstitielle, se fait tantôt de dehors en dedans, tantôt de dedans en dehors : dans ce dernier cas, lorsque rulcération s'établit, on trouve une cavité plus ou moins large, s*étendant dans la profondeur de la langue, cavité inégale, anfractueuse, contenant de véritables bourgeons fongueux, saignant au moindre contact, au plus léger mouvement de la langue. D'autres fois, ces fongosités font saillie à la surface et acquièrent un volume tellement considérable^ qu'elles arrivent à remplir en partie la cavité buccale.
Quelle que soit la forme de Tépithélioma, arrivée à une période plus avancée, ou troisième période, cette ulcération sécrète un ichor fétide, sanieux^ s'écoulant constamment avec la salive sur le menton et se mêlant aux aliments. En même temps apparaissent des hémorrhagies plus ou moins fréquentes, plus ou moins abondantes, quelquefois mortelles ; puis les parties voisines^ le plancher de la bouche, les amygdales, le voile du palais, sont peu à peu envahis ; les ganglions sous-maxillaires s'engorgent. En général^ cet engorgement ganglionnaire se produit lentement, sans douleur. Dans les cas de récidive, il se produit au contraire très-rapidement. D'abord limité au côté correspondant à la tumeur, il envahit parfois les deux côtés du cou et constitue une tumeur considérable, irrégulière, bosselée, tantôt dure, tantôt molle et fongueuse. La peau qui recouvre cette tumeur devient adhérente, s'amincit et finit par s'ulcérer; par ces ulcérations sortent des fongosités saignantes qui présentent les mêmes caractères histologiques que la tumeur linguale.
Les troubles fonctionnels qui accompagnent ces caractères physiques sont variables suivant la période de la maladie. Au début, les Bialades n'éprouvent qu'une certaine gêne, rarement quelques douleurs, dans les mouvements de la langue, qui est facilement froissée ou mordue et devient, pour ainsi dire, maladroite. A mesure que le mal se développe, cette gêne devient de plus en plus accentuée, les douleurs augmentent ; en même temps, la mastication, la déglutition^ la phonation et la respiration sont troublées et deviennent pénibles. A
la seconde période, ou période d'ulcération, apparaissent les douleurs spontanées, vives, lancinantes, plus accentuées la nuit que le jour. Par suile de l'absorption continuelle de cette sanie ichoreuse et fétide qui se mêle aux aliments, par suite des hémorrhagies, l'état général des malades va toujours s'affaiblissant jusqu'à ce qu'ils succombent, emportés par une hémorrhagie foudroyante, asphyxiés par suite de la propagation du cancer aux organes respiratoires ou de l'application de la tumeur sur l'ouverture du larynx, ou épuisés par la cachexie.
La marche du cancer de la langue est plus ou moins rapide : elle accomplit les trois périodes d'état, d'ulcération et de généralisation, tantôt en moins de trois mois, tantôt en cinq ans, le plus souvent en deux ans en moyenne.
Le pronostic est donc de la plus haute gravité. £en eifet» même après l'ablation faite de bonne heure et aussi largement que possible, presque toujours la récidive se produit, tantôt sur place, tantôt dans les ganglions^ dans un espace de temps qui varie de trois mois à deux ans. Toutefois, il n'en est pas moins indiqué d'opérer, Topération procurant aux malades quelques mois ou même quelques années de plus et les délivrant de soufiPrances intolérables.
Le seul traitement applicable au cancer de la langue est l'ablation faite aussitôt et aussi largement que possible. Nous décrirons plus loin les divers procédés opératoires.
▼icef de oonformatkm.
Les vices de conformation de la langue sont Vabsence^ la bifidité et les adhérences anormales,