‹ Elements de pathologie chirurgicale. v.3, 1876Chapitre 74 sur 102 · MALADIES DE L'APPAREIL SALIVAIRK. 7G · texte numérisé non relu

MALADIES DE L'APPAREIL SALIVAIRK. 7G

Inflammation. — Elle coïncide souvent avec une parotidite et reconnaît les mênnes causes, ou succède par propagation aux adénites et aux phlegmons de voisinage. Quelquefois elle reconnaît pour cause un corps étranger du canal de Warthon ou un traumatisme. Lorsqu'elle est prononcée, la glande se tuméQe; cette tuméfaction s'étend surtout du côté de la langue; elle est parfois assez considérable pour refouler cet organe en haut et en arrière et peut géncr la déglutition. Si la suppuration s'établit, le pus se fait jour dans la cavité buccale plus facilement que par la région sus-hyoïdienne ^ ou dans le tissu cellulaire du cou (voy. Phlegmon du cou). Lorsque Tinilammation est consécutive à celle des glandes lymphatiques ou du tissu cellulaire voisin^ elle siège plutôt dans les parties environnantes que dans la glande elle-même. 11 ne faut pas croire, en effet, que Tadénite et le phlegmon qui apparaissent autour de la glande entraînent nécessairement l'inflammation de cette dernière. Dans des cas semblables^ il n*est pas rare de la trouver intacte (Weber). Cette inflammation peut atteindre une trèsgrande intensité et s'accompagner rapidement d'une tuméfaction de la région sus-hyoïdienne avec inflltration purulente et phlegmon gangreneux du cou (cynanche sublinguale ou angine de Ludwig) .

Hypertrophie. — La glande sous-maxillaire, sous l'influence de causes répétées qui excitent la sécrétion de la salive, est susceptible de s'hypertrophier comme les glandes subUnguale et parotide. Cette hypertrophie s'observe surtout chez les femmes. Elle offre d'ailleurs trop peu d'importance pour qu'il y ait lieu de s'en préoccuper.

Tumeurs. — Les tumeurs primitives de la glande sous-maxiilaire sont très-rares. Talazac cite un exemple d'adénome ; Schultz et Vircbow^ chacun un exemple d'enchondrome, et Giûze un cas de carcinome.

Ces tumeurs passent inaperçues pendant assez longtemps, et ce n'est que lorsqu'elles ont acquis le volume d'une noix que les malades viennent consulter le chirurgien. On sent, à ce moment, dans la région sous-maxillaire, une tumeur dure, résistante, quelquefois douloureuse à la pression^ disparaissant lorsque le malade penche la tète, devenant au contraire proéminente lorsqu'il la renverse; mobile sous la peau qui est saine. Peu à peu survient une gène dans la déglutition; les adhérences s'établissent^ les tissus voisins s'altèrent, dans quelques cas la peau s'amincit et s'ulcère, et la tumeur s'élimine par une mortification progressive, mais plus souvent elle s'enveloppe d'une membrane dure résistante qui s'oppose à celte élimination.

Il est souvent difficile, avant l'ablation, de reconnaître à quelle ▼ariéié de tumeur on a aflaire. Cependant les adénomes se distinguent en ce qu'ils se limitent à un ou plusieurs lobes de la glande et s'enveloppent d*une membrane fibreuse résistante; les enchondromes

par leurs bosselures, leur consistance; les carcinomes par leur marche plus rapid(% leur tendance à envahir les tissus voisins.

Pour distinguer ces tumeurs de la glande sous-maxillaire des tumeurs ganglionnaires, il suffit d'introduire un stylet d*Anel dans le canal de Warlhon, et on même temps d'imprimer des mouvements à la tumeur dans tous les sens; si ces mouvements sont communiqués au stylet, cela prouve que c'est la glande qui est atteinte; dans le cas contraire, ce sont les ganglions.

Le seul traitement applicable est l'extirpation, soit par la bouche, soit par la région sus-hyoïdienne.

S'il est rare de rencontrer des tumeurs primitives dans la glande sous-maxillaire, il est fréquent, au contraire, de voir cette glande envahie par des tumeurs plus particulièrement carcinomateuses ou épithéliales, ou par des lymphadénomes développés dans les organes voisins. D'autres fois an contraire, elle se laisse comprinier et atrophier par elles au lieu de se laisser envahir. La question n'ofTre pas d'ailleurs un intérêt capital.

Au point de vue du diagnostic, en effet, que la glande soit envahie ou simplement enveloppée par la dégénérescence cancéreuse, dans les deux cas le traitement est le même^ et consiste dans l'ablation aussi large que possible de la tumeur et de la glande. Il ne suffit pas, eo eflet, d'enlever la glande seule ; il faut enlever largement tous les prolongements qui s'étendent dans les parties voisines. Pour la mettre i découvert, on fait à la région sus-hyoïdienne, entre l'os hyoïde et le maxillaire, une incision curviligne, puis on dissèque les muscles. Il faut, dans la dissection, éviter autant que possible d'ouvrir ou de réséquer les artères faciale ou linguale. Indépendamment de ces artères, on trouve parfois dans la tumeur elle-même des vaisseaux dilatés qu'il faut se hâter de pincer suivant les préceptes que nous avons établis.

Calculs du canal de Warthon, Tumeurs salivaires concomitantes. — On rencontre parfois dans le canal de Warthon des concrétions qui y sont déposées par la salive.

Les causes qui donnent naissance à ces calculs sont à peu près inconnues. Cependant leur formation paraît être favorisée soit par un obstacle à l'écoulement de la salive, soit par une modiKcalion dans sa composition chimique. On les observe dans Tâge adulte, plus fréquemment chez des hommes que chez des femmes.

Ces concrétions siègent, en général, au voisinage de l'orifice terminal du conduit. Quelques auteurs admettent qu'elles se forment parfois ail sein même de la glande sous-maxillaire, mais ce fait n'a pas toujours été bien démontré. Elles sont habituellement petites; elles dépassent rarement le volume d'un pois ou d'une olive au plus. Leur

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