LÉSIONS TRAUMATIQUES DU LARYNX ET DE LA TRACUÉE
Dans le chapitre qui traite des plaies du cou, nous avons vu les plaies du larynx et de la trachée ; nous n'y reviendrons pas. Il nous reste à étudier : 1° les contusions; 2^ les fractures; 3* les brûlures de ces organes.
Contaiîoni.
Les contusions du larynx et de la trachée peuvent être produites par les traumatismes les plus divers : chutes sur la région cervicale, coups portés à Taide du poing, d'instruments variés, etc. Elles s'accompagnent d'une ecchymose, d'un gonflement plus ou moins étendus. Les symptômes fonctionnels consistent en une douleur s'exagérant par la pression et dans les mouvements de déglutition. Au dire de quelques auteurs^ on a pu voir survenir un spasme de la glotte et la mort subite dans un accès de suffocation. Il est plus probable qu'il s'agissait alors de fractures que l'on avait méconnues.
Fraeturei du larynx et de la trachée.
Dans un article précédent (vol. II, p. 272) nous avons traité rapidement des fractures du larynx. Les travauxréccnts parus sur cette question nous obligent à y revenir en quelques lignes.
L'histoire de ces fractures appartient à la chirurgie contemporaine. Malgaigne dans son Traité des fractures en fait une mention spéciale; il les dislingue môme en fractures par cause directe et fractures par pendaison; mais il faut en venir à la thèse de Gavasse (Paris, 1859) pour trouver une monographie assez complète sur la question. Fredet en 1868 {thèse de Paris), Hénocque {Gazette hebdomadaire, 18G8), Mussat {thèse de Paris, 1872), Ghailloux (1874), sont les auteurs qui, en France, se sont surtout occupés des fractures du larynx. En Angleterre, Durham {System of surgery de Holmes) a rassemblé une statistique de soixante-deux cas; celle de Fischer, en Allemagne {Arch. de PUha et Billroth), est plus nombreuse encore, elle portesur soixante et onze cas. On lira égalenicnt dans le travail de llueler {Trachéotomie and
Laryngotomie. — Arch. Pitha et Billroth, 1872) des détails Irèî-îutéressanls relatifs au traitement de ces fractures.
Étiologie. — Les violences qui produisent les fractures du larynx consistent tantôt dans un choc qui aplatit le larynx contre la colonne vertébrale, tantôt dans une pression qui rapproche l'une de Taolre les parties latérales des cartilages comme, par exemple, dans l'actioD de chercher à étrangler un individu. Dans la strangulation ou la pendaison judiciaire, il faut rapporter la fracture soit à un écrasement latéral, soit à un aplatissement antéro-postérieur, plus souvent à ce dernier. Marjolin croyait que Tossification était une condition indispensable pour la production de la fracture. Le contraire est facile à démontrer. Hunt {American journal of médical science) a constaté sar vingt-sept cas, six fractures chez des enfants.
Les fractures de la trachée tantôt sont isolées, tantôt accompagnent les fractures du larynx. Les violences qui les produisent sont des coups tendant à aplatir le conduit contre la colonne vertébrale. Uo autre mécanisme est celui de Tarrachement qui est produit dans une violente extension du cou.
Anatomie pathologique. — Les fractures du larynx intéressent ou le cartilage thyroïde, ou le cartilage cricoïde. Pour le premier, la fractnre siège généralement au point de réunion de la partie centrale et d'ane (les faces latérales, mais on peut avoir des fractures plus ou moins régulières siégeant en un point quelconque du cartilage. Les cornes do thyroïde sont parfois brisées, probablement dans un choc cootie la colonne vertébrale. Quand la lésion existe sur la cricoïde, c'est le plus souvent dans son segment antérieur.
La fracture peut ôlre unique, double, compliquée d'enfonceraenl: tantôt elle est simple, tantôt le foyer communique avec Textérieurou la cavité du larynx.
Les lésions concomitantes consistent en épanchement sanguin dans le tissu cellulaire voisin, œdème s'ôtendant quelquefois depuis les cordes vocales inférieures jusqu'aux replis aryténo-épiglot tiques, déchirures delà muqueuse par la saillie des fragments.
Les fractures de la trachée sont ou des ruptures transversales d'un ou plusieurs anneaux, ou une division totale de Torgane avec écarteinent des deux bouts.
Symptomatologie. — Le signe le plus important des fractures du larynx est la déformation de la région antérieure du cou, pcrcoliWf par la vue cl par le toucher. Elle est due à la saillie ou àrenfoncemetl des cartilages. Le gonilemenl des parties molles empêche parfois de reconnaître distinctement l'état du larynx, il est dû à un épancb^ ment sanguin, à Temphysènie qui peut ôlre précoce et s'étendre à b totalité du cou, des membres supérieurs et du thorax. Il faudra ^^cl»e^